Je n'aime pas...

Lundi 5 octobre 2009

Cela aurait pu être une fable de Lafontaine de plus mais notre célèbre auteur n’avait pas encore entrevu la situation que nous vivons actuellement.

 

Lorsque je parle de cochon, il faut bien entendu comprendre qu’il s’agit de sanglier. Le mot « cochon » est une sorte de nom de code utilisé par les chasseurs lorsqu’ils parlent de sanglier.

 

Je regarde les choses de loin mais je suis aussi en contact plus proche avec ces gens là par l’intermédiaire de mon beau-père qui chasse le gros gibier comme beaucoup d’autres.

 

Personne ne s’est encore posé la question du "pourquoi", c'est-à-dire, comment on a pu passer d’une situation sans aucun sanglier à un niveau de population problématique pour les récoltes.

J’en avais déjà parlé il y a quelques mois. Ce serait en effet la première question à laquelle il faudrait essayer de répondre avant d’aller plus loin. En comprenant les choses, on peut éventuellement essayer de les modifier dans le bon sens, sans effusion de sang.

 

Malheureusement, notre société, ses chasseurs et ses agriculteurs ne fonctionnent pas de cette façon. On envoie l’artillerie pour pacifier sans comprendre pourquoi on en est arrivé au stade d’avoir à sortir l’artillerie.

Evidemment, il est logique de se défendre lorsque la situation l’impose. Lorsqu’un champ de maïs est ravagé par un troupeau de sangliers, on ne peut pas laisser les choses en l’état jusqu’à la destruction totale de la récolte.

Mais pour les sangliers comme pour les vendanges vertes, c’est la conséquence d’une série d’erreurs préalables qui oblige à détruire l’excès de sangliers ou de raisins.

 

Donc, personne ne se demande pourquoi il y a des sangliers ou pourquoi il y a trop de récolte. On intervient avec des fusils ou des sécateurs (selon les cas). Parfois même, les chasseurs interviennent dans des vignes pas encore vendangées, en enfreignant la loi. Mais que reprocher à quelqu’un qui a en main une arme qui tire des balles d’une portée de plus d’un kilomètre ??

 

Cette chasse bâtie sur des bases illogiques prend un air de ridicule quand on apprend que bien souvent, pour pouvoir les trouver plus facilement (et donc les détruire plus efficacement), les chasseurs nourrissent les sangliers en leur distribuant de la nourriture. Ainsi, les animaux en excellente santé deviennent particulièrement productifs et leur espérance de vie s’en trouve fortement améliorée ! Les troupeaux s’agrandissent facilement.

 

Heureusement, les chasseurs sont là pour les tuer et donc réduire les nuisances. Mais quand on examine les scores de chaque battue, on ne peut qu’être perplexe sur l’efficacité de telles démonstrations de force.

Ainsi, lorsqu’un animal est tué sur un total de huit ou dix, les chasseurs sont satisfaits. Mais ils ne voient pas qu’il reste encore la majorité des animaux.

 

Ils ne tirent pas les mères qui portent des petits. La raison évoquée est que ce n’est pas moral de tirer sur une mère. Pourtant, lors des battues au renard, personne n’a de tels états d’âme vis-à-vis des femelles pleines. Oui mais voilà, les petits renards ne se mangent pas !

 

En laissant vivre les petits, dans quelques semaines on pourra tirer et donc manger les petits marcassins si tendres…

Juste après l’alerte tsunami ou l’alerte enlèvement, il y a l’ « alerte sangliers » à Margueron. Comment ne pas sourire ?

Les chasseurs reçoivent un appel sur leur téléphone portable. Le rendez-vous est fixé à un endroit donné car des sangliers ont été vus. Deux ou trois heures plus tard, au moment du premier apéro de débriefing, on compte au mieux un animal à terre, voire rien du tout.

 

La lutte contre les sangliers ne sert donc à rien pour la régulation des populations. On permet seulement aux chasseurs de jouer à la guerre et de se donner une source de nourriture pour les nombreux repas bien arrosés qu’ils organisent.

