Cela aurait pu être une fable de Lafontaine de plus mais notre célèbre auteur n’avait pas encore entrevu la situation que nous vivons actuellement.
Lorsque je parle de cochon, il faut bien entendu comprendre qu’il s’agit de sanglier. Le mot « cochon » est une sorte de nom de code utilisé par les chasseurs lorsqu’ils parlent de sanglier.
Je regarde les choses de loin mais je suis aussi en contact plus proche avec ces gens là par l’intermédiaire de mon beau-père qui chasse le gros gibier comme beaucoup d’autres.
Personne ne s’est encore posé la question du "pourquoi", c'est-à-dire, comment on a pu passer d’une situation sans aucun sanglier à un niveau de population problématique pour les récoltes.
J’en avais déjà parlé il y a quelques mois. Ce serait en effet la première question à laquelle il faudrait essayer de répondre avant d’aller plus loin. En comprenant les choses, on peut éventuellement essayer de les modifier dans le bon sens, sans effusion de sang.
Malheureusement, notre société, ses chasseurs et ses agriculteurs ne fonctionnent pas de cette façon. On envoie l’artillerie pour pacifier sans comprendre pourquoi on en est arrivé au stade d’avoir à sortir l’artillerie.
Evidemment, il est logique de se défendre lorsque la situation l’impose. Lorsqu’un champ de maïs est ravagé par un troupeau de sangliers, on ne peut pas laisser les choses en l’état jusqu’à la destruction totale de la récolte.
Mais pour les sangliers comme pour les vendanges vertes, c’est la conséquence d’une série d’erreurs préalables qui oblige à détruire l’excès de sangliers ou de raisins.
Donc, personne ne se demande pourquoi il y a des sangliers ou pourquoi il y a trop de récolte. On intervient avec des fusils ou des sécateurs (selon les cas). Parfois même, les chasseurs interviennent dans des vignes pas encore vendangées, en enfreignant la loi. Mais que reprocher à quelqu’un qui a en main une arme qui tire des balles d’une portée de plus d’un kilomètre ??
Cette chasse bâtie sur des bases illogiques prend un air de ridicule quand on apprend que bien souvent, pour pouvoir les trouver plus facilement (et donc les détruire plus efficacement), les chasseurs nourrissent les sangliers en leur distribuant de la nourriture. Ainsi, les animaux en excellente santé deviennent particulièrement productifs et leur espérance de vie s’en trouve fortement améliorée ! Les troupeaux s’agrandissent facilement.
Heureusement, les chasseurs sont là pour les tuer et donc réduire les nuisances. Mais quand on examine les scores de chaque battue, on ne peut qu’être perplexe sur l’efficacité de telles démonstrations de force.
Ainsi, lorsqu’un animal est tué sur un total de huit ou dix, les chasseurs sont satisfaits. Mais ils ne voient pas qu’il reste encore la majorité des animaux.
Ils ne tirent pas les mères qui portent des petits. La raison évoquée est que ce n’est pas moral de tirer sur une mère. Pourtant, lors des battues au renard, personne n’a de tels états d’âme vis-à-vis des femelles pleines. Oui mais voilà, les petits renards ne se mangent pas !
En laissant vivre les petits, dans quelques semaines on pourra tirer et donc manger les petits marcassins si tendres…
Juste après l’alerte tsunami ou l’alerte enlèvement, il y a l’ « alerte sangliers » à Margueron. Comment ne pas sourire ?
Les chasseurs reçoivent un appel sur leur téléphone portable. Le rendez-vous est fixé à un endroit donné car des sangliers ont été vus. Deux ou trois heures plus tard, au moment du premier apéro de débriefing, on compte au mieux un animal à terre, voire rien du tout.
La lutte contre les sangliers ne sert donc à rien pour la régulation des populations. On permet seulement aux chasseurs de jouer à la guerre et de se donner une source de nourriture pour les nombreux repas bien arrosés qu’ils organisent.
La protection des cultures n’est qu’un leurre.
Tout le monde a bonne conscience, les chasseurs, les officiels et même les agriculteurs qui se sentent épaulés.
Ainsi est faite notre société de colmatage des brèches. Une main de fer et de feu dans un gant de velours...mais surtout sans cerveau
pour commander l’ensemble !!!

On se demande si on est encore en présence de vignes ou de plantations de
kiwis.
Je ne souhaite pas me mettre à la place d’une branche ou d’un raisin. Ce n’est pas
grave car ces vignes là n’ont pas été pensées pour confort des branches et des raisins, mais seulement pour faire du jus qui deviendra du vin.
Même les souches n’ont pas la poésie qu’ont d’ordinaire les vieilles souches. Là, très rapidement les ceps semblent porter le poids des ans après une vie à
s’épuiser en nourrissant trop d’enfants à la fois.
Le seul avantage est que
Mais depuis l’an
dernier, il y a quand même une nouveauté : la crise. Par sa faute, ou grâce à elle, on peut renvoyer aux calendes grecques toute idée de retour au travail du sol et autres foutaises. C’est
donc la main sur le cœur que l’on peut dire que l’on allait commencer à faire des efforts mais que là ce n’est pas le bon moment.