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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 13:53

C’est fait, la récolte des blancs est terminée ; vite terminée.

J’ai dû me résoudre à réduire mes espérances de rendement. Ce n’est plus 20 hl/ha mais un peu moins de 19 qu’il faudra inscrire sur la déclaration de récolte.

Heureusement, le jus tout juste débourbé sent particulièrement bon. Les équilibres en bouche semblent être eux-aussi particulièrement favorables.

Il faut juste attendre que les levures commencent leur travail et ensuite on en saura un peu plus.

Evidemment, chez nous les levures sont celles qui étaient naturellement présentes sur le raisin. La métaphore est longue et fastidieuse mais je la préfère encore à l’expression « levure indigène » qui dans mon esprit tordu comporte d’autres connotations.

 

Quoi qu’il en soit, le Vin Passion 2010 sera distribué avec parcimonie.

 

Maintenant, il faut pense au rouge dans quelques jours.

 

Cette année, avec la grêle, la donne a changé. Les maturités se trouvent hâtées par la faible récolte ; particulièrement dans les parcelles très touchées par les morceaux de glace.

Il faut donc déguster les baies fréquemment et avec concentration pour déterminer le moment le plus opportun pour vendanger chaque endroit.

J’ai aussi fait quelques prélèvements de raisin pour avoir une idée encore plus précise de la situation.
Mais c’est la dégustation du raisin qui permettra de trancher.

 

 

 

 

CONTROLE-MAT1.jpg

 

 

CONTOLE-MAT2.jpg

 

MATURITE.JPEGUne autre décision plus délicate et cruelle permettra de trancher quant à l’opportunité de vendanger ou non certaines zones. Les dégâts de grêle sont tellement importants par endroits qu’il n’est pas rentable de faire passer les vendangeurs.

 

RAISINS-GRELES1.jpg

Avec un kilo de raisin par rang, à quoi bon dépenser encore de l’argent pour récolter quelques graines.

C’est très dur de tenir de tels propos mais c’est la réalité. On cultive toute l’année avec amour et dévouement une parcelle, puis sa récolte et quasiment anéantie par la grêle. Le deuxième cataclysme, c’est d’être obligé de ne pas récolter le peu qui reste.

Faudra-t-il que j’y aille seule le matin de bonne heure ou le soir tard pour récolter malgré tout ces trois raisins sans dépenser d’argent ?

Je ne sais que faire.

 

Pour le moment, on n’y est pas encore et il faudra y repenser le moment venu.

 

Heureusement, dans ces instants de doute,  on trouve parfois un pied de raisin de table perdu dans une parcelle.

 

RAISIN-TABLE.jpg

 

Il permet de passer quelques bons moments…

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 12:54

C’est déjà le troisième jour de vendange et déjà on se rapproche de la fin pour les blancs.

L’intérêt principal de la grêle est de rendre les vendanges plus courtes. On dépense moins d’argent. C’est toujours ça !

 

Les journées sont malgré tout très longues et j'ai peu de temps pour écrire.

 

Il est encore trop tôt pour le dire avec précision, mais je pense avoir environ 20 hl/ha pour les 3 cépages blancs confondus. Ce n’est pas beaucoup mais c’est ainsi.

 

photo-3-0165.JPG

 

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Au moins, la qualité est là, bien présente. Pour le reste, on verra plus tard...

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 12:11

 

On y est enfin. Les vendanges viennent de commencer ce matin pour les blancs.

Ce week-end, tout avait été préparé pour le grand jour.

 

Remorques :

DSC03083.JPG 

 

Paniers :

DSC03084.JPG

 

 Sécateurs :

DSC03085.JPG

 

Maintenant, c'est parti :

 

photo-3-0163.JPG

 

photo-3-0162.JPG

 

Le soleil brille, les raisins sont beaux et dorés.

 

Mais dans notre coeur, le millésime 2010 a basculé ce soir de mai lorsque la grêle a emporté une grosse partie de la récolte.

 

Aussi, il y a un sentiment d'amertume dans cette joie apparente...

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 07:37

Comme très souvent et même comme de plus en plus souvent, je viens d’avoir une série de visites, sur deux jours, de la part de clients potentiels, cavistes ou marchands de vin au sens large.

 

J’en suis à la fois flattée et surprise tant notre petit domaine est éloigné des grands axes de communication. Pour venir jusque là, mes visiteurs doivent avoir une vraie motivation.


Certains sont des habitués de la vente et ils continuent de prospecter en essayant de découvrir de nouvelles références pour leur commerce.

D’autres se lancent et arrivent avec un projet de commercialisation qu’ils ont mûri seuls ou en famille. Ils espèrent ainsi avoir LA bonne idée qui leur permettra de vivre de leur passion.

Ceux-là, souvent jeunes, sont en général très sensibilisés à la bio et la biodynamie.

Les visites sont donc alors particulièrement faciles. On peut plus parler d’échange que de visite car ces passionnés, ex-amateurs et presque pro ont une culture du vin bien plus importante que la mienne ; de très loin.

 

Par contre, leur connaissance de la biodynamie s’arrête souvent après quelques généralités ou des notions particulièrement théoriques ; même si elles sont médiatiques.

Il faut donc leur expliquer ce qu’est vraiment la biodynamie en la positionnant dans ce grand « tout » qu’est le vivant.

Pour cela, des exemples concrets leur permettent rapidement d’en comprendre certaines subtilités et le caractère génial et universel de cette technique – philosophie de vie.

 

Bref, ces visites sont des moments forts de partage et de convivialité.

 

Encore une fois, quel autre produit que le vin peut générer de tels instants ?

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:38

 

La main d’œuvre (familiale) aidant, nous avons soutiré nos barriques de 2009 avant le rush des vendanges.

 

Ces jours là, c’est toujours un peu du sport dans les chais car il faut préparer de quoi stocker plusieurs dizaines de barriques vides à la fois.

 

Tout d’abord, il faut préparer un tain qui recevra les barriques en égouttage.

 SOUTIRAGE-1.JPG

 

Il est à placer pratiquement au centimètre près.

 

 SOUTIRAGE2.JPG

Malgré tout, c’est toujours très juste pour passer ; même en étant mince.

 SOUTIRAGE3.JPG

 

Puis il y a la séance de remplissage. Ici, c’est Laure qui s’en charge.

 

 SOUTIRAGE4.JPG

Puis, il y a la quiétude du soir.

 SOUTIRAGE5.JPG

 

Le moment de récupération et de grande quiétude…

 

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 06:25

La semaine dernière, j’ai eu le contrôle Ecocert de l’année. C’est devenu une routine depuis le temps.

L’année culturale fut facile au regard du Mildiou aussi j’ai été particulièrement fière d’afficher mes consommations de cuivre.

 ecocert.jpeg.JPG

 

Au-delà de l’absence physique et comptable de pesticides, c’est pour le cuivre que le contrôle est rigoureux.

Les stocks avant et après la saison sont analysés en fonction des consommations annoncées et des factures d’achat. La cohérence des chiffres est systématiquement vérifiée.



C’est encore une différence notable entre les bios certifiés et tous les autres, « bios non-certifiés » ou « chimiques ». On doit rendre des comptes quant à nos pratiques vis-à-vis du cuivre.

Souvent, en fin de saison, avec deux ou trois traitements au cuivre, les conventionnels utilisent autant de cuivre que nous dans toute la saison ; ... en plus de tout le reste. Pour parler chiffres, l’autre jour un voisin a utilisé 1200 grammes en un passage alors que dans le même temps les parcelles bios certifiées voisines n’en recevaient que 125 grammes !

 

Après l’examen des factures et du local de stockage des produits, nous faisons un tour complet du vignoble avec la contrôleuse.



ecocert2.jpeg.JPG

Son œil expert est là pour déceler d’éventuelles traces de désherbants chimiques ou autres pesticides. Je suppose qu’avec le temps, elle a pu mettre en place des critères simples pour se faire une idée. Il est sûr qu’une vigne en bio sans un pied d’herbe ou des bouts de rangs particulièrement propres, cela peut faire naitre des doutes…

 

Heureusement, chez moi rien de tout cela, il y a de l’herbe un peu partout. On considère l’entretien du sol dans la globalité du respect de l’environnement. Le nombre de passage de tracteurs est volontairement réduit au minimum acceptable.


Au final, rien à signaler après ce contrôle. Si ce n’est que l’évolution de la réglementation bio vers plus de « flexibilité » ne va pas rendre les contrôles plus efficaces ni les consommateurs plus sûrs lors de leurs achats de produits bios.

Mais c’est un autre sujet…

 

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 09:20

Hier, il y avait dans le journal  SUD-OUEST un grand article consacré à notre projet au Champ des Treilles.

 

L’auteur Claude Petit, que nous avons reçu la semaine dernière, a pris le temps de comprendre notre démarche.

A lire l’article, je pense qu’il a pris toute la mesure de la profondeur de la démarche dans laquelle nous nous inscrivons.

J’espère qu’il donnera envie à certains de faire un pas vers cette voie exigeante mais tellement excitante qu’est la biodynamie.

 

Merci à lui et bravo pour cet article vrai :

 

Viticulture : Bio et dynamiques

  

Jean-Michel et Corinne Comme sont à l'écoute de leurs vignes du Champ des Treilles, qu'ils soignent avec douceur et passion en biodynamie.

 

photo-sud-ouest.jpg 

 

Les époux Comme conjuguent simplicité et talent au Champ des Treilles, à Margueron. ph. claude petit

 

La charrue ne paie pas de mine. Un solide cadre en fer un peu rouillé, quatre socs rudimentaires, c'est tout. « Elle a au moins 30 ans, reconnaît Jean-Michel Comme, mais ça marche très bien, ça suffit largement. Pas besoin d'un gros engin pour la tracter. Pourquoi acheter le dernier modèle high-tech surdimensionné ? Pour s'endetter encore un peu plus ? »

Jean-Michel et son épouse, Corinne, ont une idée de la société de consommation qui ferait frémir les marchands de matériel agricole et autres usuriers du monde paysan. Dans leur propriété familiale du Champ des Treilles, à Margueron, aux confins de la Gironde et du Lot-et-Garonne, pas de démonstration de force. Tout se passe dans la douceur et l'harmonie. Corinne veille sur ses vignes comme une mère le ferait sur ses enfants.

  

De la sève dans les veines

Jean-Michel, par ailleurs régisseur du Château Pontet-Canet, grand cru de Médoc, l'assiste quand il le peut. Mais tout repose sur les épaules de Corinne, qui n'ont de fragilité que l'apparence. « Je me suis retrouvée vigneronne un peu par la force des choses, mais j'y ai très vite pris goût. J'y éprouve une sorte de liberté », confie-t-elle. Les deux époux nourrissent la même passion pour cette plante exigeante. Corinne dit de Jean-Michel « qu'il a de la sève dans les veines ».

Cette passion commune, ils l'ont entretenue par un cheminement personnel qu'ils ont fait sur la voie de la compréhension du vivant dans son ensemble.

« La biodynamie nous aide à comprendre, explique Corinne. Ce mode de culture s'est imposé naturellement. Lors d'une présentation d'un énième anti-botrytis, qui devait, selon le labo, être miraculeux, je me suis dit que ça suffisait. Il fallait arrêter tous ces poisons. »

« Un jour, il se passera avec ces produits ce qu'il s'est passé pour l'amiante », prédit Jean-Michel. « Ça n'a pas été évident, reprend-il, notre formation scientifique d'ingénieur ne nous prédestinait pas à ça. Il est plus facile d'aller acheter une boîte et de la balancer dans le pulvérisateur que de chercher à comprendre le pourquoi des choses. Mais, pour autant, je comprends que tout le monde n'adhère pas. Je n'ai pas une âme d'évangéliste. Si on veut venir voir comment je travaille, je l'explique, mais je ne suis pas un vendeur de lune. »

 

L'observation les guide

« Nous sommes des paysans, pas des philosophes, reprend la vigneronne, c'est l'observation qui guide nos choix. La biodynamie, c'est pour nous une boîte à outils dans laquelle on pioche pour aider la vigne, rarement pour la contraindre. C'est l'expression du sol qui est importante, le cépage est secondaire et les vinifications encore plus. Tout se passe à la vigne. »

Cette vérité, elle est bien palpable dans le vin des époux Comme. Dans le blanc, dont ils ont arrêté l'élevage sous bois, qui, selon eux, masquait sa véritable identité. Dans le rouge, dont l'équilibre et la franchise font référence.