La protection des cultures n’est qu’un leurre.

Tout le monde a bonne conscience, les chasseurs, les officiels et même les agriculteurs qui se sentent épaulés.


Ainsi est faite notre société de colmatage des brèches. Une main de fer et de feu dans un gant de velours...mais surtout sans cerveau pour commander l’ensemble !!!

Par Corinne Comme
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Mercredi 23 septembre 2009

Hier, ce fut la journée des expertises pour les bâtiments neufs construits en 2003. J’en avais déjà parlé précédemment. Ces constructions présentent de nombreuses imperfections plus ou moins sérieuses.

Des experts ont été nommés, des avocats interviennent pour préserver les intérêts des uns et des autres. Un maître d’œuvre organise les choses.

Le dossier s’épaissit…

Ce sujet me hante depuis des années. C’est un vrai serpent de mer. Et il doit y en avoir encore pour des années.

Aujourd’hui, c’était la journée sondages. Ils ont fait des trous partout pour évaluer la situation.

Moi, ce n’est pas du tout mon métier et je trouve difficile de passer tout ce temps en paperasse, réunions, coups de fils pour relancer les uns et les autres,…

Pourquoi on ne peut pas être bien servi quand on commande quelque chose et que l’on paie ce qui avait été prévu ?

Rares sont ceux qui n’ont pas eu ce type de désagréments après un chantier de construction. Parfois, c’est mineur, parfois c’est plus sérieux. Mais tout le temps, c’est du tracas et surtout l’insatisfaction de ne pas avoir le résultat escompté.

Une des remarques classiques est de dire que c’est un « désordre purement esthétique ».

C’est difficile à admettre quand justement on a payé plus cher pour l’esthétique.

Si on avait voulu faire moins cher et moins beau, on aurait fait un bâtiment en tôle ondulée !

Vous l’avez compris, j’en ai marre de tout cela. Il me tarde que tout soit terminé.

Mais, il se peut très bien que le prêt bancaire de 15 ans soit fini de rembourser avant la fin du litige !

Encore une fois, courage Corinne…

Par Corinne Comme
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Jeudi 13 août 2009

Depuis quelques années, il est de bon ton de planter des jachères fleuries pour promouvoir la biodiversité.

Déjà, le terme « biodiversité » m’énerve au plus haut point car quand on ne prend pas la peine de tuer tout ce qui bouge au nom de l’agriculture moderne, tout fonctionne très bien tout seul. Mais mon propos du jour n’est pas là. J’en ai longuement parlé il y a quelques mois au moment d’un colloque « tournage en rond » sur le sujet.


Personne ne pourra nier le caractère esthétique des jachères fleuries. Pour les passants, cela donne une diversité de couleurs très agréable.

On en voit aussi de plus en plus dans les vignes, entre les rangs. Mais au-delà de la beauté pure que faut-il en penser ?


Pour les gens qui utilisent des pesticides, on est dans la droite ligne de la lutte raisonnée et son cortège de communication « bla-bla » autour d’une « biodiversité » préservée. Il faut préciser que les nouvelles générations de produits de traitement évitent de tomber sur les fleurs des jachères fleuries. C’est fou ce que l’industrie chimique a fait comme progrès !


Mais, ce qui me gêne le plus, c’est quand les jachères fleuries sont chez les vignerons bio et même biodynamistes. Nous pensons que chaque plante qui pousse naturellement dans les vignes est un marqueur de l’état du sol (et aussi bien souvent le remède aux problèmes quand il y en a). Chaque plante, par sa présence, nous délivre son message. C’est ensuite à nous de l’analyser pour donner à la vigne les meilleures conditions.

Lorsqu’on plante des jachères fleuries, on passe à côté de tout cela. Et on peut penser que l’on passe aussi à côté de toute la philosophie de compréhension du vivant.

