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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 19:14

Il existe un vieil adage qui dit « année de foin, année de rien ».

Il faut reconnaitre que cette année, les foins étaient très grands et que le nombre de bottes dans les champs est largement supérieur à la moyenne.

De ce fait, c’est la mort dans l’âme que le vigneron constate en ce moment que les grappes sont très peu fournies en baies ; particulièrement sur le Merlot. Chez nous, comme chez beaucoup de vignerons, ce cépage représente 2/3 de la surface.
Il n’y aura donc pas besoin de cuves supplémentaires cette année.

La trésorerie déjà bien mise à mal chez de nombreux confrères risque d’atteindre des niveaux difficilement supportables.

C’est donc la dure loi de notre métier.

Souvent, les amateurs idéalisent le travail de vigneron et rêvent de se voir dans leur vignoble taillant le cep dans un beau froid sec et vinifiant des millésimes du siècle avec les clients qui trépignent d’impatience à la porte les mains pleines de billets.


Mais la réalité ressemble plus à la chanson de Jean Ferrat : « une année bonne et l’autre non ». Pour faire bon poids bonne mesure, on pourrait ajouter la ligne suivante « et sans vacances et sans sorties ».

Je pense qu’en ce moment, tout le monde va plus ou moins à la pêche aux informations pour constater que c’est la même chose à peu près partout.

Des semaines de pluie et de froid ont conditionné ce résultat prévisible. Certains ceps ont une charge en raisin presque normale alors que le suivant n’a pour ainsi dire pas de récolte.
C’est très étrange.

Comme toujours quand ma vigne connait des périodes difficiles, j’ai un sentiment d’impudeur à la prendre en photo. Les grappes coulées et millerandées resteront donc dans son intimité à elle.


Heureusement, les autres cépages s’en sortent bien et redonnent un peu de baume au cœur à la vigneronne un peu dépitée que je suis en ce moment.

Et en s’inspirant une fois de plus de Ferrat, je me dis « pourtant que ma vigne est belle ».

C’est quand cela l’essentiel…

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:57

Dimanche dernier, nous avons reçu à déjeuner notre ami Eric Bernardin (EricB pour la blogosphère).

Nous nous voyons trois ou quatre fois par an et chaque fois c’est pour moi la même panique. Quel repas préparer à quelqu’un qui cuisine en semi-professionnel au point d’alimenter en recettes nouvelles un blog plusieurs fois par semaine pendant des années !

Evidemment, il y a bien plus mauvais que moi en cuisine mais il y a aussi bien meilleur et bien plus motivé.

Donc, il m’est toujours difficile de recevoir Eric. Cette fois-ci, j’avais choisi de faire simple et de saison.

En entrée, gaspacho froid.

Ensuite, deux rôtis froids tranchés, un de bœuf et un de veau. La viande était accompagnés de légumes crus tels que des bâtonnets de carottes, des rondelles de navet,..

Pour accompagner ces légumes, 3 sauces différentes.
Pour l’une d’entre elles, j’ai choisi de faire un bond en arrière dans les années 70-80. De l’œuf écrasé avec du thon et de la mayonnaise. Tout le monde a mangé ça dans le passé !

Je suis donc tombée dans le régressif.

Eh bien, Eric s’est resservi plusieurs fois de cet accompagnement passé de mode.

En dessert, là aussi du très classique pour la saison : un clafoutis aux cerises du jardin.

On en a profité pour faire le tour de quelques standards de la même époque, oubliés maintenant.

Il y a les bouchées à la reine avec du ris de veau en sauce avec des champignons. Eric, très à cheval sur la cuisson de cet abat, en garde un souvenir doux-amer car il prend toute sa dimension quand il est à peine cuit alors que dans la bouchée à la reine, il ressemble à un morceau de caoutchouc.

On n’oublie pas les Omelettes Norvégiennes que mes yeux d’enfant regardaient avec émerveillement quand on les flambait avant de servir.

Et quand on fait dans le régressif, on peut ressortir tous les plats désuets en ayant l’impression d’être dans le vent.

C’est magique !

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 18:06

On vient enfin d’entrer dans une période de vrai beau temps durable (au moins une semaine). C’est un soulagement pour tout le monde. On recharge notre petite usine interne à bonne humeur.

Dans les vignes, les trombes d’eau des 18 juin et suivant ont entrainé des tâches de mildiou dans tous les vignobles. Heureusement, les journées chaudes que nous connaissons depuis le milieu de la semaine dernière, sonnent comme un répit bienvenu.

