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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 15:11

Ayant reçu les étiquettes pour les vins récemment mis en bouteilles, nous avons pu habiller la première bouteille du blanc sec, Vin Passion avec sa nouvelle parure « vin biologique ».

 

 

vp.jpg

Pour l’occasion, l’étiquette a été légèrement modifiée en la rendant plus petite. C’est peut-être l’expression visible de notre volonté de revenir à l’essentiel ; c’est-à-dire le vin.

 

La nouvelle expression est beaucoup plus simple et moins alambiquée que l’ancienne, mais elle ne change pas grand-chose pour nous. C’est juste la symbolique de l’évènement que j’ai voulu immortaliser par une photo.

 

Sinon, par la suite, le fait d’avoir les étiquettes nous oblige à conditionner ces bouteilles pour les livrer à leurs destinataires.

Fait appréciable pour nous, en moins de 2 semaines  après la mise en bouteilles, l’intégralité du Grand-Vin rouge a été retenue.

Après le Petit-Champ rouge, me voilà donc également en rupture pour le Grand-Vin.

Il me reste encore une petite partie du Vin Passion disponible ; mais là aussi la grosse partie du stock a déjà trouvé une destination.

 

La semaine dernière, j’ai été sollicitée par un guide pour fournir des échantillons du millésime 2010. Quand j’ai dit que je n’en avais plus à la vente, voire plus du tout, la personne a eu l’air étonnée. Par fidélité avec ces gens-là qui ont cru en nous il y a de nombreuses années, je vais quand même présenter les rouges 2011.

 

Pour en revenir au vin bio, il bénéficie aussi du nouveau logo européen avec une feuille stylisée par des étoiles. Le problème, c’est que peu de personnes savent de quoi il s’agit. Pour le moment, j’ai donc préféré faire cohabiter le logo AB et le logo européen. Ce sera plus clair pour les consommateurs.


Puis, quand tout le monde connaitra le nouveau visuel des produits bio, le vieux logo AB s’effacera.

 

On peut quand même se demander si le lien entre le logo et l’agriculture biologique sera évident pour le consommateur de base. Une feuille avec des étoiles va pouvoir entrer en concurrence avec un arbre de couleur verte, une coccinelle en balade sur une feuille de vigne, une abeille dans une fleur d’orchidée,… c’est-à-dire plein de choses qui  n’ont pas grand-chose à voir avec le bio, souvent même bien au contraire.

 

Et si tout cela était fait exprès, pour perdre un peu plus le consommateur et lui faire avaler des produits non-bio en lui faisant penser que c’est bio ?

 

Nos décideurs et leurs conseils ne sont pas aussi machiavéliques. Quoi que…

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 13:25

Comme d’autres, j’ai écouté le discours du Président Hollande lors de sa visite au salon de l’agriculture.

Tout ce qu’il a pu proposer ou promettre c’était de maintenir ou augmenter les aides au secteur.

 

Dans ce sens, gauche ou droite, il reste dans la grande tradition qui prévaut depuis quelques décennies, c’est-à-dire de faire vivre les agriculteurs d’aides ou subventions et pas de leur travail.

 

Ce n’est plus le bon sens agronomique qui détermine les rotations des cultures mais un logiciel qui oriente les choix en fonction des aides plus ou moins élevées d’un an sur l’autre pour telle ou telle production ! De la grande stratégie…

 

Je ne jette pas la pierre aux politiques car les agriculteurs et surtout leurs représentants s’accommodent fort bien de cette situation. On ne vit  plus de son travail mais des aides distribuées pour qu’on reste calme. Quand les aides font mine de diminuer, on va manifester avec des arguments de poids comme des fumiers ou du lisier pour obtenir gain de cause et pérenniser ainsi le système.

 

La viticulture n’est pas en reste car en fonction des moments, on donne de l’argent pour changer les densités de plantation, pour changer les cépages et s’adapter à une demande plus ou moins éphémère, pour équiper les chais, prendre un matériel de culture plus performant,…

Et on ne se demande jamais si on ne pourrait pas faire en sorte que l’activité viticole puisse être rentable seule sans aide.

On maintient des productions dont plus personne ne veut en faisant croire à leur créateur que c’est la faute à plein de choses sauf eux-mêmes, leurs idées et leur modèle viticole.

 

Ainsi va l’agriculture, ainsi va notre société en fin de cycle qui a perdu ses valeurs, ses repères et ses espérances.

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 13:42

Actuellement, nous apercevons le printemps qui arrive. Avec lui, il doit aussi y avoir les traitements qui vont recommencer, les labours à effectuer,…

Pour que les choses se déroulent le mieux possible, Jean-Michel a entrepris de faire ce que les spécialistes appellent de la maintenance préventive. C’est-à-dire qu’il démonte et répare toutes les pièces usées, les roulements qui montrent des signes de faiblesse,…C’est du temps à passer mais ainsi on peut penser que les tracas, s’ils viennent durant la saison, ne viendront pas de là.

Parfois, certaines pièces sont tellement endommagées qu’on se demande comment cela pouvait marcher !

 

Avec la mise en bouteilles qui vient d’être faite et les étiquettes qui ont été livrées, nous allons entamer une longue série de conditionnement et d’expéditions de Vin Passion et de Grand Vin rouge.

Là aussi, si on veut que l’étiqueteuse fonctionne parfaitement, il convient de l’entretenir, de la nettoyer, de vérifier les pièces en mouvement,…

Il n’y a rien de plus désagréable que d’être bloqué pour une petite pièce insignifiante qui a lâché ou d’avoir des étiquettes mal collées en série et qu’il faut décoller à la main ! Ceux qui ont déjà fait ce travail me comprendront…

L’humidité de l’air, la température,(…) modifient le fonctionnement de la machine. Parfois, elle fonctionne mal et il suffit de changer le rouleau d’étiquettes pour que le travail reprenne sans heurt.

Et quelques jours après, en reprenant le rouleau récalcitrant, tout fonctionne à merveille. Etrange…

 

La mise en bouteilles est à peine terminée, mais il faut déjà que je commence à regarder mes stocks de près car la demande est très forte et je ne tiens pas à vendre plusieurs fois les bouteilles.

La machine à étiqueter devra donc être en bonne forme dans les semaines à venir…

 

La technique, c’est surtout pour Jean-Michel. Moi, c’est le nettoyage. Nettoyage de l’étiqueteuse justement, nettoyage des locaux de stockage et aussi nettoyage du cuvier.

Maintenant que pratiquement toutes les cuves sont vides, c’est le bon moment pour les nettoyer complètement ; dedans et dehors. Il y a aussi les passerelles, les tuyaux, les toiles d’araignée au plafond,…

Personne au monde n’aura autant frotté dans sa vie que moi. Parfois, j’en arrive à me demander si ce besoin de nettoyer n’est pas une façon d’expier une faute commise par un lointain ancêtre !

Si c’est le cas, la faute devait être lourde car mon besoin de nettoyer est sans fin.

 

Plus je nettoie, plus la saleté revient ! C’est sans fin…

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:45

Pour la deuxième fois en deux ans, Pontet-Canet vient d’obtenir la note ultime de 100 sur 100 avec Robert Parker pour un vin en bouteilles. L’an dernier, c’était pour le 2009 et cette année pour le 2010.

 

C’est à la fois historique et aussi totalement logique. C’est la juste récompense d’années de travail et d’intelligence de la part de Jean-Michel ; au service de ce beau domaine viticole.

 

Comme souvent dans de tels moments, il a accueilli la nouvelle avec stoïcisme. Peut-être parce qu’il met aussi en balance de ce succès, le don de soi qu’il fait au quotidien pour faire briller le domaine.

 

Cette modération, qui peut paraitre surprenante fait aussi partie de son caractère. Dans la symbolique que nous utilisons, il est solaire. C’est-à-dire qu’il trace sa route sans se soucier des joies et des peines du moment. Il y a une force intérieure qui le guide. D’ailleurs, de son métier, il en parle avec une implication  quasi-mystique.

