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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 13:39

 

 Après le beaujolais, voici le cahier des charges de notre appellation qui vient d’être publié.

Grace à lui et à la nouvelle organisation qui va avec, les fraudes doivent disparaître et les mauvais vins ne seront plus que des mauvais souvenirs.

 

Mais avant d’en arriver là, il faut quand même ingurgiter le document ainsi que les 70 et quelques pages qui composent le plan de contrôle.

Tout y est, au moins pour celui qui arrive à tout lire sans s’endormir.

D’ailleurs, il ne faut jamais s’y mettre pendant un épisode de Derrick, car là, on risque carrément l’hibernation !


Blague à part, avec cette nouvelle organisation, on confirme notre entrée dans le monde de l’administratif pur et dur.

Peu importe si le vin est bon ou pas. Il faut qu’il soit produit en suivant toutes les règles fixées dans le marbre.

 

On entre aussi dans un monde où il devient presque moins grave de voler 11 millions d’euros que de ne pas pouvoir présenter au contrôleur les fiches sur lesquelles sont inscrits les contrôles de maturité de l’année précédente classés dans l’ordre chronologique.

 

Tout comme on ne fait plus vraiment la différence entre le naufrage d’un pétrolier rouillé sur les plages et la chute accidentelle d’une cagette de vendange dans un fossé entre la parcelle et le cuvier.

 

Que faut-il penser de tout cela ? Que faut-il faire ?

Comme souvent, on va baisser la tête et continuer d’essayer de faire notre travail avec toujours autant de passion et de sincérité. On pourra aussi regretter le système ancien qui malgré ses failles évidentes était beaucoup moins lourd au quotidien.

 

Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est quand même moi qui finance tout ces contrôles et ces contraintes grâce à des prélèvements de plus en plus importants sur mes ventes.

 

Nos concurrents doivent bien rire en nous voyant nous attacher, avec une certaine fierté, un tel boulet au pied…

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commentaires

diego 27/11/2009 20:15


Bonsoir.Certaines appellations se sont mis des boulets enormes(voir inutile et ridicule)d'autres,tres peu,qui avaient déjà mis certaines mesures en place depuis plusieurs années,sont restées
plus'terre à terre'et n'ont pas eu de dificultées a mettre la reforme de l'agrément en place.


Franck PASCAL 27/11/2009 16:25


Bonjour Corinne,

je souhaitais me reposer les neurones après avoir passé quelques heures avec des journalistes. Alors je prenais des nouvelles des confrères.
Je suis désolé de constater que l'AOC dont tu fais partie ne trouve pas mieux à faire pour relever le niveau moyen que de pondre un texte tel que celui que tu décris. Les administratifs semblent
penser que la solution est dans la paperasse; et qu'il est plus important pour un vigneron de passer son temps au bureau à remplir ces paperasses plutôt que d'être au chai ou aux vignes... c'est
dire à quel point ils ignorent que produire un bon vin passe obligatoirement par le fait de s'occuper de ses vignes et de ses vins...
Le niveau moyen risque bien de chuter encore d'un cran avec de telles dispositions administratives.

Je me trouverais bien embêté si je devais fournir des analyses de maturité car ça fait quelques années que je me base sur la dégustation des baies... les chiffres ne veulent pas dire grand chose...
mais certains confondent encore degré et maturité.

Bien à toi,
Franck

P.S. Je n'ai pas oublié la question que tu m'as posé. On en reparle au téléphone ?


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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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