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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 15:58

Comme tous les ans, j’ai eu hier le contrôle Ecocert pour la certification bio. J’allais écrire « j’ai subi hier », mais le verbe « subir » avait une connotation de contrainte ou d’agression. Ce n’est pas le cas donc, j’ai tout simplement utilisé le verbe « avoir » faute de mot plus adapté.

 

Un contrôle Ecocert est une chose obligatoire pour pouvoir dire ou écrire qu’on est en bio. C’est très sérieux mais toujours cordial.

La contrôleuse doit bien avoir quelques critères secrets qui lui permettent de savoir à qui elle a à faire. Chez nous, tout est limpide dans la gestion des stocks de produits, des factures,…

 

Le vignoble a suffisamment d’herbe pour bien faire prouver qu’il n’y a pas eu de désherbant chimique employé !

Dans tous les cas, les factures d’achats de produits sont épluchées. Ensuite, la situation du cuivre est analysée avec minutie (stock début et fin, consommation). Les chiffres sont rapprochés de ceux annoncés par le calendrier de traitements.

Je pense que le débat sur le cuivre (qui oppose souvent les pro et les anti bios) est dépassé. Les quantités que nous employons maintenant n’ont rien à voir avec celles appliquées dans le passé. L’emploi de plantes lors des traitements permet d’avoir une bonne efficacité du cuivre avec des doses infimes. Les marges de progression dans la baisse des doses sont réelles et accessibles.

 

Enfin, dans tous les cas, lors de chaque contrôle, on fait un tour du vignoble.
Cette année, avec pratiquement zéro tâche de mildiou, j’étais particulièrement fière de montrer mes vignes.

 

Alors que le contrôle était en cours, j’ai eu la visite d’un voisin-client. Celui-ci, très branché bio, a été ravi de découvrir que derrière la mention « AB », il y avait une organisation bien structurée et des gens qui la font vivre.

La présence d’une telle mention sur les produits n’est pas anodine et correspond donc à un cahier des charges très précis qu’il convient de respecter. Les contrôles sont là pour crédibiliser l’ensemble de la filière bio.

 

C’est très bien ainsi et n’ayant rien à cacher, je suis ravie de me plier à de tels contrôles.

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 12:38

Quelques jours après avoir finalisé définitivement nos assemblages de rouges 2007 « sur papier » ou plutôt en éprouvette, surtout verre à la main, il était temps d’effectuer les mouvements de vin dans le chai.

 

On a profité de ces opérations de pompage pour soutirer une dernière fois les vins. Puis, les vins que nos clients dégusteront bientôt sont nés.

Comme tous les parents, nous sommes fiers du résultat. Chacun des trois vins est parfaitement dans sa gamme ; au moins selon nous…

 

Depuis plusieurs jours, j’étais perturbée par ces mouvements de vin. Il fallait trouver la technique nécessitant le minimum de pompage tout en tenant compte des différentes capacités des cuves. Jean-Michel n’avait pas l’air trop perturbé par l’opération à venir. Il a l’habitude de manier des volumes nettement plus importants ; mais surtout il n’est pas né avec mon angoisse permanente pour tous les détails du quotidien.

Déjà à l’école, j’avais la hantise de me tromper lors des contrôles. Je n’ai eu que très peu de mauvaises notes dans toute ma scolarité mais plusieurs décennies après, celles-ci sont de véritables croix que je porte tous les jours ou presque.

 

Donc, l’organisation d’un soutirage ou d’une mise en bouteilles sont pour moi des sources de tracas. Il y a aussi toutes les déclarations aux douanes ; mais là, je ne pense pas être la seule que cela inquiète…

 

Heureusement pour moi, je sais depuis longtemps que cette année j’aurai suffisamment de casiers disponibles pour stocker les bouteilles. J’ai vendu et expédié assez de vin depuis un an pour m’enlever ce nouveau problème.

 

Heureusement, le chantier de soutirage-assemblage s’est parfaitement déroulé. Comme toujours dans ces cas là, il y a plus de nettoyage que de soutirage proprement dit.

 

Mes vins sont assemblés et ils sont bons, le chai est propre.

Finalement, le bonheur n’est pas loin…

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 07:49

C’est avec une certaine appréhension que nous avons vu hier matin, les flashs de Météo-France prévoyant une alerte autre autres sur notre région.

