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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:37

 

Pour rebondir sur les propos de nos collègues et amis provençaux, je viens de recevoir un avis pour le chargement de palettes de mes vins à Anvers. Depuis quelques temps, les clients lointains sont alimentés par des ports tels que Rotterdam et le problème du surcoût de transport se pose alors.

 

Faut-il en sourire ou en pleurer ?

Si la survie d’entreprise ou d’emplois n’en dépendait pas, on pourrait effectivement s’amuser du comique de telles situations ; particulièrement quand les donneurs de leçons, politiques ou autres nous alarment régulièrement sur l’état de la planète, les pets de vaches et autres énormités qui dérangent le climat.

Mais, le pays qui a sûrement le plus de surface maritime au monde par habitant ne sait plus expédier ses marchandises de ses propres ports parce que quelques dizaines de personnes enferrées dans des combats d’un autre âge l’ont décidé ainsi et que le pouvoir n’a pas la force ni la volonté de faire appliquer le principe simple du respect de la liberté de travailler ou de laisser les marchandises et les personnes circuler librement ; au nom de la  liberté de faire grève souvent transformée en liberté de tout bloquer, ce qui est différent.

 

Pourtant de ma fenêtre, je peux voir l’estuaire de la Gironde, poumon économique de la région pendant des siècles. Parfois, il y a même des bateaux qui y passent. Et pourtant, tout le vin de Bordeaux part maintenant par camion et se fait charger en Belgique ou en Hollande.

 

Autre sujet à méditer : le suicide des agriculteurs n’a jamais atteint des niveaux aussi hauts.
Ils ne se suicident pas pour se voir refuser un départ à la retraite quelques années plus tôt que les autres, pour ne pas avoir pu passer de 30 à 25 heures par semaine.

Beaucoup de ceux qui choisissent de vivre travailleront plus tard que les autres et finiront leur vie avec le minimum vieillesse, n’auront connu que des semaines de 70 heures de travail, n’auront eu qu’une protection sociale minimale tout en étant hors de prix et auront gagné le SMIC dans les meilleures années.

Je ne cautionne pas le modèle économique en vigueur dans les campagnes, les ministères mais force est de constater qu’il y a un gros problème. On a fabriqué une machine à produire des drames humains.

 

PS : aujourd’hui, 2 heures pour se connecter sur le site du CIVB et préparer l’expédition de vin. Remarquez, il n’y a pas d’urgence, les ports sont bloqués. A quoi bon faire les papiers…

 

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commentaires

denis 29/01/2011 17:30


Voilà qui ne nous rassure pas pour nos premières exportations à venir :o(


Dupéré Barrera 27/01/2011 11:42


on a aussi échappé à la clé USB spécial Bordeaux ouf !!!

tout n'est pas si noir ;-))) bonne chance à vous pour ce supplément d'administratif !


Hervé Bizeul 26/01/2011 16:34


On pourrait sans doute discuter quand même un peu sur le "hors de prix"... Certes, elle n'est pas excellente, mais elle n'est pas très couteuse pour la plupart des agriculteurs dont certains
n'auront pratiquement pas cotisés, profitant de longues années des privilèges du forfait... Et même si elle n'est pas au top, elle quand même drôlement meilleures que celles de la plupart des
autres paysans du monde... ;-)
Bon courage pour l'histoire de la clé USB, nous, ça nous a été épargné...


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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