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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:11

Comme beaucoup, j’ai revu ce week-end les terribles images du tsunami de mars 2011 au Japon.

Je sais que c’est vrai, mais je n’arrive toujours pas à me dire que c’est vrai.

 

Je suis toujours aussi admirative du peuple japonais qui tout en pleurant une quantité effrayante de morts s’est mis à déblayer, nettoyer et reconstruire pour bâtir un nouvel avenir à des endroits où rien ne reste debout.

 

En voyant la détermination de ce peuple, je pense à une phrase d’un éditorialiste, lue récemment dans la presse et qui disait à quelque chose près ceci : au lieu de se demander ce qu’il peut faire pour le pays, le français se demande ce que le pays peut faire pour lui.

 

Et bien, pour les japonais, c’est le contraire.

Ils grattent et trient des millions de tonnes de débris à la main. Ils économisent drastiquement l’électricité quand on leur demande. Et tant d’autres sacrifices. Et personne ne se plaint.

 

Je pense même que beaucoup ont le sentiment de ne pas en faire assez en mémoire de tous ceux qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir ce terrible jour.

 

Belle leçon de civilisation… 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 15:41

 

Je viens d’avoir un appel d’un amateur et je ne résiste pas à l’envie de le dire.

Le Monsieur était chez sa sœur et ils buvaient une bouteille de vin en discutant. La dame peu connaisseuse en vin, elle achète son vin chez un caviste sans savoir ce qu’elle achète.

N’ayant pas l’habitude de vins particuliers chez sa sœur, le Monsieur en question discutait sans vriament prêter attention à ce qu’il buvait.

 

Puis, tout à coup, il s’est rendu compte que ce vin avait autre chose, une profondeur, un équilibre qui méritait l’attention.

Il a gardé le nom du vin, a fait des recherches sur internet et m’a téléphoné. Car le vin en question était un Champ des Treilles, un Petit-Champ.

 

Nous avons discuté de qui nous sommes, de notre travail et de nos relations vis-à vis de la vigne.

Et j’ai passé un bon moment.

 

Tous les goûts sont dans la nature car Jean-Michel, après avoir eu 100/100 avec Parker, n’arrive pas à s’extasier sur un résultat qui frise la perfection en « n’oubliant pas que l’essentiel reste encore à faire dans la voie de la qualité et de la compréhension de la vigne ».

 

Et bien moi, je suis très contente et très fière d’avoir un tel coup de fil. Cela montre qu’un vin produit avec sérieux, respect de la vigne peut engendrer une émotion chez un consommateur.

 

On touche là au but ultime de notre travail, donner un instant particulier à une personne que l’on ne connait pas mais qui va, à travers cette boisson magique qu’est le vin, ressentir un terroir, un travail,  une  philosophie.

 

Si ce Monsieur me lit, je le remercie de son geste. Il m’a rendu le cœur léger en donnant encore plus envie de continuer !

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:01

 Après la chanson de Sardou sur les Ricains, il faudra peut-être un jour en reprendre la musique en l’adaptant à la nouvelle donne, c'est-à-dire la montée en puissance des chinois.

Depuis quelques années, ce grand pays consomme des vins en quantités de plus en plus grande. Et c’est une très bonne chose pour moi qui comme beaucoup exporte des vins dans ce pays.

 

Mais si j’aborde ce sujet aujourd’hui, c’est pour parler des propriétés viticoles qui se vendent aux chinois. Quelques transactions ont eu lieu et elles ont eu le mérite d’enflammer les consciences. Beaucoup de vignerons en bout de course, d’espérance, ou au bout tout court, souhaitaient se défaire de leur domaine, sans trouver pour autant de repreneur. Mais maintenant, les prétentions sont au plus haut en attendant « Les Chinois ».

 

Pendant longtemps, il y a eu un fantasme « américain », caricature de l’acheteur étranger, plein d’argent et incompétent. On pouvait même le voir avec un gros cigare et ayant fait fortune dans le pétrole..

 

Puis, il y a eu les japonais. Ils ont laissé une empreinte durable dans les consciences bordelaises alors que les doigts d’une main sont bien trop nombreux pour comptabiliser leurs achats.

 

Maintenant, c’est la période chinoise. Pour l’instant, pas vraiment de transaction significative mais des domaines assez obscurs dans la hiérarchie locale.

 

Je pense que leur présence ne réglera pas le problème des centaines de domaines en fin de vie et dont beaucoup produisent un vin dont personne ne veut à partir de vignes d’une autre philosophie que celle de la qualité.

 

Les acheteurs viticoles chinois, évidemment dirigés vers leur marché intérieur rentreront eux-aussi en concurrence avec les autres vins. Ils devront avoir des produits compétitifs s’ils veulent percer chez eux.

Je suppose qu’il y aura des succès. Mais je peux prévoir qu’il y aura plus d’échecs que de succès.

 

Je ne parle pas de la découverte des lois françaises, sociales, fiscales et autres, qui risquent de démotiver les néo-vignerons asiatiques…

 

Comme toujours, le temps fera le tri et la roue continuera de tourner. Ceux qui doivent rester resteront et les autres repartiront en essayant d’y perdre le moins possible.

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:19

 

Lorsqu’une équipe de division d’honneur accroche à son tableau de chasse une équipe de ligue 1, tout le monde salue l’exploit, mais personne à commencer par les joueurs eux-mêmes ne pense à se dire meilleurs que la dite équipe de l’élite.

 

Pourtant, c’est ce qui arrive en viticulture, milieu d’ennemis intimes et d’égos parfois surdimensionnés.

 

Lorsque nous avons commencé notre vie de néo-vignerons, nous étions sûrement nous-aussi et comme beaucoup d’autres dans cette sensibilité qui nous faisait penser qu’avec du travail et des sacrifices, on avait les moyens de remettre en cause les hiérarchies établies.

 

Le temps a passé et il nous a montré que, comme souvent, les choses étaient un peu plus complexes.

Certes, on pouvait s’approcher de grands terroirs où les gens travaillent mal. Mais, lorsque sur ces grands terroirs, les gens se mettent à travailler, ils nous écrasent ; tout simplement.

 

C’est un constat dur mais implacable qu’il faut digérer pour pouvoir aller de l’avant.

Notre vignoble se trouve à un endroit qui permet d’y faire de jolis vins mais qui ne fera jamais de vrais grands vins. C’est ainsi.

Si les terroirs qui ne produisent pas de grands crus avaient été de grands endroits, ils auraient été grands crus. Et quand ce n’est pas le cas, c’est sûrement qu’il y a une raison…

 

Mais quand on a intégré cela, tout devient à la fois plus facile et plus évident.

On devient soi-même et pas une image idéalisée de ce que l’on aimerait être avec cette volonté constante de comparer ses petits muscles à ceux des voisins.


A ce moment là, les vins deviennent plus en harmonie avec leur terroir et finalement sont beaucoup plus appréciés parce que dans l’équilibre juste et dans la sincérité.

 

Mes vins actuels sont aussi le résultat de cette évolution. Je les aime et suis totalement confortable avec eux et les idées et techniques qui ont permis de les élaborer.

 

Cette remise en question, c’est une des premières étapes de la réussite…

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 10:10

 

 Le microcosme de Bordeaux était en ébullition en attendant les notes Parker du 2009 en bouteilles. Pour ma part, et ne participant pas à ces dégustations, j’avais l’esprit tranquille…

 

Les nouvelles indiquent que Pontet-Canet 2009 fait partie du cercle restreint des vins qui ont reçu la note ultime de 100/100.

Chacun donnera à cela l’importance qu’il souhaite.

 

Je sais que Jean-Michel est très détaché de cette pression et des notes diverses et variées.

Je tiens quand même à le féliciter pour cette consécration qui récompense à la fois le travail mais aussi l’intelligence dans les choix ; aussi bien pour le travail quotidien que pour les orientations à long terme du domaine dont il a la charge.

 

La voie choisie n’est pas la plus simple et après quelques années, la multiplication des expériences locales de bio ou biodynamie ou de traction animale, montrent que finalement, c’est lui qui avait raison seul et souvent sans le vouloir, contre beaucoup qui se sont sentis dérangés dans leur ronronnement quotidien au point d’en devenir méchants et agressifs.

 

Bravo Jean-Michel et bravo Pontet-Canet !!

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 10:46

Nous avons eu droit depuis quelques jours à un passage massif de grues au dessus de la maison.

J’avais tout simplement mandaté Jean-Michel pour faire des photos et les hasards de la vie ont fait qu’il a pu s’exécuter avec brio. Il n’a aucun mérite car les oiseaux ont eu la gentillesse de tourner au dessus de lui. Il a donc pu les saisir assez facilement.

 

GRUES1.jpg

GRUES2.jpg

Si j’étais chasseur, j’aurais pu dire qu’il y en avait des pleins ciels. Et si j’étais chasseur après l’apéro, je dirais qu’il y en avait tellement que la lumière du jour diminuait.

 GRUES3.jpg

C’est toujours un grand plaisir de voir ces oiseaux majestueux traverser le ciel. Premièrement parce qu’ils indiquent que l’hiver touche à sa fin. Mais aussi car ils nous rappellent combien la nature est belle, complexe et tellement bien organisée.

 

Au nom de la « biodiversité », certains souhaitent donner des cartes d’identité aux insectes présents aux voisinages des cultures. Les mêmes s’acharnent à apprendre à ces insectes de sauter dans le rang d’à côté pour éviter les lames des tondeuses et à se boucher le nez quand le tracteur pulvérise les produits de mort.

 

Pourtant, sous nos yeux, la nature déroule ses joyaux tous les jours. Il suffit de la comprendre et de la respecter.

Nul besoin d’aider la grue ou l’hirondelle à savoir où elle doit aller. Encore faut-il ne pas l’empêcher de faire son voyage de vie ou vouloir l’aider ou même la tuer pour en mettre une plus forte, sélectionnée à la place. Chaque être vivant a sa propre logique de vie.

Une espèce disparue est disparue et l’homme ne doit pas s’arroger le droit de vouloir la faire revivre pour son plaisir. C’est justement là que l’homme dépasse son rôle dans la nature.

 

Les équilibres naturels se suffisent à eux-mêmes. Notre rôle d’agriculteur est de permettre à tous ces êtres vivants de vivre en harmonie entre eux et avec nous ; sans chercher à imposer notre vision des choses au détriment de cette nature.

 

A cela, on me dira qu’une vigne est une chose artificielle et donc non naturelle. Certes, mais il existe des moyens de la cultiver sans faire un bras de fer ni un poker menteur vis-à-vis de l’écosystème.

 

Où sont maintenant ces grues cendrées ? Quelque part plus au nord à suivre leur GPS interne et immuable.

 

 GRUES4.jpg

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 10:43

 Comme le dirait la chanson, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.

 

On vient de commencer à conditionner les premières bouteilles de Vin Passion 2011.

Le temps passe décidément vite car il y a pratiquement un an que nous n’avions plus de bouteille disponible de ce vin après la catastrophique filtration.

On avait un peu perdu l’habitude d’avoir des bouteilles, autres que celles de vin rouge, c'est-à-dire des bouteilles à travers lesquelles on peut voir.

 

La page de cette sinistre affaire commence donc à se tourner puisque nous avons maintenant à nouveau du vin blanc à proposer aux clients.
Elle n’en est  pas terminée pour autant car les tribunaux devront trancher. La proposition (minimaliste) faite par l’assurance adverse était de mon point de vue totalement inacceptable.

 

Même si mes vins se vendent bien, je paie le prix fort pour cette faute qui n’était pas la mienne. Certains clients ne sont pas revenus. Pour conserver ma commercialisation, j’ai dû faire des choix drastiques en matière de tarifs sur toute la gamme. Le pari semble fonctionner mais il a un coût certain et cela pour plusieurs années.

Il n’en faut souvent pas beaucoup plus pour mettre à bas une entreprise. La même chose, il y a quelques années nous aurait sûrement achevés.

 

Mais tout cela, c’est mon problème et pas celui du consommateur.

 

Pour en revenir à des considérations plus positives, j’ai donc pu serrer dans mes bras la première bouteille de Vin Passion 2011. C’était un bébé un peu froid mais je l’ai serré avec tout mon amour de maman tant il me tardait de le voir arriver. Et à cette température, il est parfait pour être dégusté !

 

J’espère que les consommateurs auront autant d’émotion en le dégustant que j’en ai eue en voyant cette première bouteille sortir de l’étiqueteuse…

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 20:59

 Le long épisode de froid que nous avons eu en début de mois a laissé la place à un temps qui n’est plus tout à fait le même qu’avant.

C’est comme si, derrière le rideau de froid et de neige, la marche vers le printemps avait continué sa marche.

 

Certes, les matins sont encore gelés, mais l’après-midi il y a un je ne sais quoi qui nous dit qu’on s’approche du printemps. L’ambiance n’est plus la même.

La nature semble elle-aussi se préparer au grand bond vers la vie qui explose. Pour l’instant, elle se retient encore, mais la pression monte et on le sent.

 

Depuis quelques jours, on peut voir des vols d’oies en direction du nord. Pour les anciens, c’était un signe fort de la fin prochaine de l’hiver.

 

C’est une bonne chose car tout le monde a maintenant besoin de chaleur sur la peau.

Et moi en particulier.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 10:20

 C’est fait ! La mise du Vin Passion 2011 est faite et à priori bien faite. Je ne l’ai pas trop dit de peur d’attirer encore le Malin sur mon vin et moi mais j’avais vraiment la trouille !

 

Imaginez, le filtre qui est venu était le même que l’an dernier.

Heureusement, le prestataire s’est concentré et tout s’est bien passé.

 

Pour la mise en bouteille, du Vin Passion et du Grand Vin rouge, il a quand même fallu remonter un peu la température des vins car naturellement, ils étaient en dehors des courbes acceptables pour caler les niveaux dans les bouteilles.

 

Ayant une installation de mieux en mieux organisée, il ne m’a pris que peu de temps pour remettre le chauffage des cuves en fonction. Merci Jean-Michel pour ces efforts constants à me rendre la vie plus facile !!

 

Maintenant, il ne manque plus que les étiquettes et on pourra commencer à expédier ces vins.

 

L’autre jour, je parlais des bienfaits du froid sur les précipitations tartriques pendant l’élevage. J’en ai eu la parfaite illustration en ouvrant la cuve qui contenait le vin passion.

 

J’en ai pris quelques photos :

 

 TARTRE.jpg

 TARTRE2

J’allais oublier ; la vraie prochaine étape pour ces vins, c’est la dégustation d’après mise en bouteilles.

Une dégustation … à l’apéritif. Du pur plaisir !

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 09:38

 J’ai reçu à la maison, à Pauillac mes amis Mostades, des caves du même nom en Belgique. Cela fait des années qu’ils diffusent Champ des Treilles dans leur pays.

D’habitude, c’est sur le domaine qu’ils passent dire bonjour une à deux fois par an lors de leurs voyages en camping-car. Mais là, à cause de la neige encore présente à Margueron, la rencontre s’est faite à Pauillac.

 

Quand, ils passent sur le domaine, il y a deux versions. Soit, je vendange et alors ils sont maitres d’œuvre de la rencontre et on déguste des vins qu’ils ont avec eux. Et on va dans le camping-car.
Soit, j’ai plus de temps et je prépare le repas accompagné de vins de chez moi.

 

Dans tous les cas, les bouteilles se vident en grand nombre et le lendemain, la tête est bien douloureuse ; surtout s’il faut vendanger !

 

Mais cette fois, à Pauillac, on était en terrain neutre, c'est-à-dire hors de nos habitudes. C’est Jean-Michel qui a donc choisi la plupart des vins.

 

BELGES.JPG 

Vous l’aurez deviné…

 

Champ des Treilles a peu contribué. Il me restait un Petit-Champ 2009, épuisé à la vente depuis longtemps.

Pour les autres vins, cela peut paraitre surprenant, mais je n’avais plus rien, rupture totale.

 

Une fois de plus, j’ai pu profiter de la présence de ces amis sincères et attachants.

Il faut dire que le filet de biche aux cèpes a eu sa part de responsabilité dans cette ambiance si « positive ».

 

Un bon moment avec des gens simples, sincères et attachants. Des gens biens, quoi…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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