La jachère fleurie dans les vignes, c’est un point de couleur, mais c’est surtout une sorte de nivellement intellectuel par le bas ; un de plus !

 

Par Corinne Comme
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Lundi 3 août 2009
Ceux qui vivent le vin de loin sans forcément connaître toutes les subtilités du métier de vigneron ne savent peut-être pas que nous sommes sans conteste la profession la plus surveillée de France.

Parmi toutes les déclarations à effectuer dans l’année, celle du 31 juillet est un monument. C’est la « déclaration de stock au 31 juillet ». Tous les vignerons y ont droit. Il nous faut faire l’inventaire de tout le vin présent sur le domaine à cette date ; qu’il soit en bouteilles ou en vrac.

Les volumes comptés sont ensuite inscrits sur un imprimé officiel qui sera ensuite apporté en Mairie.

 

Donc, comme tous les viticulteurs de France, je me suis affranchie de cette obligation en comptant toutes les bouteilles présentes ainsi que les vins en vrac. Pour ces derniers, il ne s’agit que des rouges 2008 en barrique puisque les autres vins sont en bouteilles depuis moins d’une semaine.

 

La déclaration de stock n’est qu’une des nombreuses étapes de notre vie de viticulteur-contribuable. Les volumes de vin en bouteille ou en vrac doivent être justes à tout moment ainsi que les stocks de capsules fiscalisées. Lorsque l’une de ces dernières est écrasée par la capsuleuse, il faut la conserver pour bien prouver son existence, en cas de contrôle.

Cette suspicion permanente est très difficile à supporter. C’est sûrement l’aspect le plus négatif de notre métier. Je suis d’accord pour payer l’impôt, mais en fonction de règles simples. Les lourdeurs générées vont à l’encontre de la bonne efficacité économique de notre profession.

Ces contraintes n’empêchent cependant pas les trafiquants de trafiquer mais rendent plus difficile au quotidien la réalisation de notre métier pour les vignerons honnêtes que nous sommes.

 

C’est ainsi, la France est un grand pays de tradition. D’un côté il y a les huîtres, les fromages et les vins ; de l’autres, les contrôles et les déclarations qui vont avec.

Par Corinne Comme
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Mardi 16 juin 2009


Il y a un peu plus d’un an, j’annonçais que je n’aimais pas les vignes hautes et larges. Et bien, un an après, c’est toujours la même chose et peut-être pire encore !

Je ne vais pas refaire l’article de l’an dernier en le paraphrasant un peu à la façon des chercheurs qui communiquent pendant des années sur les mêmes résultats en les présentant un peu différemment à chaque fois, histoire de faire plus neuf.

Pour les vignes larges, je pense que les photos parlent d’elles-mêmes.



On se demande si on est encore en présence de vignes ou de plantations de kiwis.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble un verger de kiwi, c’est un peu ça mais avec des feuilles un peu différentes.

Les raisins n’ont pas prévu de voir le soleil. Ce n’est pas très grave car le soleil n’est pas toujours présent, donc les raisins ne manquent pas grand-chose…

Mais rassurez-vous les branches vont être relevées. En quelques minutes, le rang si épais va faire un régime type « slim-fast ». Il ne va plus mesurer que quelques centimètres de large.


Je ne souhaite pas me mettre à la place d’une branche ou d’un raisin. Ce n’est pas grave car ces vignes là n’ont pas été pensées pour confort des branches et des raisins, mais seulement pour faire du jus qui deviendra du vin.


Même les souches n’ont pas la poésie qu’ont d’ordinaire les vieilles souches. Là, très rapidement les ceps semblent porter le poids des ans après une vie à s’épuiser en nourrissant trop d’enfants à la fois.


Le seul avantage est que  l’on peut produire pas cher. Mais à quoi sert de produire pas cher quand plus personne ne veut le vin qui en est issu.

Heureusement, nos instances dirigeantes ont bataillé ferme il y a quelques mois pour maintenir ce système de conduite tellement parfait que grâce à lui plus personne ou presque ne souhaite maintenant acheter de Bordeaux, jugés chers et pas bons.

