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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 09:34

Vous l’avez sûrement remarqué mais j’ai très souvent l’occasion de critiquer les politiques qui dirigent notre viticulture. Il faut dire que justement les gens qui en sont à l’origine ne sont plus vraiment des viticulteurs mais des professionnels des instances agricoles. On retrouve les mêmes partout. On se demande quand ils ont le temps d’aller dans leurs vignes…

En Gironde, avec une dizaine de personnes, on peut faire le tour de tous les conseils d’administration et autres structures de décision. Celui qui n’est pas présent dans une assemblée y a obligatoirement plusieurs « amis » qu’il côtoie à l’occasion d’autres réunions.

Donc, grâce à cette politique de renouvellement constant des penseurs de notre profession, on ne peut qu’avancer.

Le dernier exemple en date est mis en avant dans le flash des Bordeaux (n°166) de décembre dernier. Dans l’éditorial, le Président annonce la bonne nouvelle. Même si les choses ne sont pas complètement ficelées, les viticulteurs vont pouvoir toucher 9500€ d’aide par hectare s’ils s’engagent à replanter avec 10% de pied en plus par rapport à la parcelle arrachée !

C’est le projet de restructuration des 5 années à venir.

C’est un véritable cataclysme dans le Bordeaux viticole. Imaginez, celui qui va arracher une parcelle à 3000 pieds par ha va pouvoir replanter avec 3300 pieds par ha et toucher de l’argent pour cela.  Il faut dire que la plupart le faisait déjà, mais sans toucher d’argent.

En effectuant un calcul simple, on peut se rendre compte que si on poursuit cette politique ambitieuse de +10% à chaque replantation, il faudra 6 replantations de vigne successives pour atteindre de nouveau l’ancienne densité de plantation de 5000-5500 pieds par ha qui était le standard minimal à Bordeaux avant l’avènement des vignes hautes et larges.

En poursuivant le calcul, si on considère une replantation tous les 20 ans (et oui, les vignes larges ne durent jamais très longtemps) on peut penser que l’on aura retrouvé la situation d’avant les vignes larges dans 120 ans, peut-être même moins.

Cependant, pour y arriver, il faudra avoir maintenu les aides probables pendant la période, sinon, on risque l’avoir des problèmes pour tenir les délais.

Le Président des Bordeaux a bien raison de souhaiter une bonne année 2009 aux viticulteurs car avec des politiques aussi ambitieuses, ils ne sont pas sûrs de voir le bout de la crise avant l’année 2009 + 120 soit 2129.

Quand même !!!

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 13:19

Ce n’est un secret pour personne, il existe bien deux France, celle d’en haut et celle d’en bas.

 

Je sais que l’expression a été déjà employée par des politiques pas très conscients des enjeux. En effet, la frontière entre les deux France ne se fait pas en fonction de la déclaration de revenus mais par rapport à la Loire qui sépare la France d’en haut, qui mange des galettes des rois feuilletées fourrées à la frangipane et celle d’en bas qui consomme des galettes briochées en forme de couronne avec un trou au milieu.

 

Jusqu’à une date récente, il y avait une sorte de guerre des tranchées entre les deux coutumes ; chacune restant sur ses positions sans envahir l’autre. Mais, avec l’uniformisation des goûts, la recette du Nord, dite Parisienne s’est mise à envahir le reste de la France.

Il est de bon ton de ne plus consommer notre galette des rois traditionnelle, plus basique et moins tendance.

Mais il faut résister !

La galette briochée est beaucoup moins lourde en calories que sa cousine parisienne. Elle est aussi bien plus pratique à manger car elle ne colle pas au doigt et ne menace jamais de tomber en paquet sur le sol ou les habits.

Bref, on peut en consommer sans crainte !

 

Donc, je vous propose une recette simple de cette galette des rois :

 

Pétrir 1 verre de farine avec un peu de farine de boulanger délayé dans de l’eau tiède.

Laisser lever pendant 3 heures.

Ajouter un autre verre de farine, 2 oeufs entiers, 50 g de beurre fondu, 30 g de sucre et de la fleur d’oranger. Pétrir à nouveau et façonner en galette.

Laisser lever, l’idéal étant durant toute une nuit.

Chauffer le four à 180° et cuire environ 25 mn.

Saupoudrer de sucre glace une fois refroidi et ne pas oublier de placer une fève !


 

 

Et comme j’ai commencé pour texte en faisant allusion aux politiques, je vais reprendre pour conclure la technique du consensus propre à ces personnes qui ont l’art de ne jamais vouloir mécontenter leurs électeurs potentiels.

 

Ainsi, au nom de l’unité nationale, on pourra peut-être consommer les deux galettes à la fois en ayant bien pris soin d’ouvrir pour l’occasion une bonne bouteille, ou même deux, une du nord, une du sud…

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 09:50

 

Avec la fin du week-end, c’est aussi la fin des vacances de Noël qui vient d’être sonnée.

Thomas vient de retrouver ses habitudes et son école à Tarbes, Laure, son lycée de Pauillac, Jean-Michel, son travail à Pontet-Canet et moi, ma vie de viticultrice.


Le début d’année, c’est avant tout L’Inventaire des stocks. Je n’ai pas beaucoup de références en comparaison par exemple de nos amis alsaciens mais il faut tout compter à la bouteille prés.

Vous le savez, je n’aime pas beaucoup les caves coopératives, mais lorsque je suis à l’Inventaire du stock, je ne manque jamais de me dire que finalement les coopérateurs ont quand même beaucoup de chance, ils n’ont pas de bouteilles à compter !

Au-delà des bouteilles, il y a aussi le vin en vrac à compter (ce qui n’est pas très pénible chez nous). Mais surtout, il y a les capsules, surtout les capsules fiscalisées (pour ceux qui ne le sauraient pas, ce sont celles qui ont la Marianne fiscale sur le dessus). Là aussi, il faut être parfaitement juste.

J’ai plusieurs types de capsules fiscales dont certaines ne sont plus utilisées depuis des années. Pour les supprimer, il n’est pas question les envoyer directement en recyclage. Au contraire, il faut faire une demande auprès du service des douanes qui viendra sur place pour assister à leur destruction par le feu. Lorsque le feu aura digéré les macarons fiscaux, on pourra alors disposer du métal des capsules. Donc, pour l’instant, je continue à me traîner ces vieilles capsules en me disant que cette année, c’est promis, je les fais détruire.

Quand on touche à la fiscalité, rien n’est simple, même si je dois reconnaître que les services en question ont en général une approche pragmatique des choses tout en étant parfaitement rigoureux sur le respect de la loi.

L’inventaire concerne aussi les caisses vides, les étiquettes,…

Heureusement chez nous les produits de traitement sont pratiquement réduits à un peu de cuivre et de soufre. Le cuivre est régulièrement compté pour des questions de certification bio donc le travail est vite fait.

Pour le moment, on ne nous oblige pas à intégrer les orties séchées dans les stocks. Toutes nos plantes sont récoltées pas nous donc ne font pas l’objet d’une facturation.

Mais l’obligation de tenir un « cahier de détention de plantes n’ayant pas fait l’objet d’une étude de non-toxicité pour l’homme et les animaux » est peut-être pour demain…

Après les stocks, il y a aussi les premières commandes de l’année à faire partir. Heureusement car les factures des fournisseurs, qui ne semblent pas avoir été concernées par une quelconque trêve de Noël, continuent d’arriver inexorablement. Pourtant, je n’ai pas l’impression de beaucoup dépenser.

 

Je pense que dans mon programme d’activité, beaucoup de viticulteurs vont se reconnaître.

Après tout, la viticulture est une grande famille.

 

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 18:18

Depuis quelques jours, nous sommes de nouveau réunis en famille. Thomas est rentré de Tarbes après plus d’un mois loin de nous. C’est une nouvelle vie qui s’est organisée sans lui. Bientôt, Laure quittera elle-aussi la maison pour vivre sa vie, sinon la préparer dans un premier temps.

