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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 14:32

C’est la réflexion que se font souvent les gens qui travaillent la terre. Et c’est une réalité !

Alors que le deuxième relevage arrive à sa fin, c’est maintenant l’heure du second passage d’épamprage, c’est-à-dire de suppression des gourmands.

On a déjà réalisé cette opération en début de saison mais d’autres rameaux se sont développés depuis. Plus le premier passage est précoce, plus il en repousse mais aussi plus la zone des grappes sera entassée ; ce qui favorise le développement du mildiou.

Donc, pour moi c’est l’époque de la suppression de ces gourmands développés depuis le premier passage au début mai. Certaines de ces tiges sont devenues grandes et fortes et nécessitent l’utilisation d’un sécateur pour les couper. J’en profite aussi pour détruire les plantes qui ont été épargnées par les charrues. Certaines menacent de dépasser la hauteur des rangs. Temps qu’elles ne gênent pas les raisins, l’inconvénient de leur présence est uniquement esthétique.

Mais dans ce métier, l’esthétique passe encore souvent devant des considérations qualitatives ou environnementales. C’est ainsi. Un bon vigneron est celui qui a des vignes propres et coupées au carré et pas forcément celui qui fait du bon raisin et du bon vin !

On en voudra à celui qui a les vignes pas trop propres car il n’utilise que des charrues pour contenir l’herbe. Par contre, on ne trouve rien à redire d’avoir des vignes « propres » au prix de l’utilisation de produits chimiques qui détruisent la vie et contaminent les nappes phréatiques.

Ainsi va notre métier.

Pour en revenir à nos pampres, j’ai fait une équipe pour aller plus vite ; une de mes vendangeuses de l’an dernier et moi ! Quelle équipe…

Mes avant-bras sont griffés et mon dos me rappelle à tout moment que la terre est basse.

Mais ce n’est pas grave car la récolte est belle et les vignes respirent la bonne santé.

C’est le principal et le reste n’est que détail vite oublié…

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 16:55

Je viens de vivre une semaine intense dans la vigne.

Je l’avais signalé précédemment, la vigne pousse à grande vitesse après les mois de pluie d’hiver et de printemps. Un peu de soleil sur des réserves hydriques conséquentes, et la vigne s’en donne à cœur-joie.

Pour avoir un tableau complet de la situation, on peut ajouter une météo capricieuse qu’il est difficile de prévoir.

Dans beaucoup d’endroits, ma vigne ressemblait à une forêt vierge ; vous savez de celle dont on parle quand on veut dénigrer un vigneron bio…

Le fait d’avoir des branches au sol n’est pas grave en soi, mais quand il faut passer avec le tracteur pour traiter, cela devient problématique, ou plus exactement destructeur.

Quand on sait combien de jours nous séparent du prochain passage d’engins, on peut planifier les relevages et s’organiser au sens large pour travailler sans stress.

Mais en ce moment, comme souvent, le temps annoncé le matin n’est pas le même que le soir. Donc, tout programme est susceptible d’être revu voire même changé en quelques heures.

Nous avons donc relevé les rangs de vigne en faisant au plus vite et au plus urgent. La chaleur lourde n’arrange rien même quand on fait la journée continue en commençant à 6 heures du matin.

Ce qui est bien pratique quand on est vigneron, c’est-à-dire son propre patron, c’est qu’on peut faire soi-même les 2-8 en continu, soit deux journées en une.

Heureusement, le tracteur a ensuite pu faire son traitement sans encombre et surtout sans dégradation sur la vigne.

Cela nous laisse un peu de temps jusqu’au prochain.

Il y a eu aussi une panne de l’enjambeur refusant obstinément de passer la marche arrière. Heureusement, il a eu la courtoisie de se mettre à ne plus marcher quand il a eu fini de traiter. Le problème reste en suspens et j’attends avec impatience que Jean-Michel se penche sur son cas.

J’espère surtout qu’il trouvera la solution car cet engin est le seul enjambeur dans un rayon de plusieurs dizaines de km car nous sommes les seuls à avoir des vignes à 1 m de large dans le même rayon. Donc, la culture locale de l’enjambeur est proche de zéro…

Si Jean-Michel ne sait pas réparer, problème…

Tout cela ne doit pas faire oublier les factures à émettre et celles à payer, les formalités administratives obligatoires à acquitter, les expéditions à préparer,…

J’allais oublier le temps libre pour souffler un peu. Finalement, il n’est pas prévu au programme.

Ouf, c’est déjà une ligne de moins dans la longue liste…

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 09:11

En souhaitant écrire ce post, un titre m’est venu naturellement : « que ma vigne est belle ».

