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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 08:27

 Depuis le message sur mon dégoût de la confusion sexuelle, je suis pressée de questions (ou de critiques) à ce sujet.

Il me faut donc reparler de ce sujet.

Effectivement, je n’aime pas cette technique qui n’a rien d’anodin, quoi qu’en disent ses partisans.

 

Avec l’hormone sexuelle, on est en présence d’un produit de synthèse qui se trouve épandu  en grandes quantités et pour lequel la barrière des espèces est bien poreuse.

Je pense qu’il n’y a pas de lien entre quelques molécules émises par une femelle et des litres d’une « copie » de synthèse répandue au gré du vent.

On me dit que l’utilisation de ces produits évite l’utilisation d’insecticides. Certes, mais à bien y réfléchir, je me demande si le bon gros produit chimique « classique » n’est pas finalement plus anodin dans la mesure où par sa nature même il agit de façon plus grossière.

 

Ceux qui utilisent ces hormones ont tout à fait le droit de le faire…pour le moment. Mais, il faut qu’ils arrêtent de penser qu’ils protègent l’environnement.

Moi qui habitent au centre d’une « zone confusée » sans l’avoir décidé, je pense avoir une certaine légitimité pour me poser des questions sur le sujet.

 

Combien il faudra de catastrophe alimentaires et drames pour que les gens prennent du recul avant d’aduler une nouveauté présentée comme révolutionnaire ?

On ne compte plus les molécules qui ont été retirées du marché pour leur nocivité alors qu’elles avaient été présentées comme de grandes avancées pour l’humanité quelques années avant.

Jusqu’au début du printemps, le nucléaire avait presque gagné une certaine neutralité environnementale. Les tragiques évènements japonais ont rappelé à tous que le nucléaire reste une énergie dangereuse au-delà de toute considération d’indépendance énergétique.

 

Après 17 ans d’absence, on nous dit que les farines animales vont refaire leur apparition. Certes, par la petite porte en visant uniquement l’alimentation des poissons, mais c’est un premier pas.

Les morts de ce scandale alimentaire n’auront servi à rien. Au contraire, en réintroduisant ces farines dans le cycle alimentaire, on enterre une seconde fois tous ces anonymes décédés.

 

On nous dira alors que pour les papillons, il faut bien faire quelque chose !
Evidemment qu’il ne faut pas rester les bras balans à regarder les vers de grappe manger les raisins. Notre biodynamie n’est pas dans le laisser-faire comme c’est souvent le cas dans cette mouvance.
« Respecter » et « ne rien faire » sont deux choses différentes.

Pour les vers de grappe, comme d’ailleurs pour tous les ravageurs et toutes les maladies, il faut se demander quel est son rôle dans la nature. Qu’est ce qu’il va amener à ma culture en s’y développant ?

 C'est-à-dire en d’autres mots, quelle est la chose qui ne va pas dans ma culture et qui amène la nature à faire s’y développer l’insecte ou le champignon ?
En disant cela, on renvoie alors directement la responsabilité de l’attaque vers nous-mêmes, qui avons la charge de la culture.

Il est beaucoup plus confortable de dire que c’est la faute à l’insecte, au champignon, au temps qu’il fait,(…) ; plutôt que de se demander ce qu’on a bien pu rater dans la compréhension du vivant.

Dans cette démarche, que Jean-Michel et moi avons au quotidien et de façon globale, il faut énormément d’observation, de réflexion puis d’expérimentation.

Le papillon a des habitudes de vie qu’il faut connaitre et comprendre.
A partir de là, on peut émettre des hypothèses pour amener à la plante ce qu’il amène sans avoir besoin de lui.

On accompagne le vivant au lieu de le détruire ou de le laisser faire.

 

Si on avait utilisé autant d’énergie pour comprendre le vivant que pour fabriquer des pesticides, on aurait actuellement la capacité de contenir beaucoup de « nuisibles » à des niveaux acceptables ; sans ces produits de mort.

 

On a préféré la technique du lance-flamme ; plus simple et plus rémunératrice pour une certaine industrie.

Maintenant, avec la confusion sexuelle, on l’a remplacé par un armement bactériologique qui laisse l’endroit intact, sans le paysage calciné qui va avec le lance-flamme…mais sans humain non-plus !

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commentaires

jull 02/08/2011 19:53


eh bien j'ai toujours autant de mal à comprendre... et pour en discuter avec mon illustre voisin en biodynamie depuis plus de 20 ans, la seule eventuelle utilité est de developper qq foyers de
pourriture qui si les conditions sont bonnes peuvent ouvrir la porte à la pourriture noble...


jull 16/07/2011 18:15


C'est bien joli ce discours... mais permettez d'insister, quelle est alors votre solution contre les vers de grappe? vous leurs dites gentiment d'aller ailleurs? je veux bien croire que
l'utilisation de rack ne soit pas la panacée, mais quelles alternatives? expliquez nous concretement


Corinne Comme 02/08/2011 16:17



"Le papillon a des habitudes de vie qu’il faut connaitre et comprendre.
A partir de là, on peut émettre des hypothèses pour amener à la plante ce qu’il amène sans avoir besoin de lui."


je vous ai donné la solution, il n'y a pas de "recette" toute prête, il faut comprendre son terroir, son cépage et l'utilité des vers
de grappes dans ce contexte. C'est vrai pour tous les ravageurs.



Stéphane 07/06/2011 12:23


Dans la plupart des domaines, je ne parle pas des exploitations viticoles, mais des secteurs de l'économie mondiale, on est allé tellement loin dans l'utilisation de méthodes, de produits, de
solutions, qu'en appliquant les prétendus antidotes, on n'a aucune idée des dommages collatéraux à courte, moyenne ou longue échéance, tant sur la Nature que sur les relations humaines!


lallemand Aurélien 06/06/2011 18:23


Bonjour,
Je vous lis depuis quelque temps et je tiens à vous dire que je suis d'accord avec vos propos, si il pouvait y avoir plus de gens comme vous.... Bonne continuation
Aurélien


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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