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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:06

Suite à mon précédent article sur les OGM, j’ai reçu un commentaire pour le moins surprenant.

A-t-on besoin d’insulter les gens pour dire que  l’on n’est pas d’accord avec eux ?

Pour moi, la réponse est non mais tout le monde ne partage pas mon avis.

Chacun a le droit d’exprimer son point de vue ; encore faut-il respecter l’interlocuteur.

 

Pourtant, sans agressivité dans le propos, je persiste dans mes positions. Les OGM, c’est une grosse erreur. Mais je suis fataliste car je sais que c’est une évolution malheureusement inéluctable car les intérêts supposés et les moyens donnés pour eux à la recherche sont très gros.

 

On vivra donc un jour avec ou à côté des vignes OGM.

Pourtant, une chose est sûre dans mon esprit, les problèmes ne seront pas réglés pour autant.


Qui peut raisonnablement croire que les céréales OGM sont destinées à nourrir la population du tiers-monde comme on nous le dit si souvent ? Les peuples défavorisés ne verront même pas la couleur de la semence car ils ne pourront pas se l’offrir.

Pourtant, pour essayer de faire passer la pilule plus facilement, on utilise cet argument ainsi que la problématique de la recherche sur la santé humaine.

 

Pour la vigne comme pour les céréales, une des principaux objectifs des OGM sera de résister aux désherbants chimiques afin que les fabricants de ces produits puissent en vendre encore plus.

 

La résistance aux viroses ? Une grande partie des vieilles parcelles vit avec les viroses (et donne souvent des vins somptueux).

Il y a un moyen très simple de réduire ces pathologies. C’est toujours le repos de la parcelle après arrachage. Mais voilà, quand le vin devient cher, on ne souhaite pas en perdre une goutte en laissant reposer le sol. Donc, on arrache après avoir tué les vignes au Roundup. Puis on désinfecte le sol avec des produits qui tuent tout ce qui bouge. Enfin, vite-vite, on replante au printemps suivant.

Quelques années après, quand les pieds de vigne meurent avant d’être devenus adultes, on se dit que si on avait su, on aurait planté des vignes OGM. Facile !


Dans tous les cas, en  respectant les règles les plus simples d’agronomie, ou tout simplement de bon sens, on pourrait s’affranchir des raisons qui sont mises en avant pour promouvoir les OGM.

 

Par contre, le bon sens ce n’est pas comme les OGM, c’est stable dans le temps. Personne ne peut en effet prédire que ces végétaux, revus en corrigés par l’homme seront stables dans le temps.

 

Mais quelle importance ???

 

Et le principe de précaution pour ces denrées agricoles OGM qui se retrouveront un jour ou l’autre dans une assiette.  Dans ce cas, c’est silence radio.

 

Peut-être qu’on a mieux à faire avec la grippe A que de s’occuper de ce détail ?



 

 

 

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commentaires

marc 04/07/2010 12:21


La discution continue...! Bon! Je ne suis pas contre le progrès technique à condiion qu'il coïncide avec un progrès tout court. En fait, l'incompréhension vient d'une histoire longue qu'on ne peut
résumer dans un blog. Les états occidentaux, dans les années 1960 ont décidé de laisser la recherche en agriculture au secteur privé. Le résultat est qu'il n'y a pratiquement plus de recherche en
écologie (macro-biologie si vous voulez), seule subsiste la recherche bio-moléculaire et en génie génétique (micro-biologie... productrice de brevets). C'est comme si vous demandiez à un homme
politique de prendre une décision concernant l'économie du pays en ne connaissant que la gestion des entreprises (micro-économie)sans savoir l'impact sur les infra-structures, le PIB, le PNB, les
équilibres budgétaires, les taux de changes, la consomation, le chomage (macro-économie)... bref, les grands évolutions du pays. Tout ce que nous apporte l'industrie phyto et Cie, c'est des
nouveautés moléculaires sans aucune donnée sérieuse sur l'impact environnemental... et pour cause, la recherche (qui ne peut être que public, car ne générant que du savoir et pas d'argent) n'a que
des moyens dérisoires en études des structures globales. Alors, nous viticulteurs, nous avons l'expérience immense de ceux qui nous ont précédé et qui ont produit en masse sans chimie de synthèse
et sans manipulation génétique. Il n'y a pas de raison de jeter à la poubelle ce précieux savoir que vous semblez mépriser et qui a pourtant amené l'Europe a une prospérité inégalée dans
l'humanité, et ce, pendant des dizaines de siècles. C'est de notre responsabilité d'agriculteur, de ne pas balancer dans la nature des molécules trafiquées dont les enchainements biologiques sont
imprévisibles, et peuvent être irréversibles. Nous devons reprendre contact avec notre planète au lieu de s'ennivrer d'une puissance technologique irrationnelle et dangereuse par certains aspects.
Vous parlez d'antibiotiques... mais, malgrès des sommes colossales affectées à la recherche sur le cancer, les patients continuent à en mourir comme des mouches.Et cela continuera car vous ne
pourrez pas empêcher la mort... elle fait partie de la vie, désolé!... La technique ne peut pas tout. Un peu d'humilité de grâce! Que nos pays créent des organises indépendants, avec des moyens de
recherche conséquent afin de faire des études d'impact dignes de ce nom, voyons si en plus l'utilisation des "joujoux" technologiques ne remet pas en cause l'équilibre financier des propriétés
agricoles, évaluons si vraiment on en a besoin (si d'autres techniques plus douces et gratuites ne suffisent pas)et après, on verra si l'on utilise des OGM. Mais je sais, c'est un changement de
civilisation qu'il faudrait.


