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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 12:23

Comme tous les ans à pareille époque, j’ai reçu mes amis Mostade en visite dans la région. Je travaille avec eux depuis longtemps et ils sont plus que des clients pour moi.

J’éprouve une véritable sympathie pour cette famille. D’ailleurs, je me rends compte que progressivement je ne travaille qu’avec des gens qui sont autant des amis que des clients.
La petite réputation de mes vins me permet maintenant de pouvoir sélectionner les gens qui vont les distribuer. C’est une conséquence heureuse des sacrifices et du travail faits depuis des années, c’est un confort très appréciable au quotidien.

Un tour des vignes de blanc a été l’occasion de pouvoir picorer des grains dorés. Le vignoble est magnifique et il transmet sa sérénité aux visiteurs qui y sont sensibles. 

Comme tous les ans, nous avons aussi déjeuné ensemble en dégustant quelques bouteilles de la maison.

Pour la première fois, j’ai ouvert des bouteilles de rouge 2007, Petit-Champ et Grand-Vin. Jean-Michel et moi avions déjà dégusté du Petit-Champ mais pas encore de Grand-Vin depuis la mise en bouteilles.

J’avais hâte de connaître leur avis car ce sont des gens qui dégustent énormément de vins.

Ils m’ont conforté dans l’idée que les vins ont changé. Ils ont gagné en complexité aromatique, en finesse de tanins et en profondeur.

Je vois encore certains remettent  en cause l’efficacité de la biodynamie. Je pense que la simple dégustation de quelques verres de vin peut apporter des arguments de poids en faveur de ce mode de culture (et de vie au sens large).

Mes interlocuteurs du jour sont convaincus depuis  longtemps, c’est aussi pour cela qu’on travaille ensemble.

Ils sont partis à 17 h.

Après cela, ce fut le retour brutal à la réalité : la préparation des vendanges.

Heureusement, il ne reste que peu de choses à préparer.

Mais encore fallait-il s’y mettre…

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 09:03

je n’avais pas donné de mes nouvelles depuis plus de 2 semaines. C’est devenu une habitude pour moi maintenant de faire partager ma vie, mes idées et mes états d’âme. Ce fut un peu dur de couper les ponts mais voilà, j’étais aux USA, à Washington DC, plus précisément.

Il s’agissait avant tout de rendre visite à des contacts commerciaux. C’est une bonne période de l’année car qu’on le veuille ou non, les choses sont beaucoup plus calmes en été et le pays semble être assoupi pendant 2 mois. La vigne n’a pratiquement plus besoin de nous. Donc, on peut partir sans état d’âme.

Mais nous en avons aussi profité pour découvrir cette ville accueillante que nous ne connaissions pas.

Il y a les passages obligés comme la Maison Blanche ou le Capitole, mais aussi de nombreux musées traitant de sujets aussi variés que la culture indienne, l’Holocauste ou l’art contemporain. Il y en a pour tous les goûts.





Le plus appréciable est que tous les musées sont totalement gratuits.


Nous n’avons passé qu’une semaine dans cette ville qui demanderait beaucoup plus de temps. Mais les préoccupations très matérielles nous attendaient : déclarations d’échange de biens, déclaration mensuelle de sortie,…Il y avait plusieurs palettes à préparer pour des expéditions programmées.  Pour certaines commandes, il fallait faire imprimer des étiquettes spéciales qui demandent des contacts réguliers avec l’imprimeur.


Bref, la routine du viticulteur. Ceux qui sont dans le même cas que moi savent bien ce que je veux dire. Entre le moment où on décide de faire imprimer une petite série d’étiquettes et le moment où on peut en disposer, il s’est passé quelques semaines et on a échangé plusieurs messages par internet et plusieurs coups de téléphone.


Dans mon cas, il faut en plus demander l’aval d’Ecocert pour certaines étiquettes qui porteront le logo AB. Il n’y a rien de compliqué, mais il faut le faire et passer le temps nécessaire.

Cette année, il y a une donnée supplémentaire à intégrer dans le planning, c’est tout simple : les vendanges.

Avec un été particulièrement beau, les raisins ont bien profité du soleil. Les blancs sont proches d’être récoltés.


En plus de tout, il a fallu constituer en hâte ma petite équipe de vendangeurs. Certains sont devenus des « institutionnels » et sont là tous les ans. Pour les autres, il a fallu les recruter.

J’ai donc passé une semaine intense pour rattraper une partie du retard né de ce voyage outre-Atlantique. Pour l’administratif, je suis à jour.

