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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 09:17

Une fois de plus l’actualité nous montre à quel point notre système actuel ne tourne pas rond ; alors qu’il aurait tous les moyens d’être parfait ou presque.

On vient de découvrir que les lasagnes au bœuf auraient très bien pu être achetées dans une boucherie chevaline.

Et encore, quand on parle de viande de cheval, c’est peut-être aller un peu vite en besogne car la viande dont on nous parle, c’est du « minerai de cheval », c’est-à-dire un mélange de lambeaux de chair, de collagène, de cartilage et d’os !

 

Ayant eu l’occasion de travailler dans le milieu de la viande industrielle, ce n-ième scandale ne m’étonne pas vraiment.

Pour le moment, on n’a pas encore décelé de risque majeur pour la santé, donc on est loin des viandes rénovées comme il y a quelques années ou autres pratiques toutes aussi tordues.


Ce nouveau cas montre que la traçabilité souvent vantée n’est valable que si les gens qui la font vivre sont honnêtes et ont envie de bien faire.  C’est la même chose pour toutes les procédures qui prolifèrent sous l’impulsion des « qualiticiens ».

Cependant bêtise ou cupidité, voire les deux réunies, ont vite fait de contourner la traçabilité et mettre à mal toutes les procédures.

J’ai vu des steaks hachés tout bleu revenir périmés et repartir dans le circuit avec de la viande fraiche. Le tout mélangé semblait bien suffisant pour les responsables de l’usine.

 

Une autre réflexion concerne la rentabilité des circuits de la viande avec des étapes et des intermédiaires partout en Europe. Si on considère le coût de transport en camion frigo, on finit par se poser la question de l’intérêt de tout cela.
Surtout que la France ne sait pas utiliser les bas-morceaux de ses vaches. Il y aurait une destination facilement utilisable pour de la viande.

Durant mes études, j’ai travaillé sur la valorisation de lambeaux de chair accrochés aux os. Après récupération, il fallait les mélanger à de la gélatine pour en refaire des dès de viande ; de fausse viande si on veut être exact. Le but était de constituer la viande dans des blanquettes ou les bourguignons !

A l’époque, j’étais très contente et motivée pour faire aboutir l’étude. Je le suis moins maintenant.

Vu le nombre d’étapes et de produits, je me demande toujours comment cela pouvait être rentable et jusqu’à quelle point on pouvait aller dans la technologie agroalimentaire. Là aussi, il aurait tout simplement fallu négocier les bas-morceaux auprès des grossistes pour avoir à bon prix de la vraie viande, directement utilisable sans adjuvant.

Je ne serais pas étonnée d’apprendre que tous les bas-morceaux sans destination en France finissent en farine dans des immenses congélateurs avant destruction et aussi avec subvention de l’union européenne.

 

Comme toujours, les pouvoirs publics tombent des nues et découvrent qu’il peut y avoir des malversations. Pourtant les services vétérinaires existent et sont supposés faire leur travail. Pour ma part, je n’ai jamais vu un vétérinaire venir vérifier un frigo. Ils passaient bien pour leurs prélèvements mais c’était plus vers les rôtis, entrecôtes et autres tournedos qu’ils concentraient leur attention…

Et comme les politiques sont toujours dans l’émotion, ils viennent de demander des tests ADN en grand nombre. On va trouver quelques coupables en essayant de ne pas fermer les usines qui sont des employeurs de main d’œuvre.

Puis, le système va s’endormir de nouveau.

Pour les gens honnêtes, les règles et contraintes vont devenir encore plus lourdes. Les fraudeurs auront vite fait de trouver la parade et pourront continuer de prospérer.

Jusqu’au prochain scandale…

 

Justement, dernière info du jour. Les farines animales vont être de nouveau autorisées pour nourrir les poissons. Prochaine étape, le poisson psychopathe…

 

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commentaires

Amour du vin 18/02/2013 13:49

Salut,

Je viens de découvrir votre blog, et je le parcours avec une véritable passion, merci pour tous ces bons conseils, je vous en remercier et bonne continuation.

Cordialement.

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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