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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 10:52

Hier, c’était mon anniversaire, un de plus…

 

Nous ne sommes pas des inconditionnels des grandes fêtes mais plutôt des partisans de petits comités pour des moments simples et sincères.

C’est donc avec le frère de Jean-Michel et sa femme que nous avons célébré mon passage à un an de plus.

Comme toujours, dans ces cas là, j’ai allumé une bougie en pensant à mon papa et ma maman. La chaleur de la flamme réchauffe un peu le cœur dans ses instants où on aimerait encore avoir ses parents avec soi.

 

Jean-Michel avait choisi le vin spécialement pour moi en fonction des moments de ma vie.

 

Il y avait notre rencontre au Lycée en 1983, avec un Côte-Rotie de chez Guigal, l’année où je suis devenue légalement viticultrice avec un Pontet-Canet 2000 et un Barsac qui a donné une dimension différente à ma vie de vigneronne en biodynamie. Là, c’était un 2009.

 

Un liquoreux comme on devrait en voir et en boire plus souvent ; frais, équilibré, avec une vraie profondeur et sans excès de sucre. Un vin dont tout le monde s’est resservi jusqu’à la fin de la bouteille…

Ce sont des vins comme celui-ci et pas des concentrés de sucre imbuvables qui permettront à cette région de retrouver une clientèle.

 

Jean-Michel avait pensé à plein d’autres vins charnières dans ma vie ; mais il faut savoir rester raisonnables et penser aux conducteurs qui se cachent derrière les dégustateurs.

 

J’avais aussi pensé à moi en préparant mon dessert favori entre tous : des œufs au lait. Rien de pharaonique pourtant j’adore ça.

 

Une page s’est tournée cependant car pour  la première fois, les enfants n’étaient pas là pour trinquer avec nous.

C’est une page qui se tourne et peut-être aussi un autre signe du temps qui passe…

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:23

 On l’entend et on le réentend dans les médias, le froid est là et il apporte son lot de problèmes, voire même parfois de drames.

 

Mais s’il en est un qui profite bien de ces températures basses, c’est bien le vin en élevage et particulièrement le blanc. Ainsi,  les cristaux de tartre précipitent au fond de la cuve, évitant ainsi de les retrouver au fond de la bouteille si un nouvel épisode froid se présente après la mise.

Les œnologues appellent cela la stabilisation tartrique. Je l’appelle tout simplement le travail normal de la nature quand on lui en donne le temps.

 

Cela me rappelle l’époque de nos premiers millésimes où le vin blanc était tiré en bouteilles blanches. Une fois, des cristaux sont apparus au fond de la bouteille et j’ai eu quelques questions de la part de clients qui pensait qu’il agissait de sucre !

Quoi qu’il en soit, ce genre de dépôts est en général mal accepté, même et particulièrement de la part de ceux qui se réclament les plus proches de la nature !

 

Etrange monde que le nôtre ; monde  de l’instant et du superficiel. J’ai souvent vu passer sur la route des pleines remorques de carottes destinées à alimenter des vaches. Le problème de ces légumes ? Tout simplement, ne pas être au standard de taille et de forme. Donc jetés !

 

Les salades toutes prêtes, dites de quatrième gamme, dont les trois quarts de la salade partent à la poubelle pour ne mettre en sachet que les plus belles feuilles.

 

Les pommes qui ne se vendent pas lorsqu’elles ne sont pas jolies ; même si le prix à payer est de consommer en même temps les 20 pesticides qui sont permis à ces pommes d’être dodues et « parfaites ».

 

Pour en revenir au vin, quand on fait une mise en bouteilles avec un prestataire, il faut signer une décharge pour ne pas mettre dans le vin tous les produits œnologiques destinés à protéger le vin de tout (et de rien) !


Ainsi, quelques cristaux parfois au fond d’une bouteille, c’est parfois le prix à payer pour ne pas avoir mis un produit évitant la formation de cristaux.

Tout le monde sera d’accord là-dessus. Sauf quand il se forme des cristaux…

 

Depuis, j’ai contourné le problème en prenant des bouteilles teintées.

On voit beaucoup plus difficilement les cristaux et quand on en voit, c’est quand ils tombent au fond du dernier verre ; au moment où la bouteille est terminée.

 

Et comme en général, les gens ont apprécié le vin, ils ne se plaignent que du fait qu’il n’y en a déjà plus !

 

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:23

Décidemment, le Vin Passion n’a pas franchement l’envie de partir de chez nous.

 

Cette semaine, la filtration avait été prévue de longue date. La mise en  bouteille devant intervenir la semaine prochaine.

