Cuisine du Champ des Treilles

Mardi 6 janvier 2009 2 06 01 2009 13:19

Ce n’est un secret pour personne, il existe bien deux France, celle d’en haut et celle d’en bas.

 

Je sais que l’expression a été déjà employée par des politiques pas très conscients des enjeux. En effet, la frontière entre les deux France ne se fait pas en fonction de la déclaration de revenus mais par rapport à la Loire qui sépare la France d’en haut, qui mange des galettes des rois feuilletées fourrées à la frangipane et celle d’en bas qui consomme des galettes briochées en forme de couronne avec un trou au milieu.

 

Jusqu’à une date récente, il y avait une sorte de guerre des tranchées entre les deux coutumes ; chacune restant sur ses positions sans envahir l’autre. Mais, avec l’uniformisation des goûts, la recette du Nord, dite Parisienne s’est mise à envahir le reste de la France.

Il est de bon ton de ne plus consommer notre galette des rois traditionnelle, plus basique et moins tendance.

Mais il faut résister !

La galette briochée est beaucoup moins lourde en calories que sa cousine parisienne. Elle est aussi bien plus pratique à manger car elle ne colle pas au doigt et ne menace jamais de tomber en paquet sur le sol ou les habits.

Bref, on peut en consommer sans crainte !

 

Donc, je vous propose une recette simple de cette galette des rois :

 

Pétrir 1 verre de farine avec un peu de farine de boulanger délayé dans de l’eau tiède.

Laisser lever pendant 3 heures.

Ajouter un autre verre de farine, 2 oeufs entiers, 50 g de beurre fondu, 30 g de sucre et de la fleur d’oranger. Pétrir à nouveau et façonner en galette.

Laisser lever, l’idéal étant durant toute une nuit.

Chauffer le four à 180° et cuire environ 25 mn.

Saupoudrer de sucre glace une fois refroidi et ne pas oublier de placer une fève !


 

 

Et comme j’ai commencé pour texte en faisant allusion aux politiques, je vais reprendre pour conclure la technique du consensus propre à ces personnes qui ont l’art de ne jamais vouloir mécontenter leurs électeurs potentiels.

 

Ainsi, au nom de l’unité nationale, on pourra peut-être consommer les deux galettes à la fois en ayant bien pris soin d’ouvrir pour l’occasion une bonne bouteille, ou même deux, une du nord, une du sud…

Par Corinne Comme - Publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 12 2008 10:57

En créant ce blog, j’ai mis en place une rubrique appelée « cuisine du champ des treilles » pour y présenter en toute humilité quelques recettes de terroir, souvent oubliées.

Il faut bien avouer que les ordinateurs de l’hébergeur ne sont pas surchargés par mes recettes.

Je suis admirative de voir que certains sont capables de concevoir une recette nouvelle tous les jours. Je n’en suis pas capable.
Mais le pire, c’est que bien souvent j’ai des difficultés à avoir l’idée pour le repas du jour !

Prise dans mes papiers ou ma comptabilité, il m’arrive très souvent de me rendre compte à midi, qu’il est midi et que Jean-Michel va rentrer déjeuner.

Parfois, c’est sa voiture ou même le bruit de la porte quand il entre, qui me rappelle l’heure.

Alors, loin de tous les géniaux mélanges de saveurs et d’odeurs, je cours vers la cuisine essayer de trouver une idée.

Le congélateur est bien souvent mon sauveur. Puis, la cocotte-minute est mise en action. Quelle invention magique ! En quelques minutes, c’est cuit. On peut tout mettre dedans en une fois et à la sortie, il y a un repas.

Une chose est sûre, je ne prends jamais des plats industriels préparés.

Je prépare moi-même. Certes, c’est souvent rapide et approximatif, mais c’est fait-maison.

Heureusement, mon mari est le plus gentil des hommes et il ne se plaint jamais.

J’ai souvent des scrupules surtout que dans le passé, je cuisinais en achetant régulièrement des revues. Il y avait souvent des gâteaux faits par moi.

Maintenant, je n’y arrive plus. Je n’ai plus le temps. Je dois mal m’y prendre pour en arriver à une telle extrémité.

On n’a du nous raccourcir les heures qui ne doivent plus faire 60 minutes comme avant. Je ne sais pas, je ne sais plus.

Ce qui me rassure, c’est qu’en parlant avec d’autres femmes, je me rends compte que beaucoup sont dans le même cas que moi. C’est au moins ça ; je ne suis pas seule.

