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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:30

Régulièrement, on entend les gens estimer que des efforts sont significatifs sont faits dans le sens du respect de l’environnement. Certes, tout le monde n’est pas en bio mais tout le monde fait des efforts.

Vœu pieux !

Il aura fallu une petite récolte pour remettre en cause une vraie tendance au retour du travail du sol.

C’est stupéfiant de voir que partout, c’est le retour des parcelles de couleur orange sous l’effet des désherbants.

Je ne dis pas que tout le monde désherbe, mais la proportion de ces parcelles colorées a fortement augmenté depuis l’an dernier.

On retourne donc à la situation d’il y a quelques années quand le travail du sol était encore dans la rubrique « vestige du passé ».


Le bonheur est dans l’orange…

Certes, les domaines d’appellation générique étaient habitués à ne pas labourer leurs sols. L’essence même de ces vignes hautes et larges c’est justement de réduire au maximum les coûts (et la qualité).

Mais je me dis qu’il doit bien exister une autre voie que celle-là même quand on aime les vignes larges.

Le bonheur est dans l’orange…

Le plus incompréhensible reste malgré tout de voir ou revoir des parcelles de grand cru dans lesquelles on vénère « Saint-Roundup ». Les conditions économiques de ces domaines ne sont pas forcément aussi favorables qu’il y a deux ans, mais à cette époque, on était sur des prix de vente irrationnels. Maintenant qu’on est revenu à des valeurs moins aberrantes, tout en étant parfois très élevées, on pense qu’il n’y a plus d’argent. Donc, on serre les boulons partout où on peut, y compris en reprenant la bonne vieille habitude du désherbant.

Dans la longue liste des excuses bidon, on a coché cette année, la petite récolte 2013. L’an prochain, on cochera la prochaine excuse. Jusqu’à la fin de la liste me direz-vous ? Non car la liste des excuses à ne rien faire s’allonge d’année en année.

Dommage ! Pour une fois qu’on pouvait avancer dans le bon sens… Encore une belle occasion de perdue.

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 16:48

Je suis de plus en plus surprise de constater que la première question que souvent les gens posent en arrivant dans un domaine viticole, ce n’est pas quel est le terroir mais qui est l’œnologue conseil ou le « winemaker ».

Effectivement, en quelques années ou peu de décennies, les vignerons ont pris l’habitude de déléguer les décisions en matière de vinification, assemblage et même gestion du vignoble à des gens de l’extérieur. Ces personnes, souvent pressées et qui ne passent que quelques heures par an sur les domaines qu’ils conseillent, impriment leur marque dans les vins.

Ce n’est plus vraiment le vigneron qui signe le vin mais son conseiller.


Dans certains cas, ce n’est plus un mais deux, voire même trois conseillers différents qui interviennent sur le même site. Chacun tente alors d’imprimer sa patte.

Parfois même, le conseiller crée autour de lui une sorte de club composé des domaines qu’il conseille et organise des dégustations dont finalement le thème est lui-même ; excusez du peu…

C’est la négation suprême de l’identité individuelle puisque le cru est réduit au rôle de faire-valoir du conseiller. Le vin n’existe alors que parce qu’il a été élaboré sur les instructions du conseil. Souvent, celui-ci ne connait pas forcément le vignoble pour ne le parcourir furtivement que pendant les vendanges.

Pourtant qui est mieux placé que le vigneron pour connaitre son terroir, son vignoble et sa propre relation avec son domaine ?

Pour trouver sa verticalité, la vigne a besoin d’un vrai parent, le vigneron. C’est le seul que la vigne connait car c’est lui qui est dans la vigne jour après jour.

Mais il faut aussi d’une certaine constance dans la direction qui va être donnée. Assumant les bons et les mauvais moments, seul le vigneron a la capacité de fixer un cap pour que la vigne ne se retrouve pas prise dans une partie de ping-pong en changeant d’un jour sur l’autre les choix au gré des modes et des changements de conseil.

Mon vin dans tout ça ? Il n’a jamais vu de conseil ou de « flying-winemaker ».

Il est l’expression d’un endroit interprété par un cépage. Mais c’est sûr, tout comme mes enfants, il porte aussi en lui une partie de moi.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 17:36

Contrairement à ce que j’avais pu dire récemment, la temporisation avec l’herbe n’a été que de courte durée. Il était vraiment temps de prendre les choses en grand pour ne pas se retrouver dans quelques jours avec une prairie contenant quelques ceps de vigne visible dans l’herbe, à la place d’une vigne un peu enherbée.

C’est donc en équipe que Jean-Michel et moi avons lancé la campagne de travail du sol à la maison.

Comme tous les ans, j’ai pris en charge le premier passage avec mon petit tracteur à chenille récemment réparé et qui fonctionne maintenant à merveille.

Quelques pannes inévitables. Heureusement, j’ai épousé un Mac-Gyver qui trouve toujours la solution pour réparer et permettre de repartir.

Pour celles qui paient cher les masques d’argile sur le visage, on peut trouver l’équivalent, bio de surcroit, avec une petite séance de travail du sol, sans cabine dans mes vignes.

J’ai interdit à Jean-Michel de prendre des photos en fin de journée…

A la sortie, les cheveux ont changé de couleur et la peau a pris une teinte halée du meilleur goût. Bon, par contre à la douche, l’eau coule marron et le corps retrouve sa couleur d’origine.

Pâques au tracteur

Jean-Michel a lancé quant à lui la décavaillonneuse. Sa chère décavaillonneuse Egretier, qu’il admire tant ; j’en ai souvent parlé ici-même. Il peut en vanter les qualités pendant des heures !

Cette année, il a amélioré son fonctionnement avec des modifications du châssis pour tenir compte plus efficacement des variations dans la hauteur du sol. Simple et efficace !

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le décavaillonnage c’est aller chercher la terre sous le rang avec une charrue équipée d’un tâteur, une sorte de palpeur et qui va faire rétracter la charrue lorsqu’il entrera en contact avec un cep de vigne. C’est une opération longue et délicate qui a précipité la quasi-disparition du travail mécanique du sol.

L’autre innovation de l’année, c’est que j’ai moi-aussi goûté à cette opération difficile mais que j’aime voir réalisée chez moi. Nous sommes le dernier vignoble de la région à retourner ainsi la terre. La très grande majorité des gens désherbe chimiquement sous le rang. Ceux qui labourent néanmoins, ont en général des approches « industrielles » du travail du sol avec des lames interceps qui « coupent le sol »en le remettant à la même place ou des outils rotatifs qui sont la pire des solutions agronomiques.

Plus que tout, il n’y a plus le geste symbolique du soc de la charrue qui retourne la terre dans un mouvement généreux.

Pâques au tracteur
Pâques au tracteur
Pâques au tracteur

J’ai donc fait mes débuts dans le décavaillonnage et je dois dire que j’ai bien aimé ; au point de ne pas laisser ma place.

Décavaillonner, c’est comme tailler, c’est toujours une nouvelle situation qui se présente.

On ne s’ennuie jamais. Les journées peuvent passer sans qu’on s’en rende vraiment compte. Une fois un rang terminé, on a hâte d’entamer un nouveau rang et ainsi de suite.

Il faut anticiper ce qui peut arriver quand on voit un cep un peu frêle ou un autre un peu tordu. La moindre erreur, c’est l’arrachement assuré.

En ce week-end, les familles partageaient l’agneau Pascal. Jean-Michel et moi étions dans nos vignes dans un moment de partage avec elles car elles sont une partie de nous, de notre vie et de notre raison d’être.

Le vrai bonheur sous le soleil du printemps !

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:30

Depuis quelques jours et surtout depuis ce week-end, on a dépassé le simple débourrement de la vigne en entrant rapidement dans la saison culturale.

Heureusement, pour le moment le beau temps est avec nous, ce qui n’était pas le cas les deux années précédentes.

Au contraire, le beau soleil nous a fait passer dans le vrai printemps chaud et donc la vigne répond à sa façon à elle en poussant fortement.

A la maison, c’est la course.

Il y a les incontournables commandes à préparer. Elles partent aux quatre coins du monde et nécessitent donc beaucoup d’attention dans les opérations préalables.

Jean-Michel me rappelle souvent que lorsqu’il est arrivé à Pontet-Canet, il y avait surtout deux conditionnements ; la capsule neutre pour l’export et la capsule CRD pour la France. Il y avait donc un stock tampon de chaque et les gens «tapaient » dans la pile pour honorer les commandes.
Depuis un quart de siècle, le monde a changé ! Les capsules, les palettes, les contre-étiquettes, les codes, les mentions légales,…

Bref, la concentration est de mise tout le temps.

A côté des caisses à préparer, ce qui nous préoccupe maintenant c’est l’herbe qui pousse elle-aussi. Profitant de réserves en eau confortables dans le sol, elle n’attendait que les premiers rayons de soleil pour se développer de manière exponentielle.

Chez nous, il ne s’agit pas de commencer aussi tôt le vrai travail du sol sous peine d’avoir à faire deux passages ; ce qui représente du temps et du carburant en plus.

L’idée est plutôt de contenir quelques jours de plus l’herbe avec des moyens économes dans ces deux critères importants.

Ensuite, on passera aux choses sérieuses.

Une trop grande présence d’herbe peut constituer un microclimat défavorable pour les risques de gel. Là-aussi, on est encore tôt dans la saison pour ne plus y penser…

Bref, il y a du pain sur la planche…

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 10:40

Après l’affaire Giboulot, je voulais quand même revenir sur un point qui me semble important et qui ressort régulièrement : on ne peut pas être à la fois tout et son contraire.

Il m’est arrivé fréquemment d’entendre parler de « presque bio », parce que les gens utilisent « très peu de pesticides ». On rencontre même le terme « biodynamie raisonnée » qui consiste à utiliser quelques préparâts biodynamiques tout en continuant d’appliquer aussi des pesticides au même endroit !

Eh bien non, on ne peut pas aller picorer çà et là ce qui nous arrange, au moins pour le discours et rester en phase avec chacune des voies.

On ne peut pas tout à la fois être avec ceux qui veulent pendre les patrons et souhaiter une économie de marché.

Pour le bio et les pesticides, c’est pareil !

La biodynamie, c’est de mettre le végétal au centre de nos préoccupations et de s’intéresser à son bien-être subtil.

Le conventionnel, c’est accepter d’utiliser des produits issus de la chimie. Ces substances vont tenter de tuer un organisme, décrété par nous comme étant pathogène. Pire encore, elles vont agresser le végétal et même en général pénétrer dans la sève et se disperser dans toute la plante, jusqu’à la moindre cellule. Un poison à petit feu qui va, traitement après traitement, année après année, affaiblir la plante jusqu’au moment où elle va finir par mourir.

Que dire aussi des champignons vivant en symbiose avec les racines de la plante et si utiles à son alimentation ? Eux-aussi auront droit à ces sirops de mort.

Que dire aussi de la flore et de la faune, macro et micro qui vivent dans la parcelle ? Ils vont mourir, plus ou moins vite et cela participera à détruire tous les cycles de vie qui permettent à un sol de vivre.

Le désherbant ? Il n’est jamais une bonne solution pour les sols ni pour les plantes qui y sont cultivées.

C’est certes plus pratique et plus économique, particulièrement pour entretenir sous les rangs de vigne.

Mais en aucun cas, le désherbage chimique peut être intégré dans un raisonnement de respect de l’environnement. Même en réduisant la largeur traitée au minimum, cela reste nuisible.

Remarquez que dans mon propos, je n’ai pas parlé des gens, agriculteurs, voisins ou consommateurs qui d’une façon ou d’une autre, consciemment ou inconsciemment, d’accord ou pas, vont être mis en contact avec des substances à tête de mort sur l’emballage.

Cela étant, dans la vie, il y a des moments où il faut se déterminer. Soit on est bio, soit on ne l’est pas. Mais il n’y a pas d’intermédiaire.

Pour la biodynamie, c’est la même chose mais à la puissance 10 !

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 11:05

Après de longs mois d’attente, des pages et des pages d’articles écrits, de reportages télé diffusés,(…) le verdict vient enfin de tomber dans « l’affaire Giboulot » ; ce vigneron qui a refusé les règles.

500 € d’amende et il semblerait, un appel en vue de la part du « contrevenant ».

Tout ça pour ça pourrait-on dire. Dans ces cas-là, on serait tenté de payer l’amende pour être débarrassé et tourner la page. On peut aussi estimer qu’il y a une question de principe et qu’on doit aller jusqu’au bout pour faire reconnaitre ses droits. Chacun choisit en fonction de sa sensibilité et de son degré d’implication.

Au moins, cette sombre histoire aura permis de mettre un coup de projecteur national sur les difficultés que peuvent rencontrer les vignerons bio face à des règlementations souvent conçues par des gens qui détestent le bio.

Dialogue impossible entre ceux dont je fais partie, qui estiment que tout produit chimique est un danger et les tenants de l’utilisation de ces substances.

Le conventionnel « ultra-raisonné » intègre l’idée d’utiliser des produits de synthèse en pensant que peu de passages implique peu ou pas de pollution.

Tout serait donc une question de curseur à positionner entre le bien et le mal.

La catégorie de gens à laquelle j’appartiens maintenant depuis plus d’une décennie considère au contraire que dès que le curseur s’est déplacé un peu, simplement avec l’utilisation d’un seul pesticide, la ligne rouge est franchie. La seule voie étant l’absence totale et définitive de ses produits.

Certes, tout ce que nous faisons n’est pas parfait. Le débat sur le cuivre perdure car c’est le seul argument des opposants au bio. Il doit être dépassé car les doses que nous utilisons n’ont rien à voir avec ce qui était la norme il y a encore peu d’années. Cette tendance va continuer avec un jour prochain, la quasi suppression de ce métal de nos traitements.

Il faut ajouter qu’en un ou deux passages annuels en fin de saison, les conventionnels en pulvérisent autant que nous dans une saison. Par contre, ils ont répandu au préalable 20 molécules de synthèse, cancérigènes, mutagènes, perturbateurs endocriniens,… J’en passe et des meilleures.

Dans le cas d’Emmanuel Giboulot, il s’agissait d’un produit d’origine naturelle et homologué en bio qui fait toujours débat car même naturel, son utilisation est loin d’être neutre pour la faune.

Là aussi, le cas de ce vigneron a montré le précipice qui existe entre la démarche officielle à courte vue, définie par les « scientifiques » et celle des gens qui veulent voir un peu plus loin.

Il y a une maladie, on va chercher à la détruire. La belle affaire !

D’une part on n’y arrive jamais et en plus on ne se pose jamais la fameuse et fondamentale question du « pourquoi on en est arrivé là ».

Cela me parait la première des réactions à avoir pour élaborer une marche à suivre. Pourtant, les têtes pensantes qui conseillent les décideurs n’ont absolument pas ce type de comportement ou de principe de fonctionnement.

D’un autre côté, la plupart cherche sans trouver et toute leur carrière de chercheur est ainsi faite.

Deux mondes que tout oppose…

Une fois de plus, Emmanuel Giboulot a toute mon estime !

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 18:09

Partout, on commence à voir de petites feuilles et parfois même de petites grappes. C’est à la fois beau et émouvant car pour la première fois, on commence à ressentir concrètement le prochain millésime.

Période délicate
Période délicate

Tous les cépages ne sont pas encore arrivés à ce stade si attachant. Le merlot, qui est le premier dans sa catégorie est parti devant.

Le Petit-Verdot, quant à lui commence tout doucement à sortir de sa bourre.

Période délicate

Il prendra tout le temps nécessaire pour arriver.


Le Sémillon est encore plus paresseux et on a des peines à le voir s’ébrouer au printemps.


Sur les sept cépages que nous cultivons, chacun a son propre caractère qui le fait se conformer à des règles qui lui sont spécifiques. C’est comme autant d’enfants qui expriment leur propre identité.

Avec les premières feuilles, on vient de rentrer dans le moment de l’année que bon nombre de vigneron redoute le plus ; celui qui va du débourrement de la vigne à la fin des risques de gel.

Un mois d’angoisse à regarder l’évolution des températures minimales.
Finalement, c’est aussi le moment de l’année où on s’accommode très bien des conditions pluvieuses, qui garantissent de fait des températures douces ou au moins, pas trop froides.

Comme quoi, à toute chose malheur est bon !

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 17:32

Comme je l’avais annoncé, nous avions la mise en bouteilles en début de cette semaine.

C’était donc un moment important dans l’année pour moi et une page (de plus) qui se tournait pour mes vins et les relations que j’entretiens avec eux.

Signe de temps qui ne sont pas les plus fastes, le personnel du prestataire s’est particulièrement resserré depuis la dernière fois. Il est maintenant réduit aux salariés permanents. Exit les intérimaires.

Chez l’imprimeur, c’est un peu la même tendance à la morosité. Il y a encore peu de temps, il fallait supplier pour avoir des étiquettes dans un délai acceptable. Maintenant, on peut même être livré en fin de semaine en ayant commandé le lundi ou le mardi.

Sinon, comme toutes les fois ou presque, j’ai eu droit à un contrôle « Qualibordeaux », c’est-à-dire un prélèvement pour dégustation en vue de l’obtention de l’appellation.

J’en ai déjà parlé ici-même plusieurs fois car à l’origine, lors de la réforme des appellations, on devait avoir en moyenne un contrôle tous les 5 ans. C’était destiné à simplifier les procédures pour obtenir l’AOC. Simplification à la française qui se solde par une explosion des coûts et une usine à gaz à faire pâlir l’administration soviétique.

Mais, pour ma part, c’est le contraire des objectifs initialement annoncés. Je ne suis pas contrôlée une année sur 5. Les autres 4 années, j’y ai droit !

Faut-il en rire ou s’en offusquer ? Mon avis diverge selon les moments.

Mais il est sûr que cela donne envie de quitter l’AOC.


Le plus intéressant, c’est justement que le vin contrôlé et mis en bouteilles ce début de semaine est déjà entièrement retenu. Il ne me reste pas une bouteille disponible ; même pas pour nous !

Et encore, je n’ai dit à personne que le vin allait se retrouver en bouteilles.

Pour peu que les résultats tardent à venir, il sera physiquement parti du domaine.

Combien de « petits bordeaux » peuvent afficher de tels résultats ? Pourtant, c’est moi qu’on contrôle !

Va comprendre…

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 21:09

En cette fin d’hiver, il n’y a pas que les vignes qui s’activent.

Contrairement à une bonne partie du bordelais, je ne me sens pas concernée par les dégustations primeur qui arrivent. Donc, pas d’excitation de ce côté-là.

Je ne dis pas que rien ne va se passer chez nous au début du mois d’avril. Des clients qui viennent sur Bordeaux pour les primeurs vont quand même passer à la maison pour garder le contact et déguster mes vins ; mais seulement ceux qui sont en bouteilles.

L’activation dont je parlais vient plutôt du conditionnement avec la préparation de nombreuses commandes.

Au retour de New-York, il y a eu une grosse commande pour cet endroit. Est-ce une conséquence de notre voyage là-bas ? Je ne le sais pas vraiment mais il me plait de penser que oui ; histoire de rembourser les frais…

Il y a aussi de nombreuses autres expéditions, petites ou grosses qui partent loin ou près de nous.
La mise en bouteilles arrivant pour deux vins dans les jours prochains, les clients en profitent pour demander des panachages des différentes cuvées que nous élaborons.

En général, les gens commandent deux ou trois références en même temps ; sur les 3 étiquettes de la gamme.

De ce fait, notre bâtiment de stockage des bouteilles est pratiquement vide. C’est à la fois effrayant et terriblement réconfortant.

Dans quelques jours, il en sera autrement. Et comme l’essentiel du vin à mettre en bouteilles est déjà retenu, Corinne n’a pas fini de mettre des bouteilles sur la ligne de l’étiqueteuse !

Il ne faut pas oublier les formalités avant et après, les factures à préparer,…

Bref tout le travail qui fait aussi notre quotidien et qui n’est jamais vu par les gens de l’extérieur.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:17

Faut-il voir le début de 2014 ou l’extrême fin de 2013 dans le traitement biodynamique que nous venons d’effectuer ?

Evidemment, je pencherais pour le commencement d’une nouvelle histoire,…pleine de promesses.

Qui aurait pu dire il y a quelques jours encore qu’on passerait aussi facilement dans nos terres argileuses après des records de pluie ?

Très honnêtement, je ne pensais pas pouvoir effectuer ce passage en cette fin d’hiver car en plus de tout, la vigne semble démarrer très en avance cette année.

Et comme dans la vie, rien n’est jamais écrit, le soleil est venu et tout s’est arrangé.

Ce traitement, il est à base de compost MT, du nom de Maria Thun qui l’a mis au point il y a quelques décennies. Il ne fait donc pas partie des préparâts « historiques » de la biodynamie.

Il va entre-autres participer à améliorer la vie du sol. Chez nous, ce n’est pas vraiment le souci tant la vie souterraine est active. C’est aussi pour cela que j’avais même envisagé de le zapper en cas d’impossibilité due au mauvais temps. Ce n’est jamais arrivé en plus de 10 saisons et finalement cela n’arrivera pas cette année.

C’était aussi une première sortie dans les vignes pour les pulvérisateurs. Utilisant des appareils simples, sans électronique, ils ont donc redémarré sans sourciller.

Le chantier a été réparti entre Thomas, notre fils qui s’est occupé des vignes à 1 mètre avec l’enjambeur et Jean-Michel qui a pris en charge les parcelles à 2 mètres.


Pour Thomas, la conduite de ces engins est une seconde nature car d’une part il conduit les tracteurs depuis qu’il est tout petit et en plus il possède en lui la petite étincelle qui permet à une personne de connaitre les trajectoires, d’anticiper la position d’une roue, de ressentir l’engin,… Bref, tout ce qui souvent semble me manquer quand je me retrouve à cette place !...

Il doit tenir mon beau-père qui voue une passion à la conduite agricole depuis des décennies.

Saison presque commencée
Saison presque commencée

Jean-Michel a montré une maitrise encore plus accomplie en prenant une photo avec son téléphone portable, tout en roulant dans les rangs de vigne.

Il est vrai que c’est toujours émouvant de voir du gibier dans le rang, surtout quand il est sauvage. Il a aussi pris en photo un lièvre mais il était un peu loin pour en faire un cliché intéressant à montrer.

Finalement, une remise à jour du travail qui s’est bien passée. Comme quoi, tout arrive à point à qui sait entendre !

Saison presque commencée
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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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