C’est presque l’hiver mais déjà la nature nous a donné un avant goût de cette saison avec un week-end partiellement pourri.
Tous les paysans le disent, c’est une bonne chose qu’il tombe de l’eau maintenant. Il n’y a plus de récolte dehors donc, la pluie peut tomber sans regret.
Dans nos vignes, la taille a commencé et les ceps ont perdu leur beau feuillage d’automne pour présenter les sarments tristes et dressés.
J’éprouve toujours un sentiment de nostalgie en me promenant dans les rangs de vigne à cette saison.
Parfois, un raisin oublié par un vendangeur ramène à la surface des souvenirs de cette période, proche et lointaine à la fois. Il m’arrive même de sourire en repensant à des blagues où des propos de gamins qui sont de mise pendant les vendanges.
Dans les chais, au contraire il fait bon. Depuis que nous sommes entrés dans l’aire de la toiture neuve et isolée, le maintient des températures est beaucoup plus facile. Les factures d’électricité sont aussi sensiblement moins douloureuses à recevoir.
Environ la moitié de la récolte a fait sa fermentation malo-lactique. Pour l’autre moitié, c’est je l’espère, une question de jours.
Tout comme les levures à une certaine époque, les bactéries lactiques du commerce sont sur le point d’envahir totalement les chais. Pour cela, les industriels utilisent la corde facile et efficace de la peur en prédisant les plus grandes catastrophes pour ceux qui se risqueraient encore utiliser les bactéries déjà présentes dans les vins.
La technique est bien rôdée et elle est ressortie chaque fois qu’un nouveau produit est mis sur le marché.
Il est évident pour nous de laisser la nature faire son travail sans faire appel aux produits du commerce. Tous les ans, ça
fonctionne…
Quand cette transformation arrive, je la sens arriver. Les vins changent à la surface des cuves et ils se dégustent un peu différemment. L’analyse ne fait souvent que confirmer mon
ressenti.
Une vraie maman comprend toujours son enfant sans qu’il ait besoin de s’exprimer.
Pour mon vin et moi, c’est un peu la même chose car il est un peu la chair de ma chair.

Tout d’abord, comme on est sur mon blog, je remercie les lecteurs qui ont
fait le déplacement pour me rencontrer. J’en suis très touchée et toujours impressionnée de voir des gens de toutes origines géographiques lire mes modestes écrits.