Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 13:16

Effectivement, le vice n’a pas de calendrier et nous venons pour la première fois de prendre l’apéritif au Vin Passion 2011.

 

Certes, celui-ci n’a pas encore totalement terminé sa fermentation mais qu’importe…

Il est encore trouble, mais qu’importe…

 

Il faut dire qu’après le drame survenu au 2010, on était en manque depuis des mois.

 

C’est donc avec un réel plaisir, un peu d’émotion et une grande avidité que nous avons trempé nos lèvres dans un verre de ce qui portera le nom de Vin Passion dans quelques mois.

 

Il semble que plus le temps passe, plus nos vins sont à la fois complexes et expressifs à un stade précoce. Pour le moment, on est plutôt sur des notes d’agrumes mais il change en presque en permanence.

 

Je ne doute pas que ce  moment sera suivi par beaucoup d’autres, d’abord en petit comité « familial » puis avec des cercles de plus en plus larges d’amis et d’amateurs qui viendront nous rendre visite.

 

Le vin c’est avant tout de la convivialité. Mais celui-là transmet aussi une autre qualité qui, je pense, nous correspond bien, la Passion.

Repost 0
17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 17:09

Hier, comme très souvent, nous avons fait notre tour du dimanche ; moment où on voit le vignoble autrement.

Nos vignes sont superbes. Comme pour nos propres enfants,  on les trouve toujours superbes  mais en cette saison, elles prennent une dimension supplémentaire de bonne santé et de bien-être intérieur.

Je sais, ce n’est pas dans la logique de la viticulture « moderne » que d’employer ces mots pour des plantes. Mais la vigne n’est plus vraiment une plante, elle est animale. Elle possède cette capacité incroyable de transmettre le terroir avec une précision incroyable. Tel un langage peut transcrire des

notions subtiles avec des nuances d’une grande précision, la vigne fait la même chose avec le terroir.

 

DSC04330.jpg

 

Elle a commencé d’aller vers la mort de l’hiver pour mieux renaitre au printemps. Pour cela, on l’a aidée. Les feuilles changent inexorablement de couleur pour aller vers le jaune paille. Il y a toujours du pastel chez nous, marqueur de sérénité et de ce bien-être ; et surtout pas de teintes violentes et agressives.

 DSC04329.jpg

 

Le Petit-Verdot se retrouve dans l’herbe car cette année, elle a poussé tardivement à  une époque où on ne laboure plus les vignes.

 DSC04333.jpg

Les grappes oubliées par les vendangeurs sont toujours là, intactes. Elles pourraient presque nous faire regretter d’avoir vendangé.

 

DSC04332.jpg

 

Mais il y a une saison pour tout et particulièrement dans les blancs, la simple dégustation des grains intacts nous montre que doré ne veut pas forcément dire parfait. Les arômes sont partis avec l’arrivée de la surmaturité.

DSC04334.jpg

Par contre, les grappes de sémillon pourries « noble » nous rappellent combien cette transformation est magique et peut générer des saveurs exceptionnelles.

DSC04335.jpg

On se souvient aussi que c’est pour refaire du liquoreux dans cette région que l’on a repris le domaine. Pourtant, la réalité de la vie nous a bien vite remis sur le chemin de la raison en privilégiant les vins blancs secs et particulièrement maintenant le Vin Passion.

Il me reste encore quelques bouteilles de liquoreux. Mais je ne peux pas dire qu’on en produira de nouveau à l’avenir.

C’est dommage car le liquoreux est bien plus que du vin ; c’est la « substantifique moelle » d’une vigne sur un terroir.

Repost 0
14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 15:31

Après un calme tout relatif, le temps des écoulages est arrivé. Pour le moment, c’est le tour du Merlot. C’est donc  la majorité de la production qu’il a fallu écouler dans la semaine.

Quand je dis que le temps est venu, il faut comprendre que c’est le vin dans le verre qui nous a suggéré que la macération était arrivée à son terme avec un résultat optimal.

