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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 18:06

On vient enfin d’entrer dans une période de vrai beau temps durable (au moins une semaine). C’est un soulagement pour tout le monde. On recharge notre petite usine interne à bonne humeur.

Dans les vignes, les trombes d’eau des 18 juin et suivant ont entrainé des tâches de mildiou dans tous les vignobles. Heureusement, les journées chaudes que nous connaissons depuis le milieu de la semaine dernière, sonnent comme un répit bienvenu.

C’est marrant comme en quelques jours, on peut passer du pessimisme à l’optimisme (et inversement).
Depuis la sorties des tâches en début de semaine dernière, la vigne a fabriqué une quantité incroyable de nouvelles feuilles ce qui dilue les spots de mildiou dans la végétation. Rien ne disparait mais c’est moins voyant et donc plus rassurant.


En cette année riche en pluie, c’est l’herbe qu’il faut gérer avec le plus d’attention. Chez nous, on ne cherche pas à obtenir par le labour le même effet qu’un désherbage chimique « lunaire ». On accepte la présence d’herbe jusqu’au moment où sa présence nuit à la vigne dans son expression qualitative.
Avec des sols souvent humides et des conditions de passages délicates pour les traitements, les vignes à 1 mètre n’avaient pas vraiment été griffées depuis plus d’un mois. L’herbe y était donc présente mais sans excès.
Il était cependant temps de la contenir par un griffage. Ce fut le travail de Jean-Michel avec son enjambeur. On dit qu’un griffage vaut 2 arrosages, mais on pourrait dire qu’un griffage fait dans de bonnes conditions vaut au moins deux sinon trois labours faits dans de mauvaises conditions ou faits partiellement.

Brasser la terre sous le soleil constitue la meilleure façon de faire mourir les mauvaises herbes.

Lever le sol par des outils superficiels pour aller vite et surtout si le sol est un peu humide constitue la meilleure façon d’entretenir les herbes dans la vigne ; ce qui multiplie les passages et donc le coût final.

Donc, chez nous, quand on griffe ou qu’on laboure, on ne le fait pas à moitié et donc on y passe très peu souvent. Et c’est aussi avec des appareils simples et rustiques ; les seuls qui ne coûtent rien à l’entretien.


Pour moi, c’est tonte dans les rangs enherbés des vignes à 2 mètres. Evidemment, il s’agit d’herbe naturelle et pas semée. Mais, les contraintes de passage imposent de garder un rang sur deux partiellement labouré afin de pouvoir passer traiter même si c’est humide. Dans nos sols très argileux, la moindre pluie rend les sols très très collants.

Ce rang, de passage est tondu une à deux fois par an. Mais par rapport à l’autre rang, intégralement labouré, selon la stratégie précédemment énoncée, le rang enherbé est beaucoup plus difficile à entretenir sous le rang de vigne.

Je commence à utiliser le nouveau tracteur acheté l’an dernier. Pour le moment, je ne pouvais pas m’en servir car il a un système de sécurité qui bipe quand il n’y a personne sur le siège. Le problème est qu’il est prévu pour recevoir les gros, voire très gros mais pas les minces comme moi. Et donc, il ne me sent pas quand je suis assise sur le siège. Donc, il bipe en permanence !

Avant, les sécurités étaient électriques. On s’en affranchissait en les débranchant, tout simplement. Maintenant, avec l’électronique, c’est très différent et les concepteurs ont redoublé d’ingéniosité pour anticiper toute tentative destinée à leurrer la carte électronique.

Jean-Michel a donc contourné provisoirement la difficulté avec une rotule d’attelage, puis une plaque en métal et enfin un coussin posés sur le siège. La rotule appuie sur le détecteur en amplifiant mon poids. La plaque protège mes fesses et le coussin rend le système plus confortable.

Le concessionnaire doit apporter une solution car le tracteur est prévu pour des gens allant de 40 à 120 kg. Au-delà de 120 kg, on ne doit plus pouvoir entrer dans la cabine…

Je pèse un peu plus de 40 kg mais l’appareil ne me détecte pas quand même !

Mais, enfin je peux quand même travailler dans un tracteur fermé et climatisé, ce qui est appréciable en ce moment.

Voilà j’ai parlé de n’importe quoi et je reviens à mon sujet de départ, le temps qui est très chaud et donc très agréable surtout si on a un tracteur climatisé et pas de bip dans les oreilles…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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