C’est marrant comme en quelques jours, on peut passer du pessimisme à l’optimisme (et inversement).
Depuis la sorties des tâches en début de semaine dernière, la vigne a fabriqué une quantité incroyable de nouvelles feuilles ce qui dilue les spots de mildiou dans la végétation. Rien ne disparait mais c’est moins voyant et donc plus rassurant.


En cette année riche en pluie, c’est l’herbe qu’il faut gérer avec le plus d’attention. Chez nous, on ne cherche pas à obtenir par le labour le même effet qu’un désherbage chimique « lunaire ». On accepte la présence d’herbe jusqu’au moment où sa présence nuit à la vigne dans son expression qualitative.
Avec des sols souvent humides et des conditions de passages délicates pour les traitements, les vignes à 1 mètre n’avaient pas vraiment été griffées depuis plus d’un mois. L’herbe y était donc présente mais sans excès.
Il était cependant temps de la contenir par un griffage. Ce fut le travail de Jean-Michel avec son enjambeur. On dit qu’un griffage vaut 2 arrosages, mais on pourrait dire qu’un griffage fait dans de bonnes conditions vaut au moins deux sinon trois labours faits dans de mauvaises conditions ou faits partiellement.

Brasser la terre sous le soleil constitue la meilleure façon de faire mourir les mauvaises herbes.

Lever le sol par des outils superficiels pour aller vite et surtout si le sol est un peu humide constitue la meilleure façon d’entretenir les herbes dans la vigne ; ce qui multiplie les passages et donc le coût final.

Donc, chez nous, quand on griffe ou qu’on laboure, on ne le fait pas à moitié et donc on y passe très peu souvent. Et c’est aussi avec des appareils simples et rustiques ; les seuls qui ne coûtent rien à l’entretien.


Pour moi, c’est tonte dans les rangs enherbés des vignes à 2 mètres. Evidemment, il s’agit d’herbe naturelle et pas semée. Mais, les contraintes de passage imposent de garder un rang sur deux partiellement labouré afin de pouvoir passer traiter même si c’est humide. Dans nos sols très argileux, la moindre pluie rend les sols très très collants.

Ce rang, de passage est tondu une à deux fois par an. Mais par rapport à l’autre rang, intégralement labouré, selon la stratégie précédemment énoncée, le rang enherbé est beaucoup plus difficile à entretenir sous le rang de vigne.

Je commence à utiliser le nouveau tracteur acheté l’an dernier. Pour le moment, je ne pouvais pas m’en servir car il a un système de sécurité qui bipe quand il n’y a personne sur le siège. Le problème est qu’il est prévu pour recevoir les gros, voire très gros mais pas les minces comme moi. Et donc, il ne me sent pas quand je suis assise sur le siège. Donc, il bipe en permanence !

Avant, les sécurités étaient électriques. On s’en affranchissait en les débranchant, tout simplement. Maintenant, avec l’électronique, c’est très différent et les concepteurs ont redoublé d’ingéniosité pour anticiper toute tentative destinée à leurrer la carte électronique.

Jean-Michel a donc contourné provisoirement la difficulté avec une rotule d’attelage, puis une plaque en métal et enfin un coussin posés sur le siège. La rotule appuie sur le détecteur en amplifiant mon poids. La plaque protège mes fesses et le coussin rend le système plus confortable.

Le concessionnaire doit apporter une solution car le tracteur est prévu pour des gens allant de 40 à 120 kg. Au-delà de 120 kg, on ne doit plus pouvoir entrer dans la cabine…

Je pèse un peu plus de 40 kg mais l’appareil ne me détecte pas quand même !

Mais, enfin je peux quand même travailler dans un tracteur fermé et climatisé, ce qui est appréciable en ce moment.

Voilà j’ai parlé de n’importe quoi et je reviens à mon sujet de départ, le temps qui est très chaud et donc très agréable surtout si on a un tracteur climatisé et pas de bip dans les oreilles…

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 18:14

Il y a quelques semaines, je vous parlais ici-même d’une conférence à laquelle j’avais assisté sur la compréhension du climat en fonction des étoiles et des planètes du système solaire. La chose parait limpide tout en étant complexe. Depuis, nous avons rajouté une activité à notre vie de vignerons, c’est le suivi quotidien voire horaire des planètes dans leur déplacement constant.

C’est à la fois une vision nouvelle et un approfondissement de l’approche biodynamique qui utilise l’influence du cosmos dans l’agriculture.


