Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 11:36

Voilà enfin le week-end. On ne vendange pas.

Il fait suite à une semaine chargée en travail et en émotion.

Pour la première fois depuis que je suis vigneronne, nous avons interrompu la récolte des blancs pour vendanger les Merlots.

Dans le contexte de l’année, j’ai attendu le plus longtemps possible pour ramasser les grappes de ce cépage central chez nous. En milieu de semaine, on avait atteint un niveau de maturité suffisant. Et après les pluies intenses et la grêle, l’état sanitaire menaçait de se dégrader.


La coulure avait rendu les espoirs de rendement très bas. La réalité a été plus dure encore. Nous ne mettons jamais d’engrais ni ne faisons jamais tomber de raisin. Depuis des années, les vignes ont trouvé seule leur équilibre. Il varie en fonction des millésimes mais ça fonctionne tous les ans. Tous les ans sauf en 2013.

Grappes très lâches et peu nombreuses, petits grains,…C’est une constante du millésime dans toute la Gironde, au moins. Cela ne change pas mon cas personnel, mais au moins je suis un peu rassurée, n’étant pas seule dans ce cas.

Les rendements sont donc de l’ordre de 10hl/ha. Cela va poser plein de problèmes dans les mois à venir ; problèmes dans la répartition de la gamme de vins rouges, problèmes pour satisfaire les clients,…

Mais c’est pour le futur, donc on pense à maintenant et il y a beaucoup à penser.

Finalement, j’ai pris la bonne décision en récoltant le Merlot car il est encore tombé 25mm de pluie dans une nuit.

La fin des blancs a été un peu perturbée. Heureusement, il ne restait que quelques rangs de Sémillon.

Je dois ici rendre hommage à mon équipe de vendangeurs. Ils ont compris mon désarroi et redoublaient d’attention envers moi ; histoire de me réconforter dans ces moments compliqués.

Quand je disais récemment, ici-même qu’ils sont plus que des vendangeurs dans mon esprit ; en voici une illustration parfaite !

Maintenant, il reste encore les Cabernets et le Petit-Verdot qu’il va falloir surveiller comme l’huile sur le feu. Pour l’instant, les deux tiennent ; ce qui est une bonne chose car ils ne sont évidemment pas mûrs. Le temps semble revenir clément pour les prochains jours. On va donc emmener les dernières parcelles jusqu’au maximum de ce qui est admissible. L’important étant d’intervenir juste avant le point de non-retour (sanitaire).

Cependant, un week-end de vigneronne en octobre n’est pas vraiment un week-end de repos en famille. Il y a du travail dans le chai. Les derniers débourbages de blancs sont à faire. Bien entendu, il y a des remontages de Merlot, en n’en perdant pas une goutte,…

Bref, de l’activité et des choses à penser pour le futur.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche