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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:19

On peut le prendre dans les deux sens. Changer de look pour changer de vie ; ou le contraire.

Rassurez-vous, vous n’êtes pas prêts de voir Jean-Michel avec les cheveux longs et la barbe à la « Sébastien Chabal » !

 

Ce qui a changé chez nous, c’est notre caisse.

 

Après 10 ans de bons et loyaux services, notre caisse avait un peu vécu, comme on dit.

On n’y avait jamais fait attention, mais un jour on s’est dit que notre caisse ne correspondait plus à nous, c'est-à-dire à la vision actuelle que nous avons de notre domaine.

 

La couleur blanche a disparu au profit d’une caisse « brute » type kraft. Je ne sais pas vraiment si c’est plus respectueux de l’environnement qu’avec la couleur blanche, mais c’est un peu l’idée que l’on a ; nous qui essayons de respecter au mieux la nature.

Cependant, si c’est comme pour le prix, ce n’est pas gagné car contrairement à ce que l’on pourrait penser, pas de couleur, c’est bien plus cher que coloré.


 

L’autre changement majeur concerne les marquages. Notre viticulture et notre vinification sont épurées pour ne garder que l’essentiel c'est-à-dire la pure expression du terroir en minimisant nos actions pour être avec la vigne et pas contre elle.

 

Les inscriptions sur la caisse devaient donc essayer de restituer cela, donc on a épuré.

Exit l’appellation que personne ne connaît et qui ne nous (re)connaît toujours pas après 10 ans. Exit aussi les noms des viticulteurs qui doivent s’effacer pour donner toute sa place au nom du vin, seule véritable vedette à nos yeux.

 

Bien-sûr, les différentes mentions nécessaires sont présentes, mais sur un petit côté, à la façon contre-étiquette.

 

Je suis un peu surprise par ces caisses que nous avons voulues mais qui ne font pas encore partie de mon quotidien. Cela viendra vite, j’en suis sûre.

 

Mais, et c’est le plus important, j’en suis très fière car je les trouve belles ; sobres et élégantes.

 

Je ne sais pas encore si mes clients partageront mon avis. Mais elles ont déjà au moins une admiratrice. C’est un bon début !

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 10:34

Après un week-end (trop) court, je rentre de Hollande plein d’images dans la tête.

Je ne connaissais pas du tout ce magnifique pays. Le peu que j’en ai vu m’a vraiment donné envie d’y revenir dès que possible.

La ville d’Amsterdam est superbe avec une multitude de canaux. 



Dans la vision symbolique de la biodynamie, l’élément Eau est lié à l’échange. Dans un registre plus large, on en a ici une démonstration évidente.

C’est vraiment une ville ouverte vers l’extérieur, une vraie ville d’échange.

Quand je dis que la biodynamie possède un fondement beaucoup plus vaste et profond que les conférences de Steiner, on touche ici du doigt cette réalité.

 

Comment ne pas aussi impressionnée par des forêts de vélos. Ils sont partout. C’est un autre monde que le nôtre.


 


Les énergies renouvelables ne sont pas qu’une idée en l’air, vaguement tendance, comme chez nous. Des surfaces gigantesques de panneaux solaires sont visibles sur les toits depuis l’avion.
Comme dans d’autres pays nordiques, tels que le Danemark, la mer est envahie d’éoliennes.

Il ne suffit pas d’en parler, ils le font.

 

Pour parler un peu du travail, je félicite mon hôte Marc pour l’organisation sans faille de la manifestation.

Malgré la barrière de la langue, j’ai pu échanger avec des amateurs de vin ; qu’ils soient professionnels ou particuliers.

Parmi mes vins, ceux sont les blancs qui ont eu le plus de succès et particulièrement le Vin Passion. J’ai au moins un point commun avec les Hollandais !!!

La sélection des vins de Marc étaient tous bons, différents mais bons.

 

Ce qui est le plus intéressant lorsqu’on vend plus facilement son vin, c’est de pouvoir choisir dans une certaine mesure ses distributeurs.
Les rapports ne sont donc plus uniquement basés sur l’argent et les volumes, mais avant tout sur l’amitié.

