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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 10:01

On savait déjà depuis cet été que la France avait pris une position extrême concernant l’achat des vaccins contre la grippe A. On apprend maintenant que l’on serait aussi les heureux propriétaires d’un milliard de masques et d’un tiers du stock mondial de Tamiflu. Rien que ça !

Les experts avaient dit et les politiques ont suivi. La logique est implacable.

Certes, on pourra rétorquer qu’il est toujours facile de polémiquer après la bataille pour savoir comment on aurait pu ou du faire. Mais quand même…

Comment peut-on prendre des positions aussi spectaculaires lorsqu’on est le seul à le faire. Parmi les grands pays industrialisés, il doit quand même aussi des gens qui réfléchissent. Pourtant, tout le monde sauf nous a pris une position de sagesse en essayant de trouver un équilibre subtil entre nécessité de protéger la population, évaluation des risques et dépenses publiques.

La France a fait dans la surenchère. Nos politiques voulaient-ils exorciser le « syndrome Tchernobyl » en répondant largement au-delà des besoins ? Il y a peut-être un peu de ça.

Il y a bien eu une campagne de désinformation destinée à faire vacciner les Français en agissant sur la peur. Rien n’y a fait. D’une campagne organisée avec la rigueur militaire, on en arrive maintenant à faire vacciner partout à partir du moment où on peut fourguer quelques doses et agir sur des statistiques toujours orientées vers le ridicule.

Au bout du compte, c’est justement maintenant le moment de faire les comptes.

On parle de 1, 1,5 ou 2 milliards dépensés dans cette histoire ; comme s’il s’agissait d’une broutille. On pourrait même ajouter les millions d’heure de travail perdues ci et là, le papier, (…) pour prévenir et planifier le fonctionnement du pays en cas de pandémie. Il a même fallu trouver un signe pour le « plan de continuité d’activité  (PCA)».

Maintenant, on nous dit qu’une partie des commandes de vaccins a été annulée. C’est une habitude de l’état que de changer les règles en cours de route, quand ça l’arrange. Les contribuables que nous sommes et l’agricultrice que je suis, le savent bien.

Une fois de plus, il n’y aura aucune recherche de responsabilité, ni chez les « experts », ni chez les politiques.

De toutes les façons, ce n’est pas si grave car premièrement l’argent dépensé, on ne l’avait pas et ensuite cela ne représente qu’un petit millième des dettes de  l’état ; c'est-à-dire rien…ou presque.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 11:53

Parmi toutes les traditions qui constellent notre année, il en est une qui mérite notre attention car elle d’actualité. Il s’agit de mettre du blé à germer dans un petit récipient afin de l’avoir sur la table de la maison lors des fêtes de fin d’année.


ble.JPG

Avant, nous n’avions pas cet élément de décoration pour nos repas de fête. Mais des voisins agriculteurs ont pris l’habitude de nous faire partager cet usage traditionnel pour eux.

Ainsi depuis plusieurs années, le blé orne notre maison à cette saison.

En y réfléchissant bien et au-delà de la beauté de la chose, il y a surtout une dimension symbolique dans tout cela.

D’abord, Noël marque le début de la croissance des jours après plusieurs mois de diminution. C’est une sorte de nouveau départ pour une nouvelle saison et des longues journées de soleil.

Ensuite, le blé germé est une sorte de visualisation de la prochaine récolte à venir. Si le blé a germé dans le pot, c’est le signe que la semence était de bonne qualité et que la même semence mise en terre donnera aussi de bons résultats pour nourrir la famille.

L’agriculteur se rassure donc en voyant les petites pousses. Il prend aussi la nature à témoin en lui montrant que le blé pousse ; une façon d’exorciser ses propres craintes face aux aléas de son métier.

Symbolique, quand tu nous tiens…

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Corinne Comme - dans Divers
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 20:16

C’est avec une vraie joie que je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010.

Sans trop y croire, j’espère que l’instabilité générale et mondiale pourra commencer à se dissiper.

Parfois, il faudrait peu d’efforts de part et d’autre pour que les choses s’améliorent. Mais voilà, la nature humaine est ainsi faite…

 

En ce qui concerne le Champ des Treilles, on peut simplement espérer une année aussi favorable que celle qui vient de s’écouler.

 

Pour nous, 2009 fut l’une des plus favorables en terme de ventes mais aussi au niveau de l’intérêt portés à nos vins de la part des professionnels.

 

Petit à petit, notre modeste marque s’enracine dans le paysage vinicole mondial. Certes, il ne s’agit pas de quelques grosses racines, facteur d’une facilité fragile, mais d’un tissu de petites radicelles qui s’implantent un peu partout et surtout assurent la stabilité durable de l’édifice.


Les racines profondes participent à donner leur âme à nos vins et à l’autre bout de la chaine, d’autres racines leur permettent de continuer d’exister.

 

Ainsi, la boucle est bouclée.

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 13:26

Ça y est, les malos sont enfin terminées.

Samedi matin, en ouvrant la dernière cuve, j’ai tout de suite vu que la mystérieuse et discrète transformation était bien engagée. Quelques petites bulles en surface témoignaient du processus. L’analyse faite dans la foulée n’a fait que confirmer cela.

J’ai donc effectué le geste magique qui consiste à tourner la clé qui commande la pompe de circulation d’eau de chauffage ou refroidissement.

Lorsque j’avais fait le geste dans l’autre sens, pour le démarrage, c’était au début des vendanges en blanc, c'est-à-dire il y a…plus de 4 mois !

A l’époque, on était en tee-shirt, il faisait chaud et on ne savait pas encore comment se dérouleraient la récolte.

Cette fois-ci, il faisait très froid dehors et le toit au dessus de ma tête était couvert d’un couche de neige.

Quel contraste !

Maintenant, les vins vont pouvoir profiter de l’hiver qui va descendre sur eux et les envelopper tendrement.

Pour nous, c’est un peu différent et même le contraire car avec la fin du chauffage des cuves, c’est la maison qui va enfin pouvoir être chauffée correctement. Dans ce cas, c’est un peu l’hiver qui va s’en aller et qui ne nous enveloppera plus tendrement, ou plutôt fermement !!

 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 11:07

Hier soir, c’était la soirée dégustation de Sciences Po Bordeaux. Jean-Michel et moi étions invités à y présenter nos vins.

 

Nous avons donc fait un bond de 25 ans en arrière en revoyant ces soirées étudiantes ; même si pour ma part, je n’en étais pas une habituée.

 

Les organisateurs avaient demandé à 2 viticulteurs de venir parler de leurs vins et de leur philosophie viticole.

Le choix ne devait sûrement rien valoir au hasard puisque le second domaine était Château Guiraud, le Premier Cru Classé de Sauternes, seul Cru Classé en bio dans le coin. Nous avons été très honorés d’être en si brillante compagnie.

 

Dans une ambiance bonne enfant, nous avons présenté successivement le Grand Vin blanc 2005 puis le Grand Vin rouge 2003.


Une fois de plus, nous avons pu constater que la dimension environnementale du vin est une donnée fondamentale dans l’esprit de tous ces jeunes gens.

 

C’était à la fois sympathique et encourageant que de voir réunis autour du vin plus de 200 étudiants d’une grande école.

A l’heure où le vin est attaqué de toutes parts, la vision d’autant yeux brillants en écoutant parler de vigne et de vin fait particulièrement chaud au cœur.

 

Qu’on le veuille ou non, la dimension culturelle du vin est toujours un pilier de notre société.


Et ce n’est pas la vigneronne qui va s’en plaindre !

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 10:32

Ce week-end, nous avons soutiré quelques cuves de la récolte 2009.

 

Il y avait tout d’abord le blanc Vin Passion. L’équilibre est déjà tellement parfait qu’il n’y a rien de plus à faire. Il est déjà accessible et nous en avons fait notre apéritif du samedi soir !

 

A nos débuts, nous ne pensions que du bien du séjour sur lies pour les blancs. De nombreux articles nous incitaient à aller dans cette voie. Nous en avons donc fait ; puis progressivement on a commencé à douter de son intérêt pour nos vins. Maintenant,  c’est une technique pratiquement abandonnée chez nous.

 

Le vin nous en remercie. Il reste plus frais et pur. Mais c’est un exercice sans filet car le vin s’exprime dans sa vérité vraie, sans fard. Il doit donc posséder dans son âme tout ce qu’il faut sans avoir besoin de maquillage.

 

Nous avons ensuite soutiré les premières cuves de rouge qui ont terminé leur fermentation malo-lactique.