Et dire que la France est déficitaire dans la production de kiwis. Il y aurait des reconversions à envisager pour ceux qui aiment trop les vignes hautes et larges !

Par Corinne Comme
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Vendredi 5 juin 2009

Il y a des mots qui ne devraient jamais se rencontrer.

Déjà, lors de la première guerre du Golfe, on nous avait familiarisés avec les « frappes chirurgicales ». Ainsi, on pouvait détruire la maison des méchants sans que le voisin soit importuné. Malheureusement, très souvent lorsqu’une caméra s’aventurait sur place un peu après, on pouvait se rendre compte que le fameux voisin qui n’avait rien fait n’existait plus lui non plus.
Ensuite, on a trouvé la fameuse « lutte raisonnée » que j’ai de nombreuses fois critiquée ici-même. On détruit tout à coup de pesticides mais on met la main sur le cœur pour déclarer qu’on ne pouvait pas faire autrement.

Mais depuis quelques temps, l’expression à la mode est le « développement durable ». Grace un Grenelle du tournage en rond, on a essayé de montrer une voie respectant l’environnement tout en continuant notre modèle actuel basé sur la croissance.

Or, j’ai quand même l’impression que développement et durable sont des mots qui n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre ; sauf dans les ministères et les commissions qui sont mises en place sur le sujet.

Je ne suis pas là, pour dire s’il faut choisir le développement ou le durable car les deux mots font référence à des directions relativement opposées.

Mais je pense qu’il n’est pas honnête de faire croire aux gens que l’on peut avoir les deux à la fois.

On continue de produire des emballages car cela fait travailler des gens dans l’industrie du même nom. Ça, c’est pour le développement. Puis, pour le durable on va les récupérer à grand coup de camions et d’usines de recyclages puis on va en faire autre chose ; un autre emballage, un pot de fleur ou un piquet de vigne. Toute cette logistique emploie des gens et utilise aussi des machines produites dans d’autres usines.

Le vrai durable c’est quand même de ne pas produire l’emballage. Mais là, plus d’usine de recyclage, plus de camion poubelle et surtout plus de salariés pour activer tout cela.

En viticulture,  nous ne sommes pas épargnés. Les mèches de soufre pour les barriques ont toujours été conditionnées en boite en carton. Maintenant, elles sont proposées dans des petits seaux en plastique. Certes, c’est plus pratique et moins sensible à l’humidité. Mais ce n’est pas très durable.

Pour surfer sur la vague du bio, des fabricants proposent des agrafes à vignes (pour les levages) biodégradables car issues du maïs.

L’idée  peut paraître intéressante. Mais dans ce cas l’agrafe ne dure qu’une saison. Il faut en racheter tous les ans. De plus, est-ce moralement justifiable de transformer des aliments en agrafes à vigne ? Leur fabrication utilise de l’énergie alors que leur durée de vie est par définition très courte.

A la maison, nous utilisons encore les bonnes vieilles agrafes en métal galvanisé. Ce sont de petits morceaux de fils de fer pliés. Elles durent de très nombreuses années. On les emploie en été et on les récupère pratiquement toutes à l’automne. C’est plus durable mais au niveau développement, on ne stimule pas très souvent l’économie.

Les exemples sont très nombreux et mériteraient des pages.

Le plus grave, c’est que certains qui se sont pris en jeu du développement durable semblent y croire sincèrement !

Heureusement, dans la bible il me semble qu’il y a une phrase du style « heureux les simples d’esprit… »

Par Corinne Comme
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Mercredi 3 juin 2009

out le monde sait que le cordonnier est le plus mal chaussé. Je n’apprends rien à personne. Par contre, quand je lis dans la RVF un message du « cocréateur du premier concours de vins bios » que le « bio ne fonctionne pas partout », je suis un peu surprise.

Effectivement, Monsieur Philippe de Broca s’exprime en ces termes dans la rubrique les « amateurs ont la parole » de cette revue bien connue après un dossier sur les vins « bios ».

Selon lui, la culture bio n’amène rien au vin et le seul intérêt du bio, c’est le respect des sols.

On se demande donc pourquoi il organise un concours des vins bios, si cette technique culturale n’a aucune utilité gustative. Il devrait plutôt organiser un concours des sols bios !

Donc, toujours selon ce Monsieur, le bio en Provence, c’est possible tous les ans. Mais pour un Champenois, il n’est pas possible de cultiver en bio. A Bordeaux, c’est mitigé ; certains peuvent d’autres non.

Est-ce une question de climat, d'intelligence, de moyens,(…) ? Il ne l’explique pas.

Le tableau des récoltes dépeint par l’auteur est tellement catastrophique qu’on n’a plus envie de boire de vin bio : « petit rendement à cause du désastre sanitaire qui frappe les récoltes », « sans récoltes saines, pas de bons vins francs de nez ».

Difficile de faire pire !

Heureusement, le cocréateur du premier concours de vins bios à LA solution : l’agriculture raisonnée !...

Celle-là, même les firmes chimiques ne l’avaient pas espérée. Un promoteur des vins bios qui donne le conseil de ne pas cultiver en bio et qui préconise l’utilisation de pesticides.

A quand, José Bové faisant la pub pour Mac Do.

Remarquez, il y a bien Jean-Pierre Coffe en photo partout pour Leader-Price…

 

Par Corinne Comme
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Mercredi 29 avril 2009

Il y a un an (environ), c’était la période des dégustations primeurs. Là, je me souviens d’avoir fait un petit article au sujet du désherbage lunaire que l’on voyait un peu partout, y compris devant les Châteaux alors que les clients potentiels et les journalistes spécialisés inondaient la région.

Depuis, une année s’est écoulée. Les choses ont-elles changées ? Oui et non.

Il y a bien ci et là de grands noms qui commencent à parler de faire des essais de bio ou de biodynamie. Les surfaces concernées sont petites au regard de la taille des domaines en question mais c’est un début et il faut le noter.

L’exemple fourni par Jean-Michel à Pontet-Canet n’a pas donné lieu qu’à des dénigrements hautains et certains ont dû réfléchir en se demandant s’ils pourraient ou non le faire chez eux.

 

Mais un an après, ce qui domine encore, c’est quand même le désherbant dans les vignes. Il y a sûrement eu une innovation par rapport à l’an passé car les herbes sont devenues oranges au lieu de prendre leur teinte jaune « habituelle » après le passage du tracteur.

La vision de ces parcelles m’est insupportable.

Il y a aussi la version lunaire. Là, on tue avant que ça sorte et cela depuis des années. Donc, c’est toujours propre.

Il y a donc deux écoles. Ceux qui attendent que la parcelle soit bien verte et qui flinguent tout d’un seul coup sans avoir honte pour autant du spectacle qu’ils offrent aux passants. Et il y a ceux qui « raisonnent » moins et qui maintiennent un sol sans jamais une moindre couleur verte.

A chacun sa technique.


 

Mais depuis l’an dernier, il y a quand même une nouveauté : la crise. Par sa faute, ou grâce à elle, on peut renvoyer aux calendes grecques toute idée de retour au travail du sol et autres foutaises. C’est donc la main sur le cœur que l’on peut dire que l’on allait commencer à faire des efforts mais que là ce n’est pas le bon moment.

Comme s’il y avait un bon ou un mauvais moment pour supprimer les pesticides et comme s’il y avait un prix minimum dans les grands crus au dessous duquel on ne peut pas faire d’effort.


Donc, en un an les évolutions sont rares. La majorité de ceux qui ne faisaient rien, ne fait toujours rien. Ceux qui disaient sans faire sont toujours là. Ils disent encore plus, en font encore moins, ont rajouté le bilan carbone à leur rhétorique mais en plus, ils sont décorés.

