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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:51

Comme tous les deux ans, j’ai fait un tour rapide de Vinitech, grand salon viti-vinicole mondial.

 

Chaque fois, je me demande ce que j’ai à y faire, n’ayant rien de précis à acheter. Mais j’y vais quand même ; histoire de voir.

Une évidence : je me sens de plus en plus étrangère à cette viticulture qui ressemble toujours un peu plus à une industrie lourde avec des machines de plus en plus grosses, des barriques de plus en plus high-tech, voire même des copeaux de chêne intelligents.

Mais pour quoi faire ??

 

Plus le temps passe, plus la viticulture du bas s’enlise au point de disparaitre. Les machines perfectionnées et puissantes ne sont qu’un leurre dans les réponses à donner.


Quant à la viticulture du haut, on peut mesurer à quel point elle se trompe en basant ses espoirs de progression sur des technologies de pointe qui l’entrainent à l’opposé de la réalité du vivant, du subtil, du fin ; les seuls qui comptent quand on parle de grands vins, d’émotion.

 

Heureusement, au hasard d’un stand, on trouve quelques perles qui font sourire. En écho aux trophées d’or et d’argent de l’innovation, on pourrait créer la débilité d’or.

A ce jeu, les candidats sont nombreux. Je n’en citerai que quelques-uns.

 

La bonde à barriques qui indique le niveau de liquide. On a oublié que le vin ce n’est pas de l’eau et que la présence constante d’ondes dans la barrique ce n’est pas le meilleur pour exprimer un terroir.

Mais à quoi bon le terroir ? L’important, c’est le niveau qui arrive automatiquement sur un ordinateur ou un smartphone !

 

La barrique en inox aperçue sur un stand. Aucune qualité de la barrique mais tous les défauts à commencer par le nettoyage ; sans parler du prix.

 

Les cuves pendues au plafond qui nécessitent une échelle de 3 mètres pour aller prendre un échantillon ou un verre de vin. Sûrement issues d’une volonté farouche de faire parler de soi, elles soulignent avant tout les performances du génie civil dans les calculs de contraintes mécaniques.

 

Mais j’y pense. Pourquoi ne pas rebondir sur ces idées géniales en créant un chai avec des barriques pendues au plafond ?

Il est sûr qu’avec des bondes collées à plusieurs mètres de haut, il vaut mieux avoir la bonde automatique.


A méditer. Il reste encore deux ans jusqu’à la prochaine édition…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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