Etats d'âme

Vendredi 30 octobre 2009

C’est l’époque du souvenir pour les personnes disparues.

Je suis allée fleurir la tombe où reposent désormais mes deux parents.

Après presque 18 années de séparation, mon papa et ma maman sont de nouveau réunis ; pour l’éternité comme on dit pour rendre la douleur moins insupportable.

Je suis sûre qu’ils auraient été ravis de cela. Et même si leur présence me manque au quotidien, l’idée de les savoir de nouveau ensemble m’aide à supporter leur absence.

 

Je ne suis pas une adepte des commémorations programmées. Je pense à eux régulièrement. Mais maman était très croyante et l’idée que sa tombe puisse ne pas être fleurie le 1er novembre a du la tourmenter plus d’une fois. Aussi, je me suis pliée à la tradition en pensant doublement à elle.

 

Jean-Michel quant à lui n’a jamais eu la force de se rendre sur la tombe de sa maman. Il honore sa mémoire en continuant son travail au Champ des Treilles. Une parcelle porte son prénom et des rosiers en bout de rang rappellent sa mémoire.

 

Face à la mort, la sensibilité de chacun s’exprime avec beaucoup de vérité.

Jours dédiés ou pas, l’important est la sincérité que l’on met dans ces gestes de souvenir.

 

Pour mes parents, une grande satisfaction était que je sois heureuse. Bien que cette notion soit toute relative, j’ai la conviction au quotidien d’avoir atteint cet objectif en partageant ma vie depuis tant d’années avec le jeune lycéen rencontré il y a longtemps et qui est devenu mon mari puis le père de mes deux beaux enfants.

 

C’est le plus bel hommage que je puisse faire à mes parents.

Par Corinne Comme
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Vendredi 23 octobre 2009

Il y a quelques jours, la grand-mère paternelle de Jean-Michel est décédée à l’âge de 97 ans.

Elle a eu l’idée de mourir pendant les vendanges.  Son fils cadet et papa de Jean-Michel est bien-sûr affecté par cette disparition ; même s’il sait que c’est déjà une performance d’atteindre pratiquement le siècle.

 

Le jour de sa mort, les vendanges nécessitaient malgré tout la présence de mon beau-père. Ce dernier ne vient pratiquement jamais aux vendanges car c’est l’époque de la palombe et surtout des repas pantagruéliques qui vont avec ! Mais cette fois-ci, il a naturellement décidé de rester avec moi car ce travail n’attend pas.

Pour le paysan qu’il est, il est inconcevable de laisser un chantier de vendange en plan quel qu’en soit la raison.

 

C’est  là que j’ai réalisé l’emprise qu’à notre métier sur notre vie au sens large. La vigne guide nos pas à toute heure du jour et même de la nuit (à cette époque de l’année).

 

Avant la reprise du domaine, lors des dernières semaines de ma belle-mère, la vigne n’a jamais souffert de la période douloureuse que vivait la famille. Tous les travaux et les traitements ont été effectués, souvent dans l’urgence mais ils ont été effectués, sans aucune impasse, ni aucun raccourci.

Même si l’atmosphère était terrible, il était évident pour tous de donner tous les soins à la vigne.

 

Notre rythme de travail est totalement décidé par la pousse de la vigne, les vendanges et la vinification. On vit avec et on organise le reste autour.

 

C’est ainsi chez tous les vignerons.

 

 

 

Par Corinne Comme
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Vendredi 2 octobre 2009

Nous avons récolté hier  les dernières parcelles de Merlot. Une fois de plus, l’état sanitaire parfait rimait avec de beaux degrés et un équilibre magnifique des jus.

Après une année 2008 marquée par le gel et la coulure, les rendements sont confortables malgré la qualité de la récolte.

C’est donc du  bonheur dans le cœur de la vigneronne que je suis.

 

Mais ces vendanges ont un prix pour mon pauvre corps. Je ne compte plus les bleus sur les membres. Heureusement, je n’ai ni prévu d’aller sur la plage ni même de faire un défilé de haute couture.

Mes les bleus ne sont rien comparés aux douleurs que je ressens dans les coudes, les poignets et les mains.

 

Depuis plus de 10 ans, je souffre du mal de notre époque que l’on appelle pompeusement « troubles musculo-squelettiques » ; c'est-à-dire tendinites et syndrome du canal carpien pour ce qui me concerne.

A une époque, je n’avais pas encore intégré le fait que les choses doivent se raisonner dans leur globalité, aussi bien pour la vigne que pour le corps. J’avais donc suivi  les conseils des médecins et accepté de me faire opérer ; deux poignets et un coude. Pour le dernier coude, j’avais entre-temps changé de philosophie de vie ; j’ai donc toujours refusé la proposition du scalpel.

 

On n’a jamais trouvé ou même cherché la vraie raison de l’explosion de ces problèmes. On opère les gens à la chaine, sans se poser de question. Notre société est ainsi…

 

Pour ma part, je n’ai jamais constaté d’amélioration, j’ai toujours aussi mal.

A chaque coup de sécateur, c’est un nouveau supplice. Tous les gestes dans le chai sont eux aussi la cause de douleurs.

 

J’ai appris à vivre avec en espérant qu’un jour, on trouve la raison logique et obligatoirement simple de ces maux.

 

Heureusement, en voyant couler ce jus sucré qui contient un peu de mon âme et de mon sang, mes larmes de douleur se transforment bien souvent en larmes de bonheur.

Par Corinne Comme
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Vendredi 10 juillet 2009

Je viens de lire un article dans la presse sur la possibilité qui est maintenant offerte de suivi en ligne des vinifications.

Je n’ai rien contre le progrès et je mesure la performance de ce type d’appareillage car je me souviens que l’informatique n’existait pas encore à proprement parler lorsque j’étais enfant.

Mais ma passion pour mon métier m’incite à me demander comment on peut suivre une vinification sans être directement et en permanence en contact avec le vin qui fermente.

Je vis au contact direct des cuves lorsqu’elles ont besoin de moi. Lorsque je dors, un seul mur me sépare d’elles. Ma tête n’est qu’à quelques dizaines de centimètres des cuves.

J’entends le « gloup-gloup » des fermentations et je ne sais comment, l’odeur de la fermentation naissante arrive dans la maison à travers les vieilles pierres.

J’ai des relations sensibles ou sensuelles avec mon vin en fermentation. Donc, je n’arrive pas à comprendre comment on peut être capable de se séparer de lui au point de le suivre par internet !

Mais tous les goûts sont dans la nature…

Par Corinne Comme
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Mercredi 8 juillet 2009

Nous venons de recevoir les cahiers techniques du CIVB au sujet de l’étude sur le bilan carbone.

J’en avais parlé il y a quelques mois et je ne souhaite pas redire la même chose avec des mots différents.

J’ai lu avec attention le petit document sur papier glacé. Cela s’appelle « Plan Climat Vins de Bordeaux 2020 ».

Première bonne nouvelle, les produits phytosanitaires sont peu générateurs de gaz à effet de serre. Ouf, on va pouvoir continuer à en utiliser des pleins camions sur le vignoble.

Autre souci, la moitié du quatrième poste de production de gaz à effet de serre provient de l’Oenotourisme. Que faire ? Faut-il renvoyer les gens chez eux ? Que dire des déplacements destinés à aller vendre les vins. C’est une grande question qui touche toujours au développement en opposition au durable. J’en avais parlé il y a quelques semaines, mais là, on y est.

Ensuite, il y a toute une série de pistes objectives ou pas qui sont énumérées. Mais ce qui me frappe dans tous ces propos, c’est qu’il vise surtout les exploitations à vision industrielle des Bordeaux génériques. Ceux-là mêmes qui peuvent être sensibles aux bouteilles PET de 50 grammes, aux bag-in-box, à une mécanisation poussée à l’extrême, à la machine à vendanger,…

Pour être franche, je ne me reconnais pas trop dans ces cas de figure et que je sache on est aussi loin des Grands Crus prestigieux.  Mais qui sait…

Parmi les autres pistes, il y a le développement des vidéoconférences ! Là, je me sens totalement dépassée. Je ne sais pas combien de mes collègues vignerons utilisent ce genre d’innovations techniques pour vendre leur vin. Il me semble qu’ils doivent être à peu prêt…zéro. Mais là aussi, tout peut changer. Il suffirait que le matériel vidéo intègre les odeurs et on pourrait commencer à s’en servir en dégustation.

Malheureusement pour le solaire, le document en parle longuement et positivement avant de nous faire raz le nez en annonçant que les aides sont pour les particuliers uniquement.

Parmi les grandes solutions d’avenir, il y a aussi le développement du transport fluvial. Malheureusement, le guide n’en parle pas mais il n’est pas rare qu’une poignée de grévistes suffise pour bloquer tout un port et l’économie qui va avec, pendant plusieurs semaines.

J’ai enfin trouvé une solution : faire venir le bateau jusqu’au chai. Bien-sûr, ce n’est pas valable partout, mais bon…

Pour chez moi, il faudra avant tout creuser un petit canal au gabarit d’un porte conteneur moderne et le tour sera joué. Justement il y a la commission pour savoir où investir l’argent du grand emprunt Sarkozy. Voilà une idée.

 

Par Corinne Comme
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Lundi 29 juin 2009

Comme tous les ans, nous avons honoré ce week-end la mémoire de la maman de Jean-Michel disparue il y a déjà 12 ans. Elle a aussi eu la mauvaise idée de partir la veille de son anniversaire, pour ajouter encore une couche d’émotion à ces moments difficiles.

On ne se remet jamais vraiment de la perte de ses parents. Je sais que Jean-Michel souffre encore de la disparition de sa maman. Pour moi, c’est plus récent mais tout aussi douloureux.

Comme souvent lors de moments de souvenirs, nous avons allumé une bougie qui a brûlé toute la journée. C’est notre façon de nous souvenir de ceux qui ne sont plus là.

Le drapeau italien a aussi flotté sur le Champ des Treilles. C’était tout autant pour honorer la mémoire de ma belle-mère que celle de ses parents qui ont travaillé très dur toute leur vie pour acquérir ce modeste bout de terre et qui, à la fin de leur vie, ont eu à subir la plus dure des épreuves que constitue la perte de leur fille.


Que d’affectif dans tout cela ! Mais nous avons, Jean-Michel et moi la moitié de notre sang qui parle italien ; aussi, l’affectif pour nous c’est une seconde nature !

Notre projet tout entier est très marqué par l’affectif. S’il n’y avait pas eu de passion ni d’affectif, nous n’aurions jamais conservé ce petit domaine.

Après plus de 10 ans passés à servir cette terre, nous pouvons mesurer le chemin parcouru. Nous ne l’avons certes pas transformé en Premier Cru mais le vignoble est beau, en bonne santé, les bâtiments sont beaux et fonctionnels et le vin a une réputation qui monte un peu tous les jours.

J’espère que de là où elle est, Marie-Claire peut voir le travail que nous avons effectué. J’ai des peines à penser que c’est le cas.

Mais quand samedi soir nous avons vu le coucher de soleil sur la petite église de Margueron, on pouvait penser qu’il y avait autre chose que des rayons de soleil sur des nuages…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Corinne Comme
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Mercredi 10 juin 2009

Actuellement, c’est la pleine période d’activité dans les vignes. Il n’y a jamais assez de bras disponibles.

Comme beaucoup de vignerons, j’ai décidé d’embaucher un salarié temporaire pour quelques jours. La personne, qui a déjà fait les vendanges chez nous l’an dernier, a travaillé 4 jours puis m’a appelée en me disant qu’elle avait trouvé autre chose ailleurs ; c'est-à-dire le même travail pour le même salaire. Ne pouvant pas la retenir de force, je suis revenue à mon effectif d’origine ; une fois de plus c’est en famille, le week-end que le travail a dû être fait pour ne pas prendre trop de retard.

Finalement, c’est au chômage que cette salariée peu zélée est allée se faire inscrire avec l’aide d’une assistante sociale. C’est beaucoup plus facile ainsi, il n’y a pas à se baisser à chaque pied de vigne.

Pour la remplacer, j’ai pensé trouver d’autres personnes sans emploi dans le village. Il y en a mais aucun n’a fait mine de venir. L’un d’eux, sollicité par mon beau-père s’est dit intéressé mais ne m’a jamais contacté. Naïf, mon beau-père est allé aux nouvelles, mais en le voyant, le valeureux s’est enfui en faisant semblant de ne pas le voir.

En désespoir de cause, j’ai questionné l’ANPE, efficacement rebaptisée Pôle Emploi. D’abord, il fut impossible de les joindre. Puis, j’ai pu rentrer en contact avec eux. Les démarches ont été faites. Entre autres, deux chômeurs du village ont été contactés mais encore une fois, aucun n’a donné signe de vie.