 

Je suis particulièrement fière de mon mari. Il y a presque 15 ans, nous avons découvert la biodynamie comme une voie logique et évidente pour notre avenir de vignerons. Cela fait bientôt 10 ans, qu’il  l’a proposée pour l’avenir de Pontet-Canet. Dans ce milieu des grands crus, il était le seul à y croire. Je pourrais dire, seul contre tous. L’apprentissage fut long et parfois douloureux mais c’est lui qui avait raison.

 

Dans ce chemin commun de la biodynamie que nous parcourrons ensemble, nous avons appris toute la puissance de cette technique qui est bien plus qu’une technique.

Ce qui me surprend, c’est que 10 ans après, il ne faille encore que 2 ou 3 doigts pour compter les grands domaines en biodynamie à Bordeaux.

 

Bravo en tous cas à Pontet-Canet !

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:00

Cela fait maintenant un mois que ma fille est partie pour presque 6 mois en Californie, plus exactement à Napa, la ville mythique du vin américain.

Elle y est dans le cadre d’un stage ; pas dans une « winery » mais dans entreprise française qui travaille pour le secteur du vin.

 

Elle avait décidé de partir et elle est partie.

Ce ne fut pas aussi simple et évident que cela. Diverses péripéties ont fait qu’elle n’avait encore rien aux environs de Noël ; pour un stage qui devait commencer au début janvier !

Elle savait qu’elle allait partir. Pourtant, Jean-Michel et moi commencions à envisager un plan B sur Bordeaux.

Elle a eu raison d’y croire car elle a une bonne étoile au-dessus de sa tête. Et le 31 décembre au soir, vers 21heures, en plein réveillon de la Saint-Sylvestre, elle a reçu un mail de Californie lui proposant un stage. Il faut dire que là-bas, c’était encore la pleine journée car il y a 9 heures de décalage horaire.

 

Le tuyau était bon et le temps qu’elle puisse obtenir son visa pour rester légalement sur le territoire américain, elle a commencé son stage dans les usines françaises de cette entreprise. Pratiquement sans aucun retard !

 

Elle est donc partie avec sa valise. Là-bas, elle goûte avec délectation à la vie américaine dans cette ville si attachante qu’est Napa.


Heureusement, il y a maintenant les communications téléphoniques gratuites avec l’image. L’impression d’éloignement est bien moindre. Parfois, on peut même croire qu’elle est à Bordeaux, à l’école et qu’on la verra le week-end suivant.


Son père a eu une expérience similaire dans les années 80. A l’époque, c’était encore avec des lettres qu’il nous fallait communiquer. C’était 1 semaine pour que la lettre arrive et une semaine pour la réponse. Les temps ont bien changé !

La question qu’on peut se poser est de savoir s’il est possible de revenir après une demi-année dans un pays où les gens sont gentils et où il fait toujours beau ?

C’est le temps qui dira.

A 20 ans, c’est aussi une rencontre à un endroit ou à un autre qui peut changer beaucoup de choses…

 

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Corinne Comme - dans Divers
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 18:27

Je viens de mettre en bouteilles, le Vin Passion 2012 et le Grand Vin rouge 2011.

Depuis quelques jours, c’était à la fois la course et le stress.

La course car il fallait tout organiser ; c’est-à-dire commander les matières sèches, surveiller le suivi des préparations, vérifier leur date de livraison,… Il ne faut pas oublier qu’il a fallu filtrer le blanc dans la semaine dernière. N’ayant pas trois fois le volume de cuverie nécessaire, j’avais préparé un programme de transfert de vin pour ne pas avoir à le repomper inutilement.

Le stress, c’est parce que quand on dépend des autres, on ajoute une incertitude supplémentaire. Je n’oublie pas non plus qu’il y a deux ans, au cours de la même opération de filtration, le vin blanc avait été contaminé par le filtre. Donc, quand je sais que cette machine doit venir, j’ai toujours une boule à l’estomac…

Mais stress aussi car j’ai toujours peur d’avoir fait une erreur, qu’il se passe des choses imprévues (et en général négatives).