 

Pendant les heures de pompage, on a tout le temps pour réfléchir. Seule sur ma cuve, je repensais à une phrase de Jean-Michel qui dit que 70% de la qualité d’un vin vient du terroir et qu’on ne peut pas y intervenir facilement, 20% vient du travail à la vigne et 10% seulement de la vinification et l’élevage. Il répartit sommairement 8% pour la vinification et 2% pour l’élevage.

Dans les conditions de Pontet-Canet, je suppose que cette analyse est justifiée.

 

J’ai essayé de la transposer à Champ des Treilles. Si la première valeur me semble intangible, la part de la viticulture dans le résultat final peut être discutée. Il y a à la fois plus de présence mais aussi un recul vis-à-vis de toutes les opérations. Aussi, je me demande si je dois apporter au crédit de la viticulture dans la qualité finale du vin, l’absence de certaines opérations.

On a eu tendance à faire croire que si on voulait avoir de meilleurs vins, il fallait travailler plus à la vigne. Chez nous, c’est le contraire ; une sorte de « croissance négative » pour reprendre un terme que seuls les politiques pouvaient inventer.

Nos raisins sont meilleurs parce qu’on fiche la paix à la vigne. On l’aime et on lui dit tout le temps mais on la laisse vivre et s’exprimer.

 

Quant aux 10% pour le travail du chai, je suis assez d’accord avec Jean-Michel. 10%, c’est même chèrement payé car plus les années passent, moins notre vinification est directive. Le vin se révèle seul ou presque. On l’a vu plus haut pour les blancs, on peut difficilement faire plus épuré. Pourtant, le vin n’a jamais été aussi bon et son accueil par les clients est meilleur chaque année.

 

Par contre, 8% pour la vinification sur la qualité finale, cela ne fait pas cher payé pour les centaines d’heures passées dans le chai pendant les vendanges à nettoyer les machines, faire les remontages, décuver, soutirer,…

Si j’étais fonctionnaire, j’aurais déjà prévu une « journée d’action » pour demander une revalorisation de ces pauvres 8% ; histoire de justifier le temps passé !!

 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:57

Depuis quelques semaines, nous sommes confrontés à un nouveau dilemme qui ne s’était pas présenté avant.

Notre petit domaine est devenu une vraie entreprise, petite certes, mais entreprise quand même avec la nécessité d’avoir une vision à long terme.

En biodynamie, on dirait qu’il faut être « solaire », c'est-à-dire de tracer un cap et de le suivre. C’est vraiment le trait de caractère de Jean-Michel.

Donc, nous réfléchissons à l’avenir du Champ des Treilles. Lorsque nous avions fait construire les précédents bâtiments, le projet avait été défini dans sa globalité pour intégrer des évolutions futures. Ainsi, on évitait de faire des opérations en double ou pire encore d’avoir à démolir des choses pas encore fini de payer pour en intégrer des nouvelles.

Pour des questions de budget, nous n’avions construit que 2 bâtiments sur 3. Le dernier, un cuvier devait éventuellement venir par la suite si les conditions le nécessitaient et surtout le permettaient.

Les années passant, ce moment semble être venu. Le cuvier actuel est très fonctionnel mais un peu petit pour être vraiment à l’aise.

L’époque du permis de construire précédent n’est pas très lointaine (2003) mais depuis on se rend compte que tout est un peu différent. La trame reste la même mais des idées ont changé.

Pour nous, il est encore plus important qu’avant de s’intégrer dans le paysage local, de respecter l’esprit des vieux murs vieux d’un siècle et demi et aussi de respecter l’environnement.

Pour cela, on pourrait penser que tout est simple mais pas du tout. Entre le « durable » vrai et sincère et le durable tel qu’on nous le présente il y a parfois des différences significatives.

Ainsi, l’électrique est propre sauf quand on ne sait pas recycler les batteries ou qu’on a une centrale nucléaire à proximité et des pastilles d’iode dans les placard en cas de fuite ou encore qu’une ligne à très haute tension passe à proximité.

Les matériaux modernes sont « durables », craché juré par le fabriquant, sauf qu’ils dureront largement moins longtemps que les anciennes constructions.

La pierre est le plus noble des matériaux mais son prix est quelque peu dissuasif et les compétences pour l’utiliser ont fondu comme neige au soleil.

Voilà donc, l’état de notre réflexion.

Le plus dur n’est finalement pas de dépenser l’argent mais de savoir comment on va le dépenser !