C’est beaucoup plus satisfaisant pour tout le monde.

Maintenant, il me tarde le mois de mai pour recevoir à mon tour Tjitske, la femme de Marc. Il est prévu des discussions sur la biodynamie…

 

On dit que les voyages forment la jeunesse. Je pense avoir dépassé le stade de la jeunesse, pourtant je ressors un peu changée de ce voyage.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 08:48

Et bien oui, avant de retourner en Belgique le mois prochain, je vais me rendre ce week-end en Hollande chez mon ami et client Marc.

J’ai hâte de descendre de l’avion à Amsterdam car je ne connais pas ce magnifique pays.

Comme lors de tous mes déplacements, je vais rencontrer des amateurs de vin sincères et curieux d’en apprendre un peu plus sur leur passion.

 

J’espère que mes compétences en anglais me permettront d’expliquer avec toute la précision et la passion nécessaires comment nous travaillons et ce qui nous pousse à persévérer dans cette voie exigeante mais tellement belle.

 

Je tiens aussi à profiter de mon voyage pour voir les fleurs qui sont comme une image d’Epinal lorsqu’on parle de la Hollande. Rien que d’en parler, j’en ai déjà les couleurs qui tournent dans la tête.

 

Heureusement, il n’y en a plus pour longtemps.


Sinon, avant cela et tout en préparant ma valise, il faut que je m’occupe des « affaires courantes ». Même si je ne pars que 3 jours, je sais que j’aurai énormément de travail en retard à mon retour.

Si je pars en laissant des choses non faites derrière moi, je ne m’en sortirai pas.

Notre métier devient de plus en plus administratif. Le formalités, déclarations, et autres documents à remplir sont légion.

Je n’arrive plus à tout faire. On arrive déjà au week-end et je n’ai pas vu la semaine passer.


A-t-elle au moins toujours la même longueur ? Il parait que oui mais j’en doute fortement !

 

Le soleil radieux de ses derniers jours nous donne quand même le moral dans ces temps troublés. Il réchauffe ma peau blanchie par mes mois d’hiver.

Avec le soleil, tout devient plus simple et plus beau.

 

L’herbe se met à pousser et le vert gagne partout,…à part dans certaines vignes ou là, c’est le jaune qui domine.

Mais c’est une autre histoire ; pas de sujet qui fâche aujourd’hui.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 19:34

Sans vouloir singer un slogan issu d’un passé funeste, mon sentiment est bien celui-ci après ce week-end.

 

Tout d’abord, samedi a été l’occasion de donner un peu d’attention au vin. Il fallait finir de remonter en cuves les derniers lots de rouge 2007 encore en barriques. C’est toujours émouvant de redonner au vin la direction du cuvier, dernière étape avant la mise en bouteilles.

Il y a retrouvé le Vin Passion 2008 qu’il ne connaissait pas. Je suppose qu’ils auront beaucoup de choses à se raconter. Le 2008 pourra expliquer comment était le temps dehors pendant la dernière saison. Le 2007 parlera du vieux toit et de sa réparation durant l’été précédent.

Le 2007 va aussi découvrir les nouvelles cuves qu’il ne connaissait pas et qui sont arrivées avant les vendanges.

Finalement, un an c’est court, mais il s’en passe quand même des choses en un an !

 

Le plus grand bonheur pour moi dans le travail du chai, c’est le moment où justement le travail est terminé et que tout s’est bien passé avec sérieux et sérénité. Chaque ustensile retrouve sa place, le sol est nettoyé. La quiétude reprend le dessus et le vin nous remercie de nous être occupé de lui. Le vin est un petit enfant qui demande de l’attention mais qui nous donne son affection car il sait qu’on l’aime et qu’on s’occupe de lui et le protège.

 

Dimanche, changement de registre. J’avais invité mon frère et ses filles ainsi que mon cousin, sa femme et leur petit garçon.

Si on peut trouver un avantage à la mort de maman, c’est bien d’avoir permis de renouer des liens familiaux un peu distendus.

L’ambiance était chaleureuse avec un vrai temps de printemps qui illumine les cœurs.

La maison n’est plus habituée à des tablées de 10 personnes. Avant, du temps de mamie, c’était assez courant. La cuisinière à bois ronronnait et le fort accent italien rendait les discussions toujours animées.

Avec nous, c’est plus calme mais tout aussi sincère.

 

Enfin, le troisième point du titre vient de la visite de notre ami Eric B. en quête de Vin Passion. Je n’ai pas trop eu le temps de parler avec lui car j’étais en pleine cuisine. J’ai toujours des scrupules à faire à manger devant lui car j’ai en mémoire les recettes qu’il présente dans son blog.

Heureusement, il a discuté avec Jean-Michel qui préparait une commande de vin à partir.

Vous savez de quoi ils ont parlé ? De vigne et de vin, bien-sûr ! Chacun dans son style, tous les deux ont cette même passion.

 

Voilà la chronique d’un week-end de printemps, équilibre entre travail et plaisir.

Pour être harmonieuse, la vie est toujours en équilibre. C’était au moins vrai cette fois-ci.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 12:55

« Les mots doivent franchir la barrière des dents » disait Socrate.

Je sors de chez la dentiste pour un abcès sous une dent. Socrate n’était pas un idiot.

Ce billet va me servir – je l’espère- de thérapie…..

J’ai de gros problèmes à exprimer ce que mon cœur ressent depuis le décès de maman. Si je commence, j’ai peur de ne plus pouvoir m’arrêter et de réveiller chez moi et chez Jean-Michel des souvenirs trop doux d’instants finis qui ne reviendront pas.

Ce n’est pas simple de perdre sa maman. Le vide immense laissé par l’absence ramène aussi à la surface les autres traumatismes nés de la disparition d’autres personnes aimées.

Ainsi, c’est un peu un second deuil de mon papa, presque 18 ans après sa mort.

Comment combler ce manque dans ma vie ? Les photos restent un moyen de garder une trace physique des personnes parties.

J’ai pu me replonger dans ces clichés pris pour la plupart en Algérie. De ces instants de vie, il émane un sentiment d’insouciance face à l’avenir. Moments dérisoires dans l’histoire mais gravés dans l’histoire de mes parents et donc dans mon histoire mais qui m’ont été racontés avec pudeur et parcimonie. Pourtant, je suis un peu avec eux, là-bas dans cette époque révolue pour laquelle l’histoire a tourné une page écrite en lettres rouge sang.

Tout semble si proche et si lointain. On se dit que c’était hier mais en faisant le calcul, on arrive vite à 50 ans de distance avec l’époque actuelle. Ces sourires sont figés pour l’éternité, mais les gens ont disparu. Bientôt, il ne restera plus de témoins vivants de cette époque.

Le décès de maman a été l’occasion de renouer avec ma marraine. Cela me permet de « régresser » avec bonheur ; je suis à nouveau Corinne la danseuse (peut-être « étoile » selon mon frère) et j’ai 10 ans.

De mes rêveries, je reviens bien vite car la réalité m’appelle souvent sous forme de coup de téléphone ou travail urgent à faire.

Mon vin est mon enfant. A ce titre, il me ressemble. Il contient donc un peu de cet héritage qui m’a construite, car ma chair reste faite du passé de ma famille.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 09:20

En entendant à  la télé que c’était la journée de la femme, je ne me suis pas sentie inspirée par l’évènement.

Puis, en y repensant plus tard, j’ai quand même éprouvé le besoin de faire par de quelques réflexions.

Je suis dans une situation qui reste originale car je suis l’exploitante officielle du domaine. Je déteste le mot « exploitante » mais ce n’est pas le propos du jour.

 

En général, c’est le mari qui est l’exploitant ; sa femme est reléguée au statut  moderne de « conjoint d’exploitant », ou de rien du tout dans la plupart des cas. La femme accède au statut de chef d’exploitation quand son mari prend sa retraite et avant d’être elle-même à la retraite.

Chez nous, ce n’est pas le cas. Jean-Michel a un emploi à l’extérieur et c’est moi qui ai la charge du domaine. Il m’aide dans les travaux durant le week-end et ses jours de vacances.

Mais il n’intervient pas dans la gestion quotidienne du Champ des Treilles.

 

Le fait qu’une femme dirige un domaine viticole, même modeste comme le notre n’est pas encore acquis pour beaucoup.


Je donne quelques exemples. Lorsqu’un sondeur téléphone, il demande toujours à parler à Monsieur Comme. Dans l’esprit de la personne, ce n’est qu’un homme qui peut détenir un savoir technique. C’est la même chose avec les techniciens qui rechignent souvent à parler mécanique avec Madame ; lui préférant Monsieur, obligatoirement plus compétant en mécanique, justement parce qu’il est un Monsieur.

 

Pour les vinifications, c’est la même chose. Les gens demandent souvent comment Jean-Michel peut à la fois surveiller les vinifications à Pontet-Canet et au Champ des Treilles.

Ils n’imaginent même pas que je puisse prendre seule les bonnes décisions et plus basiquement effectuer seule les vinifications. Pourtant, c’est ce qui est fait dans la réalité. La vinification, c’est mon travail, ma sensibilité.

 

La femme, c’est les livres de compte et répondre au téléphone. Le reste, c’est pour l’homme !

 

Dans la vie courante c’est pareil. Je possède une voiture (berline de marque allemande) qui appartient à mon petit domaine viticole.
Lorsque je suis allée la chercher, il était bien indiqué « vendu : Monsieur Comme Corinne ».

Effectivement, une femme n’est pas assez bonne conductrice pour avoir une berline.

 

Lors d’une réparation de ce véhicule, on m’a proposé une petite citadine en insistant sur le fait qu’elle était « très amusante pour une femme ».

Effectivement, la femme ne sait rien faire d’autre que les magasins. Pour cela, il lui faut une petite voiture de ville.

 

C’est logique.

 

Je ne tiens pas à m’imposer dans la vie parce que je suis une femme. Je souhaite le faire par la qualité de mon travail.

On pourra créer des journées de la femme ou de la discrimination positive aussi pour les femmes, il faudra d’abord changer les mentalités et il y a du travail !

Peut-être que les mesures mises en place pourront résoudre cette situation. Je ne le sais pas.

 

Une chose est sûre. C’est quand même moins grave de se faire prendre pour une cruche en mécanique ou une tête vide qui fait les magasins que de se faire exécuter à coup de pierre sur la place publique parce qu’on a croisé le regard d’un homme dans la rue.

 

 

 

 

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:39

Pour la troisième fois en une semaine, nous avons reçu ce week-end des visiteurs ou amis-visiteurs pour leur expliquer notre viticulture avec une dégustation de nos vins pour illustrer nos propos et donner une réalité concrète à nos idées.

 

Ce dernier samedi, on n’a pas battu le record de 6 heures pour une visite-dégustation-discussion-repas, mais on s’en est approché fortement…

 

Chaque fois que nous recevons des visiteurs, c’est l’occasion de donner de la biodynamie une image positive faite de bon sens, de logique et de respect de la terre, de la vigne et des hommes.

 

Nous sommes de plus en plus convaincus par le caractère universel de ce mode de pensée. Malheureusement, pour des questions qui tiennent plus d’idéologies pseudo-sectaires ou de stratégies commerciales individuelles, la biodynamie conserve toujours cette image brouillée, voire même décalée avec une crédibilité faible.

 

A notre niveau, il faut donc expliquer et expliquer encore avec des mots et un référentiel que les interlocuteurs comprennent. A la fin de la rencontre, je ne prétends pas que tous auront signé pour la biodynamie, mais je suis sûre d’avoir fait naitre des interrogations voire même des remises en question.

 

Ce qui marque et interpelle nos visiteurs (autant que nous), c’est le caractère universel de ce mode de pensée. On dépasse largement le cadre strict de la culture de la vigne. Chacun peut même positionner sa propre existence dans ces schémas de vie bâtis par l’humanité au fur et à mesure de plusieurs millénaires d’évolution humaine.

 

Dans ce contexte, nos vins sont aussi nos ambassadeurs ou plutôt les ambassadeurs de cette biodynamie simple, sincère et abordable.

Pour s’en convaincre, il suffit de voir les verres de Vin Passion qui se retrouvent très rapidement vides et que les visiteurs acceptent ou demandent de remplir de nouveau pour pouvoir continuer la discussion.

 

Ce vin symbolise totalement cette viticulture de respect où chaque cépage nous joue sa partition du terroir à sa façon sans artifice.

 

Le Vin Passion s’apparente pour moi à une véritable drogue.

Mais là, on change de sujet…

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 15:45

Quand on regarde avec un peu de recul les populations de gros gibiers, on est surpris par l’augmentation significative de leur présence.

Beaucoup de chasseurs n’interviennent plus que pour ce type d’animaux. Ils opèrent en battues (et ne bougent même plus en attendant le passage des animaux).

 

Il y a peu de temps que nous avons pris conscience de cette évolution. Avant, Jean-Michel et moi ne faisions que constater les choses sans aller bien plus loin dans la réflexion.

 

Cependant, en fouillant un peu on s’est rendu compte qu’avant il n’y avait pas ou pratiquement pas de chevreuils autour de chez nous. Les cerfs et les sangliers étaient tout simplement inconnus.

Maintenant, les sangliers sont tellement nombreux qu’ils viennent jusque dans la cour. Les traces des cerfs dans les vignes ne sont pas rares.

Il est trop facile de dire « c’est comme ça » ou d’accuser une prolificité très importante de ces animaux.

L’approche que nous avons de la nature nous amène actuellement à revoir les choses sous un angle moins positif dans le sens où c’est l’homme et son action sur la nature qui à une responsabilité dans ce que l’on peut qualifier de « dérèglement ».

 

Progressivement, les espèces animales courantes ont disparu des champs sous les coups répétés des pesticides divers et variés. Les gros animaux utilisent la place laissée libre.


En biodynamie, on parle d’astralité. On peut dire en schématisant beaucoup qu’il s’agit du « caractère animal ». L’astralité a disparu de nos campagnes par la disparition de la faune, et aussi la diminution des animaux dans les champs.

La nature « compense » ce manque en envoyant des animaux à forte astralité comme les cerfs et les sangliers.

 

Qu’importe la façon dont on explique les choses. Ce qui compte, c’est que l’on arrive au même constat. L’homme, en apprenti-sorcier a modifié les équilibres de la vie jusque dans la répartition des espèces animales dans les campagnes.

 

Il est certes beaucoup plus confortable de ne faire que constater ou invoquer une action extérieure, inconnue et surtout impersonnelle.

Ainsi, on ne se retrouve pas devant nos responsabilités.

 

Que puis-je faire dans mon coin avec mes quelques hectares de vigne et mes prairies issues d’une époque où il y avait des vaches sur le domaine ?

C’est là toute l’ambigüité de la situation. Mon domaine constitue un refuge sain pour les animaux qui souhaitent y vivre. Par contre, en abandonnant les vaches lors de la reprise de l’exploitation familiale, nous avons sûrement aussi participé au phénomène.

 

La vie dans le respect de la nature et de ses équilibres subtils est très délicate car tout est en équilibre, comme dans une toile d’araignée…

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 09:14

Depuis quelques jours, l’ambiance de la nature qui nous entoure a changé. On ne peut pas dire que les températures soient particulièrement plus chaudes qu’avant ou qu’il fasse plus soleil non plus. Mais on commence à sentir que le printemps approche.

 

Je ressens plus que je ne sens le printemps. Ce que je dis là, c’est de l’intuitif et je ne sais pas l’expliquer. Assez rapidement, on est passé d’une ambiance hivernale à une ambiance printanière.

 

Lorsque j’en parle autour de moi, les gens ont le même sentiment. Ils sentent le printemps arriver.

Là aussi, il doit y avoir des signaux que nos sens captent mais que nous ne savons pas analyser.

La vigne doit faire la même chose que nous et penser qu’il faudra bientôt sortir de quelques mois de repos bien mérité pour entrer dans un nouveau cycle pour un nouveau millésime.

