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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:01

 Il y a quelques jours, j’utilisais ce titre pour dénoncer les dérives mécaniques de l’agriculture.

Mais aujourd’hui, il est remis au goût du jour avec l’affaire des sangliers morts sur les plages de Bretagne.

Cette affaire ou plus exactement, le problème des algues vertes représente une nouvelle illustration du « raisonnement inversé » dans lequel vit notre société.

 

La logique mise en œuvre c’est de nettoyer les plages, le plus souvent possible de ces algues qui prolifèrent à la vitesse grand V.


Mais on ne s’intéresse pas vraiment à régler le problème en amont c'est-à-dire au niveau de l’élevage intensif. Je ne dis pas que rien n’est fait mais les mesures sont comme toujours du saupoudrage sans effet.

Il faut préserver les lobbies et ne pas contrer un système économique en vigueur.

 

Justement, l’élevage intensif, particulièrement de porcs est un modèle à bout de souffle. Il ne nourrit même plus les agriculteurs tout en polluant l’environnement.

Pourquoi n’envisage-t-on pas de changer de façon de faire en oubliant la performance technique comme seule voie possible ?

Comme on ne gagne rien par animal produit, on multiplie le nombre d’animaux et on intensifie encore plus la production en pensant que l’on va s’en sortir. Mais on oublie qu’en multipliant zéro par le nombre de porcs, on ne va pas loin. C’est du niveau début d’école primaire.


Alors, on replâtre et on replâtre encore. A la sortie, on n’a rien réglé mais les rivières et les baies bretonnes regorgent de l’azote des lisiers. Les algues vertes prolifèrent et les municipalités font de leur mieux pour les enlever afin qu’elles ne fassent pas trop fuir les vacanciers.


Parfois, on entend quelqu’un à la télé qui accuse l’agriculture avec des relents d’années 50, sinon de 19ème siècle.

Mais on ne propose jamais de remettre en question ce modèle pour aller de l’avant.

 

Car je reste persuadée qu’il existe pour l’agriculture, une voie moderne, rentable et respectueuse de la nature.


Encore faut-il avoir le courage de poser les vraies questions avec le désir d’y répondre…



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commentaires

Manuel 13/08/2011 12:06


Look at this:

http://www.weinkenner.de/wein-magazin/portrait/2011/august/chateau-pontet-canet-mit-4-ps-zur-spitze.html


olivier 05/08/2011 16:03


Bonjour Corinne,

Le plus tout jeune breton que je suis vous dira qu'il a connu l'heureuse époque où les plages des Côtes d'Armor, du Finistère et du Morbihan n'étaient pas envahies par ces cochonneries d'algues
vertes. Curieusement et même si l'élevage intensif des porcs est sans conteste une des sources principales de cette pollution récurrente, il n'est jamais évoqué dans l'explication de ce phénomène
un facteur qui, à mon sens, a constitué la première cause du dérèglement de l'écosystème propre à cette région; je veux parler de la suppression dans les années 70 des haies qui ornaient, à l'image
du bocage normand, les champs de la belle Bretagne. Sous l'impulsion du mouvement coopératif, la région est rapidement passé d'un modèle agricole avec des petites parcelles (on pourrait parler
d'auto-subsistance pour leurs propriétaires) à un système de cultures intensives sur de grandes surfaces qu'il a fallu enrichir suite à la disparition de la bonne terre générée justement par la
disparition des haies (mais aussi soyons juste par l'appauvrissement des sols). En cette période de vaches maigres, je parle entre autres problèmes de notre balance commerciale en déficit
chronique, on touche là le fond du problème que vous évoquez : l'agro-alimentaire, dont les vins et spiritueux, est un des rares secteurs qui assure encore une contribution positive à notre balance
commerciale et par les temps qui courent on ne va pas sans plaindre; mais jusqu'où doit aller l'exploitation de nos campagnes pour alimenter un marché mondialisé et par là-même nos ressources
nationales? Le bio qui, comme me le disait un de vos collègues alsaciens, n'est finalement qu'une agriculture classique au sens de l'ancien temps, sera-t'il à terme rentable pour les vignerons,
compte tenu des efforts qu'il demande dans sa mise en place et vous permettra-t'il de continuer à honorer des marchés à l'export?

J'aimerai avoir votre avis à ce sujet.

Olivier


Corinne Comme 05/08/2011 16:52



Bonjour Olivier,


il n'y a bien sur jamais qu'une seule cause aux problème et beaucoup de choses sont liées...mais un moment il faut savoir s'asseoir et réfléchir à la globalité du problème. Je pense souvent à
l'équilibre de la nature comme à une toile d'araignée, à la fois très résistante et très fragile. Par nos actions, nous coupons, petit à petit, les petits fils (voire les axes) qui la
constituent et tout à coup, elle s'écroule et on ne comprend pas pourquoi.


La voie Bio comme la pense nos administratifs bien pensants ne résoudra rien. Le Bio doit être, au delà de la culture, une remise à plat de notre manière de penser. On doit l'envisager dans
sa globalité et alors je ne vois pas pourquoi il ne serait pas viable économiquement. ( d'où l'intérêt de la bio dynamie ) Il n'y a pas de raison (au moins en viticulture) de voir des rendements
raisonnables baisser. Au niveau du bilan, les charges s'équilibrent différemment mais sans explosion. Bien sur, si on envisage le bio sans changer ses réflexes, et sans rompre ces cercles
vicieux où plus on  en fait, plus il faut en faire, alors on court à la catastrophe.


En ce qui concerne le vin, l'export est très sensible à la notion de bio mais les acheteurs sont avant tout intéressés par le rapport qualité/prix.


N'hésiter pas à venir me faire une visite si vous venez en bordelais, nous pourrons alors en discuter!



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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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