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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:28

 Chez nous, la taille a commencé depuis quelques semaines et pour encore quelques semaines. On ne dira jamais assez combien cette opération est fondamentale dans la vie du cep.

 

C’est un vrai moment de communion car le tailleur va passer presque deux minutes avec chacun d’entre eux à essayer de les comprendre et d’imaginer leur forme dans plusieurs années.

 

Tout cela pour savoir quel sarment plutôt que tel autre il conviendra de conserver et quel nombre de bourgeons il sera judicieux de laisser pour que les futurs rameaux se développent harmonieusement.

 

C’est sûrement la seule opération de l’année durant laquelle on ne s’ennuie jamais tellement le travail est varié et que chaque souche est une nouvelle identité qu’il faut appréhender dans son originalité.

 

Sans la taille, la vigne retrouve sa vie originelle de liane, la viticulture s’arrête et la production de vin aussi. Dans l’éducation que doit avoir le cep de vigne, la taille est donc une règle indispensable.

Sans règle, une éducation n’est plus une éducation. Pour la vigne, la taille en fait partie.

 

Une certaine viticulture souhaiterait maintenant supprimer la taille ou au moins en supprimer la partie manuelle pour la confier à des machines plus ou moins intelligentes. La question qui me vient à l’esprit est la suivante : pourquoi faire de la viticulture quand on n’est pas prêt à faire le moindre effort pour la vigne ?

Pourquoi avoir des enfants quand on n’aime pas les enfants, qu’on ne supporte pas leurs cris, qu’on n’est pas prêt à changer les couches, ni à les assumer financièrement ?

 

Au contraire, on peut trouver dans la taille une vraie dimension artistique, qui fait qu’en plus d’accepter de faire l’effort de s’occuper des ceps manuellement, on en éprouve aussi le besoin.

 

Ainsi, on fait à la fois partie de l’intimité du pied de vigne mais aussi on participe à l’élaboration d’une œuvre d’art qui prendra des décennies et plusieurs générations humaines à façonner ; touche à après touche, année après année.

 

Tout l’amour que l’on donnera à la vigne, elle nous le rendra un jour. Elle le rendra à sa manière, mais elle le rendra à coup sûr.

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commentaires

domaine-la-pequelette 12/01/2012 08:33

Merci pour ces belles paroles ...
Je me permets d'en faire un lien sur mon blog.

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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