Avec le sinistre qu’a subi le 2010, il y a pratiquement un an jour pour jour, il est difficile de ne pas regarder le prestataire de filtration avec une certaine défiance…Je pense qu’il aura tiré toutes les conséquences des erreurs faites et que ni nous ni personne n’aura à subir de nouveau une telle déchirure.

 

Mais cette année, c’est surtout le froid qui s’invite dans ce calendrier si minuté.

Les routes sont impraticables localement et on se demande comment on pourrait faire tourner un filtre dehors et ensuite le laver à l’eau lorsque la température flirte avec les -10°C.

 

Je pense donc que la filtration va être différée. Dans la foulée, il faudra différer d’autant la mise en bouteilles.

Cela n’arrange pas mon programme de conditionnement en vue d’expédition.

En effet, une part importante du Vin Passion,  pour ne pas dire la quasi-totalité est déjà retenue par mes clients.

Lors de cette mise en bouteilles, il doit aussi y avoir le Grand Vin rouge 2010. Lui, par contre est totalement retenu ; et plutôt deux fois qu’une…

 

Maintenant, il va falloir expliquer tout cela à mes interlocuteurs qui heureusement sont aussi devenus très souvent des proches, sinon des amis.

 

Lorsque les températures auront retrouvé des valeurs plus abordables, tout rentrera dans l’ordre et on oubliera sûrement ces petites péripéties.

 

Et comme le chantait Brassens :

 

Pour peu que le bonheur survienne

Il est rare qu’on se souvienne

Des épisodes du chemin 

 

Par contre, lorsque les bouteilles seront remplies, le timing de conditionnement risque d’être particulièrement serré.

Jean-Michel et moi avons quelques heures à passer autour de l’étiqueteuse…

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:21

 

Il y a quelques jours, les journalistes et les commentateurs météo de tous poils n’en avaient que pour l’exceptionnelle douceur de l’hiver.

Puis brutalement, on est passé au froid et à la neige. Et là, les mêmes découvrent que l’hiver il peut faire froid et il peut même neiger.

Alors, on vous donne et redonne en permanence, les températures les plus froides. Et pour amplifier le caractère dramatique de l’évènement, on ajoute maintenant les températures ressenties, qui effectivement affichent des valeurs inférieures encore. Le sensationnel, toujours le sensationnel…

 

On est dans une société de l’instant, de l’émotion nous dirions avec notre approche biodynamique.

Un évènement important ? On le montre et remontre, puis on passe à autre chose tout aussi rapidement sans regarder en arrière.

 

Cela étant, la neige je ne l’ai jamais aimée. J’en ai même une phobie que j’essaie de réprimer pour éviter de rendre la vie impossible à mes proches quand elle arrive.

 

 

Cette fois-ci, quand elle est tombée, nous étions sur le domaine. Il faisait bon dans la maison et la provision de bois a été faite pour le poêle. Un bon livre dans les mains…

C’était presque du bonheur.

 neige

Le seul problème est venu de Jean-Michel qui se languissait de son cher Pontet-Canet, tout seul et tout froid sans lui.

 

Il a donc fallu quitter à regret cette nature figée.

 

Finalement, c’est quand même beau et féérique la neige !

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 09:29

 J’ai eu hier une nouvelle expertise pour les malfaçons de nos bâtiments neufs. Je pourrais dire la 1000ème expertise que je n’exagèrerais pas beaucoup.

 

Nos bâtiments « neufs » sont neufs en comparaison du reste des bâtiments qui approche le siècle et demi d’existence. Nous les avons construits en 2003 en nous saignant les veines pour rembourser l’emprunt du financement.

 

Et depuis la fin de la construction et même avant, je suis en litige.

De perte de temps en lenteur normale de la justice, de mauvaises volontés en disparition d’expert,(…) rien ne m’aura été épargné.

 

Il semble que cette fois, ce soit la dernière fois que tous les protagonistes étaient réunis sur place.

Et justement, des protagonistes il y en avait ! Tous les corps de métier étaient représentés avec leur assurance et leurs conseils.

 

Cette dernière rencontre sur place ne veut pas dire pour autant que tout est réglé.

Il faut se battre pied à pied contre des gens qui estiment qu’une fissure est sans importance à partir du moment où le toit ne tombe pas ou qu’un voleur ne peut pas y passer à travers !

 

Avec le litige sur le vin blanc qui n’est toujours pas réglé, notre minuscule domaine a donc deux affaires devant les tribunaux. C’est usant ! Souvent je pense aux doux rêveurs qui souhaiteraient reprendre un domaine viticole pour la beauté du geste et ne l’envisagent que sous l’angle « noble », c'est-à-dire les vendanges ensoleillées, les assemblages et la reconnaissance d’une presse unanime…

 

Pour faire un lien avec la biodynamie, je pense souvent être « Saturne », c'est-à-dire (en simplifiant beaucoup) un peu triste. Mais quand je prends du recul sur ma vie de combattante, je me rends bien compte que je suis aussi très typée par « Mars » le dieu de la guerre ; celui qui peut attaquer mais qui défend aussi ses acquis.

 

Et sur ce dernier point, faites-moi confiance je ne lâche rien !

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:37

Je reviens d’un petit voyage à Paris pour voir des cavistes et revendeurs de mon vin.

 

L’occasion faisant le larron, j’ai profité de ma présence dans la capitale pour aller voir l’exposition consacrée aux peintres impressionnistes au musée d’Orsay.

On a tellement parlé de cet évènement dans les médias que j’avais vraiment envie de voir ces œuvres.

 

J’en ai pris plein les yeux et au-delà car une vrais œuvre d’art génère autre chose que du simple plaisir visuel. Il se crée avec l’œuvre un lien presque charnel.


Et même en contemplant les tableaux, la vigne n’est jamais loin.

Durant la visite, il n’est apparu plusieurs réflexions.

 

D’une part, le talent est une chose qui ne s’apprend pas. On l’a ou on ne l’a pas. On  peut juste l’influencer  mais on ne peut pas le créer. Brassens disait que « sans technique un don n’est rien qu’une sale manie ».

C’est là qu’intervient l’homme dans la mise en valeur de ce don. L’homme en est l’artisan, il n’en est pas la substance.

 

Je crois donc que les grands terroirs sont comme les grands peintres, ils ont quelque chose que les autres n’ont pas ; une sorte de don.

 

On pourra mettre tous les moyens du monde, on ne rendra pas « grand » un terroir qui ne l’est pas.

 

Et les grands terroirs, c’est comme les grands peintres, il n’y en a pas beaucoup. Nombreux sont ceux qui pensent en être, mais leur conviction, même sincère et profonde n’en fait pas pour autant une réalité.

 

Cela ne remet pas en question le mérite de tous ceux qui n’ont pas de grands terroirs mais qui s’appliquent à faire le mieux possible. Je fais partie de ceux là et vous le savez, je suis fière de mes vins.

 

La deuxième réflexion est plus personnelle, intime. En regardant l’évolution des peintres dans ce mouvement impressionniste, j’y ai aussi reconnu des similitudes avec notre viticulture.

Ils sont progressivement allés à l’essentiel en supprimant le superflu.

Leur coup de pinceau s’est épuré pour ne conserver que l’âme du trait. Pourtant, le tableau n’a rien perdu de son contenu émotionnel pour celui qui le contemple ; bien au contraire.

 

Je pense que notre chemin de vie avec la vigne et le vin nous a amenés, nous aussi à éliminer le superflu pour tendre à ne conserver que l’essence même de notre terroir et de son interprétation par les différents cépages qui y sont cultivés.

Dans cette voie dont nous voyons jamais vraiment le bout, il a fallu vaincre certaines habitudes et idées reçues, dépasser les réactions amusées ou agressives de l’entourage et essayer d’aller à l’essentiel sans le dénaturer mais en le dénudant du superflu ou du superficiel.

 

Tout comme l’impressionnisme est aussi l’art de peindre le quotidien dans sa vérité et aussi sa modestie, notre viticulture est dédiée à exprimer le terroir qui fait partie de notre quotidien ; sans vouloir ressembler à autre chose de mieux ou de différent.

 

Finalement, même dans l’ambiance feutrée d’un musée parisien, la vigne n’est jamais très loin  de mon cœur.

C’est peut-être aussi pour cette raison que mon cœur est aussi présent dans mes vins et que les gens le ressentent.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 17:31

Jean-Michel et moi nous octroyons que peu de sorties chez de collègues vignerons. Et pour une fois, nous avons forcé le destin samedi dernier en allant visiter nos amis Franck Pascal et Isabelle Carles du Château Jonc-Blanc sur le versant de la Dordogne opposé au nôtre.

 

Ce fut à l’occasion de la venue dans la région et chez eux de notre ami commun Eric Bernardin, qui commence un nouveau livre sur Saint-Emilion après le Médoc.

 

Pour l’anecdote, nous avons deux amis « Franck PASCAL », tous deux vignerons, tous deux en biodynamie mais dans deux régions de France. Je salue au passage, le second Franck, qui en plus est bloggeur.

 

Cette visite, souhaitée depuis au moins 2 ans, n’avait jamais pu avoir lieu pour des raisons diverses que l’on pourrait qualifier de « tête dans le guidon ».

Leur parcours comporte des similitudes vis-à-vis du nôtre ; mais avec une interprétation parfois assez différente du métier.

 

Etant dans l’exception viticole en cultivant en biodynamie, nous nous sommes pourtant trouvés bien classiques face aux pratiques de Franck.

Est-ce une partie du classicisme bordelais qui déteint sur nous ou la mise en forme de notre caractère profond ? Sûrement un peu des deux.

Dans ces appellations moins « convenues » que Bordeaux, les gens ont moins d’interdits moraux que par chez nous !

 

Franck travaille dans la « mouvance » des vins natures, c'est-à-dire avec le minimum possible de sulfites, des vinifications minimalistes et des élevages eux-aussi dans la même ligne.

 

Nous avons pu déguster une série de vins du domaine ou d’autres domaines ; tous élaborés sur les mêmes principes.

Les résultats peuvent être franchement bons ou peuvent aussi décontenancer le public non-averti.

Mais justement, souvent les vins « natures » sont destinés à une commercialisation spécifique et à des consommateurs tout aussi spécifiques.


Pour espérer connaitre le succès, il faut maitriser parfaitement toutes les étapes, de la vigne à l’acheminement des bouteilles jusqu’au consommateur. Tout le monde ne peut pas y accéder et une erreur est fatale. Il faut être aussi capable d’assumer un échec et de repartir.

 

Franck possède aussi une vraie approche globale du respect de l’environnement.
Rien à voir avec les sujets d’un de mes précédents posts sur l’environnement à la sauce « je fais rien mais je dis que je vais faire ».

 

Il explore des pistes et nous en explorons d’autres. De la synthèse des deux naitra peut-être une voie d’avenir. Il y a tant de choses à découvrir (ou redécouvrir) !


Après quelques heures de dégustation et de discussion à bâtons rompus, nous nous sommes quittés alors que la nuit était déjà bien avancée.

 

Je ne doute pas que Jonc-Blanc sera un bel exemple à suivre dans les années qui viennent.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 14:43

 C’est fait, nos deux enfants sont maintenant pour 6 mois à l’étranger. Champ des Treilles est né avec deux jeunes enfants et maintenant ils sont sur le point de quitter le nid.

Les jeunes plants qu’on a mis en terre avec eux, au début de cette aventure, sont devenus depuis des vignes adultes.

En se rappelant de l’âge des enfants au moment des plantations, on peut mesurer le temps qui a passé.

 

Dans ce métier, on a tendance à appeler « plante » une parcelle que  l’on a plantée ; même quand elle est devenue adulte depuis longtemps.

L’histoire de la vigne s’écrit avec une unité qui est la génération humaine. Cela fait la différence avec les autres productions. Le temps n’a pas la même portée avec la vigne. Cette notion donne une facette supplémentaire à la dimension symbolique de la vigne qui est chargée de symboles depuis que l’homme a abandonné son existence de chasseur pour devenir agriculteur.


Donc, maintenant il ne faut plus compter sur nos enfants pour nous aider comme c’était le cas jusqu’à présent. Certes, leur présence était devenue plus épisodique  que par le passé, mais quand on avait vraiment besoin de leur aide, ils étaient là. Pour les six mois à venir, il faudra faire autrement.

 

Heureusement, le domaine semble être sur de bons rails et les chantiers type « bagne de Cayenne » sont maintenant derrière nous. Je ne dis pas « oubliés » car ils résonnent encore avec douleur dans mes articulations et ma chair.

 

Ce qui me rassure dans cette nouvelle vie à deux, c’est que Jean-Michel et moi nous entendons à merveille. C’est même un plaisir pour moi de travailler avec lui.

Son autre vie à Pontet-Canet, le coupe d’une réalité de terrain très concrète. La vie à Margueron lui donne la profondeur de champ nécessaire entre le haut et le bas de l’échelle sociale viticole.

Elle lui permet aussi de rester les deux pieds bien posés sur le sol.

 

Et en viticulture, c’est fondamental. La vigne doit avoir les racines bien ancrée dans la terre et les tiges tournées vers le ciel. Pour le vigneron, c’est pareil. S’il doit avoir la tête dans les nuages pour rêver et avancer, il doit garder les pieds sur terre pour éviter de se couper de la réalité.

Encore une dimension symbolique de la vigne…

 

Décidemment aujourd’hui, on cherche le fil conducteur de mon message…

Maintenant qu’on est apiculteurs, on devient un peu comme les abeilles : on butine d’idée en idée sans ordre…

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 09:57

 Depuis quelques années, notre comité interprofessionnel local (CIVB) a développé une démarche appelée Système de Management Environnemental (ou SME pour les intimes). Rien qu’en lisant le nom, on peut avoir des doutes sur la crédibilité de l’édifice…

 

C’est déjà mieux que rien pourrait-on dire ? Certes, mais le problème, c’est justement que ce n’est pas très différent de rien.

 

Les démarches environnementales sont devenues de arguments commerciaux et uniquement commerciaux dans la mesure où le premier poste de pollution, c'est-à-dire les produits phytosanitaires, n’est pas remis en cause.

 

Au mieux envisage-t-on de réduire hypothétiquement leur utilisation avec une échéance suffisamment lointaine pour qu’on puisse en parler longtemps sans avoir à faire le moindre effort. Et entre temps, on aura trouvé une autre idée, un autre point pour diriger les regards, les écartant ainsi de la vue des boites de produits chimiques.

 

Le passage obligé de toute démarche sincère devrait justement être l’abandon des phytos.

Mais, ce n’est évidemment jamais le cas.

 

Si besoin, on va nous expliquer que ce n’est pas le moment car c’est la crise. Evidemment, mais alors on ne doit  pas parler d’environnement. On peut aussi se dire qu’il aurait fallu bouger avant, c'est-à-dire avant d’être le dos au mur sans autre possibilité que l’argumentation gratuite sans acte réel.

 

Que dire d’une pauvre ampoule basse consommation, d’une ruche mourante au milieu d’une nature stérilisée ou de 3 fleurs de jachères fleuries quand il s’agit de relever le défi écologique pour éviter une catastrophe annoncée qui nous fait face en grossissant chaque jour ?

 

Le SME, c’est un peu et même beaucoup le respect de l’environnement à la sauce bling-bling ; c'est-à-dire une façade éclairée sans rien derrière, avec le secret espoir de vendre du vin à des consommateurs naïfs, pleins de bonnes intentions…mais surtout bernés.

 

J’ai au moins un motif de satisfaction. Grâce au SME, je sais au moins à quoi est utilisé une partie de l’argent que je donne tous les mois sous forme de cotisations professionnelles.

Et ça, ça me rassure…

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 19:23

Amateurs de chaleur que nous sommes, nous attendions finalement avec impatience l’arrivée de l’hiver.

Il semble que ce soit chose faite avec des températures proches de zéro pendant des journées entières.
Il était temps.

Nous avons profité de ces conditions nouvelles pour ouvrir en grand les portes du cuvier pour que le froid joue son rôle bienfaiteur sur les vins.

 

Mis à part le vin, les humains ont quand même plus de difficultés à se travailler quand les températures baissent.

Cela n’a pas découragé Jean-Michel et notre fils Thomas qui avaient entrepris une réparation sur le petit tracteur à chenilles acheté l’an dernier. Les engins d’occasion sont peu chers mais ils ne sont pas neufs.

Celui-ci avait un problème de freinage de chenille, handicap majeur pour tourner car c’est justement en bloquant une chenille d’un côté que l’on peut tourner.

Le problème devait être ancien et les anciens propriétaires ne s’en servaient pas beaucoup.

Nous l’avons pour le moment surtout utilisé en travail du sol et son handicap ne gênait pas.

Cela aurait été moins confortable lors de traitements. Heureusement, l’année 2011 a été sèche.

Donc, malgré le froid, père et fils ont démonté et remonté.

Maintenant, le tracteur à chenille fonctionne à merveille. On espère simplement ne pas avoir à s’en servir car c’est un peu comme un camion de pompier. Quand il est là c’est que les choses ne vont pas forcément très bien…

C’était pour Jean-Michel la dernière fois qu’il pouvait avoir l’aide de son fils avant longtemps.

La semaine prochaine il sera au Pays de Galles pour 6 mois.

Quant à sa sœur, Laure elle est déjà partie pour la même durée en Suède. Autant dire que le froid, elle va savoir ce que c’est…

 

Enfin,  je dois aussi signaler qu’en ce 16 janvier, Jean-Michel fête ses 23 ans d’ancienneté à Pontet-Canet.

Entre cette propriété et lui, c’est une longue histoire fusionnelle…

Parfois, j’en suis un peu  jalouse ! Il est l’amour de ma vie et je sais qu’il me le rend bien.

 

Bon anniversaire à cette rencontre entre un grand terroir et un grand vigneron.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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