Sommes-nous sensibles aux mêmes messages que nous envoie la nature ? C’est un mystère que l’on percera peut-être un jour. Pour le moment on reste dans l’intuitif, le sensible.

 

Une part de notre engagement dans la biodynamie nous amène à essayer modestement de capter les informations qui nous parviennent de la nature et de la vigne en utilisant tous nos sens. C’est ça la viticulture sensible.

 

Mais, dans un autre registre, quand je travaillais en biscuiterie, nous avions tous les ans au printemps des problèmes avec les farines. Certes, leur analyse globale ne changeait pas mais elles devenaient plus difficiles à travailler.

Les pâtissiers « anciennes générations » disaient que c’était dû à la levée de dormance des blés dans les champs. Leurs mots exacts étaient "les blés travaillent".

Pour moi qui sortait tout juste de l’école, c’était difficile à croire. Les blés utilisés pour les farines étaient dégermés ; il n’y avait officiellement plus rien de vivant dans la farine.

Pourtant, celle-ci ressentait effectivement l’arrivée du printemps.

 

C’est une des premières fois où j’ai envisagé que la réalité du vivant pouvait être plus complexe que dans les livres !

 

En ressentant nous aussi l’arrivée du printemps, au même titre que la farine, la vigne ou les vaches, on reprend un peu de notre vraie place dans la nature.


Cela devrait nous inciter à avoir un peu plus d’humilité face aux autres habitants de cette terre, qu’ils soient animaux ou végétaux…

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 10:10

Samedi, nous avions rendez-vous au Champ des Treilles avec deux journalistes. Entre autres centres d’intérêt, ils souhaitaient comprendre un peu mieux la biodynamie. Sachant qu’ils lisent ce blog, je les salue. Je devrais même dire je les embrasse car ils sont devenus des amis, tant nous nous sommes trouvés des liens grâce à ce facteur commun qu’est le vin et qui nous relie !

Il faut dire que 6 heures de discussion, cela rapproche les gens.

Nous avons essayé de leur montrer le caractère à la fois logique et universel de la biodynamie. Je pense qu’ils ont pu aussi découvrir une vision simple et abordable de ce qui est bien plus qu’une technique agricole.

C’est toujours difficile d’aborder des sujets qui traitent d’un niveau de subtilité du vivant plus fin que celui qui est la norme. Mais là, les échanges ont été constructifs, car sans sectarisme ni à priori.

Nous avons rappelé notre attachement à une viticulture et une vinification épurées dans lesquelles l’homme doit rester en retrait mais être là tout de même pour aider sans ingérence.

Dimanche, c’était la mise en pratique des idées abordées la veille.

Pour Jean-Michel, il y avait un traitement biodynamique de la vigne ; jour-fruit oblige. Il m’a avoué avoir pris beaucoup de plaisir à parcourir tout le vignoble en tracteur car la vigne lui manquait. Il faut dire qu’il n’en avait pas vu depuis…vendredi !

En rentrant, il avait les yeux remplis des images de lièvres qui l’ont accompagné dans son périple. En près de 4 heures, il a pu réfléchir à sa viticulture et à son devenir. Même pour notre relation avec la vigne et le vin, on peut se poser les grandes questions de l’humanité. D’où je viens, qui je suis, où je vais. On pourrait en écrire des pages, mais ce n’est pas le propos du jour…

Pour moi, c’était soutirage des blancs 2008 en cuve pour la cuvée Vin Passion. Le vin a fermenté à son rythme puis s’est affirmé seul, pratiquement sans intervention de ma part, seulement de l’amour.

Le vin est serein et moi aussi. La question est de savoir qui a transmis cet état d’esprit à l’autre.
Mais au fond, quelle importance ? Lui et moi, on est pareil.

Voilà donc un week-end riche pour les vignerons que nous sommes. La théorie un jour et les travaux pratiques le lendemain. Un vrai programme d’écolier.

Cela tombe bien car depuis quelques années, nous sommes persuadés de ne pas savoir grand-chose de la vie. Il est donc temps de se mettre à apprendre.

Le problème est qu’il faut trouver le professeur en savoir de l’humanité appliqué à l’agriculture. Là, c’est presque mission impossible !!!

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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