Heureusement, deux personnes se sont présentées dont une a été embauchée. Pour combien de temps ?

Cette situation est de plus en plus difficile à vivre. Les contribuables et employeurs que nous sommes sont de plus en plus sollicités financièrement mais ma motivation est en berne.

Certains parlaient de la France d’en bas et de celle d’en haut. Je n’appartiens ni à l’une ni à l’autre. Je fais partie de la portion des Français qui se lève le matin pour financer l’autre et dont certains ne font pas franchement d’efforts pour justifier l’aide qu’ils reçoivent de la collectivité, c'est-à-dire de nous.

Lors de la dernière campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait une formule très bien trouvée et qui était que « chaque salaire mérite travail ». Où en est-on deux ans après ?

On a continué dans la même voie de l’assistance. Je ne parle pas de ceux qui se trouvent objectivement démunis après des fermetures d’usines dans des bassins d’emploi déjà sinistrés. Ceux-là méritent l’aide de la nation.

Mais comment peut-on tolérer que certains continuent de rester au crochet de la collectivité alors qu’au même endroit  des entreprises recherchent de la main d’œuvre? C’est le cas dans la vigne au moment des vendanges ou maintenant durant les travaux en vert. Idem pour le ramassage des pommes ou des fraises.

Comment notre société peut-elle entretenir autant de gens sans jamais leur demander aucun compte ?

Un artisan, un commerçant ou un agriculteur qui ne peut plus travailler n’a plus de revenu. Pour moi, en cas d’accident de travail, c’est quelques euros par jour après 21 jours de carence !

C’est insupportable.

Il y a quelques temps, j’ai entendu une personne dire qu’on attend la révolution du côté de ceux qui gesticulent régulièrement mais que la révolution viendra en fait des personnes ordinaires qui sont excédées par tant d’injustices et qui considèrent que leur contribution à la solidarité est un peu excessive.

Sur le moment, j’ai trouvé cette analyse fantaisiste.

Mais à la réflexion, …

Par Corinne Comme
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Jeudi 28 mai 2009

Hier, je comptais donner quelques nouvelles de notre petit domaine, mais ce fut la journée d’appel à la défense pour ma fille Laure.

Cette dernière a eu la mauvaise idée d’être convoquée pendant une grève des transports. D’un autre côté, sachant qu’il y a à peu près une grève tous les mois, elle avait peu de chances de passer à travers cette prise en otage des utilisateurs des transports.

Donc, le train conduisant au bus de l’armée était annulé pour cause de « défense du service public ».

J’ai donc dû la conduire moi-même à la base militaire de Martignas, soit environ une heure de route.

Ce qui est marrant, c’est que pour notre fils Thomas, le train pour l’armée avait lui-aussi été annulé au dernier moment alors qu’il était bien prévu la veille au soir. Heureusement que Jean-Michel avait pris la peine d’aller vérifier dans la gare à 6 heure du matin au lieu d’attendre tranquillement sur le quai la venue d’un train fantôme. Cette fois ci, le train était en panne. La ligne Bordeaux-Le Verdon n’est pas des plus fréquentée ni des plus stratégiques pour le tourisme, donc on nous met les modèles les plus anciens.

 

J’ai laissé ma fille à l’entrée de la caserne. C’est toujours un moment déchirant pour une maman. Un environnement militaire n’est jamais très coloré ni très accueillant. On pense obligatoirement aux déchirements des êtres aimés qui se séparent pour de longs mois, voire même pour toujours.


Je n’ai jamais connu la caserne car à mon époque, seuls les hommes devaient faire « les trois jours ».

Jean-Michel n’a pas coupé à cette obligation même si par la suite, il a été réformé. Il a profité de cette année gagnée pour compléter sa formation et passer son diplôme d’œnologue.
A l’époque, il était très content de cette opportunité. Maintenant, il pense que ce nouveau diplôme lui a surtout permis de marquer une ligne de plus sur son CV. Les connaissances acquises à grand renfort de révisions ne sont plus en rapport avec ce qui rend meilleurs les vins qu’il élabore maintenant.

Est-ce mieux de connaître toutes les équations chimiques permettant à la fermentation alcoolique de se dérouler plutôt que de faire des marches en rangers ou des soirées Kronenbourg en refaisant le monde ? Maintenant, nous ne sommes pas aussi catégoriques…

Au moins, durant les longues marches, on peut regarder les fleurs le long des routes en essayant de comprendre la raison de leur présence à cet endroit. La consommation de bière fait travailler nos « cousins » de la viticulture que sont les brasseurs.

 

Finalement, l’expérience militaire de Laure s’est achevée le jour même vers 17h. J’étais donc là pour la récupérer. Ce dernier mot est totalement en rapport avec mon sentiment. J’ai particulièrement souhaité qu’ils la gardent pour lui donner un peu de rigueur dans son éducation mais après une petite journée dans l’armée, j’étais donc à la porte de la caserne pour la sauver.

 

Cette journée d’appel aura donc eu l’avantage de me rappeler que j’aime ma fille et qu’il faut que je la protège car elle est encore toute petite !

Par Corinne Comme
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Lundi 25 mai 2009

Samedi, Jean-Michel fêtait son 45ème anniversaire. Quand je dis « fêtait », je devrais dire tout simplement « avait » car il n’y a pas eu de célébrations dignes des têtes couronnées.

 

Pour lui, il s’est agit de faire des caisses, puis bricoler sur le matériel de culture. Enfin, la préparation des tisanes de plantes, particulièrement longues avec la présence de prêle, a fini de mettre à mal nos idées d’aller marquer l’évènement à l’extérieur.

 

J’en fus peinée pour lui car j’ai l’impression qu’il ne s’arrête jamais. Lui ne se plaint pas car il dit toujours que sa famille et la vigne suffisent à son bonheur.

Cela tombe donc bien car il y a toujours quelques ceps de vigne pas loin et au moins une partie de notre petit cocon familial à ses côtés ; au moins moralement !

 

Nous avons quand même trinqué à sa santé avec un vin de la maison ; un Vin Passion.

Contrairement aux vins « à bulle » de circonstance, Jean-Michel a souhaité un vin à nous, un vin qui est un peu notre enfant à tous les deux et qui symbolise le projet sur lequel nous travaillons depuis plus de 10 ans.


Et lorsque la famille n’est pas aussi complète qu’avant après le départ des générations précédentes, les fêtes ne sont plus vraiment des fêtes comme avant. La douceur des bons moments prend alors une pointe d’amertume plus ou moins intense et qui ternit ces bons moments.

 

Donc, ce fût un anniversaire bien sage. 45 ans donc déjà une bonne moitié au service de la vigne et du vin.

C’est peut-être là que se situe la vraie performance !

Par Corinne Comme
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Mercredi 6 mai 2009

Il y a quelques jours, j’ai découvert à Margueron un lavoir situé à environ 1 km de la maison. Jean-Michel le connait depuis toujours car il a grandi là ; mais moi, je ne l’avais jamais remarqué.

Fort logiquement, il est situé en contrebas de la route qui elle-même est en forte pente à cet endroit.

Il semble qu’une partie des installations ait été supprimé sur l’autel de l’agriculture intensive ; mais il reste le corps du lavoir, l’endroit où les femmes venaient laver le linge.

En me penchant sur cette eau, j’ai imaginé la dure vie de celles qui m’ont précédée. La première maison est à plus de 500 m de ce point d’eau. J’ai alors imaginé les femmes portant des monceaux de linge dans les bras ou sur des brouettes en bois pour venir les laver.



Notre maison se situe à plus d’un kilomètre de cet endroit. Je ne sais pas où était lavé le linge de ceux qui ont habité l’endroit avant nous. L’eau venait-elle du puit présent sur place ? Je ne le sais pas et Jean-Michel non plus.

Le puits n’était pas très généreux. Et son niveau était souvent bas. Un système de niveau permettait facilement de se faire une idée de la quantité d’eau disponible.

Avant cela en été, ses grands-parents allaient tous les jours à une source proche pour y pomper 1000 litres d’eau par jour pour abreuver les vaches.

Ainsi, ces dernières étaient alimentées avec l’eau de la source et l’eau du puit était là en secours mais aussi pour la consommation humaine.

L’ « eau de la ville » est arrivée seulement vers 1970. Jean-Michel était enfant et il se souvient du chantier de raccordement.

En me replongeant sur ce passé pas si lointain, j’ai alors réalisé le gain de confort et de fatigue généré par la présence permanente d’eau courante et aussi de la machine à laver le linge.

Finalement, le modernisme n’a pas que des mauvais côtés.

 

Par Corinne Comme
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