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 10:15

Comment ne pas réagir quand on nous parle dans le même journal, d’une part du réchauffement climatique et de la nécessité d’agir et d’autre part de la construction par Richard Brandson d’un avion capable d’amener quelques passagers dans l’espace pendant environ deux heures.

 

Une fois de plus, aucun journaliste n’a pris la peine de relier les deux évènements.

 

Soit parce que c’est politiquement incorrect de remettre en question l’intérêt d’une telle « aventure humaine » pour des questions bassement matérielles.

 

Soit tout simplement par le syndrome du « deux poids - deux mesures » qui semble être de mise au sujet de ce réchauffement climatique. Les efforts, d’accord, mais pas au détriment de mon petit confort personnel ni des choses qui me font rêver.

 

Là encore, combien de levures productrices de CO2 faudra-t-il étrangler pour compenser un seul vol spatial et totalement inutile d’un tel engin ??

 

A méditer…

 

 

 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 09:49

L’expression très tendance en ce moment, c’est « réchauffement climatique ». On doit environ l’entendre 100 fois par jour. Elle nous est sortie à toutes les sauces ; pour expliquer le chaud, le froid, la sécheresse, la pluie,…C’est la cause de tous les maux.

Prétendre que l’homme n’a pas d’influence négative sur l’environnement serait très prétentieux, voire même inconscient.

Mais, on peut se poser la question de la simplification à l’extrême des problèmes.

Ce qui a tendance à m’énerver, c’est la dictature du réchauffement climatique qui s’instaure partout et qui n’autorise aucune contestation tant la cause est majeure.

On nous reproche pêle-mêle tous les excès. On pollue en produisant, tout simplement. Pour les viticulteurs bios que nous sommes, c’est encore pire car n’utilisant pas les pesticides et désherbants qui permettent de simplifier à l’extrême le travail, on produit plus de gaz à effet de serre. Les sarments sont montrés du doigt, la fermentation aussi car elle produit du gaz carbonique. Certains sont même allés jusqu’à s’interroger sur l’utilité des vaches qui produisent des gaz en ruminant. Heureusement, nous n’avons plus d’animaux !

Pour livrer nos vins, il faudrait les construire une ligne ferroviaire entre chaque chai et un port. Là, on chargerait les vins sur des bateaux pour les amener jusqu’aux clients.

Celui qui a une bouteille plus lourde que la bouteille la plus allégée sera bientôt condamné à des coups de fouet.

Il faut donc arrêter de produire car tout ce que nous faisons génère obligatoirement des nuisances pour l’environnement.

Parallèlement à cela, il ne vient à l’idée de personne de se demander combien de gaz carbonique a été produit par les spectateurs d’un match de foot pour se rendre au stade.

Quel est l’impact écologique et l’utilité réelle des courses de Formule 1 pour lesquelles le carburant dépensé en course doit être une goutte d’eau  par rapport au transfert d’écuries entières aux quatre coins du monde ?

Les dirigeants du foot français ont-ils besoin d’aller en Afrique du Sud simplement pour participer au tirage au sort de la phase finale ? Vu comment nous avons été qualifiés, un seul représentant aurait pu suffire…

Les artistes donneurs de leçons ne pourraient-ils pas faire leur shopping localement plutôt que d’aller faire les boutiques à New-York ou Los-Angeles ?

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 08:45

Il y a quelques jours mon regard s’est porté sur une mention qui ne me laisse jamais insensible:

 

« Issu de l’agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement ».

 

C’est plus fort que moi, je n’y arrive pas. Je déteste cette agriculture de l’écran de fumée.

 

C’est peut-être moins porteur, mais j’aurais préféré :

 

« Issu de l’agriculture raisonnée, éventuellement moins pire que l’agriculture sans raisonnement ».

 

Une fois de plus, on peut mesurer la puissance marketing des firmes productrices de pesticides. En     quelques années, ils sont arrivés à faire rentrer dans les mœurs cette traitrise vis-à-vis des consommateurs et de l’environnement.

 

Les producteurs « raisonnés » sont quant à eux très contents, sans rien faire ou presque, ils se trouvent propulsés dans le monde du respect de l’environnement.

Aucun risque, aucun investissement, mis à part des magnifiques tableaux à remplir ; que du facile.

 

Une chose est sûre, l’impudeur n’a pas de limite car non content de se dire raisonnés, certains  s’auto-labellisent. Au moins, être juge et parti, c’est toujours plus facile et moins incertain quant à l’issu de la sélection…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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