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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:19

 

Lorsqu’une équipe de division d’honneur accroche à son tableau de chasse une équipe de ligue 1, tout le monde salue l’exploit, mais personne à commencer par les joueurs eux-mêmes ne pense à se dire meilleurs que la dite équipe de l’élite.

 

Pourtant, c’est ce qui arrive en viticulture, milieu d’ennemis intimes et d’égos parfois surdimensionnés.

 

Lorsque nous avons commencé notre vie de néo-vignerons, nous étions sûrement nous-aussi et comme beaucoup d’autres dans cette sensibilité qui nous faisait penser qu’avec du travail et des sacrifices, on avait les moyens de remettre en cause les hiérarchies établies.

 

Le temps a passé et il nous a montré que, comme souvent, les choses étaient un peu plus complexes.

Certes, on pouvait s’approcher de grands terroirs où les gens travaillent mal. Mais, lorsque sur ces grands terroirs, les gens se mettent à travailler, ils nous écrasent ; tout simplement.

 

C’est un constat dur mais implacable qu’il faut digérer pour pouvoir aller de l’avant.

Notre vignoble se trouve à un endroit qui permet d’y faire de jolis vins mais qui ne fera jamais de vrais grands vins. C’est ainsi.

Si les terroirs qui ne produisent pas de grands crus avaient été de grands endroits, ils auraient été grands crus. Et quand ce n’est pas le cas, c’est sûrement qu’il y a une raison…

 

Mais quand on a intégré cela, tout devient à la fois plus facile et plus évident.

On devient soi-même et pas une image idéalisée de ce que l’on aimerait être avec cette volonté constante de comparer ses petits muscles à ceux des voisins.


A ce moment là, les vins deviennent plus en harmonie avec leur terroir et finalement sont beaucoup plus appréciés parce que dans l’équilibre juste et dans la sincérité.

 

Mes vins actuels sont aussi le résultat de cette évolution. Je les aime et suis totalement confortable avec eux et les idées et techniques qui ont permis de les élaborer.

 

Cette remise en question, c’est une des premières étapes de la réussite…

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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