Notre projet n’était pas de traiter maintenant mais après une grosse pluie en début de semaine il valait mieux protéger un peu la vigne ; surtout que la lune est dans une phase « délicate ».

Malheureusement, chez nous rien n’est simple. Quand on habite à 2 heures de route de ses vignes, cela ajoute un peu de lourdeur à la machine !

Les traitements peuvent être faits sans moi, mais les tisanes de plantes sont faites par moi. Grâce à elle, on peut n’utiliser que des doses très faibles de cuivre.

En fonction des conditions et du stade de la vigne, je change la composition de mes tisanes. Mais je dose toujours à l’œil car notre viticulture est celle du ressenti.

Il a donc fallu se rendre sur place pour amener ce précieux liquide, pour une fois fait à Pauillac pour gagner un peu de temps. Puis, après à peine plus d’une heure sur place, c’était déjà le moment de repartir pour Pauillac.

C’est une vie qui est parfois difficile à supporter. J’aimerais me « transmuter » comme dans les dessins animés japonais pour pouvoir faire le voyage en quelques dixièmes de secondes. On n’en est pas encore là et c’est bien dommage. Heureusement, sur la route, on peut voir des vignes !

Finalement, les vignes ont été traitées,  la pluie n’est pas vraiment venue, au moins chez nous. Les raisins ont quand même besoin de cette eau finalement bienfaitrice pour gonfler un peu et surtout penser à changer de couleur. Dans notre métier où le temps qu’il fait est une donnée fondamentale dans la réussite ou pas, on ne choisit pas ce qu’il va tomber comme pluie.

C’est ainsi,…et c’est peut-être mieux comme cela.

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 13:15

Nous avons profité de la léthargie qui prend le pays lors du 14 juillet pour finaliser nos assemblages de rouges 2007.

La mise en bouteilles est prévue à la fin du mois et il faut déterminer de façon définitive ce que seront nos différentes cuvées.

 

L’esprit de chacun de nos 3 vins (Petit-Champ, Grand-Vin et Les Sens) est déterminé depuis longtemps et les assemblages ont été faits. Mais cela ne représente que 90 % des volumes environ.

 

Pour le reste, nous conservons quelques lots séparés afin de pouvoir affiner nos assemblages et les amener vers ce que nous avons en tête, c'est-à-dire un vin idéal.

 

Tous les terroirs ne s’expriment pas de la même façon ; certains demandent plus de temps que d’autres pour donner toute leur mesure. Par contre, quand on leur laisse le temps nécessaire, ils deviennent des piliers fondamentaux d’un vin.

L’erreur à ne pas commettre est de les juger trop tôt et de les orienter avant qu’ils n’aient pu donner toute leur dimension.

Chez nous, on ne force pas les choses. Chaque terroir doit s’exprimer lorsque c’est le bon moment pour lui, qu’importe le temps qu’il faut pour cela. Comme le dit Jean-Michel, on est au service du vin.

Je suis totalement d’accord avec cela ; et de plus en plus. En ne forçant pas les choses, on obtient toujours ce que l’on veut ; sans brutalité, dans la douceur et l’harmonie.

 

Nous avons profité de la salle de dégustation de Pontet-Canet. L’endroit est dédié aux assemblages, les verres sont de qualité et en quantité largement suffisante pour tous les essais que l’on souhaite faire. C’est magique !

 

Avec tout cela, nous avons déterminé précisément et définitivement ce que seront nos trois nouveaux bébés.

Maintenant, il reste à finaliser le tout dans les cuves et attendre patiemment les mises en bouteilles.

 

Nos vins ne sont plus collés donc c’est un tourment en moins et une ligne à ne pas ajouter sur les étiquettes. Bientôt, avec toutes les mentions légales à inscrire sur les bouteilles, il faudra des étiquettes en plusieurs tomes !!!!

 

Je suis très fière de mes vins et j’ai hâte de pouvoir les présenter à tous mes clients-amis qui me font confiance.

 

Enfin, nous avons aussi profité de ce jour de repos pour faire… un tour des vignes de Pontet-Canet.

Jean-Michel est très fier de ses vignes et il tenait à avoir mon sentiment sur la question. L’évolution intellectuelle de cette viticulture est un chemin que nous parcourrons ensemble lui et moi. Mon avis semble lui être important, ce qui me donne une responsabilité supplémentaire car les enjeux ne sont pas les mêmes qu’au Champ des Treilles.

 

Heureusement, les résultats dans le verre semblent parler d’eux-mêmes.

Pour ce qui est de la récolte 2009, comme partout, on est tributaire du temps qu’il fera jusqu’aux vendanges. Mais pour le moment, c’est une impression de sérénité qui semble marquer les ceps que j’ai pu contempler. Et quand on dit beau à pleurer, on n’est pas loin de la vérité !

 

Ici ou ailleurs, des vignes aimées sont toujours plus épanouies et heureuses que les autres. C’est du moins ce que mes yeux (et mon cœur) semblent me montrer…

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 16:29

Je viens de lire un article dans la presse sur la possibilité qui est maintenant offerte de suivi en ligne des vinifications.

Je n’ai rien contre le progrès et je mesure la performance de ce type d’appareillage car je me souviens que l’informatique n’existait pas encore à proprement parler lorsque j’étais enfant.

Mais ma passion pour mon métier m’incite à me demander comment on peut suivre une vinification sans être directement et en permanence en contact avec le vin qui fermente.

Je vis au contact direct des cuves lorsqu’elles ont besoin de moi. Lorsque je dors, un seul mur me sépare d’elles. Ma tête n’est qu’à quelques dizaines de centimètres des cuves.

J’entends le « gloup-gloup » des fermentations et je ne sais comment, l’odeur de la fermentation naissante arrive dans la maison à travers les vieilles pierres.

J’ai des relations sensibles ou sensuelles avec mon vin en fermentation. Donc, je n’arrive pas à comprendre comment on peut être capable de se séparer de lui au point de le suivre par internet !

Mais tous les goûts sont dans la nature…

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 09:04

Nous venons de recevoir les cahiers techniques du CIVB au sujet de l’étude sur le bilan carbone.

J’en avais parlé il y a quelques mois et je ne souhaite pas redire la même chose avec des mots différents.

J’ai lu avec attention le petit document sur papier glacé. Cela s’appelle « Plan Climat Vins de Bordeaux 2020 ».

Première bonne nouvelle, les produits phytosanitaires sont peu générateurs de gaz à effet de serre. Ouf, on va pouvoir continuer à en utiliser des pleins camions sur le vignoble.

Autre souci, la moitié du quatrième poste de production de gaz à effet de serre provient de l’Oenotourisme. Que faire ? Faut-il renvoyer les gens chez eux ? Que dire des déplacements destinés à aller vendre les vins. C’est une grande question qui touche toujours au développement en opposition au durable. J’en avais parlé il y a quelques semaines, mais là, on y est.

Ensuite, il y a toute une série de pistes objectives ou pas qui sont énumérées. Mais ce qui me frappe dans tous ces propos, c’est qu’il vise surtout les exploitations à vision industrielle des Bordeaux génériques. Ceux-là mêmes qui peuvent être sensibles aux bouteilles PET de 50 grammes, aux bag-in-box, à une mécanisation poussée à l’extrême, à la machine à vendanger,…

Pour être franche, je ne me reconnais pas trop dans ces cas de figure et que je sache on est aussi loin des Grands Crus prestigieux.  Mais qui sait…

Parmi les autres pistes, il y a le développement des vidéoconférences ! Là, je me sens totalement dépassée. Je ne sais pas combien de mes collègues vignerons utilisent ce genre d’innovations techniques pour vendre leur vin. Il me semble qu’ils doivent être à peu prêt…zéro. Mais là aussi, tout peut changer. Il suffirait que le matériel vidéo intègre les odeurs et on pourrait commencer à s’en servir en dégustation.

Malheureusement pour le solaire, le document en parle longuement et positivement avant de nous faire raz le nez en annonçant que les aides sont pour les particuliers uniquement.

Parmi les grandes solutions d’avenir, il y a aussi le développement du transport fluvial. Malheureusement, le guide n’en parle pas mais il n’est pas rare qu’une poignée de grévistes suffise pour bloquer tout un port et l’économie qui va avec, pendant plusieurs semaines.

J’ai enfin trouvé une solution : faire venir le bateau jusqu’au chai. Bien-sûr, ce n’est pas valable partout, mais bon…

Pour chez moi, il faudra avant tout creuser un petit canal au gabarit d’un porte conteneur moderne et le tour sera joué. Justement il y a la commission pour savoir où investir l’argent du grand emprunt Sarkozy. Voilà une idée.

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 08:54

Après plusieurs mois de tension sur le front du mildiou, nous sentons la pression retomber. Alors que nous venons de passer le cap du 1er juillet, le vignoble est parfaitement sain et donc, le risque de perte de récolte par cette maladie diminue fortement. Même si rien n’est encore gagné car les vendanges sont encore loin, on peut penser qu’il y aura peu de risque d’avoir des raisins détruits par le mildiou en 2009.

Chaque année apporte sa propre originalité et ses propres caractéristiques. Il est encore trop tôt pour caractériser celle-là du point de vue des maladies.

Mais comme beaucoup d’autres producteurs, nous avons profité de l’expérience de 2007 et 2008 pour progresser. Les années difficiles sont aussi là pour ça !

Une des clés de la réussite semble être de se considérer en permanence en risque maximum. Ainsi, on n’est jamais pris au dépourvu.

Mais surtout, au-delà du mildiou, c’est à la vigne qu’il faut penser. Sans elle, il n’y a point de succès contre ce champignon. C’est en aidant le pied de vigne et en le comprenant que l’on le rend moins « sensible ».

Le champignon et le ravageur sont en relation étroite avec le sol. C’est ce dernier qui va imprimer sa marque au pied de vigne et le rendre plus ou moins attractif pour la maladie ou le ravageur. Sans tenir compte du sol et même du sol-sol, il n’y a point de  lutte contre le mildiou qui compte ; même si le mot « lutte » n’est donc pas très approprié.

Bien-sûr, tout cela n’est valable que lorsqu’on cultive en bio et surtout en biodynamie. En lutte chimique, toutes ces considérations n’ont pas lieu d’être. On n’envisage pas le rôle du sol ; on détruit ou plutôt on cherche à détruire la maladie ou le ravageur, sans essayer de comprendre les choses dans leur globalité.

2009 ne sera pas une grande année mildiou. Finalement, c’est mieux ainsi.

Il reste cependant encore beaucoup de chemin à parcourir jusqu’aux vendanges.

La vigne a encore besoin de nous…ou le contraire !

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 09:38

Il y a quelques jours, je vous montrais les photos de pieds de vigne. Depuis, les raisins ont continué de grossir avec conviction et sérénité.

Ils sont toujours aussi beaux et me donnent un immense sentiment de fierté lorsque je les regarde. Maintenant, il me tarde vraiment d’être aux vendanges.

C’est la première fois que le travail dans le vignoble n’est pas en retard. Les relevages sont finis. Le deuxième épamprage a commencé et permettra d’enlever tous les gourmands qui se sont développés après le premier passage.


Une fois de plus, notre objectif d’une récolte naturellement petite, sans vendange verte en juillet sera atteint. Les raisins sont là, mais les grappes sont peu fournies en baies. C’est un bon présage car l’air pourra circuler entre les grains jusqu’à la récolte ; prévenant ainsi les attaques de pourriture.

Avec nos conditions de culture, l’effeuillage est lui-aussi totalement inutile. Les grappes sont suffisamment exposées au soleil, mais pas trop. Ainsi, on préserve le fruit sans les vins.


C’est donc une vraie viticulture nature.

Chaque année qui passe nous oriente un peu plus dans ce sens, c'est-à-dire une voie où seul le terroir parle à travers le cépage. Nous sommes là uniquement pour servir la vigne quand elle nous le demande.

Rappelez-vous, la vigne a un côté animal et peut donc s’exprimer…au moins vers ceux qui sont capables de la comprendre. Ils ne sont certes pas nombreux maisj'essaye de faire partie de ceux-là !

 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:03

Comme tous les ans, nous avons honoré ce week-end la mémoire de la maman de Jean-Michel disparue il y a déjà 12 ans. Elle a aussi eu la mauvaise idée de partir la veille de son anniversaire, pour ajouter encore une couche d’émotion à ces moments difficiles.

On ne se remet jamais vraiment de la perte de ses parents. Je sais que Jean-Michel souffre encore de la disparition de sa maman. Pour moi, c’est plus récent mais tout aussi douloureux.

Comme souvent lors de moments de souvenirs, nous avons allumé une bougie qui a brûlé toute la journée. C’est notre façon de nous souvenir de ceux qui ne sont plus là.

Le drapeau italien a aussi flotté sur le Champ des Treilles. C’était tout autant pour honorer la mémoire de ma belle-mère que celle de ses parents qui ont travaillé très dur toute leur vie pour acquérir ce modeste bout de terre et qui, à la fin de leur vie, ont eu à subir la plus dure des épreuves que constitue la perte de leur fille.


Que d’affectif dans tout cela ! Mais nous avons, Jean-Michel et moi la moitié de notre sang qui parle italien ; aussi, l’affectif pour nous c’est une seconde nature !

Notre projet tout entier est très marqué par l’affectif. S’il n’y avait pas eu de passion ni d’affectif, nous n’aurions jamais conservé ce petit domaine.

Après plus de 10 ans passés à servir cette terre, nous pouvons mesurer le chemin parcouru. Nous ne l’avons certes pas transformé en Premier Cru mais le vignoble est beau, en bonne santé, les bâtiments sont beaux et fonctionnels et le vin a une réputation qui monte un peu tous les jours.

J’espère que de là où elle est, Marie-Claire peut voir le travail que nous avons effectué. J’ai des peines à penser que c’est le cas.

Mais quand samedi soir nous avons vu le coucher de soleil sur la petite église de Margueron, on pouvait penser qu’il y avait autre chose que des rayons de soleil sur des nuages…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 08:59

Ca y est, c’est terminé, Vinexpo 2009 a vécu.

Pour moi, ce fut une semaine bien chargée mais…je n’ai pas pu aller à Vinexpo !
Surprenant me direz-vous. Pourtant c’est vrai, je n’ai eu que des rendez-vous à la maison avec des clients confirmés ou potentiels.

Donc, je n’ai pas directement assisté à la grande messe vinicole mondiale qui se déroulait à quelques dizaines de kilomètres de chez moi.

Cela dit, j’ai toujours pensé que lorsque quelqu’un fait l’effort de venir à Margueron, petit village perdu  au fin fond de la Gironde, il a un peu plus de motivation pour acheter mes vins que lorsque je le croise dans une allée de Vinexpo. D’autant que je n’aurais pu m’offrir au mieux que quelques dizaines de centimètres carrés de stand dans un endroit reculé du salon…

J’ai reçu les professionnels chez moi, dans ma maison, mes chais et surtout dans mes vignes. J’ai pu leur montrer le vignoble qui n’a jamais été aussi beau qu’en ce moment.
J’espère qu’ils auront pu être sensibles aux liens affectifs qui nous lient mutuellement, les ceps de vigne et moi.

La vigne est tellement belle que j’en ai les frissons dans le dos lorsque je la regarde.

On est loin du faste déployé par les grandes marques ou les domaines prestigieux pour attirer ou justifier leur rang. Je ne suis pas jalouse de ces gens là qui me permettent aussi de pouvoir disposer à côté de chez moi, durant ces jours particuliers, de tous les acheteurs de vin de la planète.

Mais mon discours, ma philosophie et tout ce que je peux présenter ne sont pas dans le même monde. Ce n’est pas opposé ; c’est tout simplement différent.

Notre aventure est humaine et affective avant tout. Nos vins sont élaborés avec une volonté réelle de représenter avec le plus de justesse possible le sol qui porte la vigne.

Ils contiennent aussi nos joies, nos peine, notre sueur, parfois même notre sang.

Tout cela, c’est difficile de l’exprimer dans un hall de 500 m de long entouré de milliers de personnes.

Mon seul et véritable regret est de ne pas avoir pu rencontrer les amis qui se trouvaient sur le salon. J’aurai bien aimé pouvoir passer quelques minutes avec eux. Ce sera pour une autre fois.

Mon bilan semble être positif. Maintenant, il va falloir attendre les retours c'est-à-dire les bons de commande.  Mais c’est une autre histoire. Le plus important est de garder en mémoire les instants vrais d’échange avec ces visiteurs venus de loin pour écouter notre discours et partager notre vin sous notre toit …

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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