Nous nous sommes donc exécutés.

Chez nous, on transfère le marc de la cuve au pressoir, par une hotte, à dos d’homme, à l’ancienne. Ainsi, le marc ne subit aucune agressivité.

Puis, le pressoir fait son travail pour nous livrer ce vin si particulier qu’est le vin de presse ; véritable concentré du terroir qui a vu naitre les raisins. Sa proportion dans l’assemblage doit être ajustée finement pour sublimer l’ensemble. Trop ou trop peu rendent le résultat final très différent et surtout moins bon.

Là encore, c’est avec le verre à la main que se prendra la décision.

Heureusement, on n’en est pas encore là. Après les cuves de Merlot, il y aura le fameux Petit-Verdot ainsi que les Cabernets. Puis les fermentations malolactiques.

 

Donc, pas de précipitation. Vivons donc chaque étape à fond !

Repost 0
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:39

 

 Nos bâtiments viennent d’être visités. Une fois de plus devrais-je dire.

Pour la propriété, c’est la 5ème fois si on compte un « découvrage » de toiture avec « bombage » de sirène d’alarme. Il faut aussi ajouter le cambriolage de la maison de Pauillac.

Je pense être au dessus de la moyenne des statistiques.

 

Cette fois-ci, le butin est bien maigre et pas vraiment en relation avec la dégradation des portes. L’alarme a sûrement joué son rôle dissuasif.

 

Chaque fois, on se dit qu’à force, on s’est constitué une carapace et qu’on ne sera pas atteint dans sa chair. Pourtant, quand cela se produit, on ressent toujours ce même sentiment de violation de son intimité, d’injustice de se voir dérobé du fruit de son travail. Je pourrai ajouter le dégoût en pensant aux heures et journées courbée à quatre pattes pour gratter les euros un par un ; alors que certains vivent uniquement de larcin ou de trafic dans une totale impunité.

 

Le plus terrible, c’est quand on se doute que cela va arriver, avec un véhicule inconnu qui tourne et retourne dans le coin pendant plusieurs jours.

 

La délinquance a depuis longtemps quitté les villes pour s’exporter dans les campagnes.

Entre les vols de câbles électriques sur des lignes sous tension et les cambriolages de maisons ou d’entrepôts, il y a de l’activité presque tous les soirs.

 

Pour les forces de l’ordre, les priorités vont à des choses bien pires encore.

Alors, une porte enfoncée pour quelques bouteilles, une tronçonneuse ou un bijou, pensez-donc…


Et quand le matin on constate que l’on n’a rien subi, on finit par se sentir chanceux.

 

Ça plus tout le reste : notre société sent vraiment la fin de cycle…

 

Repost 0
3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:39

Les vendanges 2011 viennent de s’achever et les fermentations sont encore en cours pour tous les cépages rouges.

Pourtant, nous entrons aujourd’hui dans le millésime 2012 avec un traitement biodynamique.

Sans se noyer dans les détails, on peut dire qu’il va aider la vigne à s’endormir après cette saison pour pouvoir se réveiller en pleine forme et sûre d’elle au printemps prochain.

Une caractéristique de la vigne, c’est qu’elle possède une sorte d’animalité qui fait qu’on peut en parler presque comme s’il s’agissait d’un animal ou d’un homme.

Avant cela, il a quand même fallu remettre en fonctionnement les pulvérisateurs démontés ou remisés pour la durée des vendanges.

Pour bien marquer la fin de la campagne 2011, les cagettes doivent aussi être lavées une dernière fois avant leur stockage jusqu’à  l’an prochain. La liste des choses à faire est longue…

Un grand et bon moment de l’année, c’est quand on rentre le matériel de réception de vendange et le pressoir dans le garage.

Mais avant tout, il convient de  profiter totalement du temps sec qui s’est installé depuis quelques jours. Les sols sont totalement secs en surface et on peut accéder aux parcelles sans difficulté.

Si on en croit les prévisionnistes de la météo, cela risque de ne pas durer. Donc, on fait le traitement biodynamique en priorité.