Et finalement, je me dis que tous les aliments employés sont sains, je cuisine sans gras, c’est souvent triste ; c’est donc la meilleure façon de ne pas être tenté et de ne pas faire grossir ma famille !

Voici une recette à la mode en ce moment chez Comme: la soupe de citrouille.
A l'entrée de l'hiver, je congèle en cubes les citrouilles du jardin ou données par de gentils voisins.
Je jette ces cubes encore congelées dans l'autocuiseur avec du céleri branche, du sel. Je laisse cuire 10 minutes puis je passe au mixeur avec un peu de crème fraiche et je rajoute du poivre. C'est chaud, velouté et sain....que demande le peuple en hiver!

Par Corinne Comme - Publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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Vendredi 8 août 2008 5 08 08 2008 07:31

En ces périodes de restriction du pouvoir d’achat, il est toujours utile de pouvoir économiser un peu d’argent …tout en se faisant plaisir malgré tout !

Ainsi, le pain perdu permet de recycler le vieux pain pour en faire un délicieux dessert.

Par mon éducation, je n’avais pas la « culture du pain » car dans ma famille, on achetait quotidiennement une baguette dont le reste finissait à la poubelle.

Lorsque je suis entrée dans la famille de Jean-Michel, j’ai tout de suite vu que dans les familles paysannes, le pain avait encore une grande importance ; non plus par sa place centrale dans l’alimentation car l’amélioration du niveau de vie l’avait permis une alimentation plus variée. Mais dans l’inconscient collectif, il a toujours un rôle central presque mystique. L’expression « long comme un jour sans pain » marque parfaitement son importance dans notre culture. Je ne parle même pas du pain dans la religion.

Encore actuellement, mon beau-père mange encore tout avec du pain et comme vous le savez sûrement, il mange beaucoup.

Donc, chez Jean-Michel on ne jetait pas le pain. Ils allaient le chercher à Saint-Jean de Duras dans une petite boulangerie qui faisait aussi épicerie. La mémé Mignard, qui tenait la boutique avec son mari boulanger était tellement vieille qu’elle n’avait pas d’âge. Le magasin ne mesurait pas bien plus de 5 m2 et on y trouvait tout ou presque. Elle n’a jamais eu de machine à calculer et alignait les chiffres avait une rapidité quasi-numérique. Les gens se pressaient pour y prendre leur pain. Il était cuit dans un vieux four à bois mais c’était un authentique pain à l’ancienne fait comme avant sans souci de surfer sur une vague de retour aux goûts du passé. Le pépé Mignard faisait son pain comme il l’avait appris sans se poser plus de question. Il a fait le pain jusqu’à sa mort.

Le rituel du pain était le mercredi soir et le samedi soir. Ils ramenaient 2  « miches » de 2 kg et souvent un « bouleau » de 600 grammes. Avec cela, la famille avait du pain pour la semaine.

C’est donc là que j’ai appris le culte du pain. Actuellement, il m’arrive d’en jeter encore quand il est visiblement trop vieux, mais c’est toujours avec l’idée que ce n’est pas bien.

De temps en temps, je profite donc du vieux pain pour faire du pain perdu. Le pain rassis est toujours préférable au pain frais.

Tout d’abord, il faut découper des tranches régulières. Ma méthode n’est sûrement pas orthodoxe mais elle est rapide est savoureuse : je casse les œufs puis je les bats avec du lait entier légèrement sucré. Le fait d’ajouter quelques gouttes d’eau de vie ne gâche rien. On pose les tranches de pain dans ce mélange en les laissant s’imbiber en profondeur.

Pendant ce temps, on met du beurre à fondre dans une poêle.

Lorsqu’il est complètement fondu, on y place les tranches de pain.

L’opération est délicate car elles ont tendance à se déliter si elles ont trop « pompé ». Je laisse dorer sur chaque face à feu très doux pour éviter que le beurre brûle. Le but est de donner une jolie coloration et un croustillant en surface alors que le centre doit rester moelleux.

Au fur et à mesure des poêlées, je sucre légèrement le dessus au sucre vanillé.

Après ce plat de dessert ou de « 4 heures », il vaut mieux éviter les opérations trop près du sol, le ventre étant alors légèrement lesté !

 

Par Corinne Comme - Publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 05 2008 09:46

Suite au très bel article « château du Champ des Treilles : au bonheur des vignes » de notre ami Eric sur son  blog (www.boiremanger.canalblog.com) certains d’entre vous qui m’ont questionnée sur la recette du velouté d’orties.