Mais, les choses n’arrivent jamais par hasard ni n’importe quand. Alors que je viens d’être sensibilisée à l’influence palpable des étoiles du ciel dans notre temps quotidien, j’ai appuyé par hasard (encore lui) sur une touche de la télécommande de la télé dans la semaine dernière, en recherche d’un programme en deuxième partie de soirée.
C’était une émission d’Arte intitulée « Le secret des nuages ». Il s’agissait de la théorie d’un chercheur danois appelé Henrik Svensmark et qui a mis en avant le rôle des ondes cosmiques sur la formation des nuages. Pour cela, il s’est fait aider par d’autres chercheurs, tous spécialistes dans leur secteur.
Ainsi, il a pu corréler l’évolution de la température sur Terre avec l’intensité des rayonnements cosmiques et de l’activité solaire.

Cette thèse met à mal le réchauffement climatique « politique » basé sur les gaz à effet de serre.

Les théories de Svensmark ont été reçues très froidement par les « spécialistes » du climat. Souvent, c’est même sans être écoutées que ces théories sont repoussées. Trop différentes, pas assez dans la ligne idéologique actuelle.

Quand on remet la position de notre Terre actuelle à son échelle c’est-à-dire un point dans le système solaire qui est lui-même un point dans un tout encore plus grand et quand on envisage l’évolution de cette Terre sur plusieurs milliards d’années, on peut penser que les choses sont plus complexes que ce que l’on veut bien imaginer.

Je ne suis pas capable de dire s’il a raison ou tort. Mais, c’est toujours la même chose, les « scientifiques » ont une chose fondamentale qui leur manque : la curiosité.
Sans curiosité, on ne progresse pas. Nombreux sont ceux qui passeront leur vie à commenter l’évolution du climat sans penser une seconde à évaluer une autre cause que celle qu’ils ont en tête ou qu’on leur a mis en tête (pour moins d’effort).
C’est là aussi qu’on rejoint notre expérience en biodynamie.

Nombreux sont les « chercheurs » qui n’arriveront jamais à se dire que l’efficacité de la biodynamie pourrait éventuellement être une réalité.

Ils s’arrêtent avant et ne bougent pas d’un pouce.


Cela me fait penser qu’il y a une satisfaction évidente de beaucoup de gens pour rester sur un terrain connu, sans jamais chercher à regarder autour. C’est rassurant pour eux.

Mais de mon point de vue, c’est affligeant et intellectuellement pauvre.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:20

Durant toute la saison, la nature nous offre les plantes qui sont utilisées en tisane dans le vignoble pour diverses applications.

Il suffit de se baisser et de les récolter. C’est gratuit et très efficace !

En début de printemps, il y avait les fleurs de pissenlit. C’est une plante qui pousse dans les endroits riches ; j’en avais parlé en son temps. Il y en a toujours un peu dans le pré autour de la maison. C’est largement assez pour nos besoins.

La fleur de pissenlit possède une caractéristique incroyable. Elle continue son cycle même après avoir été coupée. Evidemment, elle va faner mais elle va créer sa graine quoi qu’il advienne. C’est un peu comme si elle souhaitait accomplir son chemin de vie même au-delà de la mort. Cela nous en dit beaucoup sur le « caractère » de cette plante impressionnante et devrait nous inviter à un peu plus d’humilité face à des plantes aussi communes que le pissenlit !

Ensuite, il y a eu la matricaire-camomille. Autre plante, autres lieux et autres fonctions pour la vigne.

J’en ai toujours en réserve mais chez nous ce n’est pas la fleur la plus importante.

Plus récemment, c’est l’achillée millefeuille qui s’est mise à fleurir. C’est une plante là aussi incroyable. Elle est dédiée à sa fleur qui semble être son but ultime.

Une fois que la fleur est là, c’est presque fini pour elle. Des graines vont bien être formées mais tout cela se fait sur le squelette presque intact de la fleur ; seule la couleur change pour passer au marron à la place du blanc. C’est comme s’il n’y avait pas de lendemain après la floraison.

L’achillée a sûrement été la fleur de l’année pour le vigneron. C’est elle qui a aidé la vigne avant la fleur au moment des conditions climatiques particulièrement défavorables que l’on vient de connaitre.


J’en avais de l’an dernier ; sèche dans une caisse. Cela m’a permis d’en faire des tisanes avant même que la plante commence à fleurir dans les champs. Puis j’en ai récolté là encore pour les tisanes.
Enfin, j’en ai mis en réserve pour l’an prochain, si les conditions l’imposent.


Il y a quelques jours, c’est du cyprès qui a été récolté. Dans la symbolique, il n’est pas destiné à être utilisé maintenant car on est encore trop tôt en saison. Il a un lien avec l’identité. L’identité peut se concevoir sous deux angles. D’une part, l’identité qu’exprime un cépage cultivé à un endroit donné. C’est un peu l’effet terroir.