Malheureusement, je l’avais déjà été utilisé il y a pratiquement deux ans jour pour jour comme un clin d’œil à qui vous savez.

De ce fait, je dois donner une autre interprétation de mon état d’esprit lorsque je regarde ma vigne en ce moment ; d’où ce titre sans ambiguïté.

Après des années passées dans ce métier de vigneronne qui s’est imposé à moi, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il existe une perfection viticole c’est-à-dire un état des ceps de vigne qui va provoquer un instant d’émotion chez celui qui le regarde. Encore faut-il que cette personne possède un peu de sensibilité, ce qui est assez rare chez les vignerons, souvent plus impressionnés par la puissance d’un tracteur ou la coupe au carré d’une vigne que par la beauté sensible d’un pied de vigne !

Dans ce monde de viticulture aseptisée, voire tout simplement industrielle, il peut paraitre difficile voire même anachronique de parler d’émotion à la vue d’un pied de vigne.

Pourtant, c’est bien le sentiment qui m’anime. Seule la vigne qui atteint ce stade peut ensuite produire les vins, trop rares, qui vont toucher le dégustateur au plus profond de son âme.

Si le blé nourrit le corps, le vin est destiné à nourrir l’âme. Il faut donc produire le vin dans des vignes chargées d’émotion ; sinon, ce vin ne deviendra qu’une simple boisson.

Une vigne forte mais dans une certaine retenue, une vigne qui s’étire vers le ciel tout en étant solidement ancrée dans la terre, une vigne qui va lier la subtilité infinie du sous-sol à l’immensité du ciel qu’elle cherche à atteindre et enfin une vigne qui vit autour de ses raisins et surtout pour eux.

Voilà cette vigne qui bat dans mon cœur et qui m’amène de petites larmes au coin des yeux quand je la regarde…

Toujours belle à pleurer
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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:49

Ces derniers jours j’ai eu l’occasion de recevoir à la maison pour des visites des gens d’horizons si différents que j’ai apprécié de faire ce métier.

Les premiers étaient des amateurs australiens. Ils avaient été aiguillés par des professionnels à l’occasion d’un séjour dans la région. Evidemment, ils n’ont pas franchi les océans uniquement pour moi !...

Malgré tout, je suis toujours impressionnée que des personnes habitant à l’autre bout du monde puisse un jour prendre leur téléphone pour venir à Margueron afin de visiter Champ des Treilles, parler avec moi et déguster mes vins.

La biodynamie expliquée leur est apparue comme une évidence par sa logique, son caractère global et la simplicité de l’approche.

Puis, de fil en aiguille, dans la conversation, on s’est trouvé un ami commun…au Japon ; un autre endroit du monde.

De fait, à l’époque de l’hyper-communication, chacun a pu faire part de cette anecdote à l’autre et ainsi de suite. Ainsi, des mails ont circulé entre chez nous, le Japon et l’Australie. On vit une époque incroyable (au moins de ce côté-là).

Plus récemment, c’est un caviste implanté à Varsovie qui a frappé à ma porte. Autre endroit, autre culture, autre relation avec le vin. Mais toujours, volonté d’être dans la sincérité vis-à-vis du vin et de la nature.

Là-aussi, la biodynamie est apparue comme une évidence à mon interlocuteur.

Le plus marrant ou triste, c’est justement que les praticiens, ceux qui vivent avec la vigne au quotidien, ne sont plus capables de regarder ou d’écouter leurs ceps et la nature qui les entoure.

Les amateurs l’envisagent très bien et entrent très facilement dans ce monde de l’approche symbolique des choses, où tout détail du vivant veut dire quelque chose, a sa propre signification.

Va comprendre…

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:30
Récolte des fleurs

Actuellement, c’est la pleine période de récolte des fleurs pour les tisanes de l’an prochain et plus particulièrement l’Achillée Millefeuilles.

Elle pousse en abondance sur le bord des routes ou dans les talus. Parfois comme l’an dernier, elle était tellement présente qu’on ne voyait qu’elle ; au moins pour les gens qui regardent les plantes depuis leurs voitures.

Elle est le symbole de l’élément Air et de la fleur au sens large.

En effet, dans la vie de plante, elle n’est dédiée qu’à sa fleur qui domine la tige et qui en constitue l’aboutissement. Au fur et à mesure que la tige se développe depuis le début du printemps, les feuilles deviennent de plus en plus découpées et de plus en plus aériennes. Ce dernier caractère atteint son paroxysme avec la fleur qui domine l’ensemble. En fait, pour rendre l’ensemble encore plus aérien, ce n’est pas une fleur mais une accumulation de minuscules fleurs. C’est donc un sentiment de légèreté qui domine quand on la regarde.

