Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 10:14

 Hier, en lisant le message de Franck Pascal, j’ai eu un  petit sourire de satisfaction car Chaboussou, à la maison, on connait !

On peut même dire que sa rencontre par livres interposés à changé notre vie.

Tout a commencé dans la seconde moitié des années 90, quand une personne a un jour donné à Jean-Michel une mauvaise photocopie souvent annotée à la main, d’un texte datant du début des années 80. Il l’a lu et me l’a fait lire. Et là, notre vision de la nature a changé.

C’était tellement logique et tellement simple que la vérité était évidemment dans cette direction.

Nous avons vainement cherché à en savoir un peu plus sur l’auteur de ce texte. Il s’appelait Francis Chaboussou et avait été chercheur à  L’Inra.

Dans un livre de 1980 et intitulé « les plantes malades des pesticides », il avait défini une théorie qu’il avait appelé la trophobiose.

Le livre n’était plus disponible ni plus publié, mais nous avions pu en avoir une photocopie ; comme dans les films d’espionnage, presque sous le manteau.

 

Sans entrer dans un détail trop technique, il disait que les maladies et les ravageurs ne se développaient pas par hasard sur les plantes et que les conditions de leur développement dépendaient de la composition de la plante.

Ainsi, il remettait en question le rôle central du pesticide dans la «défense » des plantes et replaçait la plante aux centres des préoccupations de l’agriculteur. Pire, il disait que les pesticides avaient des actions secondaires très affirmées et que parfois on générait une nouvelle affection en agissant pour en soigner une autre.

Il mettait aussi en avant le rôle de la nutrition dans la santé.

C’était il y a trente ans et c’était très novateur ; trop novateur car ses théories n’ont pas été très bien reçues par ses collègues. Certains d’entre-eux n’y sont pas encore arrivés trente ans après…

 

Pourtant, le rôle de la nutrition dans la santé est maintenant assez bien admis pour les humains et de mieux en mieux pour les plantes.

 

Nous avons donc commencé notre « évolution » par l’application des principes de Chaboussou. De là, la vie, la réflexion, l’approche différente que nous avions vis-à-vis de la plante,…nous ont amenés à nous intéresser à une autre approche, encore plus exigeante et encore plus globale, la biodynamie.

 

L’actualité nous montre de façon crue et brutale que les « molécules de synthèse » ne sont pas aussi gentilles que ce que l’on pouvait penser et que très souvent, lorsqu’on souhaite soigner un mal, on en crée un autre parfois pire que le premier.

 

Chaboussou est maintenant décédé. Il est parti sans avoir pu recevoir une quelconque reconnaissance de sa profession. Cette dernière est toujours enfermée dans les pesticides, en y ajoutant maintenant la biodiversité qu’il faut cantonner dans un coin de la parcelle pendant un traitement chimique et les pets des vaches pour la fonte de la banquise.

 

Son livre est de nouveau édité ; c’est tant mieux pour tous ceux qui souhaitent se poser les vraies questions bien loin des couloirs à biodiversité et autres inepties à la petite semaine.

 

Au moins et plus modestement restera-t-il pour Jean-Michel et moi le déclencheur d’une évolution majeure dans notre vie professionnelle et dans notre vie tout court.

Partager cet article

Repost 0
Corinne Comme - dans Divers
commenter cet article

commentaires

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche