Vendredi 20 juin 2008

Nos amis irlandais viennent de dire non au traité européen, au grand désarroi de nos politiques ; qui voudraient même leur faire changer d’avis.

Nous avions fait la même chose avant qu’on nous resserve le plat mais par procuration en utilisant simplement les services du parlement.

On demande donc de revoter jusqu'à obtenir le fameux "oui". Quelle leçon de démocratie et de respect des populations!!!

 

Je ne suis pas capable de dire si ce « non » irlandais est une bonne chose ou pas pour nous.

Par contre, il me semble évident qu’il y a un problème entre les citoyens européens et l’Europe.

L’idée de nos politiques, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, était d’éviter un nouveau conflit entre nos nations. De ce point de vue là, on peut dire que c’est un succès.

 

Par contre, on a voulu créer les « Etats-Unis d’Europe »  à l’instar des "Etats-Unis d’Amérique". La tache est ardue. Tout d’abord, nos amis d’outre-atlantique ont plus de 2 siècles d’avance sur nous. Ce n’est pas rien.
Par ailleurs, leur unité s’est créée sur une guerre d’indépendance qui a fédéré les forces sous une même bannière. Chez nous, on a construit cette unité sur les ruines encore fumantes de la guerre en unissant les anciens ennemis.

L’hymne américain rappelle ce passé de résistance et participe à la cohésion des individus dans l’intérêt collectif. L’hymne européen, imposé par les politiques met en avant les valeurs de générosité mais ne donne pas à un citoyen polonais, français ou irlandais le sentiment d’appartenir à une grande nation unitaire.


Cette construction européenne à marche forcée n’est pas comprise dans la réalité quotidienne.

On nous a rajouté une couche de découpage administratif au dessus d’un nombre déjà pléthorique de niveaux : commune, communauté de commune (j’en parlerai un jour), canton, département, région, état. Je pourrais ajouter le « secteur » des impôts qui n’est pas le même entre Margueron et Pauillac, tout en étant dans le même département. Il en existe sûrement d’autres.

Les domaines de compétence de l’Europe sont de plus en plus vastes mais de moins en moins liés aux réalités du terrain. L’Europe impose des textes aux états membres mais n’est pas capable d’en faire appliquer certains autres tels que l’autorisation des huiles végétales comme carburants.

Par contre, il faut l’autorisation de l’Europe pour que les restaurateurs puissent avoir le même taux de TVA que les Mac Do. Cela prend des années de tractations et de combines entre états.

 

Dans notre domaine, on nous demande de justifier tout écart, même minime, entre les superficies théoriques et celles plantées alors que dans les pays du Sud, on plante à tour de bras sans contrôle et sans sanction.

 

Au nom des susceptibilités nationales, on place chez Airbus deux personnes par poste au détriment de toute efficacité économique. On saupoudre la production des avions dans l’Europe entière puis on achemine les morceaux à grands renforts de milliards.

 

Toujours au nom de cette susceptibilité nationale, on conserve toutes les langues lors des débats. Il faut donc payer à l’année des milliers de traducteurs, qui je suppose doivent avoir les protections sociales parmi les meilleures du monde.

D’un autre côté, quand on entendait Jacques Delors parler anglais alors qu’il était président de la commission européenne, on pouvait comprendre l’intérêt des traducteurs !

 

Enfin, toujours au nom de cette susceptibilité nationale, ou des enjeux financiers, on maintient 2 parlements, un à Bruxelles et un à Strasbourg ; ce dernier n’est utilisé que quelques jours par mois. A chaque « transhumance » d’un parlement à l’autre, ce sont des milliers de personnes qu’il faut transporter avec tous leurs dossiers, donc beaucoup ne doivent que contenir leur prochain projet de vacances. On chauffe, entretient, agrandit des milliers de mètres carrés de bureaux à Strasbourg alors que Bruxelles pourrait largement suffire.

On paye des milliers de chambres d’hôtel à tout ce petit monde affairé.


Pour des raisons de géopolitique qui nous dépassent, on cherche à faire entrer en Europe de nombreux pays, même ceux qui objectivement ne sont pas de culture européenne. On entame un processus d’adhésion alors que le peuple européen est ouvertement contre et on fait donc croire au pays en question qu’il a ses chances. C’est idiot car au bout du compte, il y aura au moins un trahi et le sentiment de défiance sera long à dissiper.

 

Les exemples sont nombreux et pourraient remplir des pages au point de bloquer les ordinateurs des lecteurs de ce modeste article.

 

Non, cette Europe là, je ne l’aime pas et je ne suis pas la seule. Ce n'est pas l'Europe dont je rêve!

Les Européens veulent une Europe qui leur simplifie la vie et rende leur existence plus sure et plus douce.


C’est génial de pouvoir utiliser l’Euro, mais bientôt, il faudra 1 euro où il fallait 1 franc auparavant.

 

Avant d’aller plus loin, les responsables politiques européens devraient analyser les raisons de ces échecs au lieu de s’entêter à faire passer leurs textes par des voies plus « sûres ».

 

On ne fonde jamais rien de bon sur le mensonge et l’adultère.

C’est pourtant ce qu’essaient de faire nos élus avec l’Europe.

par Corinne Comme publié dans : Je n'aime pas...
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Vendredi 13 juin 2008

Régulièrement, nous recevons des cahiers techniques de la part du CIVB, organisme avant tout collecteur de taxes à tous les stades de la production. Au moins, avec ces publications magnifiques, on sait où va une partie des sommes collectées sur notre dos!

Leur but est de donner aux viticulteurs les indications de "bonnes pratiques".

Lorsque je les survole, je suis partagée entre stupeur et amusement.

En fait, elles mêlent des pratiques de bon-sens le plus élémentaire comme le sulfitage ou l'adaptation de la charge au pied à des pratiques "modernes" plus techniques comme les analyses de maturité phénolique.

On peut se demander s'il existe un lien entre celui qui ne sait même pas qu'il faut sulfiter ses vins et celui qui fait des analyses phénoliques "Glories".

Par ailleurs, on se demande quel vin peuvent bien produire ceux qui ne connaissent même pas les fondements de leur métier de vigneron ou de vinificateur. Au moins de ce côté-là, les coopératives ont un avantage, car elles permettent de produire des vins corrects, sans vertu mais surtout sans vice à partir de la vendange de gens qui seraient incapables de vinifier leur production.

 

Mais en lisant les recommandations, j'ai la douloureuse impression de ne pas faire partie des bons vignerons. Dans de nombreux cas, je ne corresponds pas aux "bonnes pratiques" et encore moins au "plus qualitatif". J'en suis  peinée…

Ainsi, je ne fais pas de traitement anti-botrytis, étant d'une part en bio mais surtout gérant mon vignoble dans sa globalité et donc n'ayant pas de problème de botrytis, ni sur la muscadelle ni sur le petit verdot.

La fertilisation est inexistante chez moi car les sols sont suffisamment riches mais surtout je cherche à connaître les déséquilibres potentiels avant tout par l'observation et l'"écoute" des signes que nous envoie la vigne.

Je ne m'intéresse pas à la maturité phénolique par les analyses. Les analyses "Glories" sont sûrement de grandes découvertes mais je ne pense pas en avoir besoin.  J'ai choisi une voie beaucoup plus simple et pragmatique. Je fais marcher mes sens pour savoir quand c'est mûr; je goute, je sens,…

Le document n'envisage même pas l'utilisation de levures indigènes tellement il est ringard et risqué de se passer des dernières générations de levures sélectionnées, et maintenant aussi de bactéries lactiques.

Je rougis en baissant les yeux lorsque je pense au fait que tous mes vins sont fermentés avec les levures arrivés de mes parcelles sur les raisins.

 

Les analyses des vins ? Certes, j'en fais mais de moins en moins. Le plus important reste l'équilibre en bouche à la dégustation. Les valeurs d'acidité, je m'en moque car elles ne me disent rien ou presque. Et puis, la nature est généreuse car lorsqu'on la respecte, elle nous donne des vins équilibrés. Toute correction déséquilibre l'édifice car un vin est avant tout un équilibre subtil entre de nombreux paramètres dont beaucoup nous échappent.

Les suivis microbiologiques sont eux aussi une étape supplémentaire montrant que nous n'avons pas compris la globalité des choses. Quand on respecte les règles d'hygiène de base, il n'y a pas de raison de voir un vin s'altérer. Un vin "instable" vient d'un raisin qui avait lui aussi un problème dans sa composition fine. Ce défaut vient d'un déséquilibre du pied de vigne et donc du sol qui porte ce cep. C'est toujours comme dans la médecine orientale, la maladie est moins importante que le patient à soigner. Il faut le comprendre et l'écouter pour pourvoir le guérir.