C’est beau la vie…

Par Corinne Comme
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Mercredi 18 février 2009

Parmi les nombreux rebondissements dans la saga OGM, le dernier est tombé la semaine dernière et il va plutôt dans le sens du retour des cultures de maïs OGM.

Cette nouvelle là, on pouvait s’y attendre. Il faudra le temps qu’il faut pour que les OGM fassent légalement partie de notre assiette, mais un jour, ils en feront partie.

C’est un constat terrible pour moi qui ne les aime pas, mais je pense que les choses sont déjà écrites.

Dans cette guerre larvée, quelles sont les forces en présence ?

Ceux qui n’en veulent pas, ce sont avant tout les consommateurs qui trouvent que leur assiette a déjà un goût douteux avec tout l’arsenal conventionnel que leur procure l’agriculture et l’agro-alimentaire.

Face à eux, il y a les grandes firmes phytopharmaceutiques qui ayant senti le vent des pesticides tourner en leur défaveur, ont investi la main sur le cœur dans une nouvelle voie, celle des OGM. Avec eux, finis les pesticides, les famines dans le tiers-monde…On nous en sert même une couche sur les progrès de la recherche pour l’amélioration de la santé humaine, grâce aux OGM. Ces multinationales ont investi des sommes folles dans cette voie qu’elles ont décrétée « d’avenir ». D’une façon ou d’une autre, elles veulent un retour sur leurs investissements et elles se battront pour cela.

Pour parvenir à leurs fins, elles utilisent toutes les ficelles dont elles disposent. Il y a d’abord le lobbying politique et la pression des règlementations sur les échanges mondiaux.

Chez nous, les créateurs des OGM possèdent des appuis sérieux. Les décideurs de l’agriculture ne savent plus comment sortir la profession d’un déclin dans lequel elle se trouve. Alors qu’on nous claironne depuis plus de 50 ans que la solution se trouve dans une intensification plus poussée, la solution OGM, paraît être dans la ligne droite de cette logique.

On prend donc les agriculteurs en otage dans ce dossier en les manipulant. Celui qui est sur le point de se noyer s’agrippe à toutes les branches qu’il peut saisir. Alors quand on lui tend une corde solide avec le sourire, il ne peut que la saisir en remerciant son sauveur ; même si ce dernier a des dents longues et une tête de loup.

Les scientifiques, souvent bien installés dans leurs convictions, ne peuvent pas non plus remettre en question des innovations qui, du point de vue de la recherche pure, représentent  un succès spectaculaire. L’idée selon laquelle les progrès de la science sont obligatoirement positifs, est ancrée dans leurs esprits depuis qu’ils sont allés à l’école. C’est donc difficile pour eux de changer de chemin.

Le fait que bien souvent, leurs recherches sont payées par les firmes pharmaceutiques, n’aide pas non plus à leur impartialité.

Il y a aussi les opposants actifs aux OGM,  partis politiques colorés et syndicats aux accents un peu excessifs. Mais pour eux, les OGM ne sont pas la principale préoccupation. Leurs intérêts majeurs sont ailleurs. Quels sont-ils ? Je ne le sais pas vraiment, ni d’ailleurs leurs financements. En étant un simple prétexte, la lutte anti-OGM n’est pas menée avec la justesse nécessaire. L’autre jour, dans un forum je lisais l’expression « khmers verts ». Je l’ai trouvé particulièrement juste car elle donne bien l’intonation de ces groupes qui n’arrivent pas à représenter quelque chose de significatif au niveau de l’audience car leur discours n’est pas net, encore moins que celui des autres partis.

Les politiques n’ont pas la vie facile. D’un côté, ils ont les consommateurs, hostiles mais aussi électeurs. Ils convient donc de ne pas les décevoir, au moins ouvertement.

De l’autre, il y a les responsables professionnels agricoles, ceux-là même qui ont perdu depuis longtemps tout lien avec l’agriculture mais qui aident à la diriger en « conseillant » les politiques. On a vu que ces gens là sont favorables aux OGM.