Le reste attendra un peu.

 

Repost 0
1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 08:56

Hier, c’était le traditionnel déjeuner qui clôture les vendanges. Les noms varient d’une région viticole à l’autre et même d’une petite région à l’autre. Pour nous, c’est la Gerbebaude.


Tous les ans, on reste fidèle à ce rituel qui permet de partager quelques moments supplémentaires avec les vendangeurs dans des conditions plus détendues que celles de la récolte.


C’est un moment simple et sincère ; à l’image de la décoration de table.

 

table.JPG

 

Le menu n’est pas celui d’un trois étoiles. On est plutôt dans la bonne cuisine de terroir avec l’incontournable plat de charcuterie qui, le reste de l’année, ne fait pas partie de mes habitudes !

 

Le noyau de mon équipe vient depuis le début de notre aventure. Avec le temps, des liens se sont tissés.

A la vigne, au tri, au lavage des cagettes, (…) chacun a une tâche bien spécifique depuis plusieurs années et je l’espère pour longtemps encore.

Et même pour ce repas, il y a un rituel dans la préparation où chacun à un rôle précis à jouer.


C’est ce qui fait la force de l’équipe. Certaines têtes nouvelles viendront se souder au groupe, d’autres passeront.

 

Ce repas est aussi une vraie étude sociologique car on peut mieux cerner le parcours des gens ainsi que leur personnalité vraie. Souvent, après un verre de vin, les personnes se "lâchent" plus facilement.

Parfois, on apprend des choses amusantes,  parfois de vrais drames qui ont émaillé leur vie. Et, je ne ressors jamais totalement indifférente, ni tout à fait la même.

 

Ce petit moment de vie fut donc une réussite pour clôturer une vendange 2011, physiquement éprouvante comme toutes les vendanges, mais excitante (comme toutes les vendanges) et pleine de promesses,…comme toutes les vendanges.

Repost 0
28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:18

C’est fait, les vendanges 2011 sont maintenant à classer dans la rubrique des souvenirs.

 

Hier soir, nous avons terminé le Cabernet Franc, cépage important par rapport à l’idée que j’ai de l’assemblage idéal dans nos terroirs.

Comme c’est souvent le cas cette année, le rendement n’a pas été à la hauteur de mes estimations faites sur pied. Mais la qualité semble très prometteuse.


Donc ce matin, il ne restait que le Cabernet Sauvignon.

Nous n’en avons que très peu sur le domaine. Donc, la chose a été entendue en peu de temps et les cagettes de ce dernier cépage ont rejoint le cuvier.

 

photo-3-0559.JPG

 

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de ce millésime peut-être un peu plus particulier que les autres.

Pour le moment, l’heure n’est pas encore à prendre du recul mais plutôt à rester concentrée sur les vinifications qui en sont à tous les stades.

 

Les blancs viennent de terminer leur fermentation. Les cuves de Merlot s’étirent sur des plages de densité relativement larges.

Les jeunes vignes récoltées en premier en approchent de la fin de fermentation. Par contre, les meilleures parcelles, porteuses de l’âme des vins du domaine, sont encore à mi-courbe de densité.

 

Le Petit-Verdot fait lui aussi son chemin en étant encore très sucré.
Enfin, les Cabernets ne sont encore que des jus.


A chaque cas, il faut donc avoir une attitude adaptée, loin des formules standards.

Comme toujours chez nous, l’outil principal de décision est le verre de dégustation.

 

Il faut déguster et déguster encore ce vin qui n'en est pas tout à fait vraiment un, en essayant d'anticiper ce qu'il pourrait devenir si choisissait telle ou telle option de vinification.

 

Simple à dire…

Repost 0
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 06:08

La dernière ligne droite des vendanges 2011 va s’ouvrir à nous ce matin avec le début de la récolte des Cabernets.


Dans ces premiers jours de la semaine, on va s’occuper du Cabernet Franc.

