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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 12:36

 Ce week-end à la maison, c’était labour.

 

Chacun avait sorti son tracteur et son outil.

Dans notre viticulture de la sincérité vis-à-vis de l’environnement, on limite le nombre de passages en intervenant le plus tard possible et avec les appareils les plus simples et les moins gourmands en énergie.

Souvent, dans les démonstrations de travail du sol « version high-tech » pour des viticulteurs néo-laboureurs, les parcelles ont un passé de plusieurs années de désherbage chimique. Donc, les dents de travail du sol n’ont qu’à ameublir le sol sans avoir à gérer l’herbe. C’est facile mais au bout d’un ou deux ans sans herbicide, les choses changent.

 

Chez nous, on est habitué à gérer l’herbe avec des charrues décavaillonneuses ; les seules qui peuvent retourner le sol.

 

Pour Jean-Michel, c’était décavaillonnage avec l’enjambeur dans les vignes à 1m. Notre enjambeur fête cette année ses 20 ans. Il a commencé sa vie en Médoc avant de venir en semi-retraite au Champ des Treilles.

 

DECA-LOISEAU.jpg

C’est un gros engin surdimensionné pour nous et pas forcément très à l’aise pour le travail du sol. Rassurez-vous, les engins plus modernes ne sont pas plus performant pour cette opération.

Pour le moment, on garde notre enjambeur et un jour, en fonction des opportunités on trouvera une solution techniquement et agronomiquement idéale ; tout en gardant une logique économique. En fait, les solutions idéales, on les connait mais pour les faire rentrer dans un cadre économique, c’est plus difficile.

Dans notre cas (et dans la plupart des cas d’ailleurs), il faut rester réaliste et faire en fonction de ses moyens sans céder aux sirènes du coup de cœur … ou de l’égo surdimensionné.

Notre enjambeur est conçu pour décavaillonner 2 rangs complets à la fois.

Jean-Michel a choisi de ne faire qu’un rang à la fois pour plus de sécurité pour les ceps.

Surtout qu’on ne peut voir les charrues qu’avec les rétroviseurs !

 

Pour les vignes à 2 m, c’était l’affaire de mon beau-père Yves qui exceptionnellement n’avait pas de grand repas ce week-end.

Comme je l’annonçais récemment, le petit tracteur à chenilles a été avant tout acheté pour traiter en cas de terrain trop humide pour passer avec le tracteur à pneus.

Mais, on souhaite profiter au maximum de ce petit engin pour faire du travail du sol car il a une stabilité impressionnante.

Sans volant, c’est une conduite particulière. Yves y excelle.

 

DECA-YVES.jpg

DECA-YVES2.jpgLes tracteurs viticoles modernes ne sont absolument pas conçus pour travailler les sols. La présence de la cabine, la position de conduite,(…), tout concourt à ne pas pouvoir regarder aisément l’outil derrière.

Pourtant, dans le cas d’un décavaillonnage, la surveillance du travail est une attention de tous les instants.

 

Pour ma part, j’ai choisi de passer les griffes avec le tracteur « historique » de la maison.

Je n’ai pas d’affinité particulière avec la mécanique mais de temps en temps, j’apprécie l’exercice.

Cela donne aussi la possibilité de faire le tour précis et systématique des parcelles. Ainsi, on peut voir tout ce qui va et surtout tout ce qui ne va pas.

 GRIFFAGE2.jpgGRIFFAGE-copie-2.jpg

Encore quelques efforts et on va pouvoir concourir pour le vignoble le mieux travaillé.

Je plaisante car on n’a aucune chance. Dans l’esprit de beaucoup, bien travaillé veut encore dire « bien désherbé chimiquement », sans rien qui pousse.

Pour d’autres, bien travaillé peut vouloir dire « labouré sans laisser une herbe ».

Pour nous, c’est tout simplement d’avoir une présence limitée d’herbe tout en ayant consommé le minimum possible de carburant.

 

Question d’appréciation…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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