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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 09:32

Une fois de plus, une partie du week-end fut consacré aux préparations de commandes.
La météo particulièrement maussade samedi rendait le travail à l’intérieur particulièrement bienvenu.

Mais, l’ambiance était un peu particulière. Pour la première fois depuis que nous sommes viticulteurs, nous avons préparé dans la même journée des palettes pour 5 pays différents en plus de la France !

La répartition « marché intérieur » / export correspond bien à la réalité du Champ des Treilles. Depuis quelques années, le vin est de plus en plus consommé à l’export. Est-ce bien ou pas ? Je ne peux pas juger mais c’est une réalité. Les choses se sont organisées comme cela progressivement. Je ne m’en plains pas car le vin se vend et c’est le principal. Les distributeurs sont des gens de qualité et c’est un vrai plus pour des relations de confiance sur le long terme.

Avec le temps, les relations non-fiables ou non-durables ont fort logiquement disparu. Ceux qui voulaient des produits encore moins chers ou plus « marketing » ont sûrement trouvé chaussure à leur pied ailleurs. Ils ont été remplacés par de vrais partenaires qui croient en nous et qui nous permettent de continuer d’exister dans ce contexte difficile et aussi de voir l’avenir avec une certaine sérénité.

Finalement dans la vie, les choses s’organisent d’elles-mêmes. Il suffit d’être honnête et sérieux dans son travail et tout finit par arriver et se mettre en place.

Nos bons clients actuels auraient été les bienvenus dans nos premières années de vignerons. Mais à l’époque, nous étions différents, nos vins aussi. Nous les intéressons maintenant par ce que nous sommes maintenant et pour ce que sont nos vins actuels.

C’est aussi la même chose pour notre gamme de vins. Nous sommes arrivés à une situation qui nous semble cohérente pour les types de vins que nous produisons. Dans le passé, nous avons fait des erreurs mais celles-ci nous ont aussi fait avancer.

Ainsi, la définition actuelle du liquoreux Vieilles Vignes ou la présence du Vin Passion sont autant le résultat de réflexion sur nos goûts que de messages que nous a envoyé le terroir lors de chaque millésime.

Si nous n’avions pas un jour éprouvé le besoin dans notre chair d’avoir de la Muscadelle, nos vins blancs ne seraient pas ce qu’ils sont.

Idem pour la biodynamie qui a changé nos vins en plus de changer notre vie et notre regard sur le monde.

Donc, le Vin Passion n’aurait pas pu exister au début de notre aventure. Comme c’est souvent le cas, il est bâti sur nos idées et nos erreurs.

De même, le liquoreux Vieilles Vignes est différent de la vision simpliste que nous en avions au début. Mais, à la réflexion, il est plus proche de son terroir maintenant et c’est très bien ainsi.

C’est toujours le terroir qui doit avoir le dernier mot. On est là pour le servir et c’est tout.

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 09:34

Hier, ma fille Laure se faisait arracher les dents de sagesse. J’ai donc passé la journée à Bordeaux dans la clinique où l’opération a eu lieu. Les choses se sont bien passées, heureusement.

Si je parle de cela aujourd’hui, c’est pour aborder un sujet qui m’a fortement interpelé récemment. J’y avais fait allusion il y a quelques semaines après la mort de ma maman. J’avais cité une phrase de Socrate disant que « les mots doivent franchir la barrière des dents » ; sinon ils deviennent des maux (de dents).

Il existe pour les dents une symbolique très complexe qui lie les dents (et leurs problèmes) à des désordres physiques, affectifs, familiaux, professionnels,…

Une simple recherche sur internet en dira beaucoup plus long.

La découverte de ce monde nouveau m’a perturbée. La mauvaise dentition ne serait pas que la conséquence d’un excès de sucre mais d’une accumulation de diverses douleurs bien plus larges que le simple cadre des dents.


Qu’en est-il réellement ? Je n’ai pas d’expérience pour le dire mais je pense que l’on se rapproche de notre vision du monde qui semble beaucoup plus complexe que nous l’estimions il y a encore quelques années, à la sortie de nos études « supérieures ».