L’an dernier, la mise en bouteilles avait été différée pour cause de neige. Cette année, le suspense a été maintenu jusqu’au dernier moment car lundi matin, jour de mise en bouteilles, il neigeait au lever du jour. Certes pas assez pour perturber le chantier, mais en ouvrant les volets, je ne savais pas ce qui se passait ailleurs, ni comment les choses allaient évoluer.

C’est donc avec un soulagement palpable que j’ai aperçu la silhouette du camion de mise en bouteilles. Etant là, ils allaient bien se mettre en chantier. Ensuite, allaient-ils pouvoir repartir ? Ce n’était plus mon problème…

Heureusement pour eux et pour moi, tout s’est bien passé. Les bouteilles sont sagement à leur place en attente d’être reprises pour les étiqueter.

Mes estimations de bouchons et bouteilles étaient bons. J’avais suffisamment de casiers métalliques vides pour les recevoir. Il faut dire que le bâtiment de stockage était presque vide. Le seul vin présent, le Petit-Champ 2011 est déjà pratiquement tout parti. Il ne reste qu’une poignée de casiers qui sont déjà retenus. Il y a encore peu d’années, il fallait calculer au plus juste les besoins en casiers vides et parfois même appeler un client pour lui demander gentiment de retirer une palette, histoire de vider un casier pour compléter nos stocks de casiers vides.

Une année, j’en ai même emprunté à un voisin car je n’avais pas ce qu’il fallait, ni l’argent pour en acheter…

Heureusement, les choses ont bien changé.

Les deux vins, tout juste mis en bouteilles, sont déjà en grande partie retenus par mes clients.

Là aussi, quelle satisfaction et quelle tranquillité d’esprit !

 

Mais maintenant, il reste à recevoir les étiquettes et conditionner le tout.

 

Du travail en perspective pour tous nos week-ends de cette fin d’hiver et du printemps ; sans oublier l’été…jusqu’à la prochaine mise en bouteilles de l’automne !

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:22

Une nouvelle étude vient de sortir au sujet des pesticides.

Elle a été reprise par bon nombre de revues et de télés.

Que dit l’étude ? On retrouve des pesticides sur les cheveux des salariés viticoles et des riverains des vignobles. C’est à la fois simple et imparable car le gras du cheveu attire les molécules organiques.

 

De même, les délais de réentrée dans les parcelles pour les salariés ne sont qu’une poudre aux yeux. Comment peut-on imaginer qu’une vigne traitée il y a deux jours ou même une semaine ne possède plus de produit sur les feuilles au point de les laisser être touchées par des salariés. Surtout quand on parle de produits actifs pendant 14 jours !...

 

On nous dira qu’il faut prendre des gants. La belle affaire car en été, même si les gens ont des gants, ce qui reste encore à prouver, ils sont aussi en général bras nus. Et souvent aussi, ils sont tête nue. Tous les ans, je repense aux milliers d’étudiants qui effeuillent ou coupent des raisins dans les domaines viticoles, en général sans gant et parfois dans la même parcelle que le tracteur qui traite.

Ils ne sont là que pour deux ou trois semaines et on ne les reverra plus. Donc, pourquoi s’embêter ?

 

Mais le mal est bien pire car l’odeur de ses produits se sent à des dizaines voire des centaines de mètres de l’endroit où ils ont été pulvérisés. Si on sent le produit, c’est qu’on ingère aussi la molécule.

Je parle en connaissance de cause, moi qui ai été contaminée il y a quelques années par les produits de voisins tout simplement parce que j’habite à côté de vignes traitées avec des pesticides.

Rappelons-nous de l’étude montrant que dans Paris, on capte les molécules de pesticides employés dans les plaines céréalières avec la même succession de produits que dans les champs.


Les délais pour revenir dans la parcelle, les Ecophyto pour diminuer les pesticides, les procédures,(…) tout est dans le saupoudrage car la seule voie acceptable serait l’abandon de ces produits qui n’ont rendu qu’un service de façade à la viticulture.