 

Il y a quelques jours, je vous parlais de la récolte de ces plantes.

Je voudrais leur rendre un vibrant hommage car elles sont de véritables bienfaitrices pour notre santé et pour celle de la vigne.

 

Au sortir de l’hiver, la consommation d’orties, qui sortent juste de terre, est une cure de jouvence.

 

Pour 4 personnes :

Il faut choisir les pointes avant qu’elles ne fleurissent et les récolter plutôt un jour fleur (pour les initiés) si on veut profiter pleinement des actions bénéfiques, ou n’importe quel jour si c’est la gourmandise qui nous guide. J’en récolte l’équivalent d’une passoire.

 

Je les rince en éliminant les tiges dures puis les essore avant de les mettre à fondre dans du beurre.

J’ajoute 4 belles pommes de terre pelées et coupées en morceaux. Je couvre d’eau à hauteur et je laisse cuire à feu doux.

 

Je mixe avec deux cuillerées à soupe de crème fraîche. C’est très facile à réaliser et ne coûte pas grand-chose.

 

Les plus curieux pourront essayer de goûter quelques feuilles crues : il faut les rouler en gardant le coté « poilu » à l’intérieur. Il est alors intéressant de noter la texture extrêmement sèche……on en reparlera lors de la réalisation des tisanes que l’on pulvérise sur la vigne.

 

Bon appétit et bonne santé !

Par Corinne Comme - Publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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Samedi 22 mars 2008 6 22 03 2008 14:54

Depuis quelques années, nous avons renoué avec la tradition de récolte de légumes dans les vignes.

Dans le passé, en fin d'hiver, les familles de vignerons avaient déjà l'habitude de consommer des poireaux sauvages, appelés "baraganes" dans notre région ou même "poraganes" dans d'autres parties de la région bordelaise.

Malheureusement, elles ont complètement disparu de la plupart des vignobles sous les coups répétés des pesticides et autres engrais chimiques.

Dans notre petit ilot de nature préservée, les baraganes peuvent croître et se multiplier librement!

Il s'agit de petits poireaux qui poussent naturellement dans les vignes labourées. Comme toutes les plantes, leur présence nous renseigne sur l'état du sol et sa composition.

Au-delà de ces considérations bien matérielles, elles constituent un plat de choix en ayant plus de finesse et de douceur que les poireaux "classiques".

Photos-0198-copie-1.jpg Je revois encore la mamie de Jean-Michel, partant avec son panier en osier et sa bèche pour en récolter. Elle en ramenait quelques dizaines qu'elle nettoyait consciencieusement avant de donner les fanes aux poules qui se battaient pour bénéficier de ce butin de choix.

En général, elle les servait bouillies avec un œuf mollet et de la vinaigrette. Mis à part l'huile, tout était produit sur place.

Les œufs ne provenaient pas de n'importe quelles poules car certaines avait la capacité à produire des "œufs doubles", c'est-à-dire à deux jaunes. Ces "originalités" étaient conservées pour nous jusqu'à notre prochain retour en week-end.

Puis, avec l'arrivée des enfants, Thomas et Laure, les bénéficiaires ont bien entendu changé. Pour eux, un œuf ne se concevait que double! C'est malheureusement un temps révolu. Il nous reste les souvenirs…

 En ce qui me concerne, je prépare les baraganes en omelettes avec les œufs de la voisine et une pincée de fleur de sel des marais salants de nos amis de l'ile de Ré.

Il convient de couper les légumes en petits morceaux et les faire revenir dans une poêle avec un peu d'huile.

Pour conserver toute leur saveur, j'arrête la cuisson dès qu'elles s'apprêtent à roussir.

Puis je verse les œufs. Le grand débat familial vient de la divergence entre les adeptes des omelettes baveuses et ceux qui les préfèrent cuites. C'est un sujet épineux et récurrent!

Bien entendu, c'est un Champ des Treilles Grand-Vin blanc qui accompagne ce plat de vigneron. La finesse de ce vin s'accorde parfaitement avec des œufs.

Photos-0213.jpg Les baraganes, qui n'ont pas de saveur prononcée respectent complètement le vin.


Après avoir essayé le Petit-Champ dans les mêmes conditions, il a été décidé de le déguster seul…en attendant la cuisson de l'omelette…

 

 

Est-ce raisonnable? Evidemment, car nos vins sont d'une part exempts de tout produit chimique mais aussi leur fraîcheur les rend très digestes.


C'est du moins mon opinion!...

 

Par Corinne Comme - Publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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