Une fois de plus, tout est en équilibre subtil et il est très risqué d’intervenir sans dégrader au lieu d’améliorer. Comme toujours, il est terrible de constater que cette culture là c’est perdue. Une de plus !

Il y a quand même un cas intéressant à considérer. C’est justement celui des dents de sagesse. La symbolique des dents attribue la venue des dents de sagesse au passage de l’enfance vers l’âge adulte, le départ du noyau familial protecteur vers une vie d’autonomie.

Souvent, c’est au moment des examens qui marquent bien le changement à venir que ces dents font parler d’elles.

J’ai donc fait un petit inventaire autour de moi pour savoir ce qu’il en était et si cette théorie fonctionnait. Le lecteur peut faire de même…

Jean-Michel a passé son concours de l’ENITA avec des douleurs abominables et 6 Doliprane par jour par la faute des dents de sagesse qui s’exprimaient pour la première fois. Elles ont été arrachées dans l’été suivant.

Pour ma part, j’ai subi leur extraction très douloureuse (et ratée) pendant mes études supérieures.

Laure n’a pas encore l’âge de quitter la maison, mais elle fait preuve d’une très grande indépendance d’esprit. Elle ne supporte pas la surveillance de ses parents, ni leur aide dans ses études. Elle a donc connu l’époque « dents de sagesse » très précocement.

Son frère Thomas n’a jamais eu ce comportement…et n’a jamais eu de signes des dents de sagesse.

Enfin, mon beau-père Yves et son frère Jean ont toujours été très dépendants de leur mère et très soumis à celle-ci qui est un petit tyran. Ils ont 72 et 74 ans et leur mère en a 97 !

Yves a eu les dents extraites dans la douleur par un chirurgien vers 40-45 ans  et les dents étaient tellement bien accrochées qu’il a fallu tirer et tirer au point qu’il a été défiguré pendant quelques jours.

Pour son frère, c’était il y a quelques mois, dans l’hiver dernier…

A méditer, non ???

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Corinne Comme - dans Divers
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 06:47

 Je l’avais annoncé il y a plusieurs semaines et c’est arrivé. J’ai mis hier en bouteilles le Vin Passion 2008.

C’est un moment émouvant pour moi car je l’ai porté pendant de longs mois et maintenant, il est là dans des bouteilles, prêt à être expédié aux quatre coins du monde.

Certains casiers sont même réservés par des clients amis.

 

Quand je pense que des bouteilles se retrouveront sur des tables à Tokyo, j’ai un peu la chair de poule ; c’est un pays tellement différent et tellement loin. Je salue d’ailleurs mon ami et importateur François qui lit ce blog et je le remercie pour le travail formidable qu’il effectue là-bas pour Le Champ des Treilles.

 

Bref, la mise en bouteilles a eu lieu. Comme d’habitude, le rendez-vous a été pris pour l’opération dans l’après-midi. Puis la veille, l’heure a été avancée au matin. C’est toujours comme ça.


Enfin, le jour de la mise, le camion est arrivé encore plus tôt que prévu. J’étais heureusement levée.

Le vin était prêt et moi aussi.

 

Deux jours avant, un autre engin de la même société était venu pour le filtrer. Là aussi, le rendez-vous avait été avancé puis avancé encore.


Je n’étais pas présente car j’étais dans le TGV sur le chemin de retour de mon voyage en Belgique.

J’avais mandaté Jean-Michel, qui pour l’occasion avait pris en jour de congé ; pour lui, en général, les congés riment avec travail au Champ des Treilles.


Dans le week-end précédent, il avait effectué avec notre fille Laure le dernier soutirage du vin. Laure a même ramené des photos car le vin était tellement clair qu’elle a eu envie de faire quelques clichés.


Il parait qu’il manque quand même les odeurs du vin et que l’appareil photo ne sait pas retranscrire.

Je veux bien la croire car le Vin Passion est vraiment un produit envoûtant.



Maintenant, il est dans ses bouteilles. Il doit d’abord se remettre de ses émotions et dans quelques jours ceux qui le désirent pourront le déguster.

Là? ils pourront constater par eux-mêmes que je ne blaguais pas en mettant en lui de grands espoirs.

