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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 08:28

Pourquoi un tel titre ? Serais-je tombée dans des pratiques d’un autre temps ou d’autres mœurs ?

La vérité est plus simple que ça. La vigne a digéré la grêle et a développé une végétation désordonnée, voire hirsute qu’il convient de canaliser pour le bien-être des quelques grappes qui restent, sinon du pied lui-même lorsqu’il ne lui reste plus de grappe.

 

Le week-end dernier, nous nous y sommes mis avec Jean-Michel. Relevage, nouvel épamprage,… On peut même ajouter des opérations qui n’ont pas de nom car issues de l’urgence du moment. Des rameaux mitraillés par la grêle mais pas coupés étaient littéralement couchés sur le côté. Après une semaine d’arrêt, ils ont repris leur pousse vers le haut, à mi-chemin du rang suivant, produisant ainsi un magnifique « S » ingérable lors du levage. Il est donc souvent nécessaire de couper ce rameau en prenant soin de compter le nombre de bourgeons restant pour la taille prochaine.


Extrémité des tiges cassée ou pas, les entre-cœurs sont sortis de partout, créant des pieds buisson qu’il convient d’aérer en « désépaississant » la végétation.

 

Devant l’ampleur du travail, j’ai dû prendre du personnel supplémentaire pour redonner à la vigne « un air qui fait plaisir à voir ». Pourtant je sais que le vin produit ne pourra même pas payer les charges de production de l’année. Ces soins actuels on les financera en se serrant la ceinture. Depuis que l’on a repris le domaine, on sait très bien faire. C’est une habitude qui ne s’oublie pas !

 

La vue de chaque pied est un nouveau supplice et on n’a qu’une envie, c’est de l’aider.

Et donc, parfois il n’y a même plus de grappe. Là, on souffre encore plus et on se dit à quoi bon. Pourquoi être là sous ce soleil écrasant pour rien ou presque ?

Pourtant on continue parce que le rien ou presque c’est un vignoble que l’on aime, avec des pieds qui soufrent et qui ont besoin de nous.

 

Et puis, l’année prochaine sera peut-être meilleure…

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 10:03

 

Ce week-end, nous avons reçu sur le domaine mon ami Marc qui importe Champ des Treilles aux Pays-Bas.

 

Il était de passage dans la région et nous avons été ravis de lui offrir notre hospitalité.

Son équipe nationale de football ayant battu le Brésil avec les honneurs, il était donc dans le meilleur état d’esprit possible.

 

Nous avons fait un tour de ce pauvre vignoble meurtri. Il a pu constater ce que représente une attaque de grêle et comment la vigne peine à s’en remettre.

 

Heureusement, nous avons aussi pris le temps de discuter en vidant quelques bouteilles.

Nous avons ouvert un étonnant Grand-Vin Blanc 2002 dont il me reste quelques bouteilles.

Il y a quelques semaines, ce même vin avait impressionné lors d’un diner dégustation avec Eric Bernardin.

A l’époque,  nous n’avions pas encore de Muscadelle et l’assemblage était 80% Sauvignon et 20% Sémillon avec un élevage en barriques.

Avec les années le vin a changé mais on ne peut pas dire qu’il a vieilli. Il est devenu plus minéral et a gagné en complexité. A suivre, au moins le temps qu’il reste des bouteilles.

 

Le Vin Passion 2009 servi à la suite était d’un tout autre style. Nous avons tous noté à quel point le vin change d’une fois sur l’autre. Samedi, c’était le floral de la Muscadelle qui dominait l’ensemble.

Parfois, c’est la minéralité portée par le Sémillon qui s’exprime avant tout.

 

Le Grand-Vin rouge et Les Sens 2007 étaient eux aussi parfaits durant le repas. Et dire que certains pensent que 2007 est un petit millésime.

 

Tout en dégustant, nous avons aussi refait le monde et particulièrement la viticulture. Marc est un adepte du bio et de la biodynamie depuis très longtemps. C’est d’ailleurs pour cela qu’il diffuse mes vins dans son pays.

Je ne le remercierais jamais assez pour le travail remarquable qu’il effectue là-bas.

 

 

MARC.jpg

 

Grâce à lui, nous avons donc fait un petit entracte dans notre pauvre existence de vignerons touchés par le déchainement des éléments.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 06:54

Il y a quelques jours, une revue professionnelle s’est faite l’écho d’une étude comparative très poussée entre le bio et le raisonné.

L’idée est louable, sauf que le résultat était connu d’avance et qu’il fallait bien que le raisonné sorte premier de cette confrontation.

C’est avec la même partialité gênante que la revue en question a rapporté les résultats.

Je ne citerai ni la revue ni l’étude ; ne souhaitant pas leur faire une publicité qu’ils ne méritent pas.

Effectivement, comparer uniquement pondéralement des produits cancérigènes, mutagènes, perturbateurs de la reproduction à du soufre ou du cuivre pourrait relever de la manipulation.

Mais ce n’est pas grave

 

Je souhaite simplement mettre en avant un point précis et éminemment important de cette grande aventure scientifique : les vers de terre coupés en deux  par le passage de la charrue !

 

Et oui, quand on est compare la lutte biologique et la lutte « raisonnée », on s’intéresse toujours aux vers de terre décapités par le soc de la charrue lors du labour !

 

C’est une sorte de serpent de mer qui ressort systématiquement lorsqu’on veut faire la critique du bio.

Personnellement, ayant suivi les charrues à de nombreuses reprises, je n’ai pas vraiment constaté en tel génocide de lombrics. J’en vois énormément et des très gros, mais pas vraiment coupés en deux.

 

Remarquez, ils ont des circonstances atténuantes car leur viticulture fait passer les populations de vers de terre de plus de 2 tonnes par ha à quelques dizaines de kilos.

Donc, arrivés à ce stade, ils ont tout intérêt à éviter d’en couper en deux.

 

Et puis avec les pesticides, ils meurent en profondeur,… c’est plus propre !!!

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 13:45

Il y a un mois, le soir où nous avons été grêlés, j’étais seule sur le domaine. Jean-Michel et les enfants étaient à Pauillac.

Sans savoir ce qu’il allait se passer, ils ont pris quelques photos d’un coucher de soleil des plus sereins.

 

J’ai décidé de vous en faire profiter.

DSC02726.JPG

 

 

DSC02737.JPG

 

 

DSC02740.JPG

 

DSC02743.JPGIl ressort des ces clichés une impression de puissance sans limite.

  

Et même si elle a emporté une bonne partie de ma récolte et de mes espoirs pour le millésime, la nature est profondément belle

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 09:13

Il y a déjà presque un mois que notre vignoble a subi le terrible orage de grêle. Péniblement, il se reconstruit. En voyant certains rameaux martelés, on se demande bien comment la sève peut faire pour circuler.

 

Actuellement, les ceps ressemblent à ce que l’on n’aime pas d’ordinaire, c'est-à-dire des sortes de buissons. Néanmoins, la vie reprend ses droits et de loin, il est de plus en plus difficile de voir le passage de la grêle.

 

La floraison s’est déroulée dans une ambiance de mauvais temps et aussi cet état de désordre intérieur qui ne sont jamais propices à transformer les petites fleurs en graines dodues.

Les vendanges seront souvent très rapides à faire. On le savait depuis le début.

 

Mais comme toujours c’est le contrecoup moral qui est le plus difficile à supporter.

En quelques années, on a eu à subir plusieurs cambriolages plus ou moins « intenses ». Lorsque le temps a passé après la dernière agression, on se dit que l’on est paré à en supporter une nouvelle.

Pourtant, lorsqu’elle survient, on se reprend une énorme gifle qui résonne jusqu’au plus profond de notre être.

 

Pour la vigne, c’est la même chose. On pense assumer mais finalement, on est déstabilisé moralement et physiquement pour longtemps.

Un mois après, j’ai toujours des difficultés à me motiver pour travailler.

 

 

Je vis maintenant un peu par procuration le malheur de nos collègues vignerons et agriculteurs du Var dont les cultures ont souvent été atteintes bien plus que les miennes.

 

Le soleil actuel devrait être une bonne thérapie à défaut de réparer les vignes.

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 14:12

Grande nouvelle : la Garden-Party de l’Elysée va être sacrifiée sur l’autel de la rigueur et surtout de l’exemplarité budgétaire de la part du pouvoir.

Heureusement pour nous, le budget vin était particulièrement faible.

C’est bien mais il aura fallu les sorties dans la presse disant que le budget déjà conséquent avait été doublé, pour que la décision de suppression soit prise.

 

Contexte oblige, on peut aussi citer les primes diverses et abondantes auxquelles les joueurs de foot émérites renoncent en pensant aux millions de français déçus. En auraient-ils fait autant sans une demande générale du pays en ce sens ? On ne le saura jamais mais on peut supposer que non.

 

On pourrait ajouter à la liste les appartements de fonction non-justifiés, les doubles rémunérations, les conflits d’intérêts…La presse regorge de ces affaires troubles.

 

Si les personnes concernées sont honnêtes et sincères, la meilleure façon de passer pour des coupables est de renoncer à leur situation, car elles apparaissent alors vraiment comme des profiteuses du système.

 

Dans tous les cas cités, pourquoi les dirigeants de tous poils ne font-ils pas intervenir la nécessaire déontologie avant d’être mis au pied du mur ; à tord ou à raison ?

 

Pourquoi les bleus n’ont-ils pas ajouté un paragraphe à leur communiqué de grève disant qu’ils offraient leurs primes au football amateur ?

 

Pourquoi la Garden-Party n’a elle pas été annulée depuis l’an dernier ? 

Pourquoi Madame Boutin n’a pas directement accepté de faire son rapport à titre gracieux ?

 

 

On est toujours plus crédible pour demander aux gens d’être vertueux, quand on l’est soit même.

 

Mais au niveau des politiques, il y a encore du travail…

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 08:18

Notre équipe de France vient de faire une démonstration au monde entier de la capacité du pays à s’autodétruire.

 

Heureusement, les étrangers qui voyagent ou qui commercent en France le savaient déjà.

Une petite minorité de nantis peut sans problème faire étalage de son pouvoir de nuisance pour bloquer un système et mettre à mal tout l’ensemble.

 

Cette foi-ci, c’est l’équipe de France qui fait de nous la risée du monde entier. Avec 300000 € de prime par joueur sans avoir gagné un seul match et sans qualification, la population du pays a des difficultés à comprendre.

 

Il y a quelques semaines, c’était les cheminots qui refusaient de travailler alors que les avions étaient bloqués au sol pour cause de volcan islandais. On en a parlé mais sans remettre en cause le caractère inadmissible du mouvement dans le contexte du moment.

 

Je me souviens aussi d’avions d’Air France peints au couleur du Mondial 98 en France et qui étaient bloqués par des grèves, menaçant ainsi le bon déroulement de l’évènement.

 

Puis dans un quotidien encore plus disons, banal, il y a les caisses de vin qui ne partent pas pour des raisons obscures que seuls que quelques dockers initiés connaissent.

Dans tous les secteurs, c’est la même chose.

 

La France est un grand pays de râleurs dans lequel l’intérêt commun semble être difficile à mettre en avant.

 

La grande puissance économique que vantent nos politiques est donc à l’image de son équipe de foot, en débandade.

 

La logique est respectée !

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:06

Suite à mon précédent article sur les OGM, j’ai reçu un commentaire pour le moins surprenant.

A-t-on besoin d’insulter les gens pour dire que  l’on n’est pas d’accord avec eux ?

Pour moi, la réponse est non mais tout le monde ne partage pas mon avis.

Chacun a le droit d’exprimer son point de vue ; encore faut-il respecter l’interlocuteur.

 

Pourtant, sans agressivité dans le propos, je persiste dans mes positions. Les OGM, c’est une grosse erreur. Mais je suis fataliste car je sais que c’est une évolution malheureusement inéluctable car les intérêts supposés et les moyens donnés pour eux à la recherche sont très gros.

 

On vivra donc un jour avec ou à côté des vignes OGM.

Pourtant, une chose est sûre dans mon esprit, les problèmes ne seront pas réglés pour autant.


Qui peut raisonnablement croire que les céréales OGM sont destinées à nourrir la population du tiers-monde comme on nous le dit si souvent ? Les peuples défavorisés ne verront même pas la couleur de la semence car ils ne pourront pas se l’offrir.

Pourtant, pour essayer de faire passer la pilule plus facilement, on utilise cet argument ainsi que la problématique de la recherche sur la santé humaine.

 

Pour la vigne comme pour les céréales, une des principaux objectifs des OGM sera de résister aux désherbants chimiques afin que les fabricants de ces produits puissent en vendre encore plus.

 

La résistance aux viroses ? Une grande partie des vieilles parcelles vit avec les viroses (et donne souvent des vins somptueux).

Il y a un moyen très simple de réduire ces pathologies. C’est toujours le repos de la parcelle après arrachage. Mais voilà, quand le vin devient cher, on ne souhaite pas en perdre une goutte en laissant reposer le sol. Donc, on arrache après avoir tué les vignes au Roundup. Puis on désinfecte le sol avec des produits qui tuent tout ce qui bouge. Enfin, vite-vite, on replante au printemps suivant.

Quelques années après, quand les pieds de vigne meurent avant d’être devenus adultes, on se dit que si on avait su, on aurait planté des vignes OGM. Facile !


Dans tous les cas, en  respectant les règles les plus simples d’agronomie, ou tout simplement de bon sens, on pourrait s’affranchir des raisons qui sont mises en avant pour promouvoir les OGM.

 

Par contre, le bon sens ce n’est pas comme les OGM, c’est stable dans le temps. Personne ne peut en effet prédire que ces végétaux, revus en corrigés par l’homme seront stables dans le temps.

 

Mais quelle importance ???

 

Et le principe de précaution pour ces denrées agricoles OGM qui se retrouveront un jour ou l’autre dans une assiette.  Dans ce cas, c’est silence radio.

 

Peut-être qu’on a mieux à faire avec la grippe A que de s’occuper de ce détail ?



 

 

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 16:47

Il y a deux jours, sur ce blog on se prenait la tête pour des vignes OGM.

 

Aujourd’hui, c’est le ciel qui s’est abattu sur le Sud-Est, fauchant du même coup la vie de plusieurs personnes et détruisant tout en un clin d’œil.

Ainsi, nos débats se mettent à devenir bien futiles face à ce déchainement des éléments.

350 mm d’eau en une fois. Je n’arrive pas à imaginer ce que cela représente.

 

Le mois dernier, lors de « mon » orage de grêle, j’ai eu à lutter contre un peu plus de 40 mm en quelques minutes et déjà, il y avait de l’eau partout.

 

Aujourd’hui dans ces moments horribles, on ne peut que penser à ces gens dans le désarroi ou la tristesse, à ces agriculteurs dont les parcelles ont été dévastées par les coulées de boues ; mettant à terre des mois ou des années d’efforts et de sacrifices.

 

Ma vigne grêlée ferait même pâle figure et je me dis que dans mon malheur, j’ai eu de la chance de ne pas avoir plus de dégâts matériels.

 

Ici, il pleut depuis 24 heures sans arrêt. Nous en sommes à 60 mm ; une goutte d’eau par rapport aux 350 mm de nos compatriotes du midi.

Pourtant, il est rare d’avoir autant d’eau en si peu de temps.

 

Un vrai temps à aller au lit après avoir bu une soupe chaude.

 

Le mildiou s’installera-t-il en profitant de l’importante humidité ? Quelle importance.

On y pensera demain.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:09

C’est parti ou reparti, l’INRA va enfin pouvoir tester en plein champ des vignes OGM.

Le suspens fut long et insoutenable mais finalement on y est arrivé.

C’est un peu comme dans un film où les héros évoluent séparément puis se rapprochent et s’éloigne de nouveau. On pense alors que tout est perdu et finalement, ils finissent ensemble dans de grands enlacements amoureux. On est rassuré même si au fond de nous, on savait depuis le début que tout finirait bien et que l’amour allait triompher malgré 1h30 de péripéties.

 

Pour les OGM, on sait que les chercheurs et ceux qui les financent auront gain de cause. C’était juste une question de temps pour tenter de laisser s’endormir l’opinion publique et la majorité des producteurs, hostiles aux OGM.


Que voulez-vous, il faut bien que les chercheurs cherchent ; c’est leur métier.

Parfois, je me prends à rêver que parmi eux,  il y en aura un, un jour, qui sera différent des autres et qui s’intéressera à une vision de l’agriculture et du vivant plus logique et globale en essayant de comprendre le pourquoi des choses. Ainsi, il pourrait utiliser les ressources immenses de la nature pour le bien de tous.

 

Malheureusement, on préfère essayer de greffer des gènes les uns sur les autres sans trop savoir ce qu’il adviendra après. Mais le « après », on s’en fiche. Entre-temps, on aura fait des publications dans des revues très sérieuses et peut-être même des conférences devant un public conquis.

Puis les producteurs de ces super-plans de vigne se seront arrangés pour faire interdire les plants ancien-modèles, pas OGM. 

Alors la boucle sera bouclée.

S’ils ont la bonne idée de souder un gène de levure sur la vigne, on pourra avoir directement du vin fini dans les raisins. Plus besoin de cuve, de matériel de maitrise des températures…

Si on ajoute un gène de chêne, on économise du même coup les barriques.

 

Qu’elle sera belle la vie en OGM…

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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