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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:11

Première partie (désolée, remettons les choses dans l'ordre)

Pour ceux qui n’auraient pas d’occupation prévue le 6 mars prochain, j’ai une solution.

Il y a une journée technique sur « Biodiversité et Gestion Viticole » à l’ENITA de Bordeaux.

Elle est organisée par l’ENITA, bien-sûr mais aussi par ARD-VD. Ce dernier sigle veut en fait dire « Association pour la Recherche et le Développement en Viticulture Durable ».
Rien qu’en lisant  le nom, on comprend à qui ou à quoi on a affaire.

Il doit y avoir une bonne dizaine d’interventions sur le thème de la biodiversité mais aucune d’entre elles ne fait allusion à un quelconque respect de l’environnement aussi simple que celui qui consiste à ne plus mettre de produits toxiques dans les vignes.

Il faut dire que pour tous ces gens là, les produits toxiques sont un passage obligé qu’il est impossible de contourner. Aussi, pour être dans un certain « air du temps » plus nature, ou naturel, ils s’évertuent à tourner autour du pot pendant des conférences entières, préludes à des actions du même genre sur le terrain.

La grande idée, c’est quand même la haie ! Elle n’est pas dans la parcelle, donc elle ne gêne pas ! Grâce à elle, toute la faune et la flore, tuées dans les vignes vont pouvoir se reconstituer miraculeusement comme le CO2 va disparaitre au dessus de nos têtes en demandant à une association de planter 3 mauvais arbres dans le tiers-monde pour compenser les gros tracteurs surdimensionnés.

Il y a aussi l’enherbement du rang. C’est là que la biodiversité va se concentrer. Ainsi, on pourra mettre des désherbants sous les pieds et des pesticides sur les feuilles sans tuer la biodiversité, en toute tranquillité…et en toute bonne foi !

La biodiversité, c’est la rédemption des péchés viticoles !

Je suppose qu’il sera même question des ruches placées au milieu de parcelles lunaires pour bien montrer qu’il y a de la vie. Malheureusement, il n’y aura pas les abeilles qui étant malades ne pourront pas se déplacer…

Non cette vision des choses, je ne l’aime pas. Pourquoi ceux qui souhaitent continuer de polluer pour ne pas s’embêter ou ne pas prendre de risques de perte de récolte doivent-ils en permanence se justifier en donnant des faux arguments pour une fausse politique de respect de l’environnement ?

Un détail important quand même : le prix de cette « Journée Technique » est de 120 €.

Ce n’est pas grand-chose quand on sait que grâce à elle, on va sauver la biodiversité donc la planète en danger.

Et puis, pour ce prix, il y a quand même un déjeuner à midi et 2 pauses café. Pour faire bon poids, bonne mesure, le café, qui est sûrement fourni par Monsanto, doit être commerce équitable, c’est mieux quand on parle de respect de la planète.

Je ne parle pas des croissants qui sont peut-être à volonté. Le pied !!

 

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 09:44

 Il y a quelques jours, je vous ai annoncé de façon laconique la mort de ma maman.

(Merci pour tous les messages de soutien)

 

Certes, on s’y attendait et on en arrivait même à l’espérer. C’est très dur de penser que l’on peut souhaiter la mort de quelqu’un d’aussi proche qu’une mère.

Pourtant, il est insupportable de voir les gens s’enfoncer un peu plus tous les jours sans pouvoir les aider. Chaque jour qui passe est un nouveau chemin de croix et une humiliation supplémentaire pour la personne qui s’en va.


Je n’ai pas assisté aux derniers instants de ma maman. Etait-ce toujours ma maman ou un pauvre corps malade que l’âme de ma maman avait abandonné  progressivement depuis quelques semaines ? Ayant parfois conscience de son état, elle disait avoir hâte de partir.

 

Maman qui était très croyante, était persuadée de retrouver papa après sa mort. Comme ils étaient tous les deux les personnes les plus gentils du monde, s’ils doivent se retrouver, c’est au Paradis qu’ils seront de nouveau réunis. J’aimerais tellement avoir foi en cela……

 

Même si c’est inscrit dans l’ordre des choses, on ne se remet jamais vraiment de la mort d’un parent. On reste pour toujours leur enfant et à ce titre on devient orphelin.

