Etats d'âme

Lundi 7 décembre 2009 1 07 12 2009 09:49

L’expression très tendance en ce moment, c’est « réchauffement climatique ». On doit environ l’entendre 100 fois par jour. Elle nous est sortie à toutes les sauces ; pour expliquer le chaud, le froid, la sécheresse, la pluie,…C’est la cause de tous les maux.

Prétendre que l’homme n’a pas d’influence négative sur l’environnement serait très prétentieux, voire même inconscient.

Mais, on peut se poser la question de la simplification à l’extrême des problèmes.

Ce qui a tendance à m’énerver, c’est la dictature du réchauffement climatique qui s’instaure partout et qui n’autorise aucune contestation tant la cause est majeure.

On nous reproche pêle-mêle tous les excès. On pollue en produisant, tout simplement. Pour les viticulteurs bios que nous sommes, c’est encore pire car n’utilisant pas les pesticides et désherbants qui permettent de simplifier à l’extrême le travail, on produit plus de gaz à effet de serre. Les sarments sont montrés du doigt, la fermentation aussi car elle produit du gaz carbonique. Certains sont même allés jusqu’à s’interroger sur l’utilité des vaches qui produisent des gaz en ruminant. Heureusement, nous n’avons plus d’animaux !

Pour livrer nos vins, il faudrait les construire une ligne ferroviaire entre chaque chai et un port. Là, on chargerait les vins sur des bateaux pour les amener jusqu’aux clients.

Celui qui a une bouteille plus lourde que la bouteille la plus allégée sera bientôt condamné à des coups de fouet.

Il faut donc arrêter de produire car tout ce que nous faisons génère obligatoirement des nuisances pour l’environnement.

Parallèlement à cela, il ne vient à l’idée de personne de se demander combien de gaz carbonique a été produit par les spectateurs d’un match de foot pour se rendre au stade.

Quel est l’impact écologique et l’utilité réelle des courses de Formule 1 pour lesquelles le carburant dépensé en course doit être une goutte d’eau  par rapport au transfert d’écuries entières aux quatre coins du monde ?

Les dirigeants du foot français ont-ils besoin d’aller en Afrique du Sud simplement pour participer au tirage au sort de la phase finale ? Vu comment nous avons été qualifiés, un seul représentant aurait pu suffire…

Les artistes donneurs de leçons ne pourraient-ils pas faire leur shopping localement plutôt que d’aller faire les boutiques à New-York ou Los-Angeles ?

Par Corinne Comme
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 12 2009 13:22

 Parmi les bruits de couloir que l’on pouvait entendre localement, il en est un qui vient d’apparaitre dans le journal local et qui impose la réflexion. Il y a des projets d’arrachage de vigne pour implanter des panneaux photovoltaïques.

Je ne jette pas la pierre à ceux qui envisagent cette solution extrême et je ne suis pas capable du juger du bien-fondé de la démarche.

 

Mais, c’est quand même avant tout un constat d’échec pour une profession qui n’est plus capable d’assurer un revenu décent à ses producteurs. La solution passerait donc par une autodestruction  encadrée et accompagnée, légalement et financièrement.

Le modèle économique qui nous est proposé depuis quelques décennies, par les responsables de la filière et par les politiques, est en faillite.

En ce sens, la viticulture n’est qu’un cas particulier de l’agriculture en général. Mais le plus frappant pour les esprits, c’est que la viticulture a toujours été un secteur plus rémunérateur que les autres ; particulièrement à Bordeaux.

Le caractère symbolique de cette nouvelle est donc particulièrement fort.

 

On peut aussi se poser la question de la pertinence de faire disparaitre des terres viticoles au profit d’activités industrielles.

 

C’est un vaste débat et la sensation d’amertume doit être dans tous  les esprits, y compris chez ceux qui en sont réduits à cette extrémité.