L’Achillée se dépêche donc de fleurir mais quand ce moment est atteint, elle s’arrête et ne change pratiquement plus. Certes, la couleur blanche brunit pour devenir progressivement marron mais l’architecture générale ne change plus jusqu’à sa disparition en hiver.

Ces changements sont les marqueurs de modifications profondes qui vont voir se former une graine pour perpétuer l’espèce ; mais c’est à peu près tout.

L’Achillée vit pour sa fleur.

C’est une plante centrale de la « boite à outils » biodynamique. Evidemment, elle est présente dans les préparâts spécifiques qui sont ajoutés au compost.

Mais elle intervient aussi beaucoup chez nous dans les tisanes au printemps dans les jours et semaines qui précèdent la floraison de la vigne. J’aime beaucoup l’utiliser et pense même ne pas assez profiter de ses bienfaits.
En général, comme la nature est bien faite, on commence à trouver des fleurs d’Achillée quand la vigne en a besoin. Cependant, les zones de collecte étant parfois fauchées précocement, il peut arriver qu’on n’en trouve pas vraiment au moment nécessaire. D’autant plus qu’il faut éviter de les récolter sur le bord des routes à cause des métaux lourds issus du trafic routier notamment et près des voisins pour ne pas contaminer nos tisanes avec leurs pesticides. Ceux-là, on en profite assez par ailleurs sans les concentrer dans les infusions destinées à nos vignes !

Pour les humains, elle s’utilise aussi en tisane et constitue un fortifiant reconnu. Mais là, il vaut mieux ne pas aller plus loin sous peine d’être accusé d’exercice illégal de la pharmacie et apologie de produits n’ayant pas d’AMM (autorisation de mise en marché)…

Que tous les vignerons se précipitent donc sur les fleurs d’Achillée qui poussent chez eux. C’est une plante merveilleuse !!!

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 13:22

En cette période de commémoration du débarquement de Normandie, il est facile d’utiliser l’image du V1 pour bien faire sentir au lecteur combien il convient d’aller vite actuellement dans les vignes avec les levages.

Entre parenthèses, les fusées allemandes V1, véritables missiles avant l’heure, ont tellement marqué leur époque qu’on se souvient encore d’elles 70 ans après en les prenant comme une référence de vitesse absolue ; même si depuis en matière de vitesse, on a fait beaucoup mieux. Certains mythes ont la vie dure surtout quand ils sont tâchés de sang.

Donc, chez nous (et sûrement chez les autres) il faut se dépêcher d’accélérer le rythme car la vigne pousse. D’un jour sur l’autre, on ne la reconnait pas. Parfois, elle pousse tellement vite que les nouvelles feuilles n’ont pas le temps de devenir vertes après s’être développées. Ainsi, les rangs sont dominés par des extrémités de rameaux aux feuilles blanchâtres.


C’est dans ces moments qu’on peut ressentir toute la force végétative de cette plante merveilleuse. Elle est dans son adolescence et explose de toutes parts. Rien ne peut la freiner.

Heureusement, dans quelques temps, elle aura dépassé ce stade pour entrer dans l’âge de raison. Elle construira alors son identité et exprimera avec précision la subtilité de son terroir.

Mais pour l’instant, il faut courir dans les rangs pour relever les rameaux. Heureusement, les soins biodynamiques permettent à la vigne de trouver sa verticalité et de l’exprimer ne serait-ce que dans le port des rameaux. Evidemment et de façon plus palpable pour les consommateurs, on retrouve cette verticalité dans les vins.


Aujourd’hui, en cas de besoin, on pourrait passer traiter, mais demain, ce serait impossible.


On courbe la tête et on fait au plus vite…

Levages à la vitesse V1
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 06:52

Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai fait un voyage à Berlin.

La fois précédente, c’était à la fin des vendanges 2007, alors que les cuves fermentaient encore et que j’étais très fatiguée par les semaines de dur labeur. Bilan, étant physiquement fragile, j’avais rapporté un mal de gorge.

Cela étant, j’avais pu découvrir la capitale allemande en marge de mon activité de promotion. J’avais notamment fait une visite touristique en bus, un matin alors que j’étais la seule cliente. J’avais donc eu droit à un tour personnalisé, rien que pour moi.

Là, le contexte était différent. Il faisait beau, j’étais détendue et le travail ne pressait pas trop ; du moins pas au point de donner des remords de partir.

La manifestation avait pour nom « Big Bottle » et était consacrée aux femmes dans le monde du vin.

Chaque vigneronne devait présenter son vin dans de gros formats. Pour moi, il s’agissait de deux double-magnum de Grand Vin rouge 2011.

Les vins étaient mis en valeur par des chefs qui avaient préparé pour l’occasion de superbes et succulents petits toasts.

Les vigneronnes, quant à elles, étaient mises en valeur par un tapis rouge. Il a fallu le monter où y prendre la pose, seule ou en groupe.

Le tout était calé à la seconde près dans une rigueur toute germanique et rassurante.

Etape berlinoise
Etape berlinoise

J’aime les allemands et j’aime la culture allemande. Il y a longtemps, au lycée, j’ai fait partie des rares personnes à avoir fait allemand en première langue jusqu’au bac…C’est dire !


Comme toujours, dans ces manifestations, on a l’occasion de rencontrer d’autres vignerons et de sympathiser ; comme si on se connaissait depuis toujours et comme une évidence. C’est la magie des relations humaines !

Ce fut aussi un moment d’échange et de partage avec mes hôtes du moment. Parfois, on a beau se connaitre par messagerie ou par téléphone, on ne se connait pas vraiment. Quelques jours passés pratiquement ensemble, changent la donne et permettent de comprendre qui diffuse nos vins tout en précisant notre philosophie sur des points particuliers de la culture, de la vinification ou de la vie au sens large.

Maintenant, que je suis revenue, il me reste le travail qui n’a pas manqué de s’accumuler durant mon absence ; les factures à payer, les commandes à préparer, la vigne qui pousse, le temps qui ne vire pas au beau fixe,... Bref, la routine.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 10:37

On vient vraiment de rentrer dans la saison culturale ; un peu brutalement même.

Après quelques semaines de temps sec malgré des températures assez fraiches, on vient de recevoir la semaine dernière des trombes d’eau. En une semaine, on a eu l’équivalent d’un mois de pluie.

Certes, dans d’autres régions, c’est bien pire mais pour nous, avec les traitements à assumer, c’est toujours problématique.

Dans notre commune, il y a même eu une mini-tornade qui est venue à bout de quelques arbres et lignes électriques. Heureusement, rien de bien grave. Il y avait aussi quelques grêlons qui ont percé des feuilles.

Nous avions anticipé, autant que faire se peut, car le dimanche précédent, la lune était au périgée, c’est-à-dire au moment du mois où elle était la plus proche de la Terre. C’est un moment important, à la fois pour l’eau dans les végétaux, pour les champignons (le mildiou est un champignon) et évidemment pour les marées même si on n’est pas très concerné par elles.

Dans nos sols argileux, il vaut mieux prendre les devants et éventuellement passer traiter un jour plus tôt que d’attendre au dernier moment et pour constater en ouvrant les volets le matin qu’il a plu et que toute tentative de traitement est devenue impossible.

Face aux cumuls importants de pluie dans la semaine et à l’instabilité du temps à venir, il a fallu repasser.

La tisane de plante a été repréparée en urgence. Etant proche de la floraison, on a commencé à faire évoluer le cocktail d’espèces utilisées.

Si les vignes à 2 mètres ont pu être traitées malgré les conditions humides, il n’en fut pas de même pour les vignes à 1m. L’enjambeur ne pouvait pas rouler dans nos sols argileux sous peine de rester enlisé.

Dans le vif du sujetDans le vif du sujet

C’est donc à dos, que Jean-Michel et Thomas, père et fils ont fait la pulvérisation. C’est la seconde fois de l’année qu’on procède ainsi.

J’ai compati à la difficulté de la tâche. Il y a 20 litres de bouillie à porter sur le dos en plus du poids de la machine motorisée ; cela dans sur un sol lourd, collant et humide. Mais aussi bien l’un que l’autre n’ont pas eu l’air troublé. Ils ont de plus en plus de complicité et de complémentarité à travailler ensemble.

Ce traitement, c’est même pour eux un moment de rencontre, entre les deux.

Ceux qui ont eu à utiliser des produits (chimiques) pénétrants, conservent évidemment en tête le confort que cela procure de penser que malgré la pluie, le produit est à « l’abri » de la plante.

Le produit pénétrant, c’est une drogue. Drogue pour la plante qui ne compte que sur la molécule chimique pour se « défendre ».

Mais aussi et surtout, drogue pour le vigneron qui cède facilement à la tentation de la tranquillité. Une addiction à la sécurité et à la tranquillité…

Pourtant, qui peut penser que ces produits chimiques, surtout ceux qui se diffusent partout dans la plante, jusqu’à la moindre de ses cellules, ne laisseront pas de résidus dans les raisins puis dans les vins ?

