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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:48

C’est un titre à voie variable et chacun aura le loisir de le compléter à sa guise.

En cette période de vendange  humide, l’inspection du travail vient de rappeler aux vignerons girondins que la loi s’appliquait à tous et que l’on ne pouvait pas dépasser 6 jours de travail consécutifs pour les salariés.

La citadelle que l’on croyait imprenable est tombée. La récolte du raisin n’est plus sacrée. On lui a substitué la « pseudo » sécurité des salariés.

Vous me direz que je ne dois penser qu’à moi en disant cela. Et bien non car pour des questions financières, je ne vendange jamais le week-end et mon salarié permanent ne fait en général jamais d’heures supplémentaires.

C’est moi qui assume l’intégralité du travail dominical ; sinon mon entreprise fait faillite.

La tolérance qui voulait que pendant les vendanges on laisse de côté les 6 jours maximum de travail a été brutalement supprimée, en pleine vendange ; sans même que les vignerons n’aient pu s’y préparer.

Une forme de mépris supplémentaire…

Celui qui a pris cette décision tout seul dans un bureau n’a jamais dû voir une entreprise privée de près. Il doit même ne connaitre le monde du travail qu’à travers des stages dans des administrations.

Il ne doit pas savoir que le raisin doit être récolté parfois très vite sous peine de le perdre.
Il ne doit pas savoir non plus qu’un moût en fermentation ne s’arrête pas pour le week-end comme lui.

Et pour la grande majorité des domaines employant de la main d’œuvre en viticulture, les vendanges et la vinification nécessitent tous les moyens humains disponibles sur place ; c'est-à-dire des gens formés qu’il est difficile de remplacer pour le 7ème jour.

En écoutant les gens, on apprend que la mort dans l’âme, beaucoup de domaines se sont pliés à ce nouvel excès de zèle, jonglant ainsi avec les emplois du temps du personnel et n’améliorant pas forcément la sécurité.

Il est beaucoup moins risqué de remonter d’Espagne en Go-Fast à 200 à l’heure chargé de cannabis que de faire travailler le dimanche, des vendangeurs volontaires dans un rang de vigne !

Particulièrement dans cette année humide, les équipes de vendangeurs ont dû s’arrêter en laissant la pourriture gagner. Des gens ont été mis à l’arrêt pendant une journée,…à simplement une journée de la fin des vendanges. Ubuesque !

J’avais déjà fait part de ma consternation en voyant que dans notre société en fin de cycle, les producteurs de prunes roulaient avec les tracteurs sur les prunes tombées au sol parce que mûre pour aller récolter en faisant tomber à la machine des prunes pas mûres. Trop cher de payer des gens pour ramasser à la main les bonnes prunes au sol.

 Maintenant, il faut laisser pourrir la vendange pour respecter une loi qui n’a jamais protégé personne.

Comment expliquer à un vendangeur espagnol de 20 ans qui vient pour travailler, d’un pays comptant 25% de chômeurs qu’il doit s’arrêter car ici, pays de 10% de chômeurs et 2000 milliards de dette, on doit laisser le travail de l’année pourrir sur pied car comme dans l’ancien testament, le 7èmejour est chômé ?

Le produit sacré pour nous qu’est le vin est bafoué alors qu’il représente un rare îlot de prospérité de notre balance commerciale dans un océan de misère.

Les principaux intéressés, les salariés se sentent eux aussi trompés. Ceux qui, au lieu de rester au chômage, font l’effort de venir faire les vendanges sont loin d’être concernés par l’imposition à 75% du candidat Hollande. Ils comptaient sur des heures supplémentaires pour arrondir, par le travail, leur modeste revenu.

On leur répond, rentrez chez vous, reposez-vous ! Il leur reste des vendanges sans heure supplémentaire. Sans oublier le travail au noir qui va continuer de prospérer.

Encore une fois, le fossé se creuse entre les conditions des salariés et celle des exploitants agricoles. Même chose pour les artisans, commerçants,…

Comme souvent, c’est l’exploitant qui va combler par son travail le manque généré.

Lui travaille pour son vin qui va lui permettre de payer son personnel, ses factures, ses impôts et s’il reste un peu d’argent de faire vivre sa famille. Il a donc obligation d’assurer le résultat.

On se demande aussi pourquoi la machine à vendanger continue de progresser…

Pour l’exploitant, pas de limite dans le nombre d’heures travaillées.  Les éleveurs laitiers travaillent 7 jours sur 7 et même pour la plupart 365 jours par an.

Aucun inspecteur du travail ne pense à eux. C’est normal ils ne sont pas salariés !

En disant cela, il me revient à l’esprit l’histoire d’un ébéniste de mon entourage. Il représentait la nième génération d’ébénistes de notre petite ville. Il y a quelques années, il employait deux salariés et son entreprise marchait bien. Durant un mois d’août, il avait à construire une cuisine pour un client. Les deux salariés étant en congé, il a fait lui-même le travail et a livré la cuisine. Le montant de la facture a tout juste servi à payer les salaires et les charges sociales. Il s’est acquitté de ces deux dépenses puis a arrêté son activité et a donc licencié ses employés.

Depuis, il fait des brocantes et vit ainsi.

Une entreprise et deux salariés victimes collatérales d’une société décadente qui s’autodétruit.

Je vous laisse donc le soin de compléter le titre de ce post.

On parlait du redressement productif. On a très vite vu qu’il avait souvent un aspect punitif.

Maintenant, en étant obligé de laisser pourrir son raisin pour des raisons « sociales », on est assez proche de l’effondrement punitif.

 

Celui dont on ne se remet pas !

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:35

Notre première cuve de Merlot entre dans sa quatrième semaine de macération.

Les fermentations se déroulent dans la douceur et l’harmonie, sans précipitation…ni patinage.

C’est exactement ce que je recherche ; des extractions douces lors d’une fermentation lente mais active.

Ainsi, on peut prendre le temps d’adapter le rythme d’extraction avec le plus de précision possible en fonction du stade fermentaire, de l’origine et surtout de la dégustation quotidienne, voire bi, tri ou quadri-quotidienne.

Seules les levures indigènes permettent d’atteindre cette façon de travailler, qu’on peut aussi appeler harmonie ou équilibre, c’est un peu comme on veut.

On laisse tout simplement les levures qui sont arrivées avec le raisin, faire le travail que l’on attend d’elles en pensant que celles qui sont les plus adaptées au moût se développeront au détriment d’autres souches.

Dans ce processus qui fonctionne très bien tout seul, je n’ai aucun intérêt à intervenir que ce soit pour diriger ou tout simplement observer ce qui s’y passe. Je fais confiance à mes levures et à mes raisins en sachant que s’il doit y avoir une complexité supplémentaire avec un type de levure (et une philosophie de travail) ce sera sûrement du côté des levures indigènes qu’il faudra la chercher.

Nous travaillons ainsi depuis toujours ou presque. Sans sectarisme mais avec la simple volonté de laisser le terroir s’exprimer au travers d’un raisin provenant d’un cépage.

Mais pour être totalement harmonieuse (et efficace), cette « façon de faire » doit s’inscrire dans une logique plus large intégrant bien évidemment la vigne dans toute sa dimension ; du type de sol à la relation que nous tenons à avoir avec chacun des ceps qui la compose.

Nous sommes avec elle tels des parents mais  nous n’avons pas vocation à la martyriser, à la contrôler ou à décider pour elle.

Son identité et l’expression de celle-ci doivent constituer la colonne vertébrale de notre action.

Un terroir incompris, un cep non respecté voire humilié sont les premières étapes dramatiques qui souvent se poursuivent dans le chai par une surenchère de techniques de technologies. A la fin, il ne reste du vin que la boisson alcoolisée et acide.

Pour faire bon poids, on y rajoute l’odeur du chêne en pensant qu’une cerise moisie sur un gâteau raté pourra faire bien et illusion.

Le vin avec un grand « V », qu’il soit d’origine "noble" ou moins "noble" doit amener une dimension supplémentaire qui est l’émotion.

C’est ce que je recherche dans mes vins et que je tente d’exprimer par toutes les attentions, que je manifeste tout au long du cycle allant du sol au vin fini.

Cette émotion, je suis convaincue qu’elle vient aussi par la vigneronne qui donne tout ce qu’elle a dans le cœur pour que le résultat soit là, c'est-à-dire qu’une personne ait un moment « spécial » en versant un peu de ce vin dans un verre.

 

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 10:34

En fin de semaine, nous avons fêté la fin des vendanges par le repas traditionnel. Ici, on l’appelle la Gerbebaude. Mais il doit y avoir autant de noms différents que de vignobles en France.

