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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 13:34

Avec le soleil et le mois de Mai, on a enfin pu commencer les travaux en vert à la maison. Travaux en vert est quand même un bien grand mot car chez nous, cela se résume à l’épamprage. La vigne a atteint son équilibre par les pratiques de respect que nous avons pour elle.

Il n’y a pas toutes les opérations agressives dont beaucoup se vantent encore mais qui ne sont que des constats d’échec car des pratiques seulement destinées à combler maladroitement une erreur faite préalablement.

Nos rapports avec la vigne sont du niveau d’une éducation d’un parent à son enfant. A ce moment de l’année, elle est encore dans l’enfance et va entamer son adolescence.

Les parents que nous sommes vont la guider, la protéger, lui donner des règles. Ainsi, l’épamprage est l’une de ces règles. Une vigne que l’on n’épamprerait pas deviendrait un buisson sans récolte. Or, sans récolte, il n’y a plus de viticulture.

C’est la même chose avec la taille qui reste une opération obligatoire sous peine de passer dans un autre type de pratique, c’est-à-dire la vigne redevenue sauvage qui ne produit plus vraiment de raisin.

Puis, comme tout parent qui voit ses enfants grandir, on va progressivement prendre du recul et laisser la vigne trouver son identité ; on va même l’aider à exprimer qui elle est.

Ainsi, rentrée dans l’âge adulte dans son cycle annuel, quelques temps après la fleur, elle aura beaucoup moins besoin de nous car elle saura exprimer clairement qui elle est.

Mais on n’en est pas encore là. Pour l’instant, elle vient tout juste de dépasser le stade des couches culottes et s’apprête à entrer dans son adolescence pour quelques semaines avant la fleur.


Donc, elle a vraiment besoin de nous. C’est heureux car on est là pour elle, car elle est un peu le prolongement de nous…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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