 

Mais pour la préparation des vendanges, il y a encore beaucoup à faire.

On en reparlera

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 07:53

Comme tous les étés, nous avons soutiré les barriques de vin rouge. Ainsi, nous sommes définitivement prêts à recevoir la nouvelle récolte sans se préoccuper de la précédente.

 

Cette fois-ci, il y avait des originalités dans notre travail.

 

Premièrement, nous avions plusieurs lots descendus en barrique à des dates différentes que nous avons voulu assembler. Tous les vins ont donc été pompés en cuve avant d’être redescendus en barriques.

 

Deuxièmement et c’est une vraie première, Jean-Michel n’a pas prendre part au chantier. Il y a quelques jours, il s’est fait une petite luxation de l’épaule et il est encore en convalescence. C’est un récidiviste de ce genre de mésaventures. La dernière fois, c’était il y a 10 ans, pendant les vendanges à Pontet-Canet. Il avait loupé une marche en descendant un escalier et s’était démis une épaule. C’était le matin à 9 heures et il y avait 200 personnes au travail. Comme c’était vers la fin des vendanges, la plupart des cuves étaient pleines.

Je l’avais amené aux urgences pour le remettre en place, puis deux heures après, il était revenu à son poste avec le bras en écharpe.


 

Heureusement, cette fois-ci, c’était beaucoup moins sérieux. Néanmoins, il ne peut et ne doit pas porter de poids ni faire d’effort.

Ce sont donc les enfants qui ont pris en charge, pratiquement seuls, le soutirage. Jean-Michel regardait. Quant à moi, je vidais les barriques.


 

Le temps était beau et l’ambiance décontractée. Heureusement car pour les soutirages de barriques, nous devons mettre des tains dehors pour égoutter les barriques. Il n’y a pas assez de place à l’intérieur. C’est certes un peu moins pratique mais ce n’est pas très grave. Il suffit seulement de bien choisir son jour.

 


Thomas a une fois de plus passé son temps à chanter. Il a même utilisé des barriques comme tambours pour accompagner son chant.

 

Bref, nous avons passé un bon moment malgré le travail physique.

 

Les vins se goûtent merveilleusement bien. 

Quand je pense qu’actuellement dans le forum La passion du Vin, certains remettent en cause l’utilité de la biodynamie. Chez nous, l’évolution vers cette philosophie a permis une évolution qualitative majeure pour les vins. Bien entendu, il n’y a pas que ça, mais quand même.

 

 

Bons vins, famille et bonne ambiance, que demander de plus ???

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 09:55

Depuis quelques années, il est de bon ton de planter des jachères fleuries pour promouvoir la biodiversité.

Déjà, le terme « biodiversité » m’énerve au plus haut point car quand on ne prend pas la peine de tuer tout ce qui bouge au nom de l’agriculture moderne, tout fonctionne très bien tout seul. Mais mon propos du jour n’est pas là. J’en ai longuement parlé il y a quelques mois au moment d’un colloque « tournage en rond » sur le sujet.


Personne ne pourra nier le caractère esthétique des jachères fleuries. Pour les passants, cela donne une diversité de couleurs très agréable.

On en voit aussi de plus en plus dans les vignes, entre les rangs. Mais au-delà de la beauté pure que faut-il en penser ?


Pour les gens qui utilisent des pesticides, on est dans la droite ligne de la lutte raisonnée et son cortège de communication « bla-bla » autour d’une « biodiversité » préservée. Il faut préciser que les nouvelles générations de produits de traitement évitent de tomber sur les fleurs des jachères fleuries. C’est fou ce que l’industrie chimique a fait comme progrès !


Mais, ce qui me gêne le plus, c’est quand les jachères fleuries sont chez les vignerons bio et même biodynamistes. Nous pensons que chaque plante qui pousse naturellement dans les vignes est un marqueur de l’état du sol (et aussi bien souvent le remède aux problèmes quand il y en a). Chaque plante, par sa présence, nous délivre son message. C’est ensuite à nous de l’analyser pour donner à la vigne les meilleures conditions.

Lorsqu’on plante des jachères fleuries, on passe à côté de tout cela. Et on peut penser que l’on passe aussi à côté de toute la philosophie de compréhension du vivant.

La jachère fleurie dans les vignes, c’est un point de couleur, mais c’est surtout une sorte de nivellement intellectuel par le bas ; un de plus !