 

Pourquoi n’ai-je pas pu faire plus pour mes parents au moment où ils étaient proches de partir. Eux qui ont fait tant d’efforts et de sacrifices pour me faire devenir ce que ce je suis ; moi je n’ai pas pu les sauver,  et je ne sais pas si j’ai pu rendre le départ plus doux.

 

Maman étant bretonne, j’avais demandé à mon agent local de me faire passer du sable de Trébeurden, son pays. Malheureusement, le sable n’est pas arrivé suffisamment tôt pour l’enterrement.

 

Je le mélangerai à la terre rouge que j’ai ramenée d’Afrique du Nord récemment en pensant à mon  papa pied noir. Ainsi, ma mère et mon père seront mélangés pour toujours.

 

Et après tout, je suis moi aussi née du mélange de mon père et de ma mère, mélange de la terre Algérienne et du sable de la Côte de Granit Rose !

 

Adieu Maman.

 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 11:07

Décédée hier...

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 10:27

La tempête est passée. Avec elle, tous les stigmates de celle de 99 sont ressortis de notre inconscient.

Chez nous, c’est plutôt moins pire que la dernière fois. Mais est-il vraiment utile de comparer la puissance des vents et l’importance des dégâts ? Quelques pourcents de forêt ou de toitures détruits en plus ou en moins ne changent pas grand-chose à la réalité dramatique de la situation.

On ne peut qu’être humble face un tel déchainement de violence. A chaque fois, notre petit confort de base en prend un coup. Très vite, sans électricité ni téléphone, on se sent perdu. Je ne parle même pas des coupures d’eau qui paraissent très vite insurmontables. Même internet arrive rapidement à faire défaut.

Nos sociétés modernes nous ont procuré des conditions de vie particulièrement enviables mais tout cela reste particulièrement vulnérable.

Il y aura bientôt une semaine que la tempête est passée et de nombreuses zones sont encore sans électricité. Les services de réparation feront sûrement mieux qu’en 99 mais certains s’éclaireront toujours à la bougie pendant plusieurs jours.

Une incertitude cependant : les agents EDF seront-ils sur les pylônes demain ou dans la rue à manifester pour leurs conditions sociales et leurs régimes spéciaux ? C’est une grande question.

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Corinne Comme - dans Divers
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:14

Jean-Michel et moi avons quitté pour quelques jours notre région pour aller dans les Côtes du Rhône septentrionales, dans la région de Tain l’Hermitage.

Il y avait l’assemblée générale du Syndicat Biodyvin auquel Jean-Michel adhère. Pour ma part, j’ai choisi de ne pas en faire partie, même si la biodynamie est de plus en plus ancrée dans mes cellules ; mais c’est une autre histoire.

 

Nous étions déjà allés dans cette magnifique région viticole il y a quelques années. Et c’est avec un plaisir certain que nous nous sommes promenés parmi les ceps de vigne plantés sur ces pentes tellement escarpées qu’on a parfois des peines à y tenir debout.


 



Mon propos n’est pas de vanter les qualités de vins qui en sont issus car j’aurais l’impression de singer les critiques qui font cela très bien ; d’autant plus que certains d’entre-eux qui n’ont jamais vu un pied de vigne semblent en parler avec l’assurance de ces vieux vignerons qui font corps avec leur terre.

 

Si j’ai eu envie de parler de cette zone viticole, c’est pour saluer l’obstination de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il aurait pu sans peine planter ses vignes dans les plaines fertiles et facilement cultivables.

 

Au contraire, il a choisi de faire pousser les ceps sur des pentes tellement abruptes qu’il est parfois dangereux d’y évoluer sans risquer une chute mortelle.

 

On ne peut qu’être admiratif devant tant d’obstination, d’abnégation.

Quand l’homme fait fi de ses douleurs personnelles et qu’il est uniquement au service du pied de vigne, alors il sait rendre hommage aux plus beaux terroirs.

 

Dans ces régions, les vignobles ne sont vraiment là que par la volonté de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il est vigneron par choix et pas par défaut ou faute de mieux.

 

Et le vieil adage « quand on veut, on peut » s’applique particulièrement à cette viticulture où le pic et le treuil sont encore les outils constants du vigneron.

 

Je ne dirai plus jamais que je suis fatiguée après une journée de travail dans les vignes sur mes douces pentes du Champ des Treilles…

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Corinne Comme - dans Divers
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 08:34

Chaque fois que nous nous déplaçons dans la région, nous passons devant sans la voir ou presque. Pourtant, elle est inscrite dans notre histoire familiale et elle nous raconte encore des histoires sur des époques passées.

Je veux parler de la cave coopérative de La Roquille, petit village entre Sainte-Foy et Margueron.


Si elle fait partie de notre famille, ce n’est pas pour y avoir porté de la vendange à un moment ou à un autre. Le grand-père détestait les caves coopératives. Plus jeune, alors qu’il était métayer dans un autre petit domaine, il avait expérimenté de l’intérieur ce moyen de produire du vin et cela lui avait forgé une opinion qu’il a gardée jusqu’à sa mort.

Par contre, mon beau-père, Yves a travaillé dans cette cave de La Roquille depuis les années 60 jusqu’au début des années 80.

La jeunesse de Jean-Michel et la cave sont donc liées, même si comme son grand-père, il n’aime pas lui non plus les caves coopératives !

Mon but n’est pas de faire un sujet partisan sur ce sujet même si moi aussi,…

La cave témoigne encore aujourd’hui d’une époque révolue qu’il est intéressant de raconter.

C’était une petite cave avec 21000 hl de capacité de stockage et vinifiant environ 10 à 12000 hl par an. Comme beaucoup de ses congénères, elle avait été fondée dans les années 30.

La vendange y arrivait par douils en bois. Les douils étaient des petits cuvons en bois ouverts sur le dessus et qui comprenaient deux accroches sur le côté pour pouvoir les lever avec un palomier et un palan. Une fois  pleins, chacun pesait entre 700 et 800 kg c'est-à-dire qu’ils contenaient 5 hl de vin environ.

A l’époque, la machine à vendanger n’existait pas. Donc toute la récolte était mise à la main dans des douils. Sauf pour quelques cas particuliers, l’essentiel des exploitations étaient encore polyvalentes. Les vignes côtoyaient les céréales et bien souvent les vaches. On était encore dans l’agriculture et pas vraiment dans la viticulture.

Puis, les douils s’en allaient par tracteur et remorque jusqu’à la cave coopérative ou alors jusqu’à des petits quais de transit répartis dans la campagne.


Avec un palan manuel à chaine et une grosse potence, les douils étaient déchargés et laissés sur le quai. Un bon laissé sur chacun d’eux servait à en donner la provenance.

Là, les douils attendaient sous le soleil ou la pluie jusqu’à l’arrivée du camion de collecte.


Les communes alentours étaient réparties en deux tournées pour 2 camions.
Yves conduisait le camion desservant entre autres Margueron. Toute la journée jusqu’à tard le soir, le camion tournait dans la campagne. Il récupérait les douils sur les quais et les transportait jusqu’à la cave à raison de 10 douils par voyage.

Alors qu’ils étaient jeunes enfants, Jean-Michel et son frère attendaient le coup de klaxon de leur père avant d’aller se coucher ou depuis leur lit.

Les camions ne fonctionnant que quelques jours ou semaines par an, il était difficile d’en avoir de très récents. Les choses se sont améliorées vers la fin mais pendant longtemps sur les petites routes, il fallait forcer pour tourner un volant dépourvu d’assistance. Dans la pénombre de la nuit, le seul point d’éclairage était un modeste phare de travail à l’arrière du camion. Les chaussures de sécurité, les barrières anti-chutes n’existaient pas.

A la cave, c’était beaucoup plus moderne. Les remorques à tracteur ou les camions passaient sous un pont levant électrique. Il suffisait d’appuyer sur un bouton pour voir deux douils s’élever. Il fallait quand même ensuite les pousser à la main sur un réseau de rails suspendus selon le même principe que les carcasses dans les abattoirs.


Au début, les douils étaient retournés à la force des bras. Cela avait valu à Yves une opération de hernies.


Puis, un vide-douil avait été installé, rendant le travail (un peu) plus facile.

