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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 14:07

Comme tout le monde le sait, le vendredi ce n’est pas ravioli mais expertise judiciaire !

C’est moins fun mais meilleur pour la ligne car les tracas ont tendance à me faire maigrir alors que d’autres se jetteraient sur la nourriture.

 

Donc l’expertise du jour, c’était pour le Vin Passion 2010 contaminé par un filtre avant la mise en bouteille et parti de ce fait à la distillerie. Ceux qui lisent ce blog savent bien de quoi je parle !

Récemment, j’ai donc été payé de la valeur du vin « liquide ».

La rencontre du jour c’était pour faire reconnaitre le préjudice commercial ; c’est-à-dire que le fait de rester un an sans vin à proposer aux clients, c’est un préjudice.

Cela paraît évident à tout le monde sauf à l’assureur du prestataire, fautif et conscient de sa faute.

 

Il y avait d’abord, l’expert judiciaire et les protagonistes de l’affaire accompagnés de leurs avocats.

 

Le but du jeu était d’examiner les documents comptables prouvant le préjudice que j’estime avoir subi.

C’est usant et humiliant d’avoir à ouvrir des choses personnelles tels que les éléments du bilan comptables, les factures émises, les ventes par produit, par client, par gros client, particulier, professionnel, …

 

Maintenant, il faut attendre que l’expert expertise les chiffres à sa disposition et donne son point de vue.

 

En attendant et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je peux attendre en lisant le compte-rendu que je viens de recevoir par la poste de l’autre expert judicaire, pour les bâtiments « à problèmes ». En entrant dans 2013, on va fêter les 10 ans de leur construction et les 10 ans de la procédure judiciaire que j’ai engagée pour faire reconnaitre et réparer les nombreuses malfaçons qui se sont très vite présentées.

Le bâtiment est payé depuis 10 ans mais l’affaire n’est pas réglée. Le sera-t-elle un jour ? Je finis par en douter.

Ce qui me rassure, c’est que l’expert m’a donné raison sur à peu près tout. Mes requêtes n’étaient donc pas vaines.

Maintenant, il faut finir lire attentivement l’épais rapport et attendre un dénouement.

 

Ce qui est usant dans ce métier, ce n’est pas le travail, les week-ends qui chez nous ne sont que des fins de semaines mais pratiquement jamais des jours de repos.

L’usure morale et ensuite physique vient des tracas fastidieux et durables générés par de telles affaires.

Cela dissuade d’investir, d’agrandir,… bref, d’avancer.

Souvent, j’en arrive même à me demander pourquoi on continue à faire vivre une entreprise comme la nôtre.

Elle marche bien ce qui est déjà très bien dans le contexte actuel. Mais nous n’aurons ni la fortune ni la gloire avec ce petit domaine.

 

Heureusement, il suffit de déguster un verre de notre vin pour retrouver des forces morales. Je n’ai pas la prétention de dire que mon vin est le meilleur du monde ; loin de là.

Mais il contient un peu de moi, de mon mari et de mes enfants.

Il est un peu nous.

Et la famille c’est sacré !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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