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 10:09

Hier, c’était le repas d’anniversaire d’Eric B. Jean-Michel et moi avions la chance d’être invités à ce grand moment de gastronomie. Les autres invités étaient un couple de vignerons de la région, Isabelle et Franck, les propriétaires du Château Jonc Blanc.

 

Nous sommes donc venus.

Le ciel était bas et pluvieux. Nous avions eu plus de 30 mm d’eau dans la nuit. C’est le genre de temps qui n’est jamais très bon ni pour le moral, ni pour les repas d’été, en général tournés vers l’extérieur.

 

Nous avons vu.

C’était magnifique. Chaque plat était une recherche d’expression subtile des ingrédients mis en œuvre mais aussi de complémentarité avec les vins proposés.

Ce n’est pas la première fois que j’ai l’opportunité de déguster sa cuisine mais à chaque occasion, je peux mesurer la distance qui me sépare de ses performances culinaires.

J’aime cette cuisine, mélange de tradition et de goûts contemporains. C’est à la fois épuré mais riche en saveurs. Tout est très élaboré mais parait simple tellement c’est bien pensé.

C’est tout simplement de l’art.

 

Nous avons vaincu.

Et ce n’était pas évident car chaque fois que nous pensions être arrivés prés du but, c'est-à-dire la fin du repas, un nouveau plat arrivait ; huit au total !

Mais comme les parts sont à la fois complètement adaptées en taille et très peu grasses, il était possible d’aller au bout ; sans défaire la ceinture ni les boutons du pantalon.

Les discussions vigneronnes sont aussi une bonne aide car les repas s’allongent sans que l’on s’en rende compte. Le choix des invités n’était pas dû au hasard car il planait un petit air de biodynamie au dessus de la table…

 

Eric a atteint un niveau culinaire de grand chef. On le savait déjà tant son blog tenu quotidiennement nous le rappelle. ICI


Bravo encore, bon anniversaire et vivement l’année prochaine…en espérant faire encore partie des invités !

 

 

 

 

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Corinne Comme - dans Divers
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 12:18

On pense que la saison vient tout juste de commencer et elle touche déjà à sa fin ! Ainsi, il y a peu, nous parlions de décavaillonnage de printemps et maintenant, on en est au dernier griffage avant les vendanges.

Historiquement, dans la région, les gens avaient l’habitude de ne plus toucher les sols à partir du 15 août. Nous n’avons pas de notions de leur motivation à ce sujet mais en gagnant en expérience dans cette viticulture du respect, on finit par rejoindre les vieux préceptes oubliés.

Les découvertes sont beaucoup moins nombreuses que les redécouvertes !


A cette période, la vigne est une femme qui entame la fin de sa grossesse. Il convient donc de la respecter au maximum et de ne pas trop la bousculer. Si elle est envahie d’herbe à ce moment là, c’est que l’on s’y est mal pris plus tôt et il conviendra de ne pas refaire la même erreur l’an prochain.

Et à cette saison, l’herbe pousse moins vite car ce n’est plus une période de développement rapide.

Donc, un dernier travail du sol aux environs du 15 août permet de garder les vignes « présentables » jusqu’aux vendanges.

J’en ai déjà parlé précédemment mais Jean-Michel et moi envisageons le travail du sol avec une philosophie globale par rapport à notre viticulture biodynamique. La suppression de tout désherbant chimique est une bonne chose mais pas au prix d’une débauche de moyens et d’énergie pour entretenir les sols.

Malheureusement, le retour au travail du sol se fait de plus en plus avec du matériel conçu sans souci du respect du sol. Il est souvent très complexe avec de nombreuses pièces en mouvement et la puissance nécessaire pour  l’animer est très importante ; donc l’impact sur l’environnement est loin d’être négligeable.

Au contraire, nous labourons nos sols le moins souvent possible et chaque passage se fait avec un matériel simple, peu agressif pour le sol et qui ne demande pas de puissance.



Cette fois-ci, c’est notre fils Thomas qui a effectué le travail. En effet, effectuant son job d’été à Pontet-Canet, son père l’a tout naturellement affecté au travail du sol, décavaillonnage et griffages. Pour lui, c’est tracteur enjambeur tous les jours. 

Il a donc acquis une grande expérience !!!

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:01

Comme tous les ans, nous ramassons des fruits pour faire des confitures. Nous avons la chance de ne pas acheter de confiture du commerce. En fait, je devrais dire, que nous nous donnons la possibilité de ne pas acheter de confiture du commerce car la réalisation de confitures « maison » n’est pas une mince affaire quand il s’agit d’être autonome pendant 1 an et que l’on déjeune au pain confiture tous les jours ! Pour cela, il faut des dizaines de kilo de confitures. C’est donc énormément de temps pour ramasser les fruits, les dénoyauter (le plus souvent), tourner la confiture et la mettre en pot.

Nous profitons aussi des arbres plantés par le grand-père. Lui n’est plus là mais les arbres restent. Les arbres permettent de relativiser la place des hommes dans l’histoire. Il leur faut des années pour devenir adultes ; ceux qui les plantent travaillent pour les générations futures. Donc, lorsque nous ramassons des fruits, nous avons une pensée pour celui qui a planté l’arbre.


Depuis deux ans, il n’y avait pas de fruit. Avant même que le temps pluvieux n’apparaisse, les arbres n’avaient pas de fruits. Là aussi, la nature nous envoyait un message qu’il aurait fallu savoir lire…

Donc, pour la première fois depuis que Jean-Michel et moi vivons ensemble, nous avons été obligés d’acheter des confitures. L’aspect positif est que cela nous donne un point de comparaison entre nos confitures et celles du commerce. Les nôtres sont toujours meilleures et plus fruitées.


Le week-end dernier, nous avons commencé à ramasser des mirabelles. Ce n’est que le début de la saison.

Jean-Michel a secoué l’arbre pour faire tomber les fruits mûrs ; pas trop fort malgré tout pour n’avoir que des fruits vraiment à point.

 

Puis, c’est le ramassage.

 



Souvent, le plus dur est de ne pas oublier d’en mettre dans le récipient. Jean-Michel et Thomas ont une passion sans borne pour les fruits.

 

Enfin, il faut rentrer avec ce butin odorant et d’une couleur chaleureuse.

Le dénoyautage attend…

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:09
Ceux qui vivent le vin de loin sans forcément connaître toutes les subtilités du métier de vigneron ne savent peut-être pas que nous sommes sans conteste la profession la plus surveillée de France.

Parmi toutes les déclarations à effectuer dans l’année, celle du 31 juillet est un monument. C’est la « déclaration de stock au 31 juillet ». Tous les vignerons y ont droit. Il nous faut faire l’inventaire de tout le vin présent sur le domaine à cette date ; qu’il soit en bouteilles ou en vrac.

Les volumes comptés sont ensuite inscrits sur un imprimé officiel qui sera ensuite apporté en Mairie.

 

Donc, comme tous les viticulteurs de France, je me suis affranchie de cette obligation en comptant toutes les bouteilles présentes ainsi que les vins en vrac. Pour ces derniers, il ne s’agit que des rouges 2008 en barrique puisque les autres vins sont en bouteilles depuis moins d’une semaine.

 

La déclaration de stock n’est qu’une des nombreuses étapes de notre vie de viticulteur-contribuable. Les volumes de vin en bouteille ou en vrac doivent être justes à tout moment ainsi que les stocks de capsules fiscalisées. Lorsque l’une de ces dernières est écrasée par la capsuleuse, il faut la conserver pour bien prouver son existence, en cas de contrôle.

Cette suspicion permanente est très difficile à supporter. C’est sûrement l’aspect le plus négatif de notre métier. Je suis d’accord pour payer l’impôt, mais en fonction de règles simples. Les lourdeurs générées vont à l’encontre de la bonne efficacité économique de notre profession.

Ces contraintes n’empêchent cependant pas les trafiquants de trafiquer mais rendent plus difficile au quotidien la réalisation de notre métier pour les vignerons honnêtes que nous sommes.

 

C’est ainsi, la France est un grand pays de tradition. D’un côté il y a les huîtres, les fromages et les vins ; de l’autres, les contrôles et les déclarations qui vont avec.

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:37
Mes nuits ont été perturbées quelques temps et de façon exponentielle au fur et à mesure que le jour fatidique approchait. Mais maintenant, c’est fait : le rouge 2007 est en bouteilles.

Ce ne fut pas sans mal. Les bouteilles qui devaient arriver lundi ou mardi ont ensuite été planifiées avant 8 heures le mercredi, c'est-à-dire le jour même de la mise. Ce fut une première cause d’inquiétude. Mais l’an dernier, on avait eu pareil cas et les choses s’étaient bien passées. Cette année encore, les engagements ont été tenus.

 

Avec les bouchons, l’angoisse est montée d’un cran. Ils sont partis de l’usine dans la banlieue bordelaise vendredi dernier. Le transporteur devait les livrer lundi. Puis, on m’a dit mardi.

Enfin, après recherche des colis, on m’a annoncé mercredi matin entre 7 heures et 8 heures.

Ma confiance dans cet engagement était toute relative et j’ai une fois de plus passé une nuit d’angoisse. Mais finalement, les bouchons sont arrivés comme prévu avant le début de la mise.

Finalement, tout s’est arrangé…comme tous les ans.

 

Avec 3 vins différents pour une journée de travail, il y a beaucoup de manipulations supplémentaires. Ces dernières se paient au prix fort sur la facture mais je n’ai pas d’autres solutions.

 

Pour être sincère, j’ai d'un côté une certaine admiration pour ce camion de mise en bouteilles et toute la logistique qui le sert. Chaque détail a été pensé pour prendre un minimum de place tout en étant là pour servir la qualité et l’efficacité du travail effectué. C’est une sorte de caravane pour mise en bouteilles.  Dans une caravane (ou un camping-car), il y a tout mais avec une taille adaptée aux conditions et un souci du moindre centimètre-carré.

 

Maiq malgré tout, je n’aime pas beaucoup les camions de mise. Je ne me reconnais pas dans ce concentré de technologie et de machinisme vinicole. Il n’y a aucune poésie dans tout cela. Je pense à mon vin qui a fait l’objet de tant d’amour depuis deux ans qu’il vit avec moi et même avant cela, lorsque les vignes étaient en gestation de leur raisin.

Il lui faut maintenant subir une dernière épreuve et traverser tous ces équipements sophistiqués et dénués de sensibilité pour pouvoir se retrouver dans les bouteilles.

J’ai mal pour lui. Heureusement, il aura quelques semaines pour se remettre de ces émotions avant de commencer à partir vers chez les clients.

Pendant la journée, j’ai aussi eu deux visiteurs. Ce n’est jamais le bon moment lorsqu’on travaille, mais c’est aussi la règle dans ces cas là ; on reçoit tout le monde,  dans toutes les conditions, avec le sourire, même si on n’a dormi que deux heures durant la nuit précédente.

 

Heureusement, la mise est finie pour cette année. Dans le chai, la prochaine étape sera un grand nettoyage des cuves.
J’allais oublier. Il y aura aussi toutes les barriques à soutirer, mais ce sera à la fin août… pendant les congés de Jean-Michel.


Ensuite, on pourra attendre avec sérénité les vendanges !

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 09:42

Lors de la moindre balade dans les vignes, on peut voir des baies vérées. Dans les rouges, c’est plus facile car les grains changent de couleur. Dans le cas des blancs, c’est plus discret mais tout aussi important. Un grain de raisin blanc devient légèrement translucide et change un peu de couleur en prenant une teinte un peu jaune. Mais c’est très sensible et difficile à expliquer précisément ; on le sent plus qu’on ne le voit.

 

J’ai donc goûté ma première baie de raisin de l’année dans mes vignes. Il s’agissait de Sauvignon blanc. Je n’ai pas eu l’extase de ma vie car on a plus l’impression de croquer du haricot vert cru et acide qu’un grain de raisin mûr.

Mais, le moment est important au niveau symbolique. Cette récolte que nous protégeons et même que nous imaginons dans nos rêves, nous pouvons maintenant commencer à la sentir sous la langue.

J’ai beau me dire qu’il faut garder mon sens critique, je n’arrive pas à trouver de défaut à ce grain de raisin à goût de haricot. C’est même le meilleur haricot jamais goûté !

 

Il reste encore quelques semaines avant les vendanges mais la récolte devient maintenant palpable, sensible.

 

Déjà, les vins se dessinent dans ma tête en fonction du travail des années précédentes, de ses résultats et du travail de l’année. Notre viticulture nous donne la possibilité de mieux comprendre le vivant pour essayer de l’influencer dans le sens que nous souhaitons.

 

Chaque expérience dans le vignoble nous donne des indications sur nos terroirs et les cépages qu’ils portent. C’est maintenant à nous d’orienter nos parcelles dans la direction nous menant au vin idéal que nous avons en tête pour une meilleure expression de la subtilité de chaque portion de notre vignoble.

 

Les premières baies vérées ne laissent jamais indifférents. La preuve, je pars très rapidement dans des délires dès que je me mets à les évoquer !

 

Il reste cependant à les amener intactes jusqu’à la vendange. Comme le dit souvent Jean-Michel, il faut rester concentré.

 

J’arrête là mes divagations,…en pensant quand même à la meilleure façon de vinifier ces raisins quand ils arriveront au chai…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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