On vante leur efficacité mais on oublie de signaler qu’en même temps on foule au pied toutes les règles de base de la viticulture et de l’agronomie en général.

On a créé un bateau sans gouvernail et on fait exploser tous les rochers qui s’approchent de la coque, histoire de protéger la coque.

Malheureusement, il arrive que certains récifs soient plus gros ou coriaces que prévu et que la coque se perce malgré tout.

Le plus grave, c’est que plus on progresse, plus la taille des rochers à pulvériser grossit. Au stade actuel, on en est rendu à faire face à un continent entier et on se demande comment on va bien pouvoir le faire exploser.

Il est évident que de temps à autre, il y a des gens sur le rocher ou à côté. Victimes collatérales. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Dommage pour moi mais c’est la règle de la guerre totale !

Comme on refuse de voir qu’en manipulant l’armement, certains y perde aussi la vie. Là non-plus, pas de statistique…

 

Le plus terrible c’est que le capitaine du bateau refuse l’idée que leur gouvernail est cassé. Il s’appuie sur des expertises de son interprofession qui le conforte dans son point de vue.

Quand ils voient un bateau dont le gouvernail fonctionne, ils tentent de le ralentir ou même de le couler.

Leurs idées, ils les ont trouvées dans des écoles de marins où on apprend à naviguer sans gouvernail mais avec une soute à munition bien fournie.

Pour les idées nouvelles ou les nouvelles armes anti récifs, il y a toujours les fabricants de ces armes Leurs réunions sont toujours appréciées des marins sans gouvernail. Les viennoiseries y sont toujours très bonnes et du jour.

Et pur beurre en plus !! 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 20:44

Dans la région, cela n’aura échappé à personne, il règne depuis quelques jours une ambiance de printemps.

L’atmosphère a changé. Dès que le soleil apparait, on se sent au printemps. Pourtant, la semaine précédente, ce n’était pas le cas. On revit en pensant que l’hiver est derrière nous.

Ici, la taille est terminée et c’est tant mieux car il y a un temps pour tout et dès que le printemps s’annonce, j’ai l’impression que ce n’est plus l’heure.


Les premières fleurs de l’année montrent que le printemps est presque là.


Depuis quelques jours, il n’est pas rare de voir des oies sauvages repasser au-dessus de nos têtes en direction du Nord. C’est un signe qui ne trompe pas !

 

Les abeilles commencent à reprendre leur balai incessant en quête de pollen. Il y a tout juste une semaine, on devait coller l’oreille contre la ruche pour savoir si elles étaient encore vivantes après autant de semaines de pluie. Et maintenant, elles vont et viennent. Certes, ce n’est pas encore la grosse activité, mais dès qu’on voit une abeille, la bonne humeur revient !

 

Bref, on revit !!

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 20:45

Je viens d’avoir mon contrôle Ecocert. Si j’en parle une fois de plus, c’est que celui-ci est un peu spécial. Grâce à lui, mes vins de la récolte 2012 sont désormais bio et plus « issus de raisins… ».

C’est un changement significatif qui rendra les choses plus logiques car personne ne parlait jamais de « vin issus de raisins de l’agriculture biologique ». Tout le monde assumait l’abus de langage en parlant de vin bio.

La loi s’est donc remise à la page.

 

Pour être sincère, ma vie ne va pas basculer avec cette nouvelle réglementation. La logique qui est la nôtre dans le vignoble trouve sa continuité dans le chai et donc rien n’a vraiment changé par rapport à un contrôle des années précédentes.

La liste des intrants que j’utilise est particulièrement réduite ; à faire pleurer les fabricants de produits…

J’avais entendu des choses terribles sur ces nouveaux contrôles. Une fois de plus, ils font frémir ce qui ont des choses à cacher et ceux qui ne savent pas quel vin est dans quelle cuve ; et oui, il parait que ça existe et que c’est même assez fréquent.

 

Il reste maintenant à faire évoluer les étiquettes pour y intégrer le nouveau logo européen en prenant soin de les faire valider par l’organisme certificateur.