La vision officielle de l'agriculture éloigne un peu plus les gens du terrain. On se cache derrière des analyses, des produits chimiques,… pour ne pas affronter la réalité. On n'a pas l'image du gratte-papier submergé derrière son bureau par des tonnes de document. L'époque moderne nous a amené l'ordinateur qui évite cette image d'Epinal mais le résultat est le même. Le viticulteur n'est plus dans sa vigne, le vinificateur n'a jamais le verre à la main dans son chai. Tout est fait par procuration. La santé du sol est donnée par l'analyse, la santé du vin par une autre analyse. On ne cherche plus à regarder les différentes teintes de vert qu'il peut y avoir sur les feuilles ou bien la présence d'autres couleurs, signes probables d'un déséquilibre. On détruit les "mauvaises herbes" sans chercher à savoir pourquoi elles sont là et ce que cela veut dire.

Dans le chai, c'est la même chose, on ne cherche plus à percevoir les subtilités de chaque terroir par la simple dégustation mais on interprète des analyses qui donneront la ligne de conduite.

 

Enfin, la dernière remarque concerne une fois de plus le fossé qui existe entre les "officiels" et toute idée de lutte biologique. Jamais dans le document, on ne fait allusion à ce mode de culture. Je ne parle même pas de la biodynamie!

Avant de persuader les viticulteurs de passer en bio, il faudrait persuader d'abord les responsables de l'interprofession et du ministère de l'intérêt de la lutte biologique et du fait que l'on peut quand même récolter en faisant du bio.

 

Pour conclure, mon sentiment est malgré tout amer car cet exemple préfigure bien que ce devrait être l'avenir de la viticulture française après la réforme des AOC, pardon des ODG, c'est neuf et plus moderne.

Certaines de ces "bonnes pratiques" devraient faire partie dans l'avenir des obligations légales.

Une fois de plus, on se tire une balle dans le pied.

On a d'abord été l'exemple à suivre pour la viticulture mondiale. Nos nouveaux concurrents ont très vite appris et corrigent  leurs erreurs de jeunesse. Et bien, nous, nous faisons le contraire, on cherche à copier ce qu'ils font de mal. Alors qu'ils découvrent la notion de terroir, on simplifie et nivelle nos subtilités. Alors qu'ils découvrent l'avantage de l'assemblage des cépages, on commence à vouloir vendre du vin de cépage.

Les premières plantations du "nouveau monde" étaient hautes et larges mais sont à plus haute densité maintenant. Chez nous, on se bat pied à pied pour maintenir ce système de rangs larges qui n'existait pas avant.

Nos concurrents font du bio en masse et nous, nous tentons d'interdire l'ortie dans la protection des plantes (mais pas dans l'alimentation humaine).

 

Finalement, on s'en sort quand même assez bien malgré tous ces handicaps!

par Corinne Comme publié dans : Je n'aime pas...
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Mercredi 4 juin 2008

Mon but n'est pas de choquer les viticulteurs en vignes hautes et larges que je prends plutôt pour des victimes mais de vous faire partager mon point de vue.

Ces vignes sont nées à une époque différente après les gelées des années 50. Les vignobles ont commencé à être restructurés d'abord en arrachant un rang sur 2 et en augmentant la hauteur de la souche sans forcément changer le palissage. La mécanisation était plus facile. Effectivement, les coûts de production ont fortement baissé et la résistance au gel était bien meilleure.

A l'époque la question de la qualité des vins était secondaire et la concurrence d'autres pays n'existait pas.

 

Depuis, les choses ont beaucoup évolué. Le marché du vin est devenu mondial par la production et la consommation. Le niveau de qualité requis est très haut. Les consommateurs sont plus exigeants, boivent moins et meilleur.

C'est là que les vignes larges se trouvent inadaptées.

L'interprofession a trompé les producteurs en favorisant cette viticulture.

Le niveau de concentration des vins est plus faible. Ses défenseurs attestent qu'avec un rendement moindre, elles sont capables de générer des vins concentrés.

Mais quel est l'intérêt d'une vigne "économique" à cultiver si elle ne doit produire qu'une demi-récolte.

Pour une production normale, le nombre de bourgeons nécessaire est tellement important qu'il n'y a pas la place pour tout le monde le long du fil de fer.

On a donc conseillé pendant des années les pliages en arcure en partie pour limiter l'entassement. Dans ce cas, il n'y a plus assez de feuilles pour produire des sucres.

 

A la lumière de ces constatations, les "techniciens" préconisent maintenant des "pliages à plat". Effectivement, il y a plus de feuilles mais toujours pas assez de place sur le fil pour recevoir tous les bourgeons donc des entassements importants. Il y a bien la possibilité d'avoir moins de bourgeons mais à ce moment là, il n'y aura pas assez de vin.

 

Dans un contexte de recherche de qualité, les vignes larges cherchent donc à résoudre la quadrature du cercle. C'est pour tout cela que je ne les aime pas.

 

Ces vignes n'ont pas été prévues pour le travail du sol mais pour l'usage du désherbant chimique.
La tendance actuelle de retour aux labours n'est pas aussi facile dans ces vignes dont les rangs très éloignés les uns des autres rendent ce travail fastidieux.

Enfin, les ceps de ces vignes larges ne vieillissent pas car les vigueurs sont importantes et génèrent donc des maladies.

 

Progressivement, elles devraient disparaitre du paysage viticole bordelais. Beaucoup de viticulteurs replantent maintenant avec des densités plus importantes.

 

J'ai cependant toujours un pincement au cœur en pensant à toutes ces parcelles sacrifiées il y a quelques décennies sur l'autel du modernisme et qui après un passage par les vignes larges se retrouvent à nouveau avec des rangs plus étroits. Leurs jeunes ceps nécessiteront plusieurs décennies pour produire de nouveau des vrais vins concentrés. Quelle perte de temps et de capital viticole.


Vous ne pensez pas qu'il y a du gâchis dans l'air et qu'il ne faudrait pas toujours suivre les conseils des conseillers!

par Corinne Comme publié dans : Je n'aime pas...
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Mercredi 9 avril 2008

Effectivement, étant viticultrice bio et biodynamique, il semble évident que je sois contre les OGM ; on n'en attendrait pas moins de moi.

 

En fait, ma conviction est beaucoup plus profonde. On veut essayer de nous faire accepter les OGM comme des réponses respectueuses de la nature aux problèmes de la sauvegarde des récoltes ou même de la santé humaine.

 

J'ai des difficultés à imaginer comment un champ de maïs transgénique cultivé au milieu de la campagne peut participer à l'amélioration de la santé humaine...

 

Je passe aussi sous silence les OGM de Monsanto dont la finalité est de rendre les plantes résistantes au Roundup... de Monsanto. Dans ce cas, il est clair que le but est de pouvoir diffuser à la fois les plantes et le désherbant qui va avec. On est donc loin, très loin du respect de l'environnement.

 

Généralement, lorsque les gens ont la pudeur de ne pas mettre en avant des gains potentiels pour la recherche sur la santé humaine, ils font l'apologie du seul maïs OGM homologué qui permet de "lutter" contre un ravageur appelé la pyrale du maïs.

Effectivement, en quelques années les populations de cet insecte ont été multipliées dans des proportions vertigineuses dans les domaines en production intensive.

L'OGM est donc présenté comme "la" solution écologique au problème.

 

Un des travers de notre société moderne est de constater les choses, d'essayer d'y remédier souvent avec des mauvaises solutions. Mais jamais on ne se pose les vraies questions.

 

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

 

Qu'avons-nous changé dans notre façon de faire pour obtenir de tels résultats ?

 

Ma façon d'aborder mon métier et la vie en général m'amène depuis plusieurs années à essayer d'analyser les problèmes depuis leur base.

Ainsi, si certains en sont rendus à souhaiter avec sincérité, utiliser les OGM c'est parce que, souvent sans le savoir, ils ne respectent aucune règle agronomique de base !

 

Nos ancêtres ont mis des siècles à comprendre l'intérêt de la rotation des cultures; c'est-à-dire de ne pas cultiver toujours la même plante au même endroit, mais plutôt d'alterner les cultures. De ce fait, le cycle du ravageur est cassé et la pression agressive qu'il peut exercer est donc fortement réduite.

Planter un blé après un maïs est parfaitement judicieux.