 

Les vendangeurs en parlent durant toute la récolte et l’attendent même d’une année sur l’autre. Il faut dire que nombre d’entre eux vient et revient depuis longtemps. Certains affichent 11 vendanges au compteur, c'est-à-dire depuis que nous avons repris les vendanges à  la main après une courte période où nous faisions venir la machine à vendanger, pour des questions financières, d’enfants petits et de « départ dans la vie de vignerons ».

table2.JPG

Je ne suis pas une grande fêtarde mais je leur dois ce moment de convivialité et de partage.
Ce n’est pas vraiment une fête avec musique et bandas mais un déjeuner qui s’éternise toute une après-midi.

J’aime ces moments de convivialité sans fard. Des instants vrais d’échange entre personnes qui ne se voient souvent que durant mes vendanges, une fois par an.

Le repas fut simple et bon : salade périgourdine avec gésiers et foie gras, grillade de bœuf accompagnée de gratin de courgettes … et des incontournables frites (que je me sens obligée de mettre), fromages et enfin crêpes faites par moi.

table3.JPG

Bien évidemment, ce sont les vins de la maison qui ont accompagné ces plats.

Après un verre, les gens finissent par se confier et font part de leurs états d’âme sur plein de sujets : la politique, les gens qu’ils n’aiment pas, les liaisons adultères dans leur entourage,…

table-1.JPG

Tout y passe !

A la fin du repas, on s’est promis de se retrouver à la même place l’an prochain.

Comme tous les ans !...

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:36

Alors que les vendanges sont maintenant terminées, j’ai tout le temps à consacrer à mes cuves (...entre deux préparation d'expédition).

Celles de blanc ont fini leur fermentation ou sont en bonne voie.

C’est un moment particulier puisqu’il n’y a plus le sucre pour donner la rondeur au vin. Le vin vrai, sans fard !

Les arômes fermentaires sont bien concurrencés par le fruit du raisin.

Dans la dégustation d’un tel vin nouveau, il faut faire la part des choses entre les sensations qui vont passer, telle la vivacité due au gaz carbonique et celles qui vont rester, comme par exemple l’acidité du raisin. Pour les arômes, c’est pareil, il faut en quelques sortes, faire le tri entre le provisoire et le durable.


Durant ma déjà longue expérience de vigneronne, j’ai souvent rencontré des gens qui disaient et aussi pensaient qu’ils savaient déguster des vins jeunes, voire très jeunes. Pourtant, rares sont les non-professionnels, même amateurs avertis, qui savent évaluer au moins dans les grandes lignes, le potentiel d’un vin jeune.

Pour les rouges, il faut ajouter une donnée supplémentaire et fondamentale : la structure tannique.

Chaque jour, voire plusieurs fois par jour, je déguste mes cuves pour évaluer leur évolution et adapter les extractions. Chez moi, cela revient surtout à diminuer toujours plus les extractions pour ne pratiquement plus faire que des macérations.

Les couleurs sont sombres. remontage.jpg

Pour le moment, tout se passe bien.

Les vins de Merlot sont denses et harmonieux à la fois.

Pour les autres cépages, on n’en est qu’au début mais les couleurs sont là aussi au rendez-vous donc c’est la confiance qui m'anime.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 16:32

C’est fait, on vient de finir ce matin les vendanges 2012.

On a termine avec le Petit-Verdot par cette fraiche matinée d’octobre qui engourdissait un peu les doigts.

Ainsi, le groupe de froid n’aura pas besoin de tourner pour refroidir la vendange. Toujours ça d’économisé !

Enfin et déjà fini pourrais-je dire.

Comme toujours, sensations bizarres. Mais cette année fut un peu différente car la météo a demandé d’avoir à la fois des nerfs d’acier et une confiance très forte dans les parcelles.


Les choix furent-ils justes ou pas ? Qu’aurait-on pu faire différemment ou à un autre moment ?

Autant de questions qui resteront sans réponse aussi longtemps qu’on n’aura qu’une seule vie nous empêchant ainsi de revivre deux fois les mêmes évènements.

Je pense néanmoins avoir fait pour l’essentiel ce qu’il convenait de faire.

Pendant mes phases de doute, Jean-Michel me rappelait toujours de prendre mes décisions en conscience et pas dans l’émotion du moment. Etat d’esprit inspiré de notre culture biodynamique.

 

 L’équipe de vendangeurs a été parfaite. Même dans les moments les plus difficiles dans nos sols collants, ils n’ont pas failli.

 equipe2012-copie-1.JPG

C’est un noyau soudé que je retrouverai avec plaisir l’an prochain. Mais, on n’y est pas encore…

 

Pour l’instant, il me reste à terminer les vinifications de ce millésime, là aussi en prenant les bonnes décisions…en conscience !

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 14:17

Depuis quelques jours, nous vendangions le merlot, cépage majoritaire chez nous.

Les plans de récolte que j’avais pu élaborer depuis quelques temps ont été un peu mis à mal par la météo instable qui s’est installée sur la région.

Rien de catastrophique cela dit. Mais quelques baies altérées par la pourriture ont rappelé qu’il fallait surveiller le vignoble comme du lait sur le feu.

Heureusement, les pluies de la semaine dernières associées au soleil qui a suivi ont permis une accélération de la maturation.

J’ai donc estimé qu’on avait atteint une qualité de tanins suffisante dans les peaux pour débuter la récolte du merlot.

Ce fut une sage décision ! On a vendangé sous le soleil des raisins sains et mûrs. Que demander de plus ?

Il faut dire que la vitesse du chantier a été grandement augmentée grâce à la gelée du printemps qui a emporté avec elle une grande quantité de jeunes pousses ainsi que les petites grappes qu’elles portaient.

Après la récolte est venu le moment des premiers remontages. Je les attendais avec ferveur et impatience.

Grâce à eux, on crée un lien physique entre la main humaine et le futur vin dont on influence le devenir.

Dès les premières minutes, le jus est déjà très coloré ; noir, dit-on dans le Sud-Ouest où on n’en est pas à une exagération près !...

Maintenant, il faut attendre le départ en fermentation, qui comme toujours « viendra quand les levures de décideront ».

Je voudrais me convaincre qu’il règne presque un air de vacance à la maison. Plus de bruit, plus d’agitation ou de machines à nettoyer le soir.

Pourtant, il reste encore les Cabernets et le Petit-Verdot, qui représentent 25% du vignoble total. On a donc déjà fait 75% du travail.

 

C’est un peu le verre à moitié plein ou à moitié vide. Mis à part que là, on a le choix entre ¾ plein ou ¾ vide ; selon comme on voit les choses…

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 17:42

Les vendanges en blanc sont terminées et nous attendons maintenant la complète maturité des rouges.

Aussi, profitant de la pluie récente puis du retour du soleil, nous avons pu effectuer les labours d’automne sur les parcelles de blanc.

Les sols y sont très argileux et donc la moindre pluie les rend inaccessibles pour y marcher ; et à fortiori pour les labourer.

 DSC05146.jpg

Grace à cette pluie, finalement bienvenue, l’extrême sécheresse des sols a été réduite, permettant ainsi un labour dans de bonnes conditions.

Et même plus car nous avons finalement décidé de profiter de la situation pour inverser cette année le rang totalement labouré et le rang « de passage » qui est en partie cultivé et en partie enherbé (naturellement !) pour permettre le passage du tracteur lors des traitements.

 DSC05144.jpg

D’ordinaire, on prévoit de réaliser cette inversion tous les eux ans. Mais parfois, s’il ne pleut pas assez ce rang de passage est trop dur à labourer et on doit différer l’opération d’un an.

Il ne faut jamais forcer la nature.

Heureusement, cette année c’était le bon moment et les choses se sont bien passées.

J’aime les labours et les odeurs de terre qu’ils dégagent.

DSC05150.jpg 

J’ai vraiment l’impression de faire du bien au sol. Tout simplement.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 16:52

 

Petit tour du vignoble surtout pour les parcelles de rouge. L’objectif est maintenant de suivre l’évolution des peaux de merlot en vue de la vendange prochaine.

Mais, en me baladant, je suis aussi repassée dans les parcelles de blanc, récemment récoltées.

J’y ai cherché des raisins oubliés pour les goûter.

2012-1477.jpg

Les pluies de la semaine dernière et sûrement aussi l’évolution physiologique du raisin l’ont rendu beaucoup moins intéressant au niveau aromatique qu’il y a quelques jours.

Les raisins sont toujours aussi appétissants pour le regard.

2012-1478.jpg

Evidemment, ils sont un peu dilués par les pluies, mais ils ont aussi perdu une grande partie de leur brillant aromatique.

C’est le Sauvignon blanc qui semble s’en tirer le mieux, ou le moins mal. Mais il a perdu son côté aérien pour sombrer dans la lourdeur.

J’ai donc redécouvert la vérité selon laquelle il y a un temps pour tout.

Il y a un moment où c’est trop tôt de vendanger, un moment où c’est le bon moment et enfin un moment où c’est trop tard.

Et mieux que bien n’est pas forcément très bien !

Pourtant, le mythe du « toujours plus » perdure auprès de nombreux domaines qui pensent impressionner en poussant toujours le bouchon un peu plus loin. C’est une erreur.

Justement, en parlant de récolte précoce, c’est la pleine effervescence pour les rouges dans notre région plutôt tardive. Certains ont déjà vendangé le Merlot, le Cabernet Franc et même le Cabernet Sauvignon !

Signe d’une viticulture particulièrement maîtrisée…ou de vols de palombes annoncés.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 07:51

Au début, on avait eu le redressement productif, censé permettre au pays de retrouver son lustre industriel perdu.

Mais très vite, il s’est transformé en redressement punitif avec des sanctions toujours plus nombreuses et des contraintes allant dans le même sens.

Mais en économie comme avec un âne,  plus on tape moins ça avance. Jusqu’au jour où la bête s’effondre victime des coups et des brimades.

Alors, la nouvelle arme de redressement, c’est l’incantation. On en appelle maintenant au patriotisme de chacun. Comme si par magie, les raisons qui nous ont conduits à la déroute disparaissaient.

Avec le patriotisme, les usines non-rentables redeviennent rentables.

Celui qui n’a pas d’argent cherchera un peu plus profond dans sa poche vide pour y trouver dans un double fond miraculeux, la somme nécessaire pour acheter le produit français plus cher.

Pour moi, microscopique chef d’entreprise,  j’accepterai avec bonheur les menaces de la MSA en cas de dépassement de 5 minutes sur la déclaration préalable d’embauche ; alors que dans le pays le sport national, bien avant le foot, c’est le travail au noir.

Les machines à vendanger seront remisées pour laisser la place à des cohortes de chômeurs joyeux et chantant dans les vignes et qui de ce fait ne gonfleront plus les comptes de Pôle Emploi.

Mais une question : que faire des gens qui construisent les machines à vendanger et qui, ainsi perdront leur travail ? Problème en effet !

On va les recycler en Emplois d’Avenir.

Avant, il y avait les Emplois Jeune, c'est-à-dire des gens qui faisaient traverser des vieux au passage clouté. Ringard !

Maintenant, les Emplois d’Avenir concerneront des gens qui feront traverser les séniors au passage piéton ; le sénior dans une main et l’iphone 5 dans l’autre.

Ça fait toute la différence !

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:59

 

 

Je ne suis pas experte en communication mais dans ce domaine, j’ai quelques notions qui me suggèrent de ne jamais être négative.

Aussi, j’aurais pu intituler ce post « la pluie est arrivée ». Mais tout de suite, on pourrait générer dans l’esprit du lecteur une suspicion de mauvaise qualité. Aussi, je préfère mettre l’accent sur la fin des vendanges de blanc.

 

On aurait pu les avoir sans pluie et dans l’ambiance estivale qui a été celle de presque tout le mois. Mais voilà, les nuages noirs ont déversé des gouttes de pluie sur les dernières parcelles restant encore à rentrer.

 

Leur incidence aura été négligeable car l’état sanitaire était encore parfait avec des peaux épaisses. Mais il a fallu ressortir les imperméables.

Dans ces conditions, tout devient plus fastidieux et plus risqué. Les gestes sont moins habiles et demandent plus d’efforts.  La vision est rétrécie avec les capuches et il faut donc être encore plus vigilant que d’habitude pour soi-même et pour les autres.

Avec la boue qui a aussi fait son apparition, il faut faire attention de ne pas glisser.

Bref, la vendange est toujours plus agréable sous le soleil !

 

Heureusement, c’est du passé. Il ne reste que les bons moments passés avec une petite équipe soudée et très efficace. Elle a supporté les averses avec une détermination qui m’a émue.

 

Maintenant, on est en pause pendant quelques jours. On espère que d’ici là, le soleil reviendra pour les cépages rouges qui attendent encore leur tour sagement. J’ai confiance en mes parcelles et je sais qu’elles sont peu sensibles à la pourriture. Mais il convient de rester vigilant.

 

Pour le moment, il faut savourer cette première étape franchie dans la récolte 2012 : 1/3 du vignoble est vendangé !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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