 

J’espère surtout que ce vin accompagnera des instants de bonheur et de partage en famille ou entre amis.

C’est quand même là la vraie place d’un vin !

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 09:36

Pour la deuxième année consécutive, je me suis rendue au Salon des Vignerons de OLNE en Belgique.

Parfois, j’ai l’impression de passer ma vie dans ce sympathique pays. Les gens y sont gentils et très amateurs de vins. Si on considère le nombre de bouteilles consommées par rapport au nombre d’habitants, je pense que les statistiques doivent carrément exploser !
C’est une bonne chose pour nous les vignerons.

Par rapport à l’an dernier, j’ai revu des producteurs amis et j’ai pu faire la connaissance d’autres vignerons avec lesquels je me suis bien entendue. Il faut dire que beaucoup sont en bio ou biodynamie ; ça crée des liens.

La fréquentation était en hausse par rapport à l’édition précédente, mais signe des temps ou signe de crise, les acheteurs étaient moins nombreux que les dégustateurs.

Tant que les gens sont intéressés et gentils, on a toujours du plaisir à leur servir un verre en échangeant quelques mots. Même s’ils n’achètent pas forcément, ils font déjà un effort se déplaçant pour venir nous voir.

En restant sur la Belgique, nous avons enfin pu ouvrir et déguster la bouteille de bière de 3 litres offerte à Jean-Michel il y a quelques semaines par des visiteurs de ce pays.

Pour cela, il fallait une table bien fournie en convives. La bière a fait honneur à l’apéritif lors du repas de Pâques en famille. Elle était très bonne et nous nous sommes tous resservis.



 
Il fallait bien mon beau-père Yves pour immortaliser ce moment.


Reconnaissez que des bouteilles comme ça, on n’en voit pas souvent !

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:41

On ne peut pas dire que nous ayons passé Pâques aux tisons car il ne faisait pas très froid. Mais par contre, le parapluie était fortement conseillé.

 

Le temps a été proche de l’épouvantable. La pluie n’a pratiquement pas cessé durant trois jours.

Nous n’avions pas encore besoin de construire une Arche pour nous sauver des eaux, mais dans ces cas là, c’est le moral qui en prend un coup.

 

La nature, de nouveau vivante, a pris des positions défensives. Les pissenlits et les pâquerettes, nombreux autour de la maison avaient fermé leurs fleurs en protection.



Souvent, nous anticipons les pluies à venir grâce aux fleurs fermées. Mais là, pour une fois, les fleurs n’avaient rien à nous apprendre.

Il suffisait de regarder autour de soi pour savoir ce qu’il en était. Il était presque superflu d’aller voir le pluviomètre pour mettre des valeurs en millimètres à ce qui tombait autour de nous.



Depuis que nous sommes allés vers la biodynamie, nous avons découvert les liens qui existent entre les fêtes religieuses et les évènements agricoles. C’est un monde fascinant qui mérite d’être mieux connu. Il n’y a rien de mystique dans mes propos mais l’histoire des religions permet de mieux comprendre certaines choses de la vie courante.

 

Mythologie, agriculture, religions,(…) ne font qu’apporter des éclairages différents à la même réalité concrète. De tout temps, l’homme a eu besoin d’expliquer et comprendre son environnement proche ou lointain dans le but d’essayer d’améliorer son quotidien. Il a créé un système plus ou moins complexe de dieux, forces,…pour donner à cet environnement une organisation cohérente.

Chaque nouvelle religion s’est bâtie à partir des anciennes croyances, qu’elle a intégrées.

Et tout cela est arrivé jusqu’à nous avec une complexité et une part de mystère qui souvent nous échappent.

 

Je reste persuadée que l’histoire des religions devrait être abordée à l’école en faisant le lien avec des éléments concrets tels que le printemps, les récoltes,…Ainsi, on donnerait aux enfants une vision dynamique de ces grands pans de l’histoire qui sont bien souvent jugées rébarbatifs.

On a tous étudié la mythologie, mais on n’a jamais abordé ce sujet sous l’angle de la symbolique, qui est pourtant fondamental.

Le grec ou le romain vénérait un dieu, pas pour le dieu lui-même mais pour ce qu’il représentait au niveau symbolique.

 

Pour en revenir à ce week-end de Pâques, nous avons donc fait des caisses. Au moins, on était à l’abri. Parfois, on entrouvrait la porte pour voir s’il pleuvait encore ; ce qui était le cas.

 

C’est dans ces moments là que l’on apprécie les clients qui ont eu la bonne idée de nous donner du travail à l’intérieur alors qu’il fait un temps épouvantable dehors. Merci à eux !

 

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 16:07

Le printemps qui est arrivé semble accélérer un peu plus nos vies qui n’avaient pas besoin de ça.

Les petites feuilles commencent à sortir et semblent vouloir nous dire qu’il faudra commencer les traitements dans peu de temps.

Pour le premier passage, nous avons encore des orties des années précédentes. Mais il faut d’ores et déjà prévoir d’aller en récolter de nouvelles dans les marais. Je surveille leur pousse de près et le moment n’est pas encore venu. D’une part, les tiges sont encore petites, ce qui donne un rendement de travail faible et d’autre part, le temps n’est pas encore assez chaud pour permettre un séchage rapide et sain des plantes.

Pour les autres plantes, on doit aussi prévoir de les récolter au fur et à mesure qu’elles atteignent le « bon » stade.

Malheureusement, mon  principal gisement d’Achillée Millefeuille vient de se tarir brutalement à Pauillac. Le propriétaire du champ prévoit de planter en vigne la parcelle abandonnée et il vient d’y faire des travaux de terrassement. Je ne lui en veux pas car il est chez lui, mais malgré tout, il n’a pas estimé la perte « écologique » que sa décision a provoquée. Il faudra que je cherche d’autres zones riches en Achillée.

Dans les vignes, nous mettons la dernière main à l’entretien du palissage. Progressivement, nous aurons changé tous les piquets ridiculement bas des très vieilles vignes. Nous ne sommes pas des adeptes des palissages hauts à l’excès (comme le veut la mode actuelle) mais il faut quand même un équilibre acceptable.

Il en reste encore pour 2 à 3 ans. Quand les finances sont bonnes, on va plus vite. Dans le cas inverse, on fait le gros dos et on se prend à penser que finalement, même s’ils sont courts ces vieux piquets sont encore bien solides et qu’ils dureront encore plus longtemps que leurs éventuels remplaçants. C’est sûrement vrai mais philosopher sur ce sujet prendrait encore quelques pages qui ne sont pas notre propos du jour.

Dans les chais, le compte à rebours avant la mise en bouteilles du Vin Passion est enclenché.

A force de dire que j’étais en rupture pour ce vin, il fallait bien que je prévoie le remplaçant. Les choses sont donc en cours. La date de la mise en bouteilles est prévue. Une des conséquences positives de la crise est la relative disponibilité des sociétés de mise en bouteille. D’habitude, il fallait bloquer une date plusieurs mois à l’avance. A l’heure qu’il est, on choisit sa date à moins de 2 semaines et on a en plus une remise significative si la date est proche ! J’en ai donc profité ; même si je pense à ceux qui doivent être dans des situations financières délicates.

En plus du vin, il faut aussi prévoir les bouchons, les étiquettes avec le nouveau millésime,…

La  routine quoi !

Tout cela se fait à la vitesse de la lumière. Je finis par regretter les périodes anciennes et idéalisées où on prenait le temps de vivre et où la vitesse maximale envisageable était celle d’un cheval au galop. Maintenant, c’est la vitesse de circulation de l’information qui semble dicter la progression des évènements. En une seconde, une information est véhiculée dans le monde entier. On doit vivre au même rythme.

Heureusement, on prend quand même le temps de s’arrêter parfois pour déguster un verre de vin. L’apéritif du soir est le meilleur moment de la journée.

Là, on se détend et ça n’a pas de prix.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 10:24

 

Toute la semaine dernière a été consacrée aux primeurs à Bordeaux. Il s’agit de la présentation aux professionnels et aux journalistes des vins du dernier millésime.

 

Dans un contexte particulièrement incertain et surréaliste, la région a quand même vu arriver quelques milliers de personnes du monde entier. Il semble qu’ils soient moins nombreux que les années précédentes, mais c’est quand même impressionnant et rassurant de voir que les grands vins intéressent encore autant de gens, au point de se déplacer de tous les coins du monde.

 

Dans cette grande messe dédiée aux plus grands vins Bordeaux, mon rôle est particulièrement modeste. Il n’est pas question pour moi de penser vendre du vin qui est encore en élevage selon le principe des primeurs. Ce système est avant tout destiné aux vins sujets aux spéculations. Ce n’est ni le cas de mon vin, ni l’année qui convient.

 

Pourtant, j’ai moi aussi profité de cette grande messe pour rencontrer des clients attitrés ou « postulants ».

Entre mon domicile de Pauillac et le domaine, j’ai pu effectuer plusieurs présentations de ma gamme de vins.

 

Je suis aussi très flattée de constater aussi que parmi toutes les personnes qui ont été servies par Jean-Michel pour déguster les vins de Pontet-Canet, certains lui ont demandé de confirmer s’il était bien le mari de Corinne Comme car ils connaissaient le Champ des Treilles. C’est le début de la gloire !!

 

Plus sérieusement, on peut penser que progressivement, mes vins font leur place dans le monde grâce à leur qualité et à l’âme que nous leur transmettons.

 

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’être universellement reconnue. Heureusement car si l’on compare ma modeste production au nombre d’habitants de la planète, il est clair que je ne pourrai pas fournir tout le monde.

 

Donc, finalement il vaut mieux rester encore un peu dans l’ombre…

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Corinne Comme - dans Divers
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 08:51

Je vous ai déjà parlé dans mon précédent message de la récolte de fleurs de pissenlit.

Chaque année nous traitons les vignes avec des infusions de ces plantes. Comme toujours, il n’y a pas de recette précise ; c’est en fonction de la parcelle et de l’année. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », disait Montaigne

 

Les pissenlits poussent dans les prés et sont actuellement en pleine floraison. Dans les vignes, ils sont les marqueurs d’une trop forte vigueur. Il n’est pas bon signe d’en voir pousser en quantité dans les rangs. Comme ils ne sont pas discrets à cette saison, certaines parcelles que nous pouvons voir depuis la voiture en roulant sont totalement jaunes.

 

Heureusement, chez nous les pissenlits restent à l’extérieur du vignoble.

 

Certains ressemblent à de petits soleils et respirent le bien-fait qu’ils donneront à la vigne.

Pourtant, à y regarder de plus près, il existe de nombreux « modèles » de fleurs de pissenlit en fonction de l’exposition au soleil, de la fertilité du sol, de la présence d’eau…

On pourrait dire qu’il n’existe pas un mais des pissenlits.

Ont-ils tous la même action ? C’est difficile à dire mais pour le moment on pensera que oui.


Une chose est sûre, à la fin nos mains sont toutes jaunes du pollen et du nectar des fleurs.


 

Nous les récoltons puis nous les faisons sécher. Cette fleur a une capacité incroyable de continuer son cycle après la récolte. La fleur devient graine malgré la mort. C’est en quelque sorte son signe et c’est pour cela que nous l’utilisons.

 

A raison de quelques grammes de fleurs séchées par hectare, il n’en faut pas beaucoup et la récolte est vite faite.

 

Par contre, Jean-Michel nous met à contribution pour celle de Pontet-Canet. Et là c’est une autre histoire. Pour 80 ha, il faut pas mal de fleurs !

Heureusement, lorsqu’il fait beau au printemps, c’est plus facile car le fait d’être dehors au soleil fait déjà du bien à nos chairs blanchies par les mois d’hiver.

 

En regardant Jean-Michel à genou dans son travail de récolte, je me suis mise à penser à la dévotion qu’il faut pour mener un domaine de la taille de Pontet-Canet en biodynamie.

Le fait de devoir travailler à genoux au sol et tête baissée donne une vraie impression d’humilité face à la nature et au projet qui est le sien. On n’est pas loin de la religion dans l’implication physique et morale.

Les enjeux sont tels qu’il ne peut pas en être autrement.


 

N’est-ce pas là le vrai début de la viticulture qui est la nôtre et dans laquelle le respect de la terre passe en premier, bien devant notre ego ou notre petit confort ?

Chacun pourra répondre à sa façon à cette question. Mais pour moi, les choses sont claires : il convient de progresser avec humilité et dévotion dans cette voie exigeante que nous nous sommes fixée.

Beaucoup ne l’accepteraient pas. Pour nous c’est une évidence et c’est pour cela que la vigne semble heureuse avec nous.

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 09:13

 Effectivement, samedi a été largement amputé car Jean-Michel était retenu à Pontet-Canet pour une visite.

 

Pourtant, il y avait des traitements biodynamiques à effectuer entre samedi ou dimanche. Les quelques millimètres de pluie tombés dans le semaine nous avaient rendus fébriles tant nos terres deviennent rapidement collantes.

Heureusement, après vérification sur le terrain, Jean-Michel a estimé que les tracteurs pouvaient rouler.

Il faut dire que la saison culturale 2008 été riche d’enseignements et maintenant, des zones de « roulages » sont maintenues dans les vignes pour pouvoir intervenir plus facilement en période humide.

Donc, les vignes ont pu être traitées comme prévu. Parfois, les choses se passent bien !



La bonne surprise fut l’arrivée non prévue de notre fils Thomas, rentré par surprise de Tarbes après plusieurs semaines loin de nous. Nous ne nous attendions pas du tout à le voir lorsqu’il est entré dans la maison.

En bonne maman, je lui ai sauté au cou.

Je pense que lui aussi avait envie de revoir son environnement pour se ressourcer.
Les parents, c’est nul mais quand on a un problème, c’est vers eux que l’on se tourne. Chacun a connu cela un jour. On l’apprécie encore plus lorsque les parents ne sont plus là…


En 24 heures avec nous, il a pu se changer des idées et faire le vide de ses études. Nous avons profité de lui aussi.

 

Enfin, dimanche nous avions toute une série d’échantillons à prélever, capsuler et étiqueter.

On pourrait croire que ce n’est qu’une formalité de remplir des quelques bouteilles. Mais, tout est très long. Il faut les bouteilles, l’éprouvette pour faire un mélange « honnête », les bouchons,…

Puis c’est le lavage de tout le petit matériel impliqué dans ce travail.

 

Ensuite, il faut étiqueter et capsuler les bouteilles. Tout se fait à la main car on ne peut pas lancer la grosse machine pour si peu.

 

Bref, entre le moment où on commence et celui où on finit, il se passe facilement 2 heures !

Tous les gens qui préparent des échantillons seront d’accord avec moi.

Il vaut mieux faire une palette de caisses que 10 échantillons.

 

Ce qui est positif c’est le fait que le vin doit être présenté à des clients potentiels professionnels qui m’ont appelés récemment. Je ne sais pas si toutes les propositions aboutiront ou pas mais il vaut mieux avoir des demandes que rien du tout. Même si seulement une sur deux devait se concrétiser, ce serait parfait.

Pour finir notre week-end et sous un beau soleil printanier, nous avons refait nos stocks de fleurs de pissenlit. J’en reparlerai ultérieurement.

Les enfants ont pu faire un tour dans les champs et s’amuser comme des gamins, … qu’ils sont encore un peu !


 

Malheureusement, il a ensuite fallu prendre la direction de la gare Saint-Jean de Bordeaux pour y déposer Thomas. Heureusement, les vacances scolaires seront bientôt là.

 

Voila, un week-end presque ordinaire pour nous ; un week-end de plus dédié à la vigne et au vin.

 

Du vrai bonheur, surtout avec les enfants auprès de nous.

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 12:46

 

 

Lorsqu’on regarde les vignes de loin, on se croit encore en hiver. Les bois sont tristes. Tout semble figé.

 


Pourtant, en s’approchant un peu, on se rend vite compte qu’il n’est est rien.

Les bourgeons commencent à gonfler. Ce n’est pas le cas partout, mais la machine est lancée et elle ne s’arrêtera pas. Dans quelques jours il y aura des petites feuilles.



 

Pour le moment, c’est la nature environnante qui rivalise d’audace pour fabriquer des couleurs magnifiques.

 

Plus que de long discours, il vaut mieux quelques photos :


 

 



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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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