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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:22

Une nouvelle étude vient de sortir au sujet des pesticides.

Elle a été reprise par bon nombre de revues et de télés.

Que dit l’étude ? On retrouve des pesticides sur les cheveux des salariés viticoles et des riverains des vignobles. C’est à la fois simple et imparable car le gras du cheveu attire les molécules organiques.

 

De même, les délais de réentrée dans les parcelles pour les salariés ne sont qu’une poudre aux yeux. Comment peut-on imaginer qu’une vigne traitée il y a deux jours ou même une semaine ne possède plus de produit sur les feuilles au point de les laisser être touchées par des salariés. Surtout quand on parle de produits actifs pendant 14 jours !...

 

On nous dira qu’il faut prendre des gants. La belle affaire car en été, même si les gens ont des gants, ce qui reste encore à prouver, ils sont aussi en général bras nus. Et souvent aussi, ils sont tête nue. Tous les ans, je repense aux milliers d’étudiants qui effeuillent ou coupent des raisins dans les domaines viticoles, en général sans gant et parfois dans la même parcelle que le tracteur qui traite.

Ils ne sont là que pour deux ou trois semaines et on ne les reverra plus. Donc, pourquoi s’embêter ?

 

Mais le mal est bien pire car l’odeur de ses produits se sent à des dizaines voire des centaines de mètres de l’endroit où ils ont été pulvérisés. Si on sent le produit, c’est qu’on ingère aussi la molécule.

Je parle en connaissance de cause, moi qui ai été contaminée il y a quelques années par les produits de voisins tout simplement parce que j’habite à côté de vignes traitées avec des pesticides.

Rappelons-nous de l’étude montrant que dans Paris, on capte les molécules de pesticides employés dans les plaines céréalières avec la même succession de produits que dans les champs.


Les délais pour revenir dans la parcelle, les Ecophyto pour diminuer les pesticides, les procédures,(…) tout est dans le saupoudrage car la seule voie acceptable serait l’abandon de ces produits qui n’ont rendu qu’un service de façade à la viticulture.

On vante leur efficacité mais on oublie de signaler qu’en même temps on foule au pied toutes les règles de base de la viticulture et de l’agronomie en général.

On a créé un bateau sans gouvernail et on fait exploser tous les rochers qui s’approchent de la coque, histoire de protéger la coque.

Malheureusement, il arrive que certains récifs soient plus gros ou coriaces que prévu et que la coque se perce malgré tout.

Le plus grave, c’est que plus on progresse, plus la taille des rochers à pulvériser grossit. Au stade actuel, on en est rendu à faire face à un continent entier et on se demande comment on va bien pouvoir le faire exploser.

Il est évident que de temps à autre, il y a des gens sur le rocher ou à côté. Victimes collatérales. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Dommage pour moi mais c’est la règle de la guerre totale !

Comme on refuse de voir qu’en manipulant l’armement, certains y perde aussi la vie. Là non-plus, pas de statistique…

 

Le plus terrible c’est que le capitaine du bateau refuse l’idée que leur gouvernail est cassé. Il s’appuie sur des expertises de son interprofession qui le conforte dans son point de vue.

Quand ils voient un bateau dont le gouvernail fonctionne, ils tentent de le ralentir ou même de le couler.

Leurs idées, ils les ont trouvées dans des écoles de marins où on apprend à naviguer sans gouvernail mais avec une soute à munition bien fournie.

Pour les idées nouvelles ou les nouvelles armes anti récifs, il y a toujours les fabricants de ces armes Leurs réunions sont toujours appréciées des marins sans gouvernail. Les viennoiseries y sont toujours très bonnes et du jour.

Et pur beurre en plus !! 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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