 

Sinon, le contrôle a été aussi comme à chaque fois, l’occasion de faire un tour des vignes sous le soleil ; ce qui n’est pas pour déplaire après des mois de pluie.

 

Tout est plus beau sous le soleil !

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 09:17

Une fois de plus l’actualité nous montre à quel point notre système actuel ne tourne pas rond ; alors qu’il aurait tous les moyens d’être parfait ou presque.

On vient de découvrir que les lasagnes au bœuf auraient très bien pu être achetées dans une boucherie chevaline.

Et encore, quand on parle de viande de cheval, c’est peut-être aller un peu vite en besogne car la viande dont on nous parle, c’est du « minerai de cheval », c’est-à-dire un mélange de lambeaux de chair, de collagène, de cartilage et d’os !

 

Ayant eu l’occasion de travailler dans le milieu de la viande industrielle, ce n-ième scandale ne m’étonne pas vraiment.

Pour le moment, on n’a pas encore décelé de risque majeur pour la santé, donc on est loin des viandes rénovées comme il y a quelques années ou autres pratiques toutes aussi tordues.


Ce nouveau cas montre que la traçabilité souvent vantée n’est valable que si les gens qui la font vivre sont honnêtes et ont envie de bien faire.  C’est la même chose pour toutes les procédures qui prolifèrent sous l’impulsion des « qualiticiens ».

Cependant bêtise ou cupidité, voire les deux réunies, ont vite fait de contourner la traçabilité et mettre à mal toutes les procédures.

J’ai vu des steaks hachés tout bleu revenir périmés et repartir dans le circuit avec de la viande fraiche. Le tout mélangé semblait bien suffisant pour les responsables de l’usine.

 

Une autre réflexion concerne la rentabilité des circuits de la viande avec des étapes et des intermédiaires partout en Europe. Si on considère le coût de transport en camion frigo, on finit par se poser la question de l’intérêt de tout cela.
Surtout que la France ne sait pas utiliser les bas-morceaux de ses vaches. Il y aurait une destination facilement utilisable pour de la viande.

Durant mes études, j’ai travaillé sur la valorisation de lambeaux de chair accrochés aux os. Après récupération, il fallait les mélanger à de la gélatine pour en refaire des dès de viande ; de fausse viande si on veut être exact. Le but était de constituer la viande dans des blanquettes ou les bourguignons !

A l’époque, j’étais très contente et motivée pour faire aboutir l’étude. Je le suis moins maintenant.

Vu le nombre d’étapes et de produits, je me demande toujours comment cela pouvait être rentable et jusqu’à quelle point on pouvait aller dans la technologie agroalimentaire. Là aussi, il aurait tout simplement fallu négocier les bas-morceaux auprès des grossistes pour avoir à bon prix de la vraie viande, directement utilisable sans adjuvant.

Je ne serais pas étonnée d’apprendre que tous les bas-morceaux sans destination en France finissent en farine dans des immenses congélateurs avant destruction et aussi avec subvention de l’union européenne.

 

Comme toujours, les pouvoirs publics tombent des nues et découvrent qu’il peut y avoir des malversations. Pourtant les services vétérinaires existent et sont supposés faire leur travail. Pour ma part, je n’ai jamais vu un vétérinaire venir vérifier un frigo. Ils passaient bien pour leurs prélèvements mais c’était plus vers les rôtis, entrecôtes et autres tournedos qu’ils concentraient leur attention…

Et comme les politiques sont toujours dans l’émotion, ils viennent de demander des tests ADN en grand nombre. On va trouver quelques coupables en essayant de ne pas fermer les usines qui sont des employeurs de main d’œuvre.

Puis, le système va s’endormir de nouveau.

Pour les gens honnêtes, les règles et contraintes vont devenir encore plus lourdes. Les fraudeurs auront vite fait de trouver la parade et pourront continuer de prospérer.

Jusqu’au prochain scandale…

 

Justement, dernière info du jour. Les farines animales vont être de nouveau autorisées pour nourrir les poissons. Prochaine étape, le poisson psychopathe…

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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