Dans certaines régions de France, on cultive le maïs sur les mêmes parcelles, sans interruption depuis 30 ans! Dans ces conditions, comment peut-on penser ne pas avoir de problème?

 

Le mot "jachère" est resté dans le vocabulaire courant car il est maintenant attaché à des primes de la fameuse PAC (politique agricole commune dont on reparlera très bientôt). La jachère est une parcelle en repos, sans culture. Mais dans cette vision « PAC-isée » de l'agriculture, ce sont toujours les mêmes parcelles de l'exploitation qui sont en jachère, en général les plus difficiles à cultiver ou les moins accessibles. Les autres parcelles conservent la culture intensive et ne sont jamais en repos. C'est un peu comme si le chauffeur de remplacement d'un bus était toujours en repos et le chauffeur principal toujours derrière son volant jusqu'à destination. J'en conviens, c'est stupide,...mais bien réel.

 

Avant, la jachère était en fait un investissement pour l'avenir. On renonçait à une année de récolte de temps en temps pour une parcelle mais ensuite les cultures suivantes étaient en meilleure santé avec de  meilleurs rendements.

Maintenant, on ne voit que la perte de récolte engendrée par le repos du sol.

 

Pour la vigne c'est la même chose. Avant, on replantait une parcelle arrachée après 5 à 10 ans de jachère et plusieurs cultures herbacées (luzerne, avoine,...) appelées « engrais verts » et destinées à restructurer le sol. Les pathogènes du sol pour la vigne s'éteignaient d'eux-mêmes faute de nourriture.

La nouvelle plantation de vigne se développait avec harmonie et pour longtemps.

Maintenant, grâce au miracle de la chimie, certains replantent au printemps après un arrachage à l'automne précédent. Pour cela, ils "désinfectent" le sol et tuent sans discernement tout ce qui s'y trouve (bon ou mauvais). C'est magique !!!

La vigne est replantée rapidement et entre donc en production en un temps record. Certes, elle ne vieillira pas et donnera des vins au mieux quelconques sinon déséquilibrés, mais quelle importance...

Le jour où la vigne pourra être plantée sur polystyrène, on gèrera la fertilisation et la pluviométrie depuis un bureau et on pourra enfin aller dans les parcelles en chaussures de ville. Quel bonheur pour les vignerons à cravate !

 

Pour en revenir à la pyrale, il y a encore plus évident ! Les formes hivernantes passent d'une année à l'autre cachées dans les canes de maïs laissées au sol après la récolte. Il suffirait d'enfouir ces débris végétaux avant l'hiver pour que l'humidité de cette saison détruisent les œufs et permettent d'avoir moins d'attaques de l'insecte l'année suivante.

C'est tellement simple que l'on s'entête à faire autrement au nom de la rentabilité (…à très court terme).

 

Je ne parle pas des fertilisations "performantes" qui engendrent des déséquilibres tels que la plante ne peut pas rester en bonne santé.

 

L'agriculture est malade. Elle s'est progressivement appauvrie. Mais cet appauvrissement est avant tout intellectuel et c'est encore pire car il engendre obligatoirement un appauvrissement financier en ayant laissé derrière lui un paysage détruit et des ressources pillées ou polluées pour plusieurs générations.

 

Au nom de cette vision moderne de l'agriculture, on a inculqué des méthodes sans avenir en balayant d'un revers de la main dédaigneux, l'expérience de générations d'agriculteurs qui intuitivement avaient tout compris des subtilités de la vie.

 

Maintenant, on demande à des scientifiques de donner leur avis sur les OGM. Certes, mais même des jeunes enfants comprendraient la stupidité de la situation qui nous a amené au stade où se trouve l'agriculture et pourraient conclure à l'inutilité des OGM.

 

Malheureusement, il y a fort à parier que les OGM feront rapidement leur entrée officielle dans nos assiettes car grâce à des études scientifiques, on aura montré l'absence de risque de ces plantes modifiées. Evidemment, les études officielles ne porteront que sur quelques critères et sur un temps très court. Puis, les scientifiques concluront qu'il n'y a pas de risque.

Ils le feront avec la même fermeté et la même sincérité qui avaient été celles de leurs prédécesseurs lorsqu'ils vantaient les mérites du DDT, du désherbant à bananiers aux Antilles,  et autres ratés mémorables et dramatiques de la communauté scientifique…

par Corinne Comme publié dans : Je n'aime pas...
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