Nature et Ressenti 03/07/2010 23:47


Encore une idée fixe que le cuivre s'accumule dans les sols ! Il s'accumule effectivement dans un sol mort, mais un sol vivant a une capacité d'assimilation très importante, maintes fois prouvée
par analyse de sol


GFP 03/07/2010 23:20


@ Nature et ressentie,

Le fait que le cuivre soit un oligoélément naturel n'en fait pas une substance inoffensive! Les traitements à base de cuivre font qu'ils s'accumule dans les sols de façon irrémédiable. Il y a un
long rapport de l'EFSA sur cette question.

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article551

Le sulfate de cuivre a été interdit aux Pays-Bas.... sauf en bio où ils n'ont pas d'alternatives.

Les quantités où vous utilisez le cuivre risquent d'être celles qui seront homologuées dans quelques années. Ce ne sera as 500g/ha par traitement mais 500g/ha/par an.

Il faut arrêter de vouloir propager l'idée que sous prétexte que c'est naturel c'est inoffensif. Ce n'est pas pour rien que la roténone a été interdite l'année dernière (sauf en bio... tient, où
ils ont obtenus une dérogation, comme par hasard!).

Mais rassurez-vous, je ne milite pas contre le bio, les gens font ce qu'ils veulent après tout. Au final il faut juste éviter d'imposer son idéologie aux autres.


Nature et Ressenti 30/06/2010 18:14


@ GFP
"=> Vous semblez faire de la production bio. Comment ferez vous le jour où le sulfate de cuivre sera interdit?"
L'excuse du sulfate de cuivre tant avancée par les critiques du bio me fait bien rigoler. Le cuivre est un oligoélément naturel dont le sol se nourrit très bien, en témoigne les nombreuses analyses
de sol montrant la teneur en cuivre dans des sols avant la biodynamie donc sans utilisation d'aucune forme de cuivre et les mêmes sols en pleine culture biodynamique où le taux de cuivre dans le
sol est très largement inférieur !
De plus, on peut utiliser le sulfate de cuivre à différentes doses, soit la dose homologuée qui est énorme et qui est utilisé par des viticulteurs conventionnels ou les petites doses utilisées en
biodynamie
(par exemple, avec la bouillie bordelaise RSR disperss, homologué à 5 kg/ha il me semble, je l'utilise à 500g/ha ou 1 kg vraiment si les conditions sont extremes.


Corinne Comme 30/06/2010 19:11



Ceci est très vrai. D'une part, on "oublie" volontairement ou pas que la viticulture conventionelle utlise aussi le cuivre et ce sans contrôle. D'autre part, la boite à outil de la biodynamie
envisage le cuivre dans une autre optique, à dose homéopathique. la preuve en est que chezmoi, les vers de terre, très nombreux ressemblent à des serpents!



GFP 21/06/2010 17:56


@ Marc,
Cela fait bientôt 14 ans que du maïs Bt résistant à la pyrale et la sésamie est cultivé sans qu'aucun cas de résistance de la part de ces deux insectes ait été rapporté. Cela arrivera, il y a peu
de doute là-dessus, c'est un phénomène naturel qui s'observe aussi pour les pesticides chimiques (et même le Bt utilisé en bio). Ce n'est pas une raison pour ne pas utiliser cette approche. Avec un
raisonnement comme le votre on aurait jamais utilisé d'antibiotiques sous prétexte qu'un jour les bactéries allaient développer des résistances.
D'ici que des résistances apparaissent d'autres stratégies de luttes seront développés. Aux USA, l'année prochaine les agris auront accès à du maïs exprimant 6 toxines Bt différentes (pour lutter
contre les ravageurs qui s'en prennent aux parties aériennes ET aux racines). Cette stratégie dite "pyramidale" permettra de réduire les chances de voir se développer des résistances puisque
plusieurs toxines différentes cibleront les mêmes insectes.
Pour en revenir à votre commentaire, quand bien même des insectes développeraient une résistance ils ne "pulluleront" pas. S'ils sont insensibles à une toxine Bt (la Cry1Ab par exemple) ils seront
toujours sensibles aux insecticides chimiques et probablement à d'autres toxines Bt.


Corinne Comme 21/06/2010 18:00



Super, heureusement qu'il restera toujours le bazooka et le napalm au cas où.....



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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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