A l’arrivée en cave, un prélèvement était effectué dans les douils. Il s’agissait simplement d’estimer la concentration avec un densimètre. Certains lots étaient payés en fonction du degré. Il est même arrivé de trouver du sucre cristallisé blanc, non fondu dans des douils. Preuve que certains s’inquiétaient quand même du degré de leur vendange !

Aucune sélection parcellaire ni aucun planning de vendange n’étaient établis au préalable. Chacun vendangeait à son rythme, selon son bon plaisir.

Les raisins blancs passaient dans un égouttoir avant de rejoindre les fameux pressoirs continus  dont un PERA, que l’on rencontrait dans toutes les caves ou presque.

Rouges et blancs fermentaient dans une cuverie en béton sur plusieurs niveaux selon le principe commun à toutes les caves.

Le contrôle des températures n’existait pas. Il fallait faire au mieux pour tout.

Le décuvage était lui-aussi manuel avec des équipes comme on n’en rencontre plus maintenant. 

Les pressoirs continus reprenaient du service pour les rouges.

La commercialisation se faisait surtout en vrac, mais il y avait un peu de mise en bouteilles sur place par un procédé très manuel.

L’étiquetage était lui aussi plus ou moins manuel et donc très artisanal.

Plusieurs fois par semaine, Yves livraient les bars de Sainte-Foy en vin de table en vrac. Il livrait ainsi 8 bistrots. Certains étaient à peine plus grands qu’une salle de bain mais ils voyaient passer jusqu’à 16 demi-barriques par semaine, soit 2400 litres par semaine !

Depuis, ces bars ont tous disparu l’un après l’autre.

Avec l’arrivée des machines à vendanger au début des années 80, la cave s’est retrouvée face à un choix d’avenir. Il fallait faire évoluer les installations pour recevoir de la vendange machine. Après âpres discussions entre coopérateurs, il a été décidé un rapprochement avec la cave voisine des Lèves. Cette dernière n’a pas arrêté de grossir pour vinifier maintenant environ 100000 hl par an dans des installations modernes où la productivité est telle que quelques personnes suffisent pour assurer les vinifications, les décuvages,…

La cave de La Roquille nous offre donc un témoignage d’une époque pas si éloignée que cela. En faisant cet arrêt sur image de 25 ans, on mesure le chemin parcouru depuis.

Les conditions de travail ont bien changé autant dans la pénibilité que dans la prévention des risques.

L’approche du produit est plus ambigüe. D’une part, on est passé d’une conception artisanale très manuelle à une vision plus industrielle de la vigne et du vin. Mais d’un autre côté, les moyens techniques mis à disposition n’ont plus rien à voir. Maintenant, tout est beaucoup mieux maîtrisé. L’ordinateur est partout, les machines à chaud ou à froid ont été généralisées, les pressoirs continus ont disparu du paysage (du moins je l’espère), les mise en bouteilles se font avec des chaines automatisées,…

Les exploitations se sont spécialisées et ont grandi. Ceux qui font de la vigne n’ont en général plus d’animaux. On ne parle plus de ferme mais bien d’exploitation viticole.


Les gens sont-ils plus heureux pour autant maintenant ? C’est un vaste débat auquel je ne souhaite pas prendre part.

Tout comme pour les gens, les caves naissent, grandissent et meurent. Ainsi va la vie.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:14

Récemment, alors que je travaillais dans le chai, j’ai pris le temps de regarder autour de moi quelques minutes. J’ai alors revu en quelques secondes le film de notre aventure au Champ des Treilles.

Et en comparant la situation de départ à celle de maintenant, j’ai repensé à tout le travail et les sacrifices pour en arriver là, même si on est bien loin des réussites de livres des records et du prestige des Grands Crus.

J’ai aussi repensé aux nombreux encouragements envieux de la part de beaucoup de nos amis, responsables de grands domaines qui voient dans notre projet une opportunité unique de produire notre propre vin, selon nos goûts ; et qui plus est en famille.

Malheureusement, la réalité est toute autre. Après plus de 10 ans dans ce métier, je peux maintenant le dire, il n’y a plus de place pour l’amateurisme.

Comme beaucoup d’autres, notre métier est devenu un métier de professionnels qui partage difficilement avec une autre activité.

Certes il peut exister une viticulture « dans le jardin » que l’on fait le week-end en famille et où l’on vendange en un dimanche avec quelques copains et un bon repas. Elle  peut donner de bons vins et générer la gloire pour ceux qui la pratiquent.

