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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 14:19

 foin

En voyant la profusion des bottes de foin dans les prés, je ne peux pas m’empêcher de penser au vieil adage paysan qui dit « année de foin, année de rien ». Cela signifie que si l’herbe pousse beaucoup, c’est que le temps est humide. Et le temps humide, ce n’est pas bon pour les autres cultures la vigne en particulier.

 

On tente donc de donner tord à ce vieux dicton. Pour l’instant, on ne peut pas se plaindre car la vigne est magnifique ; sûrement plus belle que l’an dernier, où la sécheresse l’avait quand même stressée.

La récolte est belle sans être trop abondante ; juste ce qu’il faut et pas plus. Certains des ceps gelés au printemps ne s’en sont pas remis. Mais pour les autres, on ne peut qu’avoir de l’émotion en voyant ses grappes belles et aérées.

 

Cependant, les pluies on entrainé une pousse active des branches dans une année plutôt en retard sur la moyenne. Bilan : il aura fallu faire plus que l’habitude en moins de temps, donc disposer de plus de main d’œuvre que d’habitude.

 

En se promenant dans la campagne, on peut même voir ceux qui ont baissé les bras ou qui ne peuvent financièrement pas faire face. Dans ce genre de situations, plus les jours passent et plus la situation devient inextricable car la vigne continue de pousser et les moyens nécessaires augmentent de façon exponentielle. Et quand ce n’était pas possible avant, cela le devient encore moins ensuite. Et le cercle vicieux continue.

 

Heureusement, chez nous on gère au mieux en faisant en sorte de ne pas être pris de court sans  non plus mettre les moyens d’un premier cru.

 

Toutes les vignes sont relevées et pratiquement présentables. Il faudra pourtant passer faire un épamprage supplémentaire, un de plus dans cette année poussante.

Les gourmands n’ont pas manqué de pousser, repousser et repousser encore.

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Chez nous, il n’y a pas de vendange verte ou d’effeuillages ; marques d’une erreur de raisonnement et d’un manque de respect vis-à-vis de la vigne. On est dans l’ « équilibre naturel » mais «  naturellement » !

 

Cet épamprage est donc la dernière étape avant le calme de la fin de saison.

Mon sentiment est donc un mélange de fierté et de satisfaction de voir la période de tension s’éloigner.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:31

 

C’est avec un sentiment de fierté et d’émotion que je regarde mes pieds de vignes en ce moment. Ils sont tout simplement beaux et pleins de promesses.

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Difficile de faire un choix entre tous.

 

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Même les jeunes plants mis en terre à une époque pluvieuse et incertaine ont décidés d’être beaux et eux-aussi pleins de promesses pour les années futures.

 

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Enfin, touche de couleur, les rosiers en bout de rang nous gratifient de leurs odeurs et de leur beauté.

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Et ce n’est pas la sauterelle qui s’en plaindra…

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 12:42

Et oui, je n’aime toujours pas les vignes hautes et larges.

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Deux réflexions me viennent à l’esprit :

 

Comment peut-on penser faire du bon vin avec ? Pire encore : toute une région défend contre vents et marées cette viticulture  qui a entrainé les Bordeaux génériques dans l’abîme ?


En enfin, pourquoi les adeptes de ces vignes n’optent pas pour la production de kiwis.

 

Le système de conduite y est comparable, il y a beaucoup moins de contraintes règlementaires pour les kiwis par rapport au vin et surtout et notre pays est déficitaire pour la production de ce fruit vitaminé.


Alors que les vins des vignes hautes et larges, il y en a beaucoup sur le marché alors que la demande n’existe plus.

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 08:46

Aujourd’hui, c’est le 18 juin 2012. Pour tout le monde (ou presque), c’est le jour qui commémore l’appel du Général de Gaulle.

Mais pour moi et depuis toujours, c’est l’anniversaire de mon papa. Il nous a quitté il y a bientôt 21 ans.

 

Etant issue de familles recomposées, comme on dit maintenant, mon papa était âgé lorsque je suis née.
Et donc, aujourd’hui cela fait 100 ans qu’il est né, le 18 juin 1912, en Algérie, territoire français à l’époque.

J’ai des peines à imaginer que mon papa aurait 100 ans. Comme beaucoup d’autres, sa vie n’a pas toujours été facile et aurait mérité d’être contée.

 

Il était un papa discret et aimant qui, comme tout vrai parent a mis sa vie entre parenthèse au profit de mon frère et de moi. Etant plus âgé que la moyenne des parents,  il n’a jamais vraiment connu la sérénité des parents dont les enfants ont quitté le foyer familial pour vivre leur propre vie.

 

Il est donc parti il y a longtemps, pourtant il me manque toujours autant. Et en ce jour particulier, son absence est encore un peu plus piquante que d’habitude.

 

Et cette année, comme les précédentes et comme les suivantes, le 18 juin restera toujours ma petite histoire dans la grande.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 13:09

En parcourant une revue « technique » viticole, j’ai découvert une nouvelle façon de brasser de l’air sans avancer. C’est la « Haute Valorisation Environnementale », ou HVE pour les initiés.

 

Après les diverses chartes de lutte raisonnée, ou de Management Environnemental, on pensait avoir épuisé le filon du tournage en rond pour dire «qu’on « fait sans rien faire » ou « qu’on ferait si on en avait les moyens».

 

Et bien non. Il y a quelqu’un qui doit avoir un cousin travaillant dans le secteur du bâtiment, où existe déjà la « Haute Qualité Energétique » ; HQE.

De là, a du naitre l’idée géniale de faire un label agricole, cousin du premier.

 

Par rapport à la lutte raisonnée, il possède au moins l’avantage d’être accessible aux vignerons en bio.


Mais dans mon esprit, c’est toujours la même chose : comment peut-on envisager de parler d’environnement en utilisant pesticides et désherbants chimiques en tous genres ?

 

Le passage en bio devrait être la toute première étape d’une démarche environnementale.

 

Pourtant, les raisons sont nombreuses pour éviter ce préalable. Au contraire, on fait dans la mesurette de diversion : on y va de sa petite haie plantée, de sa jachère fleurie,…

 

Evidemment, on met en avant la part des pesticides qu’on a supprimé sans penser à la part, souvent plus importante, qui continue d’être utilisée. Idem pour les herbicides.

 

En général aussi, pour donner des statistiques parlantes, on prend en référence, l’année durant laquelle, même sans traiter on n’aurait pas eu de maladie ; 2011 en bordelais.

 

Au moins ces labels divers et variés ont un avantage. Ils favorisent la consommation de café et de viennoiserie ; éléments indispensables aux multiples réunions nécessaires pour être labellisé.

 

Ainsi, on ajoute une dimension sociale au label en soutenant le petit paysan colombien et l’artisan boulanger de quartier…

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 08:54

 

Hier en voiture,  j’écoutais à la radio un débat entre les deux candidats finalistes de notre circonscription.

Le constat est affligeant et particulièrement s’agissant de l’agriculture.

 

L’un ne propose rien et en ce sens il suit la droite ligne de ce qui a été fait depuis longtemps.

 

L’autre a une idée et quelle idée ! Il s’agit de regrouper les services administratifs concernés par l’agriculture pour optimiser l’octroi d’aides aux agriculteurs ! Dans ce sens, il s’agit de confirmer ce qui se fait déjà.

 

Donc, dans l’esprit du seul des deux qui pense et même de celui qui ne pense pas, l’agriculture c’est une série d’aides et uniquement des aides.

 

Dans ce schéma, la denrée agricole devient secondaire. Son rôle vital dans l’alimentation de l’homme est totalement remisé au second plan.

D’ailleurs, on paie déjà des agriculteurs pour qu’ils ne produisent pas dans certains de leurs champs.

Paradoxe affligeant !

 

Il y avait déjà les logiciels de gestion qui orientent le choix de l’agriculteur vers telle ou telle culture en fonction des aides en vigueur au moment du semis.

 

Appliqué à la viticulture (industrielle) qui souffre et qui se meurt, celle qui m’entoure, on peut penser subventionner une année la production de rouges fruités, puis de rosés l’année suivante ; pour suivre des marchés sur lesquels on a toujours un temps de retard.

 

Là où les choses se gâtent, c’est quand il faut convertir des vignobles rouges en blanc ou inversement parce qu’on a senti un frémissement sur la demande pour telle ou telle couleur que nous ne savons pas offrir. Dans ce cas, les pouvoirs publics doivent ouvrir un peu plus grand leur portefeuille (déjà vide) pour assumer le prix d’une replantation.

Et quand le vin des nouvelles parcelles arrive sur le marché, les tendances ont déjà rechangé et tout est à recommencer.

 

Dans une autre époque et un autre pays, on appelait cela l’économie planifiée. On en a vu les résultats…

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 10:22

Décidemment, cette saison 2012 sera bien particulière. Après un mois d’avril particulièrement pluvieux, le beau temps n’arrive pas à s’installer durablement. La pluie revient inévitablement se joindre à la partie ; nous obligeant à revoir nos calendriers de travaux et changer nos stratégies.

 

Heureusement, pour le moment, rien de particulier sur le front du mildiou.

La vigne est belle.


D’un cépage à l’autre (on en a 7 sur le domaine), la floraison en est à des stades différents.

Chacun dans sa parcelle suit son propre rythme sans que nous le bousculions.

Comme toujours, on n’est pas « contre » mais « pour » la vigne.

 

Cela dit, si le soleil pouvait revenir, ce ne serait que mieux pour elle et pour nous…

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:35

 Moi Président de la République, je supprimerai l’obligation faite aux agriculteurs de passer au GNR, nouveau « gazole non routier ».

Parmi la longue litanie d’engagements du candidat devenu Président, j’aurai bien aimé entendre ces mots. Mais ne rêvons pas, nos Présidents successifs ne doivent même pas savoir que les tracteurs roulent au Fioul.

 

Consommant peu de carburant avec les tracteurs, je suis toujours sur les stocks de fioul de l’an dernier. Mais je dois sérieusement m’occuper de trouver une solution pour m’adapter aux nouvelles contraintes.

 

Sur le papier et de très loin, le changement de carburant est une bonne mesure pour l’environnement. Mais en se rapprochant un peu, on se rend vite compte que les motivations et les arguments à cette mutation ne sont pas aussi clairs que prévu. Les vrais raisons de ce passage au GNR ne sont pas très avouables.

 

C’est en général ce qui se passe quand les pouvoirs publics s’intéressent à l’environnement. On part d’une situation donnée qui est ce qu’elle est. On décrète une solution de remplacement, jugée plus écologique.

 

Mais comme cette dernière se révèle être impossible à mettre en pratique car on n’avait pas pensé à tout dans les services concernés, on trouve toute une série d’adaptations qui au final, rendent l’amélioration pire que la situation du début ; et souvent plus chère.

 

Le GNR en est une illustration parfaite.

Il faut tout d’abord changer la cuve à carburant. La mienne va très bien mais son nettoyage pour recevoir le nouveau liquide coûte bien plus cher qu’une cuve neuve.

Ma cuve va aller à la ferraille alors qu’elle aurait pu durer encore très longtemps.

 

Ensuite, il faut vidanger chaque engin et changer les filtres ; même s’ils sont neufs.

 

Il y a un GNR d’été et un GNR d’hiver. Que faire si la cuve n’est pas vide avant l’hiver ? Faut-il faire tourner les engins dans la cour, simplement pour consommer du carburant et vider la cuve comme certains services de l’état savent le faire pour conserver les mêmes allocations l’année suivante ? Faut-il prendre le risque de casser un moteur pour avoir voulu économiser du carburant ?

 

Le pire dans tout cela, c’est qu’on ne s’est jamais demandé s’il n’était pas plus logique de réduire la consommation de carburant en évitant les débauches de puissance et en retrouvant un bon sens de base.

L’agriculture ne nourrit plus ceux qui  la servent. C’était peut-être le moment de se poser la bonne question, à savoir : le modèle en vigueur est-il encore viable et n’y a-t-il pas une autre voie ?

 

Et bien,

Moi petite viticultrice, j’en ai marre de toutes ces contraintes idiotes.

Moi petite viticultrice, j’en ai marre de toutes ces règlementations contre-productives.

Moi petite viticultrice, j’en ai marre de financer par mes impôts des gens qui n’ont aucune idée.

Moi petite viticultrice, j’en ai marre tout court !

 

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:33

Depuis plus d’une semaine, c’est la floraison dans notre vignoble. Les odeurs de fleur de vigne ont envahi l’ambiance et je me délecte de les sentir.

 

Pendant plusieurs années, nous nous sommes servis des différences subtiles qui existent dans ces odeurs d’un terroir à l’autre. L’intensité et la qualité aromatiques sont en relation directe avec la qualité du terroir. Ainsi, on peut comprendre l’endroit sans avoir à vinifier le raisin.

 

Cela nous a donné des opportunités incroyables pour améliorer la connaissance de notre vignoble.

 

Maintenant, on est passé à d’autres critères de compréhension, plus subtils encore mais tout aussi efficaces.

 

La floraison reste une étape clé dans le cycle annuel de la vigne. C’est l’équivalent chez l’homme du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Il faut que la transition soit faite dans de bonnes conditions ; sous peine d’en payer le prix fort jusqu’à la fin.

 

Dans notre viticulture de respect, c’est par l’accompagnement et non par la contrainte ou l’agression que l’on va aider la vigne dans ces moments forts. Ainsi, « produits pour améliorer la floraison » et rogneuses sont bannis de chez nous.

 

Des plantes choisies spécifiquement en fonction du moment et des caractéristiques du millésime, sont donc une aide précieuse.

 

Pour le reste et tout en étant avec elle, on laisse la vigne passer à son âge adulte avec ses propres atouts et sa propre sensibilité.

 

C’est le rôle d’un parent qui aime ses enfants sincèrement et profondément !

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 10:14

 

Il y a des jours comme ça, où on se demande pourquoi on s’est levé…

 

Vendredi dernier, Jean-Michel avait pris une journée de « congé » pour terminer son décavaillonnage des vignes à 1 mètre.

 

On avait aussi fait coïncider le traitement des vignes ce jour là.

La journée a commencé de très bonne heure avec le soleil qui se levait.


A peine parti avec le pulvérisateur, le tracteur est revenu avec un problème de manette de gaz sur le tracteur neuf. Première intervention pour resserrer le boulon récalcitrant.

 

Puis, un moment après, nouveau retour pour une tuyère du pulvérisateur détachée de son châssis. Nouvelle intervention pour refixer le tuyau en plastique.


Enfin, la cuve du pulvérisateur a pu être enfin vidée mais on était déjà en début d’après-midi.

 

Après un rapide repas, nouveau départ du tracteur pour finir l’hectare encore à traiter.

 

Une demi-heure plus tard, c’était carrément un retournement du pulvérisateur dans un rang !

 

Le sol rendu instable avec la terre remuée par les charrues, une cuve de pulvérisateur presque vide, un dévers particulièrement prononcé à cet endroit,…Une somme de détails qui, mis ensemble au même moment ont engendré l’accident.

 

Dans ces cas là, on se demande d’abord comment remettre l’appareil sur ses roues tout en agissant en sécurité pour ne pas rajouter un drame humain à un accident matériel.

 

Heureusement, Jean-Michel finissait son décavaillonnage et il a donc trouvé une nouvelle occupation : « dépanneur de pulvérisateur retourné ».

 

J’ai été obligée de lui laisser temporairement mon petit tracteur à chenilles qui me servait à griffer.

Grâce à cela et en moins d’une heure, le tracteur et le pulvérisateur endommagé étaient de retour à la maison.

 

Bilan, 3 tuyères d’air brisées et les fils des électrovannes arrachées. A postériori, je me dis que pour illustrer mon propos, j’aurais très bien pu prendre une photo. Mais voilà, dans la précipitation je n’y ai pas pensé.

 

Une fois de plus, « Mac Gyver » Jean-Michel a réparé un après l’autre tous les tuyaux d’air, en partie avec des portions intactes de tuyaux cassés.

Puis est venu le temps de l’électricité : retrouver la bonne place dans un raccord multiple pour tous les fils arrachés. Pour cela, il faut tester, réfléchir, essayer et finaliser le branchement.

 

Ainsi, le pulvérisateur a enfin pu repartir et terminer son travail commencé bien plus tôt.

 

N’étant pas issue d’une famille de bricoleurs, j’ai progressivement pris l’habitude de vivre avec un mari qui sait tout faire ou presque.

Maintenant, je finis par penser que c’est normal de savoir tout faire !

 

Après de telles journées, on se demande toujours si les choses auraient été différentes si on avait décidé de traiter le samedi au lieu du vendredi.

 

Grande question et pas de réponse…

 

 

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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