 

Par Corinne Comme
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 11:05

Cela fait maintenant 10 ans que je suis « exploitante » du domaine. Avant et pendant 2 ans, c’était Jean-Michel qui assurait l’intérim « officiel », le temps que je puisse prétendre au statut de « Jeune Agriculteur » ; ou de « Jeune Agricultrice » dans mon cas.

Depuis, je représente Champ des Treilles et possède une vraie passion pour ce petit bout de terre. 

Jean-Michel y est lui-aussi attaché car sa vie a débuté là et c’est le fruit du travail de ses grand-parents et de sa maman disparue. Sa famille paternelle est aussi liée à ce pays huguenot depuis des siècles.

J’ai mis quelques années à m’y sentir chez moi. Pourtant, légalement le domaine appartient à Jean-Michel. Il est le meilleur mari du monde et n’a jamais suggéré ou même eu l’idée que le vignoble était plus à lui qu’à moi. Pour lui, tout appartient aux deux.

Pourtant, je n’ai pas mes racines là. Quand je dis « racines », je ne veux pas parler des racines superficielles. Celles-ci ne permettent à la vigne que de donner des vins moyens sans charme ni caractère. Je veux parler des racines profondes ; les vraies qui expriment le terroir et l’appartenance à ce terroir.

 

Les miennes sont un peu à Oran en Algérie. Mais, ayant quitté cette terre rouge dans les premières semaines de ma vie, je n’arrive pas à m’y identifier clairement. Je vis cet attachement par procuration grâce aux récits que me faisaient mon papa

 

La ville de Talence près de Bordeaux, où j’ai passé ma jeunesse, ne sera jamais plus attachée à autre chose que la maternelle, le primaire et les évènements de ma vie qui tournent autour.

 

Puis, ce fut l’arrivée à Sainte-Foy-La-Grande pour l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. Il y a les années collège et lycée, la rencontre de Jean-Michel sur les bancs de Terminale, les dernières années de mon père. Là non plus, pas de racines profondes ; uniquement des souvenirs.

J’y ai aussi mis au monde mes deux enfants. Pour eux, c’est une suite logique ; l’attachement à jamais à cette région. Même s’ils vont faire leur vie ailleurs, Sainte-Foy restera toujours dans leur cœur la terre de leur famille, leurs racines profondes.

 

Depuis 20 ans, je vis au quotidien dans le Médoc, au milieu des vignes de Pontet-Canet. C’est devenu mon « chez moi ». J’y ai ma vie mais pas mes racines là non plus.

 

Ainsi, je ne me considère pas comme une déracinée, mais comme une pas racinée.

 

Cela ne m’empêche pas de vivre au quotidien mais cette absence de racines profondes constitue un trouble dans mon existence.

Pour me rassurer, je n’oublie pas que la vigne ne crée pas ses racines profondes en quelques années. Il lui faut des décennies pour y arriver.

 

Maintenant que la vigne et moi faisons cause commune, je pense que mon enracinement doit aussi prendre du temps, mais qu’il viendra petit à petit.


En vivant avec elle, la vigne m’aide à m’enraciner.  Elle m’apprend aussi la patience et l’humilité…

Par Corinne Comme
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 14:08

Il y a quelques jours, j’avais évoqué la différence qui existe entre l’agriculteur et le paysan. Ce dernier est porteur d’une culture qu’il doit transmettre. Dans cette culture se trouve la connaissance de la nature et la compréhension du vivant.

Suite à cela, j’ai reçu un commentaire particulièrement à propos de Marc, viticulteur en Dordogne :

 

…, sur une image médiévale où l'on représente des paysans qui sèment le blé, on voit derrière que des plumes sont disposées sur des fils pour faire peur aux oiseaux. Avant-hier, je finissais les semis de trèfles et je vois des oiseaux arriver pour dévorer tranquillement mon travail. Jean, paysan, 84 ans, passe. Je lui montre le problème. Il me dit:"prends des plumes de volaille et répartis les sur la parcelle... les oiseaux ne viendront plus!". Alors? Tout n'est pas encore perdu, mais il faut se dépêcher de récolter les derniers savoir d'un époque qui a commencé dans la nuit des temps, et qui s'achève sous nos yeux.

 

Tout est dit.

Cette méthode pour éloigner les ravageurs, nous en connaissions une version qui nous avait été enseignée il y a quelques années après que nous ayons surgreffé une parcelle.

Les petites pousses très fragiles étaient particulièrement vulnérables face aux chevreuils qui sont très nombreux chez nous.

Nous les avions tenus à distance en mettant de petites boules de cheveux pendus tout autour de la parcelle.

Depuis, nous avons pu englober cette technique dans un raisonnement beaucoup plus large et qui concerne les relations complexes qui peuvent se créer au sein de la nature entre le monde animal, les végétaux et la terre elle-même.

Le raisonnement biodynamique a été très utile car il apporte une logique et une cohérence que les faits concrets viennent illustrer.

 

Cette culture ancienne existe donc encore en partie. Mais elle est sur le point de disparaître complètement…et définitivement.

 

Il n’en reste que des bribes. On pourrait certes se réjouir en voyant ce que l’on sait encore.

Il serait plus logique de se morfondre en pensant à tout ce qui a été perdu.

Par Corinne Comme
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 11 2009 18:07

Notre société nous a habitués à remplacer le terme « paysan » par celui d’ « agriculteur » puis ensuite par un très pompeux « exploitant  agricole ». Ainsi, on donne aux gens concernés une crédibilité et une efficacité économiques que l’on pense impossible s’il s’agit de paysans.

L’exploitant agricole maîtrise les choses ; il sait car il a appris l’agriculture moderne à l’école. C’est un gestionnaire au courant avec l’évolution macro-économique de sa filière. Il a une approche industrielle de son métier : un sol, un tracteur et des outils, des cultures à faire pousser et récolter, des engrais et des produits de traitements pour y parvenir avec la plus grande « efficacité » technique possible.

Oui, mais…

Dans la précipitation, on a oublié l’essentiel, le paysan. C’est lui qui comprend la nature pour en tirer tout le parti. Depuis des milliers d’années, les paysans transmettent la connaissance de la nature et du monde qui nous entoure.

Avant, ce savoir se confondait avec la culture populaire car tout le monde ou presque était paysan. Maintenant, ce n’est plus le cas. Les sociétés sont avant tout urbaines et le monde agricole ne représente plus que des miettes de la population.

De ce fait, c’est à ces quelques personnes que revient la lourde tâche de transmettre cette connaissance aux générations futures.

En disant cela, je reste lucide car je sais que notre monde et en particulier ses agriculteurs n’ont plus rien à faire de la compréhension de la nature. Pourtant, il y a dans ce savoir beaucoup de réponses aux problèmes qui se posent à nous en termes de relations avec les maladies, de fertilité des sols, de qualité vitale dans les récoltes,…

Pour nous qui avons décidé de parcourir le chemin inverse en revenant à l’essentiel des choses, la revendication du statut de paysan est une étape importante. Malheureusement, cette culture ne nous a pas été transmise, particulièrement à moi qui suis née dans la ville. Mais même pour Jean-Michel, ce n’est pas très différent car son éducation l’a orienté vers le refus de cette culture. Malheureusement, maintenant qu’il serait demandeur, sa famille n’est plus là pour lui transmettre ce qu’elle savait…

Nous devons donc tout réapprendre seuls ou plutôt tous les deux. Mais nous nous sentons bien isolés et le chantier est immense…

Par Corinne Comme
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 10:20

La décision est prise, la France va emprunter 35 milliards d’Euro pour provoquer la relance. Je ne sais pas qui a eu cette grande idée semblant sortie d’un autre âge.