Mais, dès que l’on dépasse ce stade, cela devient un vrai métier qui nécessite des moyens financiers beaucoup plus importants.

Lorsque nous avons commencé, notre rêvions de produire du liquoreux et ne pensions pas à l’argent. Heureusement, nous n’en avions pas ! Depuis, la vie a guidé notre chemin. Les liquoreux sont toujours quelque part dans notre cœur mais, c’est surtout le vin sec qui se vend et plus particulièrement le rouge. Donc, on produit surtout du rouge et dans une moindre mesure du blanc sec. Le liquoreux, il se vend toujours régulièrement mais pas au point d’en produire tous les ans.

Pour travailler dans des conditions normales, sans luxe, il faut du matériel et/ou des moyens humains. Sinon, la vie devient très difficile et c’est nuit et jour qu’il faut y être sans forcément être meilleurs.

Si l’on n’a pas de moyens financiers à mettre en face de ces besoins vitaux, on ne peut pas produire durablement. Si on colle les étiquettes à la main, une palette devient un supplice et 10 palettes constituent une mission impossible. Et sans vente, point d’argent.

Sans une cuverie adaptée aux objectifs fixés, on ne peut pas vinifier aussi finement et on peut aussi mettre son vin en danger. La moindre petite cuve coûte quelques milliers d’euros. En général, il en faut plusieurs grosses et petites. Et les milliers d’euros à dépenser deviennent des dizaines de milliers d’euros. C’est autant de milliers de bouteilles qu’il faut vendre ou de prélèvement sur les économies de la famille, si au moins la famille dispose d’un bas de laine.

Enfin, l’investissement humain. Sans lui, rien n’est possible mais s’il n’est pas fort comme la pierre on ne peut pas s’en sortir. Depuis plus de 10 ans, nos loisirs rythment surtout avec Champ des Treilles, c'est-à-dire travail dans la vigne, au chai ou au conditionnement.

Combien de salariés accepteraient à ce point de renier leurs loisirs sur une période aussi longue ?

Heureusement, comme le dit Jean-Michel chez lui sève et sang sont liés. Pour moi, c’est plus récent mais puisque Jean-Michel et moi ne faisons qu’un depuis si longtemps, j’ai un peu le même sang que lui dans les veines et ce sang, il a un peu la couleur de la sève de vigne.

Certains pourront dire que je suis désespérée en ce début d’année. Pas du tout ! Je souhaiter tout simplement témoigner de mon expérience de viticultrice.

Pour finir sur une note optimiste, je pense quand même que le vin est un produit magique pour susciter autant de passions et de vocations naissantes ou affirmées.

Quelle autre culture que la vigne et quel autre produit que le vin peut amener des gens à organiser leur vie autour d’eux ?

Selon moi, il n’y en a pas d’autres !

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 08:59

Jean-Michel fête aujourd’hui le 20ème anniversaire de son arrivée à Pontet-Canet.

Dans une vie, deux décennies dans une même entreprise, ça commence à faire une longue période. Lorsque nous sommes arrivés à Pauillac, nous sortions tout juste de l’adolescence. Nous n’imaginions pas forcément comment serait l’avenir.

20 ans après, on peut dire que les choses ont quand même bien tourné pour  Pontet-Canet qui ne ressemble plus trop à ce qu’il était à l’époque. Le greffage de Jean-Michel sur ce domaine semble donc avoir bien pris.

A mon modeste niveau, je souhaite tout simplement souhaiter un bon anniversaire au trio Pontet-Canet / Alfred Tesseron / Jean-Michel, en les félicitant pour le travail accompli en deux décennies ; même si je n’oublie pas que Jean-Michel en éternel pessimiste (ou optimiste?) a le sentiment que l’essentiel reste encore à faire.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 08:12

Récemment de nombreux reportages ont été réalisés sur la maladie de la grotte de Lascaux.

Depuis des années, les scientifiques les plus chevronnés se relaient au chevet de ce haut lieu du patrimoine de l’humanité.

Malheureusement, rien n’y fait. Plus il est mis de moyens pour endiguer les problèmes, plus la situation se dégrade.

