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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 11:44

CHEVAL.jpgDepuis quelques mois, il est devenu fréquent de voir les chevaux de trait partout en viticulture. C’est une sorte de « must » quand on s’installe en bio ou même en chimique que de vouloir cultiver au cheval ; ou au moins se faire photographier avec un cheval dans ses vignes.

 

Je suis à la fois mal et bien placée pour en parler car d’une part, je n’ai pas de cheval mais d’autre part, depuis ma fenêtre je peux voir ceux de Pontet-Canet dans les rangs de ce domaine.


Les motivations des candidats au cheval sont diverses. Entre les doux rêveurs, les opportunistes ou les communicants, chacun trouvera son compte.

 

Cependant, si le cheval peut participer à l’amélioration de la viticulture, il faut bien convenir qu’il y a beaucoup d’autres étapes à franchir pour bonifier son terroir et son vin et que souvent, ces étapes sont négligées plus ou moins volontairement.


Quelle utilité d’un cheval dans des vignes hautes et larges, uniquement conçues pour une culture économique et simplifiée sans considération qualitative ? Le mieux est d’abord de replanter des rangs supplémentaires.

 

Quelle utilité d’un cheval dans un environnement de pesticides ?

De même, est-il raisonnable de cultiver au cheval « la parcelle qui se voit » tout en maintenant « celles qui ne se voient pas » avec des désherbants ou autres cochonneries ?

 

Un néo-viticulteur lambda, c'est-à-dire sans argent comme la plupart des viticulteurs qui débutent, n’a-t-il pas d’autres investissements à faire que dans un cheval et tout ce qui se rapporte à son utilisation ?

 

Les organismes officiels ont sûrement aussi leur part de responsabilité dans cette situation en proposant des formations à la traction animale sans replacer l’utilisation du cheval dans l’ensemble du système de production.

On l’a appris à nos dépens il y a quelques années, produire n’est pas compliqué mais vendre l’est beaucoup plus et être rentable est encore autre chose.

Et là, c’est un peu pareil.

 

Je n’évoque même pas la traction animale comme moyen de réduction des gaz à effet de serre tellement on se retrouve dans un monde doré des Bisounours dans lequel quelques intellectuels du réchauffement climatique voient le cheval comme LA solution au problème, sans évaluation de l’efficacité économique, ni même du fait que la nourriture des chevaux est « diesel-made ».

 

Cela dit, quand on pense être au point sur l’essentiel, la présence d’un cheval peut devenir un plus indéniable.

Et surtout que c’est beau et noble dans un rang de vigne !

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commentaires

Jennifer 10/02/2011 10:47


Bonjour Corine,
Je lit avec beaucoup d'intérêt votre blog, et votre dernier billet sur le labour au cheval m'a interpelé. En effet, le cheval devient à la mode, mais surtout pour les journalistes!!! Ici en
champagne, il y a des prestataires qui s'occupent du cheval, qui l'emmène dans votre vignoble en camion, parfois traversant 200 kilomètres (pas très biologique ni economique tout ça...)..c'est plus
facile quand c'est quelqu'un d'autre qui s'en occupe car un cheval est un être vivant et il a ses humeurs. Mon mari se souvient du cheval de son grand-oncle Hypolite dans le village, qui parfois
n'avez pas trop envie de travailler....De plus, je n'en connais pas de vigneron ici avec plus de 5 hectares qui travail la totalité de sa surface avec un cheval.
Le cheval dans les vignes, pourquoi pas, mais pour plus de cohérence, faites donc venir les chers journalistes en calèche de Paris!


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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