« La vigne est une plante pérenne, on a le temps de faire avancer les choses, il faut être patient, souligne le maître de chais de Pontet-Canet. Tous les jours nous mesurons tout ce que nous avons encore à apprendre. »

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 16:15

Depuis quelques temps, ce blog était muet. C’est rare mais ça arrive.

La raison était simple. J’étais à la mer !!

 

Après de nombreuses années sans vacance pour cause de budget trop serré ou plus exactement inexistant, nous nous forçons maintenant à prendre quelques jours de repos sans autre occupation que la lecture et le farniente.

 

Cette fois-ci, nous sommes allés sur le bassin d’Arcachon. La dernière fois que j’y étais allée, je vivais encore avec mes parents. Pour Jean-Michel, c’était encore pire car chez lui, la mer c’était un ou deux dimanche par an, départ de Margueron le matin, retour le soir.

 

Donc pour nous, c’étais presque une grande première !

J’avais bien-sûr amené un Stephen King et Jean-Michel s’est attelé à la biographie en Anglais d’Abraham Lincoln.

 

A force, j’aurai lu plusieurs fois en Français et en Anglais tous les livres de mon auteur favoris et Jean-Michel connaitra par cœur l’histoire américaine.

 

S’il y a un secteur pour lequel nos goûts divergent, c’est bien celui des genres littéraires. Il ne lit que des livres historiques et je ne lis que des romans (surtout de Stephen King).

 

Notre escapade dans ce haut-lieu de villégiature pour Bordelais fut aussi d’un intérêt sociologique évident.

On y croise des connaissances dans un milieu différent de celui habituel.

 

Il y a les flambeurs dont le but n’est que de faire des allers-retours dans le centre urbain avec quelque vieux coupé de sport décapotable.

 

Il y a aussi la Méhari rutilante aux mêmes couleurs que la maison devant laquelle elle est garée.

 

J’allais oublier les incontournables citadins qui avec la proximité de la mer s’habillent comme de vieux loups de mer avec casquette et vareuse.

 

Enfin, je n’oublie pas tous ceux qui paradent tous les week-ends sur leur bateau à moteur à faire des ronds inutiles dans l’eau.

Bon nombre d’entre eux doit se dire sensibilisé au réchauffement climatique en regardant d’un mauvais œil l’agriculture consommer du carburant.

 

Il y a peut-être même certains pour lesquels l’excès de pets des vaches constitue une menace grave pour l’avenir de la planète….

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Corinne Comme - dans Divers
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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 08:56

Seulement deux photos qui en disent long sur la violence de la foudre, lorsqu’elle tombe sur la vigne :

 

 DSC02905.JPG

 

DSC02908.JPG

Impressionnant, non ?

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 08:48

Samedi, j’avais deux visites du domaine prévues dans la journée.

Le premier rendez-vous, avec des Anglais, était fixé « après le marché de Sainte-Foy ». Très précis.

Le deuxième, plus traditionnel était pour 14 heures.

 

Bilan, les deux véhicules sont arrivés exactement au même moment, l’un derrière l’autre ; comme s’ils étaient ensemble.

Aussi, j’ai demandé son aide à Jean-Michel. Il a pris en charge les Anglais et moi les Français.

 

Ces derniers sont partis d’abord. J’ai ainsi pu rejoindre Jean-Michel et les britanniques.

 

Les vins se goûtaient particulièrement bien et l’ambiance était parfaite, installés dehors sous un arbre.

 

Aussi vers 15h 30, les invités ont demandé l’autorisation de sortir le poulet et le pain achetés plus tôt au marché.

 

 

anglais.jpeg

 

La dégustation s’est alors transformée en une sorte de pique-nique improvisé et sympathique. Jean-Michel a ensuite ouvert un Grand-Vin rouge 2000 pour accompagner le poulet et remplacer les rouges plus récents et dont les bouteilles étaient devenues vides.

 

On a parlé de tout et de rien. De vigne et de vin, bien sûr mais de plein d’autres choses.

Puis on s’est quittés, amis et ravis d’avoir partagés ensemble ces quelques moments simples et forts à la fois.

 

C’est ça la magie du vin.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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