D’autre part, il y a l’identité qui, plus profondément va permettre à la vigne de s’affirmer et de rester forte face aux épreuves de son existence. Je veux parler des « maladies » graves par exemple comme les maladies du bois.

Le cyprès sera utilisé dans quelques mois, après les vendanges ou dans l’hiver au moment où la vigne sera en repli sur elle-même.


Nous utilisons bien d’autres plantes en fonction des besoins. Cela se fait aussi selon l’avancée de notre connaissance et de notre réflexion.

Et sur ce plan-là, nous ne savons encore que peu de choses.

Et comme toujours, le plus terrible c’est que l’on savait avant et qu’on ne sait plus maintenant. On sait aller sur la lune, mais on ne sait plus utiliser les fleurs qui poussent sous nos fenêtres !

Récolte des plantes
Récolte des plantes
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 17:55

La série noire ou plus exactement humide continue.

Evidemment, il y a bien pire ailleurs et la télé nous le rappelle plusieurs fois par jour.

Mais quand même, le temps constamment pluvieux que nous avons eu jusqu’à présent, pèse sur le moral et donne au vigneron l’impression d’être un équilibriste pris entre les traitements qu’il faut placer au bon moment, la pousse chaotique, la fleur qui s’est déroulée sous la pluie, l’herbe sous les rangs qui adore la pluie,…

Mais dans la semaine dernière, de grosses précipitations ont empêché tout nouveau traitement alors que l’application précédente était déjà lessivée.

Dans ces cas-là, il faut quand même compter sur la chance ou au moins faire confiance à sa vigne.

Les sols étaient tellement détrempés qu’il était illusoire de lancer le moindre engin, même à chenilles.

Certes on aurait pu passer mais à quel prix pour la vigne et le matériel. D’autant plus qu’elle est dans un état sanitaire parfait jusqu’à présent.

Les phases de la lune notamment avaient permis de savoir depuis longtemps que la semaine dernière serait perturbée. On s’y était préparé et on avait aussi préparé la vigne à ces conditions difficiles.

Mais on ne sait jamais la totalité des choses. Un jour peut-être on connaitra le secret du temps…

Pour le moment, il nous reste les flaques d’eau dans les rangs. Remarquez, c’est joli aussi…

Un petit air de Mousson
Un petit air de Mousson
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 15:43

Le salon Vinexpo 2013 s’apprête à fermer ses portes. Les nombreuses dégustations « off » organisées çà et là vont aussi tirer le rideau.

Les vignerons qui y ont présenté leurs vins vont rentrer dans leurs terres sûrement après des fortunes diverses. Quel peut être l’impact de telles dégustations situées en marge du grand salon ?

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

C’est aussi vrai pour tous ceux qui étaient dans « vrai » salon après avoir payé leur place à prix d’or.

Pour ma part, la démarche était toute autre. J’ai passé « mon » Vinexpo « in », c’est à dire chez moi dans mon petit domaine, entourée de mes vignes et pour y recevoir mes clients qui sont souvent devenus mes amis de longue date.

Il est évident que le temps n’a pas été le plus approprié pour vendre aux visiteurs ce qui fait la supériorité de notre démarche, c’est-à-dire l’authenticité de notre relation avec les vignes, le respect du terroir,…Mais tout le monde était dans les mêmes conditions avec pluie, pluie et encore pluie.

Mais on a pu quand même se promener dans les allées humides de mes vignes.

On aura surtout beaucoup parlé autour d’une bouteille de vin du domaine ou d’un repas traditionnel pour accompagner nos vins.

En quelques jours, ma consommation de salive a augmenté de façon exponentielle !

De ces moments simples et sincères, il reste de bons souvenirs avec des gens attachants.

Les ventes ? C’est secondaire ! Elles interviennent quoi qu’il arrive comme une évidence pour l’un ou pour l’autre.

Et quand on se rencontre, on n’en parle même plus et c’est très bien ainsi !


Donc, pour moi, un Vinexpo comme je les aime, c’est-à-dire au milieu de mes vignes, loin du tumulte, du bling-bling qui n’a de lien avec le vin que dans les relations pécuniaires que cette boisson engendre.

Une vraie vie de vigneronne…

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 15:22

Tout vigneron qui se respecte adore montrer « ses » fleurs de vigne car elles sont la promesse de la récolte à venir.

Je ne vais donc pas déroger à cette règle !

Elles symbolisent un virage de la saison. La vigne arrête de n’être que dans la production de feuilles et elle s’intéresse à sa reproduction. Elle quitte l’adolescence pour entrer dans l’âge de l’amour ; prémisse de l’âge adulte.

C’est aussi une des premières opportunités pour la vigne d’exprimer le terroir sur lequel elle se développe.

L’intensité et la qualité aromatiques sont étroitement liées au terroir. D’une certaine façon meilleur est le terroir, plus intense et plus fines sont les senteurs de la fleur de vigne.

Evidemment, chaque cépage joue un peu sa partition à sa manière et un Merlot ou un Cabernet Franc plantés au même endroit n’auront pas la même odeur.

Pour nous, lorsque nous avons appris à connaitre notre vignoble, ce lien entre l’odeur de la fleur de vigne et le terroir a été un outil majeur et puissant de progrès.

Sans fosse pédologique et juste avec un nez, on a pu affiner, parfois au pied près, la segmentation de nos différents micro-terroirs.

C’est gratuit et redoutablement efficace.

Heureusement, on ne redécouvre pas une vérité nouvelle tous les ans et nous explorons de nouvelles voies plus subtiles pour mieux comprendre la vigne et les terroirs.

Mais nous utilisons toujours cette connaissance acquise au moment de la fleur.

Pourtant, il nous reste encore tant de choses aussi simples que celle-là pour être plus performants dans notre travail de tous les jours !

Le temps des fleurs
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 09:45

Hier, je recevais sur le domaine mon importateur au Brésil. Nous travaillons ensemble depuis maintenant quelques années mais nous n’avions jamais eu l’occasion de nous rencontrer.

C’est donc chose faite. Et en plus sous un magnifique soleil ; ce qui cette année s’apparente à un luxe bien agréable.

Chacun a pu tout d’abord mettre un visage sur son interlocuteur et découvrir qui est l’autre, sa vie, sa famille,…

C’était donc une visite viticole et humaine à la fois. Champ des Treilles était la colonne vertébrale de la rencontre mais le Brésil a lui aussi était très souvent évoqué.

On a même parlé de l’effet que cela fait de savoir que son vin part dans des contrées aussi lointaines et exotiques. Effectivement, en préparant les étiquettes ou en filmant la palette, je pense toujours aux bouteilles qui vont se retrouver à l’autre bout du monde dans un environnement totalement différent de chez nous.

Je repense aussi à la petitesse de notre chez nous en faisant dans ma tête un zoom arrière sur la carte du monde. Notre petit village devient un point insignifiant et surtout très loin de la destination finale des bouteilles.

Bref, encore une fois une bien belle rencontre !

Champ des Treilles à l’heure brésilienne
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:02

Les médias viennent de relayer l’information selon laquelle une partie de la cave de l’Elysée vient d’être vendue aux enchères.

Question d’éthique ! Pensez-donc, on ne peut pas faire déguster de grands vins dans de grands millésimes aux chefs d’états et autres hautes personnalités étrangères qui sont les invités de la présidence.

La vente aurait rapporté 300000€. Une grosse somme pour le commun des mortels mais un grain de sable dans les 2000 milliards de dette de l’état ; dette qui monterait même à 5000 milliards selon d’autres calculs.

S’il y a une activité qui n’est pas délocalisable c’est bien la viticulture. Le monde entier nous envie nos vins. Mais le premier des français en a honte.

On savait déjà que notre président n’aime pas les riches et il le montre un peu plus chaque jour. Mais on sait maintenant qu’il n’aime pas les vins chers.

Il est donc question de rediriger la cave de l’Elysée vers des vins plus modestes. Exit les Petrus 90 !

Imaginez donc un chef d’état étranger à qui on servirait un Champ des Treilles après lui avoir suggéré qu’un Haut-Brion est trop cher pour lui !

Mon domaine est trop récent pour avoir produit du 92, du 77 ou du 74 mais je pense qu’il doit encore en exister çà et là. Et leur propriétaire serait ravi d’en faire profiter l’Elysée à bon prix…


Pour les sorties officielles, on aurait le choix suivant les destinations entre la DS noire, la Micheline à siège en bois et la Caravelle qui a fait les beaux jours d’Air-Inter dans les années 60. Trop dispendieux les TGV et autres Airbus.

En cherchant encore, on pourrait trouver du 68 pour bien marquer la révolution anticapitaliste. Pour le symbole on peut aussi servir du 1936. C’est plus difficile à dénicher mais cerise sur le gâteau c’est un millésime de faible qualité.

Donc vieux, démodé et fané. Parfait pour promouvoir l’image de la France !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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