Pourquoi se focaliser sur ces « petits » 35 milliards alors que tous les jours, notre pays emprunte déjà environ 700 millions d’euros ( à la louche car un moment donné, trop de zéros ne signifient plus rien...) pour son train de vie ? Au bout de l’année, ces « minuscules » emprunts mis bout à bout représentent quand même 175 milliards d’euros que les générations futures seront chargées de rembourser. Tout cet argent, pour se payer un train de vie bien au dessus des moyens du pays.

Parfois je me demande ce qui pourrait bien se passer si je gérais ma petite entreprise ou mon ménage de cette façon. La réponse est très claire, j’aurais fait faillite depuis longtemps.

Pourtant, l’état n’a pas fait faillite ;  justement parce que c’est l’état et qu’il décide les choses lui-même. Il fait et défait les règles à sa convenance.

Par contre, ce qui est le plus impressionnant c’est que de droite ou de gauche, aucun n’est eu l’idée ou le courage de couper avec cette spirale infernale vieille de 30 ans. Au contraire le phénomène semble s’amplifier.

Pour nous, simples citoyens contribuables, il faut accepter, d’être surveillés et jugés par ces élites de la nation qui ne savent pas équilibrer un budget autrement qu’en contractant un emprunt pour en rembourser un autre. le problème est le manque de courage et d'idées et il est tellement simple de faire payer ceux qui travaillent sans protester.

Si on était à leur place, là haut, ferions-nous mieux ??

 

Par Corinne Comme
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 10 2009 19:11

C’est l’époque du souvenir pour les personnes disparues.

Je suis allée fleurir la tombe où reposent désormais mes deux parents.

Après presque 18 années de séparation, mon papa et ma maman sont de nouveau réunis ; pour l’éternité comme on dit pour rendre la douleur moins insupportable.

Je suis sûre qu’ils auraient été ravis de cela. Et même si leur présence me manque au quotidien, l’idée de les savoir de nouveau ensemble m’aide à supporter leur absence.

 

Je ne suis pas une adepte des commémorations programmées. Je pense à eux régulièrement. Mais maman était très croyante et l’idée que sa tombe puisse ne pas être fleurie le 1er novembre a du la tourmenter plus d’une fois. Aussi, je me suis pliée à la tradition en pensant doublement à elle.

 

Jean-Michel quant à lui n’a jamais eu la force de se rendre sur la tombe de sa maman. Il honore sa mémoire en continuant son travail au Champ des Treilles. Une parcelle porte son prénom et des rosiers en bout de rang rappellent sa mémoire.

 

Face à la mort, la sensibilité de chacun s’exprime avec beaucoup de vérité.

Jours dédiés ou pas, l’important est la sincérité que l’on met dans ces gestes de souvenir.

 

Pour mes parents, une grande satisfaction était que je sois heureuse. Bien que cette notion soit toute relative, j’ai la conviction au quotidien d’avoir atteint cet objectif en partageant ma vie depuis tant d’années avec le jeune lycéen rencontré il y a longtemps et qui est devenu mon mari puis le père de mes deux beaux enfants.

 

C’est le plus bel hommage que je puisse faire à mes parents.

Par Corinne Comme
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 10 2009 14:45

Il y a quelques jours, la grand-mère paternelle de Jean-Michel est décédée à l’âge de 97 ans.

Elle a eu l’idée de mourir pendant les vendanges.  Son fils cadet et papa de Jean-Michel est bien-sûr affecté par cette disparition ; même s’il sait que c’est déjà une performance d’atteindre pratiquement le siècle.

 

Le jour de sa mort, les vendanges nécessitaient malgré tout la présence de mon beau-père. Ce dernier ne vient pratiquement jamais aux vendanges car c’est l’époque de la palombe et surtout des repas pantagruéliques qui vont avec ! Mais cette fois-ci, il a naturellement décidé de rester avec moi car ce travail n’attend pas.

Pour le paysan qu’il est, il est inconcevable de laisser un chantier de vendange en plan quel qu’en soit la raison.

 

C’est  là que j’ai réalisé l’emprise qu’à notre métier sur notre vie au sens large. La vigne guide nos pas à toute heure du jour et même de la nuit (à cette époque de l’année).

 

Avant la reprise du domaine, lors des dernières semaines de ma belle-mère, la vigne n’a jamais souffert de la période douloureuse que vivait la famille. Tous les travaux et les traitements ont été effectués, souvent dans l’urgence mais ils ont été effectués, sans aucune impasse, ni aucun raccourci.

Même si l’atmosphère était terrible, il était évident pour tous de donner tous les soins à la vigne.

 

Notre rythme de travail est totalement décidé par la pousse de la vigne, les vendanges et la vinification. On vit avec et on organise le reste autour.

 

C’est ainsi chez tous les vignerons.

 

 

 

Par Corinne Comme
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 10 2009 17:07

Nous avons récolté hier  les dernières parcelles de Merlot. Une fois de plus, l’état sanitaire parfait rimait avec de beaux degrés et un équilibre magnifique des jus.

Après une année 2008 marquée par le gel et la coulure, les rendements sont confortables malgré la qualité de la récolte.

C’est donc du  bonheur dans le cœur de la vigneronne que je suis.

 

Mais ces vendanges ont un prix pour mon pauvre corps. Je ne compte plus les bleus sur les membres. Heureusement, je n’ai ni prévu d’aller sur la plage ni même de faire un défilé de haute couture.

Mes les bleus ne sont rien comparés aux douleurs que je ressens dans les coudes, les poignets et les mains.

 

Depuis plus de 10 ans, je souffre du mal de notre époque que l’on appelle pompeusement « troubles musculo-squelettiques » ; c'est-à-dire tendinites et syndrome du canal carpien pour ce qui me concerne.

A une époque, je n’avais pas encore intégré le fait que les choses doivent se raisonner dans leur globalité, aussi bien pour la vigne que pour le corps. J’avais donc suivi  les conseils des médecins et accepté de me faire opérer ; deux poignets et un coude. Pour le dernier coude, j’avais entre-temps changé de philosophie de vie ; j’ai donc toujours refusé la proposition du scalpel.

 

On n’a jamais trouvé ou même cherché la vraie raison de l’explosion de ces problèmes. On opère les gens à la chaine, sans se poser de question. Notre société est ainsi…

 

Pour ma part, je n’ai jamais constaté d’amélioration, j’ai toujours aussi mal.

A chaque coup de sécateur, c’est un nouveau supplice. Tous les gestes dans le chai sont eux aussi la cause de douleurs.

 

J’ai appris à vivre avec en espérant qu’un jour, on trouve la raison logique et obligatoirement simple de ces maux.

 

Heureusement, en voyant couler ce jus sucré qui contient un peu de mon âme et de mon sang, mes larmes de douleur se transforment bien souvent en larmes de bonheur.

Par Corinne Comme
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 07 2009 17:29

Je viens de lire un article dans la presse sur la possibilité qui est maintenant offerte de suivi en ligne des vinifications.

Je n’ai rien contre le progrès et je mesure la performance de ce type d’appareillage car je me souviens que l’informatique n’existait pas encore à proprement parler lorsque j’étais enfant.

Mais ma passion pour mon métier m’incite à me demander comment on peut suivre une vinification sans être directement et en permanence en contact avec le vin qui fermente.

Je vis au contact direct des cuves lorsqu’elles ont besoin de moi. Lorsque je dors, un seul mur me sépare d’elles. Ma tête n’est qu’à quelques dizaines de centimètres des cuves.

J’entends le « gloup-gloup » des fermentations et je ne sais comment, l’odeur de la fermentation naissante arrive dans la maison à travers les vieilles pierres.

J’ai des relations sensibles ou sensuelles avec mon vin en fermentation. Donc, je n’arrive pas à comprendre comment on peut être capable de se séparer de lui au point de le suivre par internet !

Mais tous les goûts sont dans la nature…

Par Corinne Comme
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