 

Une climatisation ultra-performante a d’abord été installée pour contrer des premiers déséquilibres générés par la présence de l’homme. Elle devait être « La Solution » pour sauvegarder les peintures.

Mais, contre toute attente, des champignons ont proliféré.

Enfin, les scientifiques devaient penser que l’arsenal utilisé n’était pas assez lourd ; ils ont donc pulvérisé un traitement fongicide.

Actuellement, les mêmes qui avaient montré leur optimisme sans faille, semblent avouer leur impuissance.

 

Quand je vois tout cet acharnement, je me dis finalement que les peintures préhistoriques et les vignes ne sont finalement pas si éloignées les unes des autres.

 

Dans les deux cas, on fait dans la surenchère de moyens pour essayer de contrer une « maladie » mais finalement, on a toujours une longueur de retard sur elle.


Et surtout, on oublie toujours de se poser la vraie question du pourquoi. Pourquoi en est-on arrivé là ? Qu’a-t-on changé pour que les choses se dégradent ainsi ?


Dans un précédent billet, j’avais dit que les maladies sont souvent les conséquences de notre propre incompétence à détecter des modifications que nous avons-nous même provoquées. Je crois que dans le cas de Lascaux, c’est la même chose. Depuis des milliers d’années, il ne s’est rien passé. L’homme a découvert ce joyau et en a sûrement un peu abusé. Mais lorsque les premières conséquences négatives ont commencé à voir le jour, on est entré dans l’escalade des moyens et donc des aggressions.

Plus on essaie de soigner les conséquences, plus on dérègle le système et plus on amplifie les dégradations.

 

Comme pour la vigne, la solution serait sûrement de laisser tranquille ou au moins de respecter vraiment en laissant la vie reprendre ses équilibres subtils qu’elle est la seule à maîtriser.

 

En regardant les choses positivement, grâce à Lascaux, on a pu voir en simulé 3D le dégagement de chaleur d’un corps humain placé dans la grotte.

 

Je pense que c’est une avancée scientifique qui doit vraiment intéresser les peintures et le champignon qui les attaque.


Quand je dis qu’on marche sur la tête…

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Corinne Comme - dans Divers
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 16:10

Maintenant que les fêtes sont terminées, il faut éliminer les calories en excès accumulées pendant les repas.

Pour cela, rien de tel que des caisses à préparer. Heureusement, les premières commandes de l’année sont arrivées dans la semaine dernière et Jean-Michel et moi avons profité du week-end pour conditionner les deux palettes à partir.

Ce qu’il est intéressant de citer, c’est que les deux palettes partent toutes les deux en Belgique mais chez deux clients différents.
Au moins, en attendant le départ de la première d’entre elles, elles pourront discuter de leur nouvelle vie et commencer à apprendre le wallon !

Je suis toujours ravie de préparer des caisses à expédier. C’est un reste de l’époque de nos débuts lorsque nous n’avions pas encore un client et la première mise en bouteilles effectuée.

Cette année, c’est un peu l’inverse car le succès du Vin Passion blanc dépasse mes espérances. Avec les réservations que j’ai aussi eu il y a quelques jours, je pense ne pas pouvoir « faire la jonction » avec le prochain millésime dont la mise en bouteilles et normalement prévue en juillet.

Quoi qu’il en soit, on fera pour le mieux lorsque le moment de la rupture de stock se précisera. Je n’ai jamais laissé tomber un client ni donné à quiconque une fin de non recevoir.

Mais, je savoure quand même avec une certaine fierté cette situation et je ne l’échangerais jamais avec celle d’un bâtiment de stockage rempli de bouteilles invendues.

Il faut cependant garder les pieds sur terre. Rien n’est jamais acquis définitivement. Il faut toujours être sérieux, particulièrement avec les acheteurs professionnels avec qui je travaille.

Je fais tout pour leur rendre la tâche facile et particulièrement en leur proposant les meilleurs vins possibles mais aussi des vins ayant leur personnalité, des vins qui nous ressemblent.

Il est aussi important de respecter la plus grande cohérence dans les tarifs pratiqués, les zones d’activité des revendeurs,… C’est un vrai métier !

Donc, en ce début d’année, je peux le dire : longue vie à tous mes clients, présents et à venir.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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