Alors, face à ce « confort », on est prêt à laisser de côté les effets secondaires que la nature et surtout sur la santé des humains, utilisateurs, riverains et éventuellement consommateurs.


Effectivement, chez nous on a fait un tout autre choix. Celui de la cohérence et de la fidélité à des principes. On refuse ces produits. Donc, quand il faut, on y va sans état d’âme ; un peu de cuivre et de soufre et surtout des plantes.

Et quand j’ai vu père et fils revenir avec le sourire de la complicité et du travail accompli, j’ai compris tout d’abord que ce traitement allait être efficace mais surtout qu’il exprimait des valeurs beaucoup plus profondes que la simple action de traiter : solidarité, famille et abnégation des hommes face à la vigne.

Tout un programme et des valeurs universelles. Pas étonnant que le vin ait une place symbolique aussi importante dans la Bible…

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:11

En cette période de pousse active de la vigne, c’est surtout l’herbe qui focalise notre attention.

Le week-end dernier, c’était avec la présence de Jean-Michel et de notre fils Thomas, c’était tout notre parc de tracteurs qui était de sortie.

Jean-Michel avait pris l’enjambeur pour le décavaillonnage des vignes à 1 mètre. Thomas quant à lui faisait la même chose mais dans les vignes à 2 mètres.

Enfin, pour moi, c’était le passage des disques avec mon petit tracteur à chenilles.

Chacun dans son coin et chacun concentré à faire le meilleur travail possible.

Chez les campagnes de travail du sol, c’est comme pour la qualité des vins, il y a des millésimes meilleurs que d’autres.

Parfois certaines années, la pluie fait fuir tout espoir de performance. Au contraire, il est des années où tout va bien, comme si on était dans un rêve.

En 2014, pour le travail du sol, on est entre les deux, mais plutôt du mauvais côté. Les pluies incessantes de l’hiver ont rendu le sous-sol très humide rendant le sol lourd et compact tout en favorisant les herbes. Par contre, le relatif temps sec de ces dernières semaines a formé une croute dure en surface.

Arrivant dans cette ambiance, le soc de la charrue fait ce qu’il peut mais pas plus. On est loin du geste auguste du laboureur que l’on a en tête.

Rien de bien grave malgré tout. Simplement, les conditions de labour stressantes pour le chauffeur et pour un résultant tout juste moyen en termes d’efficacité sur les herbes.

Heureusement, nous n’avions pas prévu de faire le concours de la vigne la plus propre de France. De toutes les façons nous n’avions aucune chance face aux autoroutes viticoles que l’on voit encore assez souvent ; même si on se dit qu’on est en 2014 et plus en 1980.


Et puis pour ceux que la biodiversité intéresse, je me dis que les touffes d’herbes qui restent entre les ceps, cela fait un bon repère pour la biodiversité. Moi, vous le savez, la biodiversité je ne m’en soucie pas car je ne l’agresse pas ; je n’ai donc pas besoin d’aller compter combien il en reste après l’avoir tué à coups de pesticides.

Donc, les touffes d’herbes qui restent sous mes rangs de vigne, ont été laissées exprès pour servir de refuge à la biodiversité.

C’est compliqué de laisser ainsi de l’herbe mais quand on aime…

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 14:17

C’est une tradition locale et c’est aussi devenu une tradition pour moi que de faire part de l’omelette à l'aillet le 1er mai.

Pour ceux qui auraient loupé le début, il y a une tradition dans notre région de Sainte-Foy la Grande, qui consiste à manger une omelette à l’aillet, le jour du 1er mai.

L’aillet est un jeune plant d’ail qui n’a pas encore fait la gousse et qui ressemble fortement à un poireau.

Ce plat est supposé éloigner les fièvres durant toute l’année. Pour être totalement efficace, il faut l’accompagner d’un verre de vin blanc liquoreux…

J’ai découvert cette pratique en arrivant dans la famille de mon mari et je dois dire qu’au début je souriais un peu du haut de mes convictions acquises lors de ma formation scientifique.

La tradition du premier mai
La tradition du premier mai

Depuis, je suis moins catégorique car l’ail est un véritable concentré de principes actifs.

Qu’il permette à lui seul d’éloigner les fièvres pendant un an, sûrement pas. Mais qu’il participe à aider le corps à être plus fort face aux agressions et aux difficultés, c’est pour moi maintenant une certitude.

Pour ce qui est du vin liquoreux, je laisse à chacun le loisir de se trouver une explication mais dans tous les cas, c’est toujours un bon moment que l’on attend avec un certain plaisir.

Surtout mon beau-père qui fait le tour des différentes omelettes de la région

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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