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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 11:15

 

Depuis quelques années, la grande tendance d’une certaine viticulture est de planter des bandes fleuries dans les vignes ou en bordure de parcelles.

L’argument avancé est toujours de privilégier la « biodiversité » pour lutter naturellement contre les ravageurs de la vigne.

J’ai plusieurs fois eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet en disant toute la limite que je trouve dans ce mode de pensée un peu simpliste qui s’apparente aussi à masquer l’usage de pesticides avec 3 malheureuses fleurs pour faire diversion.

 

Et bien, voilà qu’on nous annonce maintenant dans un article du dernier numéro de la revue VITI que ces pratiques de bandes fleuries n’ont aucune incidence sur les ravageurs de la vigne.

Pour ceux qui douteraient de ma bonne foi, le titre est évocateur : « Essai bandes fleuries, aucun impact sur les ravageurs de la vigne ».

 

Le raccourci était effectivement un peu rapide entre les jolies fleurs colorées et leur intérêt dans la réduction des pesticides.

C’était évident mais finalement pas pour tout le monde, à commencer par les techniciens qui les préconisent.

Au moins, l’étude menée a-t-elle l’honnêteté de reconnaître la réalité des faits. Ce n’est pas toujours le cas.

 

Donc, maintenant en désespoir de cause, on met en avant des avantages annexes et plus ou moins théoriques par rapport à la motivation principale du départ. L’une d’elle est amusante car il s’agit d’ « agrément de l’image du vignoble ».

 

Malgré tout, les responsables de l’étude et les utilisateurs de ces fleurs ont oublié l’essentiel.

 

Tout d’abord, la présence d’une plante à un endroit donné signifie toujours quelque chose. Le fait d’implanter des espèces manu-militari coupe le viticulteur d’une part de l’information et aussi de la possibilité qu’ont les plantes qui poussent naturellement de répondre aux besoins de l’endroit.

 

Enfin, et c’est sûrement le plus important, l’équilibre écologique ne se décrète pas d’un coup de baguette magique ou de semoir à grain. Il faut d’abord tenter de comprendre comment les êtres vivants fonctionnent et quel est leur rôle vrai dans la nature.

C’est bien plus fastidieux et complexe que d’aller acheter des paquets de graines et des bidons de pesticides chez le marchand, mais c’est la seule voie véritable pour avancer en harmonie avec la nature.

 

Au fait, les planteurs de bandes fleuries recherchent-ils vraiment plus à préserver la nature que de « faire joli » pour les visiteurs ?

 

Pas sûr…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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