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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 14:15

Dans ce monde perturbé et instable, il n’est pas interdit d’espérer. Aussi, je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année qui commence.

 

Cela fait plusieurs années que j’ai commencé ce fil avec vous. C’est la magie de cet outil fabuleux qu’est Internet. Pourtant, nous commençons tout juste à intégrer dans nos vies ces nouvelles technologies qui ont déjà pas mal rebattu les cartes des relations commerciales et même humaines.

Pourtant, les grands changements sont encore devant nous et l’évolution de leur vitesse d’apparition semble exponentielle. De quoi donner le tournis !

 

C’est la preuve que, tout en étant capable du pire, l’homme est aussi capable du meilleur.

 

Que 2013 vous soit douce et heureuse ! 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:30

En cette période de calme avant les fêtes de fin d’année, c’est un moment propice pour réfléchir sur soi-même.

Tous autant que nous sommes, qui nous sommes, quel est notre vrai « Moi » intérieur ?

 

Dans cette quête, il est un livre qui revient toujours à mon esprit. C’est « L’Etranger » de Camus. Je l’ai lu et relu des dizaines de fois et il reste sûrement mon livre préféré entre tous.

 

Je suis fan de longue date de Stephen King et j’ai lu presque tous ses livres ; certains en français, d’autres en anglais, parfois même dans les deux langues. J’adore sa façon d’écrire et les sujets qu’il évoque à travers ces romans.

 

Mais L’Etranger possède une dimension supplémentaire ; quelque chose qui me touche au plus profond de mon être.

Sûrement parce que je suis aussi un peu étrangère dans ma mon cœur.

 

Evidemment, il y a la façade la plus simple, celle du lieu de l’histoire, Oran, qui est mon lieu de naissance et que je n’ai jamais vue. Ce déracinement me pèse de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe. On dit que les plaies mettent du temps à se refermer. C’est vrai pour celles de surface.

 

Cependant, les plaies plus internes, plus intimes ne se referment jamais vraiment. Et dans notre vision symbolique de la vie, quand on vieillit et qu’on laisse progressivement de côté le superflu, qu’on se débarrasse de la surface, du superficiel, pour ne conserver que l’essentiel, les plaies enfouies ressortent telles de vieilles fondations qui revoient le jour quand on enlève la terre qui les recouvrait depuis des siècles ou des millénaires.

 

Mais avant tout, il y a surtout le caractère du personnage qui est une sorte de handicapé des sentiments. Et parfois, je suis moi aussi comme lui ; avec toute la difficulté que cela génère dans les relations à l’autre. L’effort qu’il faut accomplir pour dire à quelqu’un qu’on l’aime. L’impossibilité d’exprimer ses peines ou ses frustrations.

 

Heureusement,  j’ai eu la chance de rencontrer le meilleur des maris. Son caractère solaire (toujours dans notre symbolique) et la verticalité que cela lui procure, en fait une vraie colonne vertébrale pour l’Etrangère que je suis.

Je ne suis pas la seule accrochée à lui car il doit aussi porter une grande partie de Pontet-Canet.

Parfois, il doit avoir les épaules un peu retombantes avec tous ces fardeaux à porter !

 

Le personnage de Camus n’a pas eu cette chance. C’est aussi pour cela qu’il reste un proche dans mon âme, depuis longtemps et de toute évidence, pour longtemps encore…

 

Etrangère, certes mais je me soigne !

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 18:59

J’ai épuisé le Vin Passion 2011 depuis bien longtemps. Maintenant, il nous reste à attendre que le 2012 ait fini son élevage et soit mis en bouteilles. Ce sera pour la fin de l’hiver.

 

Dimanche dernier, un voisin et très bon client est venu acheter quelques bouteilles. Lecteur régulier de ce blog, il se reconnaitra…

 

Il voulait, entre autres, 6 bouteilles de Vin Passion. Je lui ai répondu qu’il n’y en avait plus. Mais voulant le contenter malgré tout, Jean-Michel s’est souvenu d’une caisse incomplète non partie pour les Etats Unis. Vérification faite, il restait 7 bouteilles.

Le client a donc souhaité les prendre toutes.

 

Et là, nous lui avons demandé la faveur de nous en laisser une.

 

Accord conclu, il en a pris finalement 6. Changement de capsules pour revêtir la CRD légale et les bouteilles sont parties.

Ce client, « écolo » au bon sens du terme vient toujours avec des caisses de vin vides dans lesquelles il transporte nos bouteilles jusque chez lui. Un carton a donc plusieurs vies. C’est une chose simple et tellement logique.

Le recyclage des emballages, c’est moins pire que rien mais comme toujours, le mieux est quand même de ne pas produire l’emballage.

Mais c’est un autre débat qui mériterait des heures pour en faire le tour, tellement il y a à dire, ou à redire sur les politiques appliquées.

 

Pour en revenir à notre sujet, il nous reste donc une bouteille de Vin Passion 2011. La dernière !

 

On va essayer d’en faire bon usage ; sûrement pendant les fêtes.

Je n’oublie pas non plus que si la caisse est restée là et n’a pas traversé l’atlantique, c’est que 2 bouteilles avaient été cassées durant le conditionnement.

Et comme les comptes étaient justes à la bouteille près, la dernière caisse ne comptait donc que 10 bouteilles et est restée là.

 

J’espère donc que cette toute dernière bouteille ne connaitra pas le même sort que ses deux collègues. Et on va tout faire pour faire mentir le vieux précepte qui dit « jamais deux sans trois… »

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:44

Depuis quelques années, il est devenu un proche, presque un ami. Pour faire plus moderne, on l’appelle aussi Warming ou même Warmmy quand on veut faire plus américain.

 

Grâce à lui, combien de réunions ont été faites, combien de pages ont été écrites, combien d’avions ont décollé pour des conférences sur le sujet, combien de nuits d’hôtel pour des conférenciers ont été vendues ? Bref, il fait tourner le monde moderne occidental.

 

Par contre, il nous obligera peut-être à livrer nos vins dans l’avenir avec un âne pour éviter de trop faire monter notre bilan carbone.

On se met à comptabiliser les pets des vaches dont la nuisance est dramatique.

 

Heureusement, il est à géométrie variable car il exclut les billets d’avion pour aller se faire bronzer à Bora-Bora ou pour aller voir un match de foot dans un stade climatisé au Katar. Idem pour les courses de Formule 1 sur tous les circuits du monde.

 

A travers mes propos, ne pensez pas que je nie l’impact des activités humaines sur la planète, ni même l’idée d’un réchauffement de la planète.

Je ne serai pas en vigneronne en biodynamie si je pensais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais la façon dont les « spécialistes » parlent du réchauffement climatique a quelque chose d’étrange.

Les spécialistes de la météo ne savent pas prédire l’arrivée des tsunamis avant quelques secondes après leur déclenchement. Et là, ils nous font des simulations à 50 ans de distance avec des cartes très précises.

 

Vrai, pas vrai ? qui sait. En tous cas, pas moi.

Ce que je peux penser, c’est que comme toujours les choses sont bien plus complexes que la façon dont on nous les présente.

 

Mais si je vous parle du réchauffement aujourd’hui, c’est tout simplement parce que le 5 février prochain, il en sera question lors des journées techniques du CIVB au Palais des Congrès à Bordeaux.

 

Et oui, les vins de Bordeaux n’ont plus aucun problème à régler et maintenant,  ils ont décidé de s’attaquer aux conséquences du réchauffement climatique.


Il faut donc se préparer aux changements probables du climat en adaptant nos modes de culture et éventuellement en plantant de nouveaux cépages et des nouveaux porte-greffes.

Le changement climatique, a cela de bien, qu’il dédouane tout le monde de ses propres incompétences et de ses propres responsabilités.

Comme tout le monde est un peu responsable, personne ne l’est vraiment. Donc, c’est bien pratique.

 

Ceux, qui balancent des tonnes de pesticides et autres désherbants, mettent la main sur le cœur en se félicitant de lutter contre le réchauffement climatique car ils font moins de passages de tracteur durant l’année. De ce fait, ils oublient qu’ils stérilisent les sols, et même les gens.

 

Et puis, on évite ainsi de remettre en question ses propres choix culturaux. Les hauteurs de  palissage ont augmenté de 20, 30 ou 50% en quelques années pour une production qui a baissé parfois significativement. Les effeuillages, les levures sélectionnées, les adjuvants divers et variés,…Tout concourt à faire monter les degrés dans les vins.

Mais, tout cela, c’est trop terre à terre. Pas assez dans la prospective.


Et donc, le 5 février prochain, on va passer des heures à refaire la viticulture bordelaise à la sauce réchauffement climatique. On va se demander quel cépage on pourrait choisir en 2050, quel porte-greffe, quelles nouvelles levures résistantes aux forts degrés...

On va remettre sur la table la sacro-sainte irrigation dont tant de vignerons rêvent plus ou moins en secret.

Le réchauffement climatique sera un bon alibi pour l’imposer sans rougir au nom de la qualité !

 

On va même faire venir un universitaire espagnol qui s’y connait en chaleur dans les rangs de vignes.

 

On va parler, on va parler, on va parler,…

 

Une fois de plus, c’est le vendeur de viennoiserie qui va être content.

Dans ce monde de conférenciers qui est le nôtre, c’est sûrement dans le secteur de la viennoiserie qu’il faut se diriger si on veut assurer son avenir et celui de ses enfants.

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 14:34

Dimanche dernier, alors que nous étions, pour changer en mise en caisses, mon téléphone a sonné. C’était Catherine Maisonneuve qui passait près de chez nous avec un ami grand connaisseur. Ils se proposaient de nous rendre une petite visite.

 

Catherine est bien connue dans le petit monde des vins français. Elle s’occupe du Domaine Cosse-Maisonneuve à Cahors.

J’en avais parlé récemment ici même. Nous avons fait un voyage commun en Belgique. Nous nous connaissions depuis longtemps mais après quelques jours passés ensemble, nous nous sommes trouvés énormément de points en commun, à commencer par des racines dans la terre rouge d’Algérie et les déchirures qui vont avec.

Notre approche de la viticulture est très comparable. Peut-être est-ce aussi le fait d’être des filles avec la sensibilité qui nous est propre et qui nous fait voir et ressentir les choses différemment des hommes.

 

Je me suis rendue compte que nous dégustions de la même façon et que nos goûts étaient eux-aussi très proches.

Catherine est devenue une personne qui compte vraiment pour moi.

 

Notre travail de conditionnement a donc été interrompu au profit d’une petite visite des installations puis une dégustation.

Il nous restait dans une caisse quelques bouteilles de Vin Passion 2011. Il était parfait, dans son terroir et son millésime.

Puis, nous avons dégusté un Petit-Champ 2010. Là aussi, c’est une bouteille oubliée car il n’y en a plus depuis longtemps à la vente.

Je n’avais pas une malheureuse bouteille de Grand-Vin. Ayant été très sollicité, le dernier client servi m’a demandé tout ce qui me restait et la dernière caisse n’était même pas complète. Du coup, je n’ai rien conservé pour nous.

Le prochain millésime étant encore en élevage, il était difficile de le servir, surtout avec la température actuelle dans les chais.

 

Puis, d’un sujet de conversation à l’autre, l’heure se prêtait à un déjeuner improvisé. Je ne postulerai jamais à Top-Chef…

Je remercie l’inventeur des conserves stérilisées et les lamproies qui se sont sacrifiées pour aller finir en morceaux dans un bocal entourées de poireaux et de sauce au vin rouge !

On a fait le repas avec des 2009.

Tout d’abord, la cuvée Les Sens du Champ des Treilles, assemblage improbable de 50% de Merlot et 50% de Petit-Verdot.

Catherine avait amené son vin sûrement le plus connu, Les Laquais. C’est vraiment un très beau vin qui donne toute la mesure de ce que peut produire Cahors quand il est mis dans des mains de grands vignerons.

Enfin, Jean-Michel, ne voulant pas être en reste a ouvert un Pontet-Canet du même millésime ; un vin dont la réputation n’est plus à faire…

 

A la fin d’un bon repas entre amis, je n’oublie jamais le nécessaire Cognac. Evidemment, chez nous c’est un Cognac Tesseron… Ce jour-là, un lot 29 ; ce qui se fait de plus abouti selon moi en matière de Cognac.

 

Durant ce repas, on a eu  dans le même millésime, 3 vins, 3 styles, 3 histoires mais toujours beaucoup de passion partagée dans des moments vrais et purs.

La même pureté qu’on souhaite donner à nos vins…

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:48

Après la fin des fermentations malolactiques, voici venu le temps des soutirages des cuves de rouge 2012.

Jusqu’alors, le vin était très chargé en sédiments. Là, une partie d’entre eux s’est déposée au fond de la cuve.

soutirage1.jpg

 

Ces lies, qu’il faut enlever  sont destinées à rejoindre une distillerie. Au titre de la production de vin, les viticulteurs doivent à l’Etat une quantité d’alcool pur en proportion de leur production. Donc, tous les sous-produits de la vinification (lies et marcs) sont récupérés par un distillateur pour en extraire l’alcool et participent ainsi au paiement de cet impôt en nature.

 

Après le vidage total de la cuve, c’est le moment du nettoyage. A cette époque de l’année, l’intérieur des cuves est très sale. Les dépôts de tartre se mélangent à la lie. Il faut donc passer beaucoup de temps à nettoyer.

 

Heureusement, nous disposons maintenant de nettoyeurs à haute pression pour décoller ce qui refuse de s’en aller au jet d’eau tout simple.

 soutirage2.jpg

soutirage-3.jpgQuand les gens imaginent de l’extérieur la vinification et l’élevage des vins, ils n’estiment pas du tout que l’essentiel du temps de travail concerne uniquement le nettoyage.

Pour vider ou remplir une cuve, c’est finalement rapide et simple. En une heure dans le pire des cas, la chose est entendue.

Pour le nettoyage, entre le moment où la cuve est vidée et celui où elle peut à nouveau resservir, il faut largement compter une heure et plus vraisemblablement deux heures.

Pendant ce temps, il aura fallu laver, brosser, gratter,… Bref, se transformer en parfaite petite Cendrillon de la vinification.

Je ne sais pas si j’aurai un jour la chaussure de Cendrillon car pour le moment c’est plus généralement les bottes que je dois enfiler !

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:46

Sauf erreur de ma part, il me reste encore deux saisons, soit jusqu’au 1er octobre 2014, avant l’obligation d’avoir obtenu le Certiphyto, c’est-à-dire le certificat pour utiliser des produits de traitement.

Même quand on est en bio et qu’on n’utilise que des tisanes, du soufre et du cuivre à un dixième ou un vingtième de la  dose homologuée, on a l’obligation d’obtenir ce certificat.

Pour cela, il faut suivre une formation dans laquelle on va nous indiquer tous les risques d’utiliser des pesticides que nous n’utilisons pas chez nous et comment éviter de trop polluer la nature et les gens en les appliquant alors qu’on ne les applique pas chez nous !

Un vrai permis de polluer pour ne pas dire pire !

 

On ne se pose pas la bonne question de l’opportunité ou non d’utiliser de tels produits de mort.

Grâce à Certiphyto, on valide un peu plus le fait que de telles substances sont nécessaires à notre survie.

 

On va donc nous refaire le coup de la nécessité de nourrir la planète, nécessité qui passe évidemment par l’utilisation, massive si possible de pesticides. L’OGM n’est pas loin, c’est l’étape suivante.

 

Nourrir la planète. Sujet intéressant quand il s’agit de l’agriculture, car on laisse sous silence que la solution est beaucoup moins alimentaire que démographique. J’ai quelques compétences dans le domaine de l’alimentation et je trouve pitoyable de penser nourrir les pays pauvres avec des produits agricoles que ces populations ne savent pas digérer car ils ne font pas partie de leur alimentation traditionnelle.

 

Par contre, tant qu’on est sur le terrain de l’alimentation, on peut penser  que la viticulture n’y a pas sa place.  S’il y a bien un produit issu de l’agriculture qui ne mérite pas de suivre cette logique, si toutefois on peut parler de logique, c’est bien le vin.

Il n’est absolument pas nécessaire à l’alimentation des populations. Donc, à ce compte-là la viticulture sans pesticide devrait être la règle.

 

Pourtant ce n’est pas le cas et les efforts sont massifs pour éloigner la viticulture de solutions vraiment propres. Les firmes phytosanitaires ont beau jeu car c’est toute l’agriculture qui leur déroule le tapis rouge et qui leur supprime les obstacles.

 

On peut aussi rajouter que l’ombre de l’amiante plane au-dessus du dossier des pesticides.

Après avoir laissé des générations de personnes manipuler sans précaution ce matériau mortel, les protagonistes de l’affaire, politiques et industriels ont reçu un coup de boomerang en se retrouvant devant le juge parfois plusieurs dizaines d’années après les faits.

Avec le Certiphyto, les politiques et les industriels renvoient la responsabilité sur les utilisateurs, qui ayant été prévenus des risques ne peuvent se retourner vers personne ; comme ce fut le cas avec l’amiante ; au grand détriment des gens de pouvoir.

Est-il juste de valider l’utilisation de produits potentiellement cancérigènes, perturbateurs endocriniens, mutagènes, perturbateurs des grossesses,(…) ?

Je réponds non. Le pesticide est une mauvaise réponse à un problème bien souvent généré par des mauvaises pratiques. Et il y a bien d’autres méthodes pour travailler efficacement sans lui. Mes vins et des centaines ou milliers d’autres en sont les exemples évidents.

 

Et bien, moi je refuse de passer le Certiphyto !

 

J’assume mon choix et si un contrôle se présente, je ne prétexterai pas la mauvaise information ou la négligence. Je ne ferai pas non plus semblant d’être absente.

Si je dois avoir une amende ou de la prison, je m’acquitterai de mon dû, puis j’arrêterai mon activité et je partirai ailleurs.


J’en ai assez de courber l’échine face à des règlementations dans lesquelles je ne me reconnais pas.

Tous les vignerons bio devraient refuser d’appliquer des règles qui ne sont pas faites pour eux et en ayant comme seul tort le fait qu’ils ont d’autres idées que les apparatchiks de l’agriculture.

 

Notre prospérité actuelle se paie en hypothéquant la Terre et ses ressources au détriment de nos enfants. Le Certiphyto c’est la carte de crédit révolving environnementale, sans plafond de retrait et sans pénalité de dépassement.

 

Ça dure un temps, mais après…

 

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:21

A force de rencontrer des gens, je me suis rendue compte que peu de dégustateurs savent reconnaitre la profondeur dans les vins.

Vous pouvez me demander ce qu’est, selon moi, la profondeur.

C’est la densité qu'a le vin, c’est-à-dire une sorte de chair qui n’a rien à voir avec la puissance tannique et encore moins avec un quelconque élevage sur lies.

Cette profondeur, finalement peu de vins la possèdent pourtant elle est une des caractéristiques des grands vins.

 

Beaucoup de gens confondent l’alcool et la profondeur. C’est du reste sur cette ambiguïté que beaucoup de vins sont devenus célèbres ; à commencer par ceux du nouveau monde.

Une fois que l’attaque généreuse, provoquée par un degré alcoolique « confortable » ou parfois même du sucre résiduel, est passée, il n’y a plus rien. Du creux et c’est à peu près tout ; si on laisse de côté un boisé plus ou moins disgracieux.

 

La densité représente la verticalité dans le vin. Avec elle, le vin prend une dimension supplémentaire, au sens propre comme au figuré. On n’est plus uniquement dans deux dimensions, l’intensité et la persistance d’une sensation. On y ajoute un troisième axe qui est cette profondeur qui ne peut venir que de la terre qui a fait naitre les raisins.

 

Le vin va alors transcender la compacité de la terre en une architecture tactile, merveilleuse et délicate.

Cette profondeur va permettre de relier la terre au ciel à travers le vin.

 

Ce n’est que grâce à ce troisième axe, la verticalité, la profondeur que pourra naitre l’émotion dans un vin.

On ne trouvera pas d’émotion dans les vins obèses ou bodybuildés.

 

Et l’émotion, c’est ce qui va permettre à un vin de devenir grand.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:51

Comme tous les deux ans, j’ai fait un tour rapide de Vinitech, grand salon viti-vinicole mondial.

 

Chaque fois, je me demande ce que j’ai à y faire, n’ayant rien de précis à acheter. Mais j’y vais quand même ; histoire de voir.

Une évidence : je me sens de plus en plus étrangère à cette viticulture qui ressemble toujours un peu plus à une industrie lourde avec des machines de plus en plus grosses, des barriques de plus en plus high-tech, voire même des copeaux de chêne intelligents.

Mais pour quoi faire ??

 

Plus le temps passe, plus la viticulture du bas s’enlise au point de disparaitre. Les machines perfectionnées et puissantes ne sont qu’un leurre dans les réponses à donner.


Quant à la viticulture du haut, on peut mesurer à quel point elle se trompe en basant ses espoirs de progression sur des technologies de pointe qui l’entrainent à l’opposé de la réalité du vivant, du subtil, du fin ; les seuls qui comptent quand on parle de grands vins, d’émotion.

 

Heureusement, au hasard d’un stand, on trouve quelques perles qui font sourire. En écho aux trophées d’or et d’argent de l’innovation, on pourrait créer la débilité d’or.

A ce jeu, les candidats sont nombreux. Je n’en citerai que quelques-uns.

 

La bonde à barriques qui indique le niveau de liquide. On a oublié que le vin ce n’est pas de l’eau et que la présence constante d’ondes dans la barrique ce n’est pas le meilleur pour exprimer un terroir.

Mais à quoi bon le terroir ? L’important, c’est le niveau qui arrive automatiquement sur un ordinateur ou un smartphone !

 

La barrique en inox aperçue sur un stand. Aucune qualité de la barrique mais tous les défauts à commencer par le nettoyage ; sans parler du prix.

 

Les cuves pendues au plafond qui nécessitent une échelle de 3 mètres pour aller prendre un échantillon ou un verre de vin. Sûrement issues d’une volonté farouche de faire parler de soi, elles soulignent avant tout les performances du génie civil dans les calculs de contraintes mécaniques.

 

Mais j’y pense. Pourquoi ne pas rebondir sur ces idées géniales en créant un chai avec des barriques pendues au plafond ?

Il est sûr qu’avec des bondes collées à plusieurs mètres de haut, il vaut mieux avoir la bonde automatique.


A méditer. Il reste encore deux ans jusqu’à la prochaine édition…

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 11:29

J’ai eu cette semaine une nouvelle expertise concernant les malfaçons des bâtiments construits en 2003 ! Depuis cette époque, je suis en litige et en expertises.

 

La fois précédente, ce devait être la dernière. Et puis, il y en a eu une nouvelle, pour la route comme on dit.

Chaque fois qu’on se rencontre, il y a l’arbitre, l’expert du tribunal. D’un côté, on trouve tous les artisans concernés et leurs avocats soit une dizaine de personnes. De l’autre, il y a moi, toute seule et toute menue.

 

Je ne m’y ferai jamais et c’est usant. Depuis le début, je dois justifier et rejustifier l’évidence, contester et recontester des arguments d’une parfaite et claire mauvaise foi.

Il faut se replonger dans les factures et la comptabilité d’il y a presque 10 ans, se souvenir de petits détails qu’il faut maintenant justifier,…

En verrais-je la fin ? Je ne le sais pas et je finis par en douter.

 

Et ce n’est pas tout ! J’ai toujours un autre contentieux au tribunal avec l’assureur du prestataire qui a souillé mon vin blanc 2010. J’ai reçu ce mois-ci le chèque de dédommagement du vin que j’ai dû envoyer à la distillerie. Presque deux ans pour se faire payer la valeur du vin « liquide ».

 

Maintenant, je dois continuer de me battre au tribunal pour faire reconnaitre la réalité d’un préjudice commercial.

Toute personne normalement constituée comprend très bien que mon domaine a subi un vrai cataclysme en perdant l’intégralité de la production de vin blanc d’un millésime.

 

Certains clients sont partis et pas revenus car fâchés ou contentés par ailleurs. D’autres sont restés grâce à des efforts que j’ai dû consentir.

Je ne pourrai jamais évaluer ceux qui ne sont pas venus car attirés par une gamme complète qui n’existait plus ; momentanément certes, mais qui n’existait plus dans leur esprit.

 

Dans ce monde du zapping permanent, pas de place pour les explications et la compassion.

 

Elle est loin la poésie de la vigneronne qui caresse ses raisins dorés ou qui regarde avec bonheur le soc retourner une terre généreuse et chargée de vie.

La vérité est souvent dans des batailles avec les fournisseurs, les assureurs, les mauvais payeurs, les administrations,…

 

C’est pénible, très pénible, extrêmement pénible ! 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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