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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:37

Je reviens d’un petit voyage à Paris pour voir des cavistes et revendeurs de mon vin.

 

L’occasion faisant le larron, j’ai profité de ma présence dans la capitale pour aller voir l’exposition consacrée aux peintres impressionnistes au musée d’Orsay.

On a tellement parlé de cet évènement dans les médias que j’avais vraiment envie de voir ces œuvres.

 

J’en ai pris plein les yeux et au-delà car une vrais œuvre d’art génère autre chose que du simple plaisir visuel. Il se crée avec l’œuvre un lien presque charnel.


Et même en contemplant les tableaux, la vigne n’est jamais loin.

Durant la visite, il n’est apparu plusieurs réflexions.

 

D’une part, le talent est une chose qui ne s’apprend pas. On l’a ou on ne l’a pas. On  peut juste l’influencer  mais on ne peut pas le créer. Brassens disait que « sans technique un don n’est rien qu’une sale manie ».

C’est là qu’intervient l’homme dans la mise en valeur de ce don. L’homme en est l’artisan, il n’en est pas la substance.

 

Je crois donc que les grands terroirs sont comme les grands peintres, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas ; une sorte de don.

 

On pourra mettre tous les moyens du monde, on ne rendra pas « grand » un terroir qui ne l’est pas.

 

Et les grands terroirs, c’est comme les grands peintres, il n’y en a pas beaucoup. Nombreux sont ceux qui pensent en être, mais leur conviction, même sincère et profonde n’en fait pas pour autant une réalité.

 

Cela ne remet pas en question le mérite de tous ceux qui n’ont pas de grands terroirs mais qui s’appliquent à faire le mieux possible. Je fais partie de ceux là et vous le savez, je suis fière de mes vins.

 

La deuxième réflexion est plus personnelle, intime. En regardant l’évolution des peintres dans ce mouvement impressionniste, j’y ai aussi reconnu des similitudes avec notre viticulture.

Ils sont progressivement allés à l’essentiel en supprimant le superflu.

Leur coup de pinceau s’est épuré pour ne conserver que l’âme du trait. Pourtant, le tableau n’a rien perdu de son contenu émotionnel pour celui qui le contemple ; bien au contraire.

 

Je pense que notre chemin de vie avec la vigne et le vin nous a amenés, nous aussi à éliminer le superflu pour tendre à ne conserver que l’essence même de notre terroir et de son interprétation par les différents cépages qui y sont cultivés.

Dans cette voie dont nous voyons jamais vraiment le bout, il a fallu vaincre certaines habitudes et idées reçues, dépasser les réactions amusées ou agressives de l’entourage et essayer d’aller à l’essentiel sans le dénaturer mais en le dénudant du superflu ou du superficiel.

 

Tout comme l’impressionnisme est aussi l’art de peindre le quotidien dans sa vérité et aussi sa modestie, notre viticulture est dédiée à exprimer le terroir qui fait partie de notre quotidien ; sans vouloir ressembler à autre chose de mieux ou de différent.

 

Finalement, même dans l’ambiance feutrée d’un musée parisien, la vigne n’est jamais très loin  de mon cœur.

C’est peut-être aussi pour cette raison que mon cœur est aussi présent dans mes vins et que les gens le ressentent.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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Clovis Simard 13/10/2012 04:18

Voir mon blog(fermaton.over-blog.com)No.7- THÉORÈME QUANTIQUE. - L'Impressionnisme et la Physique Quantique.

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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