Les politiques prendront donc la seule voie qu’ils connaissent : la démagogie. Sous couvert de protéger les consommateurs, ils vont par petites touches amener l’opinion publique à accepter les OGM ; avec la caution des scientifiques.

Donc, un jour on mangera ouvertement des OGM. Les problèmes de l’agriculture ne seront pas réglés pour autant, loin de là. Les famines auront toujours cours en Afrique,…

Et moi dans tout ça. Qui suis-je pour juger et critiquer sans rien faire ?

Je n’ai pas la revendication dans le sang ; j’en conviens.

Je n’ai jamais aimé les OGM et je ne les aimerai jamais. C’est une mauvaise solution à un problème que nous nous générons nous-mêmes. Comme toujours, comme nous ne nous posons pas les bonnnes questions, nous ne pouvons pas avoir les bonnes réponses.

Donc, je continuerai à les dénoncer dans cette modeste tribune ; en évitant au maximum d’en consommer… même si là aussi je ne me fais pas d’illusion.

Par Corinne Comme
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Vendredi 6 février 2009

Dans le précédent article, j’avais évoqué la biodiversité dans ses implications pratiques version « bla-bla ».

Mais, je pense qu’il est intéressant de s’arrêter quelques instants sur le mot lui-même.

Quand  il est employé par les adeptes de la lutte raisonnée, on a l’impression d’avoir à faire à une créature mystérieuse ; une sorte d’Alien sans forme, d’une origine inconnue. Mais là, il s’agit d’un Alien gentil, pas le méchant Alien de la saga cinématographique !

 

Il faut dire que par la construction même du mot biodiversité, on ne peut qu’être rassuré. D’abord, il y a « bio » qui donne une caution morale automatique. Quand on colle ce préfixe à n’importe quel mot, ce dernier devient sympathique.
Par exemple, quand on parle de collagène, on a l’impression d’un truc gluant, limite dégoutant. Par contre, s’il s’agit de biocollagène, alors j’ai hâte de m’en mettre sur le visage pour faire disparaître à tout jamais mes rides.

 

Pour en revenir à la biodiversité, en plus, on a collé le préfixe « bio » à un autre mot à la mode : « diversité ».

Lorsque les politiques et les médias l’emploient, tous les problèmes d’immigration, d’intégration, de discrimination, de racisme, (…) disparaissent comme par enchantement.

Donc, quand on colle ensemble bio et diversité, on ne peut s’attendre qu’à du bonheur.

 

La biodiversité se déplace, se gère, s’élève comme des vaches ou des poules.

Bientôt, il y aura un cours de bourse de la biodiversité comme pour le droit à polluer. Celui qui en a besoin pourra en acheter à celui qui s’en fiche, qui n’a pas les moyens de l’entretenir ou qui souhaite tout simplement s’en acheter une plus récente.

Les firmes phytopharmaceutiques (c’est toujours mieux de les appeler comme ça) en vendront dans des belles boites colorées. Et dans le beau local phytosanitaire, entre les désherbants chimiques et les insecticides tueurs d’insectes et de voisins, il y aura quelques boites de biodiversité.

 

Le viticulteur en prendra une ou deux doses pour appliquer la biodiversité à un endroit spécifique de son domaine. Et là, instantanément la vie reviendra. Les fleurs s’ouvriront, les sources taries rejailliront, les oiseaux gazouilleront, les papillons multicolores se voleront attirés par des nectars tous plus aromatiques les uns que les autres.

Ce sera le bonheur !!!

 

Mais finalement, en y réfléchissant la biodiversité, ce ne serait pas tout simplement la vie ?

La vie qui se développe toute seule lorsque l’homme arrête de balancer tous  les poisons dont il a le secret et dont il justifie l’emploi par des arguments douteux et avec la bénédiction des fabricants de ses poisons.

 

Grande question…

Par Corinne Comme
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