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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:13

 Ce week-end, nous avons commencé à préparer le chai pour les futures vendanges. Dans les rangements, il a fallu se défaire des quelques litres de Vin Passion 2010 qui n’avaient pas été contaminés par la filtration il y a quelques mois.

 

Cette petite quantité avait servi à prouver que le vin était sain (et très bon) avant la filtration.

Puis, elle était restée là sans que personne n’ose y toucher.

Ne pouvant rien en faire, il a rejoint le vin contaminé, qui pour des questions de procédures attend toujours dans sa cuve de partir à la distillerie.

 

En transférant ces quelques litres dans un seau, l’odeur était tellement bonne que Jean-Michel en a prélevé une bouteille.

 

Le soir, nous avons donc bu une dernière fois l’apéritif avec le Vin Passion 2010. Ce fut un moment rare et émouvant.

 

En 6 mois sans soin et dans des conditions de stockage précaires, il n’avait pas perdu de ses qualités.

Très vite, on a retrouvé les sensations que nous avions en le dégustant l’hiver dernier. Il était toujours aussi attachant et envoutant.

 

Là je me suis prise à espérer que tel le Phénix, son frère jumeau traumatisé par l’erreur d’un inconnu puisse redevenir aussi bon et que le cauchemar que nous vivons à son sujet depuis des mois, puisse prendre fin.

 

Malheureusement, rien n’est venu. La date de la mise à mort définitive est maintenant fixée avec le distillateur.

 

Durant ces quelques minutes passées avec ce vin disparu, je n’ai pas voulu repenser une fois de plus au travail, à la fatigue, au tracas passés pour rien, ni aux longues tractations avec les assureurs.

 

Je n’en garderai que des émotions lorsque j’ai mis mon nez au dessus du verre et que ce tourbillon de senteurs m’a envahi.

 

Pourquoi le Phénix n’existe-t-il pas ????

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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