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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 09:58

Nous revenons d’un voyage de 4 jours dans le Languedoc-Roussillon. Si le but premier du déplacement était de parler de biodynamie, le principal s’est situé ailleurs.

Notre séjour fut une sorte de voyage initiatique au sein d’une viticulture vraie, généreuse et sans concession.

Contrairement à une pratique classique, nous avons choisi un nombre limité de domaines mais des visites centrées avant tout sur le vignoble. Il fallait s’imprégner totalement des lieux pour mieux les comprendre, sentir le lien fort qui existe entre le cep de l’endroit et le vigneron.

Parfois, il fallait avoir l’estomac bien accroché tant les routes sont sinueuses, nombreuses et escarpées. Mais l’essentiel a été atteint. On a approché, sans avoir la prétention comprendre totalement, les terroirs qui nous parlent de grands vins dès qu’on les regarde.

Ensuite, la dégustation des vins en cave devenait beaucoup plus instructive car elle servait d’illustration à ce que nous avions vu ou ressenti à l’extérieur.

On a vu des approches du « sans-soufre » qui nous ont confortées dans l’idée que ce ne doit pas être une décision humaine unilatérale et brutale mais qu’au contraire, c’est la vigne qui doit amener des raisins capables de se passer de cet ajout de moins en moins médiatique. Une fois de plus, l’homme doit reste humble face à la vigne. C’est elle qui décide de tout ou presque. L’homme suggère, puis elle fait ou pas. C’est tout.

Evidemment, on ne peut pas visiter la région sans être peiné de voir autant de parcelles abandonnées dans des endroits magnifiques pour ne pas dire magiques. Là aussi, l’obstination de l’homme à produire des grands vins a été incroyable. Malheureusement, les contraintes économiques semblent être devenues les plus fortes.

Cependant, les viticulteurs bordelais, de toutes conditions devraient au moins aller faire le même genre de voyage, ou mieux encore aller faire un stage chez des vignerons locaux. Ils en retireraient une notion de la difficulté vraie et du vrai prix à payer pour espérer tenir un jour dans ses mains une bouteille de son propre vin, fruit de la vigne et de sa propre chair !

Je ne pense pas que mon idée ait beaucoup de succès auprès des instances officielles. Ce n’est pas grave car les vignerons authentiques feront ce genre de recherches par eux-mêmes.

Les autres…

 

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commentaires

Pierre Krenger 26/01/2010 23:39


Merci Madame Comme pour ce remarquable compte rendu de votre séjour dans le Roussillon.
Je suis d'avis qu'une telle expérience devrait être rendue obligatoire pour de nombreux 'vignerons' Bordelais, l'humilité leur faisant souvent défaut!


Iris 26/01/2010 11:38


Merci, Corinne, d'avoir capté quelque chose d'essentiel de notre région, nos terroirs et notre viticulture et de l'avoir exprimé ici:-)!


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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