Il est magnifique et hier, en me baladant dans les rangs lors de mon tour des vignes dominical, j’avais envie de croquer à pleines dents dans les grappes, tant elles sont belles, dodues et parfaitement à point.

 

cf.JPG

 

Les quelques jours de sursis que je leur ai accordés, ont vraiment fait du bien. C’était un pari risqué car tout autour de moi, les raisins rouges, tous cépages confondus, ont rejoint souvent depuis longtemps, les chais et autres caves coopératives.

 

Pour en revenir à nos vignes, viendra ensuite et enfin le Cabernet Sauvignon, septième cépage de la maison. Après cela, on pourra vraiment dire que la récolte est terminée.

 

Mais pour le moment, on n’en est pas encore là.

 

Et surtout pour le moment, j’ai du travail qui m’attend…

Repost 0
23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:47

 Une fois le Merlot terminé mercredi soir, j’ai préféré attendre aujourd’hui vendredi pour récolter ma parcelle de Petit-Verdot.

 

L’état sanitaire parfait ainsi que les conditions chaudes et sèches du moment m’ont incitée à attendre un jour de plus.

Sans vouloir asséner trop rapidement des certitudes, je peux néanmoins affirmer que 2011 sera une très bonne année pour le Petit-Verdot.

 

photo-3-0547.JPG

 

 

Puis, les conditions plus humides de l’été ont été une bénédiction pour lui. Le Petit-Verdot aime avant tout la fraicheur.

On a donc une récolte naturellement équilibrée et surtout des raisins qui ont beaucoup de saveurs.


Maintenant, il me reste à faire le travail de vinification. Chez nous, le mot travail n’est pas exactement le bon terme car particulièrement avec le Petit-Verdot, il convient de ne rien faire ou d’en faire le moins possible.

Avec la viticulture que nous appliquons, les raisins se livrent d’eux-mêmes avec toute la sincérité que nous souhaitons.

Une attitude agressive de ma part ne pourrait que diminuer la qualité et finalement rendre le vin moins équilibré et moins bon.

 

Après cela, il reste les cabernets à récolter. Les conditions anticycloniques annoncées et l’état sanitaire excellent m’ont conduite à n’envisager leur ramassage que la semaine prochaine.

 

J’attends sans précipitation et en faisant confiance à mes raisins...

Les semaines sèches du printemps ont généré une récolte faible par des grappes très aérées.

Repost 0
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 11:16

La récolte a repris avec le Merlot, qui représente chez nous le cépage le plus important en surface.

Pour la première fois de la saison, il a fallu vendanger sous un petit crachin pendant quelques heures. Puis heureusement, le soleil est revenu et les imperméables ont été remisés.

vendange-1.JPG

 

Heureusement, la pause casse-croute est toujours possible !

 vendange 2

 

Les grains ont maintenant atteint leur maturité optimale et il n’est plus question d’attendre.


Avec les grappes de merlot, on a pu faire les premiers remontages de la saison. Le début d’un long et méticuleux travail uniquement guidé par le verre et les papilles gustatives.

 remont1.JPG

 

Parmi tous les remontages, il en est un qui compte plus que les autres ; c’est le premier remontage de la première cuve remplie.

 

C’est le moment où je me dis qu’on va y arrivé et que le travail de l’année est là sous mes yeux. J’ai toujours un petit frisson dans le dos quand j’ouvre pour la première fois la vanne de la première cuve ; laissant s’écouler ce jus pas encore vraiment coloré mais tellement porteur d’espoir.

 

remont2.JPG

 

Ce jus c’est le résultat d’une année de travail mais aussi et surtout de toutes les idées que nous appliquons au quotidien, que nous faisons évoluer dans cette viticulture différente que nous avons choisie.

 

Rang après rang, parcella après parcelle, la proportion de vignoble vendangée augmente inexorablement.


Maintenant, il faut penser aux autres cépages présents sur le domaine, Petit-Verdot et Cabernets.

Là aussi, il va y avoir des décisions à prendre…

Repost 0

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche