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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:02

Nous avons fait le tour du vignoble avec Jean-Michel.

Les pieds de vigne sont beaux et ressemblent à ce que l’on attend d’eux c'est-à-dire d’avoir des grappes naturellement aérées, un port très droit. Leur équilibre général nous dit qu’il n’y a rien à changer.

Nous aurions pu tous les photographier tellement ils sont tous beaux.

Malheureusement, il faut se limiter !

Je vous en propose quelques uns seulement.





Pour finir, une photo de rose en bout de rang :


Voilà ce que je voulais vous montrer aujourd’hui.

En voyant ces pieds de vigne, j’ai un sentiment de sérénité ; l’accomplissement d’un cycle dans l’harmonie et le respect.

C’est au moins mon point de vue
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 10:54


Il y a un peu plus d’un an, j’annonçais que je n’aimais pas les vignes hautes et larges. Et bien, un an après, c’est toujours la même chose et peut-être pire encore !

Je ne vais pas refaire l’article de l’an dernier en le paraphrasant un peu à la façon des chercheurs qui communiquent pendant des années sur les mêmes résultats en les présentant un peu différemment à chaque fois, histoire de faire plus neuf.

Pour les vignes larges, je pense que les photos parlent d’elles-mêmes.



On se demande si on est encore en présence de vignes ou de plantations de kiwis.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble un verger de kiwi, c’est un peu ça mais avec des feuilles un peu différentes.

Les raisins n’ont pas prévu de voir le soleil. Ce n’est pas très grave car le soleil n’est pas toujours présent, donc les raisins ne manquent pas grand-chose…

Mais rassurez-vous les branches vont être relevées. En quelques minutes, le rang si épais va faire un régime type « slim-fast ». Il ne va plus mesurer que quelques centimètres de large.


Je ne souhaite pas me mettre à la place d’une branche ou d’un raisin. Ce n’est pas grave car ces vignes là n’ont pas été pensées pour confort des branches et des raisins, mais seulement pour faire du jus qui deviendra du vin.


Même les souches n’ont pas la poésie qu’ont d’ordinaire les vieilles souches. Là, très rapidement les ceps semblent porter le poids des ans après une vie à s’épuiser en nourrissant trop d’enfants à la fois.


Le seul avantage est que  l’on peut produire pas cher. Mais à quoi sert de produire pas cher quand plus personne ne veut le vin qui en est issu.

Heureusement, nos instances dirigeantes ont bataillé ferme il y a quelques mois pour maintenir ce système de conduite tellement parfait que grâce à lui plus personne ou presque ne souhaite maintenant acheter de Bordeaux, jugés chers et pas bons.

Et dire que la France est déficitaire dans la production de kiwis. Il y aurait des reconversions à envisager pour ceux qui aiment trop les vignes hautes et larges !

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 08:30

Avec le retour (provisoire) du beau temps, le week-end a été totalement dédié à la vigne.

Il y a eu encore 13 mm de pluie dans la semaine, ce qui a quelque peu dérangé le planning des travaux. Pour une fois, nous ne sommes pas en retard. Toutes les vignes sont épamprées et relevées.

Le feuillage et les grappes sont indemnes de mildiou ; ce qui n’est pas si mal que ça dans la région. Nous ne crions pas victoire pour autant car il convient de rester vigilant ; concentré comme le dirait Jean-Michel.

J’en parlais la semaine dernière dans le message sur la lune ; nous sommes dans une phase très délicate du mois. Même s’il n’y a pas de pluie (ce qui serait surprenant), la pression du mildiou risque d’être forte dans les jours prochains.

Il convient donc de protéger la vigne mais surtout de l’aider à se protéger seule ou avec une aide moins pressante de notre part.

Pour cela, nous puisons dans la culture biodynamique et cela semble fonctionner assez bien !

Pour Jean-Michel et les vignes à 10000 pieds par ha, ce fut donc traitement et poudrage avant un hypothétique épisode pluvieux. Il faut aussi ajouter un griffage car les rangs commençaient à être remplis d’herbe.


Les leçons de l’année 2008 ont été tirées et cette année, il a systématiquement laissé des « rangs de passage » pour être sûr de pouvoir passer traiter avec plus de facilité, ou moins de difficulté, en cas de conditions humides.

Les années difficiles servent aussi à s’améliorer en se confrontant à des situations difficiles et nouvelles. Bien-sûr, on préfèrerait voguer sur une mer calme mais à postériori, on se sent grandi après les épreuves.

Pour les vignes à 5000 pieds par ha, (soit 2 m d’écartement) le programme fut presque similaire : traitement et poudrage.  Là, c’était mon beau-père qui était aux commandes. Cette année, il est d’une remarquable efficacité.



Il était plus que dubitatif au début de notre aventure biodynamique il y a quelques années. Lorsqu’on lui demandait de pulvériser pratiquement de l’eau pure, il nous  prenait ouvertement pour des fous. Maintenant, il mesure l’évolution qualitative de nos vins et constate parfois à sa plus grande stupéfaction que les voisins en lutte chimique ne font pas mieux que nous en matière de maladie. Surtout, il ne supporte plus les pesticides qui faisaient pourtant partie de son environnement quotidien pendant des années.

Je ne serais pas totalement honnête si j’omettais de mentionner que pour ma part, la vigne fut une préoccupation moins importante que d’habitude. J’ai révisé le français du bac !

Je n’envisage pas de repasser cette épreuve qui a occupé mon esprit il y a longtemps déjà.

J’ai aidé ma fille dans ses révisions. Tout comme Thomas il y a deux ans, elle a eu une prof de français en absence quasi permanente et des cours recopiés intacts sur internet. Avec un long arrêt de  la maladie, les profs sont remplacés mais avec une multitude de semaines d’absence, il n’y a aucune solution de prévue, mis à part de renvoyer les élèves chez eux.

C’est déjà une véritable honte de laisser des élèves avec de tels professeurs mais lorsqu’il s’agit de futurs candidats au bac de français on ne peut que crier à l’imposture.

Ne voulant pas laisser ma fille dans le désarroi, j’ai repris mes automatismes de jeune lycéenne. C’est marrant comme les choses reviennent assez facilement.

J’ai ainsi pu me replonger avec délectation dans le Rhinocéros de Ionesco. Ce qui est amusant, c’est qu’en relisant la pièce avec la vision amenée par la culture biodynamique, j’ai pu trouver une profondeur bien plus forte à la pensée de l’auteur.

L’attraction du week-end fut est intervenue dans l’après-midi de samedi. Alors que le soleil brillait dans un ciel pratiquement bleu, un seul nuage a généré une averse assez forte. Le chaud soleil brillait toujours mais il pleuvait. Bizzare…

Je peux aussi ajouter un diner chez notre ami Eric B. Une fois de plus, je me suis sentie un peu ridicule en pensant à ma cuisine souvent improvisée alors que j’étais face à ses plats aussi magnifiques que succulents et impeccablement associés à de très beaux vins.

Voici donc la chronique d’un week-end ordinaire.

Ordinaire ? Pas tant que ça quand même…

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 09:11

Dans un message précédent, je faisais allusion à la lune qui était pleine dimanche dernier.

Jean-Michel et moi faisons très attention à la lune et ses positions pour notre travail de vignerons au quotidien. Le sujet est sensible car pas admis par tous. Mais lorsqu’on prend la peine de suivre l’évolution de notre satellite, on comprend vite que la culture qui l’entoure n’est pas du tout construite sur du vent. Malheureusement, ce n’est pas non plus une équation à une inconnue où une  « phase lunaire » entraine obligatoirement une conséquence climatique et toujours la même.

Comme souvent, la réalité est plus complexe. Il faut donc apprendre à observer et apprendre tout court. Une fois de plus, c’est une leçon d’humilité.

La lune vit par de nombreux cycles différents qui sont totalement prévisibles (heureusement pour nous) et qui ont chacun leur propre rythme.

Son action est donc la combinaison de toutes ces actions simultanées. Pour connaitre les conséquences d’une « situation », encore faut-il avoir vécu la même chose antérieurement. Ce n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’on parle de cycles qui font intervenir des décennies. De plus, les situations ne se renouvellent jamais totalement à l’identique. Il faut donc extrapoler.

La tempête de la fin janvier n’est pas arrivée à n’importe quel moment en ce qui concerne la lune. Pour la grêle du mois de mai, on était dans les mêmes phases. Idem pour la semaine que nous venons de vivre…

Les premières tâches de mildiou elles non plus ne sont pas arrivées au hasard. Elles ont correspondu à certains autres moments précis de la vie de la lune. Ce mois-ci, la période critique devrait se situer dans 2 semaines avec une augmentation progressive d’ici là.

Je ne suis pas Madame Irma pour annoncer cela. Tout bon paysan le sait depuis des milliers d’années.

Encore faut-il en tenir compte. Pour cela, à chacun sa méthode.

Mais c’est un autre sujet.

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Corinne Comme - dans Divers
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 10:12

Actuellement, c’est la pleine période d’activité dans les vignes. Il n’y a jamais assez de bras disponibles.

Comme beaucoup de vignerons, j’ai décidé d’embaucher un salarié temporaire pour quelques jours. La personne, qui a déjà fait les vendanges chez nous l’an dernier, a travaillé 4 jours puis m’a appelée en me disant qu’elle avait trouvé autre chose ailleurs ; c'est-à-dire le même travail pour le même salaire. Ne pouvant pas la retenir de force, je suis revenue à mon effectif d’origine ; une fois de plus c’est en famille, le week-end que le travail a dû être fait pour ne pas prendre trop de retard.

Finalement, c’est au chômage que cette salariée peu zélée est allée se faire inscrire avec l’aide d’une assistante sociale. C’est beaucoup plus facile ainsi, il n’y a pas à se baisser à chaque pied de vigne.

Pour la remplacer, j’ai pensé trouver d’autres personnes sans emploi dans le village. Il y en a mais aucun n’a fait mine de venir. L’un d’eux, sollicité par mon beau-père s’est dit intéressé mais ne m’a jamais contacté. Naïf, mon beau-père est allé aux nouvelles, mais en le voyant, le valeureux s’est enfui en faisant semblant de ne pas le voir.

En désespoir de cause, j’ai questionné l’ANPE, efficacement rebaptisée Pôle Emploi. D’abord, il fut impossible de les joindre. Puis, j’ai pu rentrer en contact avec eux. Les démarches ont été faites. Entre autres, deux chômeurs du village ont été contactés mais encore une fois, aucun n’a donné signe de vie.

Heureusement, deux personnes se sont présentées dont une a été embauchée. Pour combien de temps ?

Cette situation est de plus en plus difficile à vivre. Les contribuables et employeurs que nous sommes sont de plus en plus sollicités financièrement mais ma motivation est en berne.

Certains parlaient de la France d’en bas et de celle d’en haut. Je n’appartiens ni à l’une ni à l’autre. Je fais partie de la portion des Français qui se lève le matin pour financer l’autre et dont certains ne font pas franchement d’efforts pour justifier l’aide qu’ils reçoivent de la collectivité, c'est-à-dire de nous.

Lors de la dernière campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait une formule très bien trouvée et qui était que « chaque salaire mérite travail ». Où en est-on deux ans après ?

On a continué dans la même voie de l’assistance. Je ne parle pas de ceux qui se trouvent objectivement démunis après des fermetures d’usines dans des bassins d’emploi déjà sinistrés. Ceux-là méritent l’aide de la nation.

Mais comment peut-on tolérer que certains continuent de rester au crochet de la collectivité alors qu’au même endroit  des entreprises recherchent de la main d’œuvre? C’est le cas dans la vigne au moment des vendanges ou maintenant durant les travaux en vert. Idem pour le ramassage des pommes ou des fraises.

Comment notre société peut-elle entretenir autant de gens sans jamais leur demander aucun compte ?

Un artisan, un commerçant ou un agriculteur qui ne peut plus travailler n’a plus de revenu. Pour moi, en cas d’accident de travail, c’est quelques euros par jour après 21 jours de carence !

C’est insupportable.

Il y a quelques temps, j’ai entendu une personne dire qu’on attend la révolution du côté de ceux qui gesticulent régulièrement mais que la révolution viendra en fait des personnes ordinaires qui sont excédées par tant d’injustices et qui considèrent que leur contribution à la solidarité est un peu excessive.

Sur le moment, j’ai trouvé cette analyse fantaisiste.

Mais à la réflexion, …

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 08:48

…et ne se ressemblent pas.

 

Quelques jours après une période d’intense ciel bleu et de températures estivales, nous sommes de nouveau avec un temps perturbé et l’envie de rallumer le poêle à bois.

 

Quand le soleil brille, tout devient facile et beau. Avec la pluie, c’est un peu le contraire. On a l’impression que l’on ne va pas y arriver et que le mildiou va tout emporter.

Heureusement, nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, le vignoble est particulièrement sain. Parfois, on peut voir une tâche de mildiou sur feuille mais sûrement pas plus que chez les voisins qui sont des adeptes de pesticides.

La lune est pleine en ce moment et les phases critiques sont encore devant nous. Aussi, il faut être sérieux et ne rien négliger.

Nous avons encore deux semaines et demie difficiles jusqu’au prochain périgée lunaire (moment où la lune est la plus proche de nous). Ensuite, les choses devraient être un peu plus calme ; pour quelques jours au moins…

 

Ce week-end, ce fut le programme relevage de la vigne. En fait, c’est dans les vignes à 1m que les choses étaient le plus critiques. Nous nous y sommes mis à plusieurs et très vite, les rangs sont devenus droits comme des « i ».

 

Après presque 20 mm de pluie, la vigne était particulièrement couchée et méritait qu’on s’occupe d’elle en le relevant. Ainsi, on peut de nouveau passer traiter si besoin.

 

Tant que le sol était suffisamment « roulant », Jean-Michel a traité ces vignes exigeantes au niveau des conditions d’accès pour le tracteur. En cas de fortes pluies à venir, on n’aurait pas forcément pas possibilité de passer.

En regardant mon mari évoluer dans le tracteur, j’ai pu voir qu’il était entouré de nombreuses hirondelles qui volaient autour de lui. J’ai d’abord été surprise de cela car il n’est plus fréquent de rencontrer de tels oiseaux dans notre région.

Puis, c’est la joie et la fierté qui m’ont envahie. Il est en effet particulièrement satisfaisant de pouvoir être entouré d’animaux alors que l’on traite les vignes. C’est le signe que les animaux savent interpréter ce que l’on fait.

Avec des pesticides dans la cuve, je suis persuadée que l’on aurait pas eu d’hirondelles mais rien du tout ou éventuellement des corbeaux !

 

Il reste encore beaucoup de travail dans la vigne avant que l’on retrouve un rythme de croisière. Cela arrivera mais dans plus d’un mois.

 

Pour l’instant, il faut faire le gros dos et ne pas compter le temps et l’énergie dépensée.

Heureusement, les petites grappes qui finissent la floraison nous motivent encore plus à servir cett vigne que nous aimons tant !

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 15:12

Il y a des mots qui ne devraient jamais se rencontrer.

Déjà, lors de la première guerre du Golfe, on nous avait familiarisés avec les « frappes chirurgicales ». Ainsi, on pouvait détruire la maison des méchants sans que le voisin soit importuné. Malheureusement, très souvent lorsqu’une caméra s’aventurait sur place un peu après, on pouvait se rendre compte que le fameux voisin qui n’avait rien fait n’existait plus lui non plus.
Ensuite, on a trouvé la fameuse « lutte raisonnée » que j’ai de nombreuses fois critiquée ici-même. On détruit tout à coup de pesticides mais on met la main sur le cœur pour déclarer qu’on ne pouvait pas faire autrement.

Mais depuis quelques temps, l’expression à la mode est le « développement durable ». Grace un Grenelle du tournage en rond, on a essayé de montrer une voie respectant l’environnement tout en continuant notre modèle actuel basé sur la croissance.

Or, j’ai quand même l’impression que développement et durable sont des mots qui n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre ; sauf dans les ministères et les commissions qui sont mises en place sur le sujet.

Je ne suis pas là, pour dire s’il faut choisir le développement ou le durable car les deux mots font référence à des directions relativement opposées.

Mais je pense qu’il n’est pas honnête de faire croire aux gens que l’on peut avoir les deux à la fois.

On continue de produire des emballages car cela fait travailler des gens dans l’industrie du même nom. Ça, c’est pour le développement. Puis, pour le durable on va les récupérer à grand coup de camions et d’usines de recyclages puis on va en faire autre chose ; un autre emballage, un pot de fleur ou un piquet de vigne. Toute cette logistique emploie des gens et utilise aussi des machines produites dans d’autres usines.

Le vrai durable c’est quand même de ne pas produire l’emballage. Mais là, plus d’usine de recyclage, plus de camion poubelle et surtout plus de salariés pour activer tout cela.

En viticulture,  nous ne sommes pas épargnés. Les mèches de soufre pour les barriques ont toujours été conditionnées en boite en carton. Maintenant, elles sont proposées dans des petits seaux en plastique. Certes, c’est plus pratique et moins sensible à l’humidité. Mais ce n’est pas très durable.

Pour surfer sur la vague du bio, des fabricants proposent des agrafes à vignes (pour les levages) biodégradables car issues du maïs.

L’idée  peut paraître intéressante. Mais dans ce cas l’agrafe ne dure qu’une saison. Il faut en racheter tous les ans. De plus, est-ce moralement justifiable de transformer des aliments en agrafes à vigne ? Leur fabrication utilise de l’énergie alors que leur durée de vie est par définition très courte.

A la maison, nous utilisons encore les bonnes vieilles agrafes en métal galvanisé. Ce sont de petits morceaux de fils de fer pliés. Elles durent de très nombreuses années. On les emploie en été et on les récupère pratiquement toutes à l’automne. C’est plus durable mais au niveau développement, on ne stimule pas très souvent l’économie.

Les exemples sont très nombreux et mériteraient des pages.

Le plus grave, c’est que certains qui se sont pris en jeu du développement durable semblent y croire sincèrement !

Heureusement, dans la bible il me semble qu’il y a une phrase du style « heureux les simples d’esprit… »

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 14:24

out le monde sait que le cordonnier est le plus mal chaussé. Je n’apprends rien à personne. Par contre, quand je lis dans la RVF un message du « cocréateur du premier concours de vins bios » que le « bio ne fonctionne pas partout », je suis un peu surprise.

Effectivement, Monsieur Philippe de Broca s’exprime en ces termes dans la rubrique les « amateurs ont la parole » de cette revue bien connue après un dossier sur les vins « bios ».

Selon lui, la culture bio n’amène rien au vin et le seul intérêt du bio, c’est le respect des sols.

On se demande donc pourquoi il organise un concours des vins bios, si cette technique culturale n’a aucune utilité gustative. Il devrait plutôt organiser un concours des sols bios !

Donc, toujours selon ce Monsieur, le bio en Provence, c’est possible tous les ans. Mais pour un Champenois, il n’est pas possible de cultiver en bio. A Bordeaux, c’est mitigé ; certains peuvent d’autres non.

Est-ce une question de climat, d'intelligence, de moyens,(…) ? Il ne l’explique pas.

Le tableau des récoltes dépeint par l’auteur est tellement catastrophique qu’on n’a plus envie de boire de vin bio : « petit rendement à cause du désastre sanitaire qui frappe les récoltes », « sans récoltes saines, pas de bons vins francs de nez ».

Difficile de faire pire !

Heureusement, le cocréateur du premier concours de vins bios à LA solution : l’agriculture raisonnée !...

Celle-là, même les firmes chimiques ne l’avaient pas espérée. Un promoteur des vins bios qui donne le conseil de ne pas cultiver en bio et qui préconise l’utilisation de pesticides.

A quand, José Bové faisant la pub pour Mac Do.

Remarquez, il y a bien Jean-Pierre Coffe en photo partout pour Leader-Price…

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 07:43

Après deux années sans soleil, la nature nous offre actuellement un vrai temps de saison avec un soleil radieux sans nuage.

Ainsi, la vigne pousse sans état d’âme en développant une puissance créatrice de vie qui ne peut laisser indifférents les passionnés que nous sommes.

Et oui, la vigne est belle à pleurer.

 

 

 

Elle est verte et droite, dressée vers le ciel.

Elle respire aussi la bonne santé mais aussi la sérénité. Elle est heureuse et nous aussi.

 

Déjà, les premières fleurs arrivent.

 

 

On se prépare à entrer dans une autre partie du cycle de la vigne. Pourtant, on n’a pas vraiment pu profiter de la première, celle de la pousse, des tiges qui se développent et des premières inflorescences qui apparaissent.

Bientôt, il y aura les raisins. Les vendanges pointent déjà leur nez.

 

Tout est beau dans les parcelles. Les tiges sont redressées avec des vrilles qui semblent vouloir attraper l’air. Je vous en offre quelques unes mais toutes auraient mérité une photo car elles sont toutes belles et puissantes.

 

 



Au hasard d’un coup d’œil, on tombe aussi sur une vrille qui a attrapé un fil de fer. Certes, il n’y a rien de bien spectaculaires à parler d’une vrille qui s’accroche à un fil, c’est même son travail, diraient certains blasés des merveilles de la vie.

 

 

Mais convenez avec moi qu’il y a quelque chose de magique dans ce travail d’accroche. On dirait des mains. Pourtant ce n’est que du végétal. On est loin de la pensée humaine. Cependant, une vrille est capable de sentir la présence d’un support et peut s’y accrocher.
Convenez avec moi qu’on pourrait croire à des mains.

Cela fait longtemps que je pense qu’il y a quelque chose d’animal dans la vigne. Elle ne se déplace pas mais elle est quand même loin du pied de blé dans la subtilité de ses relations avec le sol et son environnement.

 

C’est par la compréhension de ces rapports complexes que l’on peut espérer recevoir de la vigne ce qu’elle a de meilleur à nous transmettre. A nous de la comprendre …en la respectant.

 

Le ciel bleu n’a pas faibli. Seuls quelques nuages magnifiques ont pu ajouter une touche fantastique à ce spectacle.

 


Quel est leur nom ? Je n’en sais rien, et quelle importance. Ils n’ont pas amené de pluie à cette vigne en communion avec le soleil.

 

Dans notre métier, non ne sait pas de quoi demain sera fait. Mais une chose est sûre, ce qui est pris est pris.

La fleur arrive avec une vigne magnifique et sereine.

Maintenant, il faut être là pour l’aider à passer ce cap important de son année. La quantité de raisin nous importe peu. Ce qui compte, c’est que la vigne soit fière des raisins qu’elle va porter pour nous.

Dans ce domaine, je la comprends car je sais à quel point l’amour maternel peut être immense !

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 08:59

Vous les savez certainement mais nous utilisons beaucoup de plantes pour aider nos vignes dans différentes situations.

Plus le temps passe, plus nous en utilisons et nos vignes semblent nous en remercier.

 

Il y a tout d’abord l’ortie :

 

 

 

Et aussi la prêle :

 

Nous les récoltons et les mettons à sécher sur des surfaces en bois, telles que des palettes ou une vieille remorque.

 

Au-delà de ces grands standards que sont l’ortie et la prêle, il y a toute une série d’autres plantes qui entre dans la composition de nos tisanes.

Pour savoir laquelle peut nous aider, il y a toujours la même question : « qu’est ce qu’elle veut nous dire ? ». Sa forme, sa couleur, son port, son goût, son habitat,(…) nous renseignent et peuvent nous permettre de nous faire une idée.

 

Tout est déjà dans la nature pour toutes les situations ; à nous de déterminer ce qui est utile.

Il s’agit d’outils qui interviennent sur le vivant et qu’il convient de manier avec précaution.

 

Tout outil peut être mal utilisé et dégrader plutôt qu’améliorer. Il faut donc être très prudent et savoir doser les actions avec le plus de justesse.

 

L’expérience est fondamentale car d’une année sur l’autre, on affine nos connaissances en constatant les résultats des actions menées.

C’est une vraie démarche scientifique appliquée à un niveau du vivant que renient les scientifiques formatés aux mesures pondérales qui ne connaissent que les kilo, les litres, les mètres,…

 

Parmi d’autres, nous récoltons du souci :

 

Cette plante possède une spécificité spectaculaire : les graines ont quelque chose d’animal.

 

Voyez vous-mêmes :

 

 

 

On dirait des vers. C’est surprenant et presque dérangeant.

Mais surtout, ce n’est pas anodin ; il y a des informations à tirer de cette caractéristique. A nous de les trouver.

 

La connaissance « symbolique » des plantes donc est un domaine immense qui ne demande qu’à être exploré, ou plus exactement redécouvert car cette culture là existait dans le passé mais a été perdue.

Pour progresser, il faut beaucoup de détermination, de concentration et d’humilité.

 

Ces efforts au service de la vigne, c’est peut-être là la meilleure preuve d’amour qu’on peut lui témoigner.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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