 

Alors que nous étions jeunes parents il y a peu de temps et adolescents pas bien plus tôt, nous voilà presque vieux parents, aux portes du troisième âge !

 

Heureusement, les fêtes de fin d’année sont une opportunité pour moi de récupérer mes deux petits à la maison avec moi ; du moins quand ils restent avec nous et qu’il n’y a pas copains ou copines à aller voir ou à recevoir…

 

Comme d’habitude notre réveillon de Noël s’est déroulé en famille autour de bonnes bouteilles pour accompagner un diner, fruit d’une collaboration réussie entre Laure et moi.

 

Puis, le repas de Noël a été l’occasion de retrouver le frère de Jean-Michel, Pierre, sa femme Sophie et leurs enfants. Le repas s’est déroulé chez les parents de Sophie. Il y avait aussi Anne la sœur de Sophie et ses 3 enfants. Tous les enfants ont le même âge et s’entendent donc très bien.

 

Yves, mon beau-père était bien-sûr de la fête. Même s’il nous dit qu’il mange peu, il semble néanmoins se rapprocher un peu plus de l’explosion après chaque repas.

 

La belle famille de Pierre n’a pas de lien de parenté avec nous mais nous nous connaissons depuis plus de 20 ans et ils font un peu partie de notre famille et nous de la leur. Anne est une sorte de « belle-sœur en second » pour nous.

Ils sont aussi protestants, ce qui est un point commun supplémentaire. Jean-Michel et moi ne sommes pas concernés par la religion, mais l’histoire de la famille Comme est intimement liée à celle du protestantisme en pays foyen.


Ils ont été viticulteurs. Leur vie n’a pas été très différente de la nôtre.

Malheureusement, alors qu’elles ont une formation viticole, aucune de leurs deux filles n’ont souhaité de reprendre le domaine alors qu’il y avait une jolie marque et un réseau de distribution, surtout aux particuliers, construit pas à pas en 20 années de ventes en bouteilles.

 

C’est sûrement la vie que de voir des domaines naitre et d’autres mourir. Mais quand on aime la vigne on a toujours un sentiment d’amertume.

C’est malheureusement le lot de beaucoup d’exploitations agricoles.

 

Heureusement, chez nous, la terre a été conservée au passage des générations. Qu’en sera-t-il à la prochaine échéance ? Personne ne le sait et surtout pas nos enfants. Tant de choses peuvent changer dans leur vie et les influencer.

 

Pour en revenir aux fêtes de fin d’année, j’ai toujours une pensée pour ceux qui ne sont plus avec nous. Là aussi, c’est dans l’ordre des choses mais quelque soit son âge on reste toujours l’enfant de quelqu’un. Et les bons moments de la vie n’ont plus tout à fait le même goût sans eux.
Heureusement, ils restent dans mon cœur et ils continuent un peu à travers moi et pour l’avenir grâce aux enfants.

Et quand on voit comment certains traits de caractère peuvent se transmettre et se retrouver 2 ou 3 générations plus tard, je me dis que la vie ne finit jamais vraiment.

 

 

 

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 18:14

Ce soir, c’est le réveillon de Noël. Dans la plupart des familles, la préoccupation principale sera la préparation d’un diner exceptionnel.

Moi aussi, je vais respecter la tradition en préparant des plats bien plus élaborés que d’ordinaire. C’est ça la magie de Noël que de me mettre durablement au fourneau !

J’aurai aussi une pensée pour ce qui sont malheureux et aussi ceux que j’aime et qui ne sont plus là avec moi.

Et la vigne dans tout ça ? Elle s’octroie une trêve dans mon esprit. Elle va passer un Noël de plus face au temps qui passe.

Le vin, quant à lui est tranquillement en barriques où en cuves à profiter du froid de l’hiver.

De temps en temps, j’irai sûrement me tirer un verre de Vin Passion blanc 2008 directement à la cuve ; histoire de ne pas l’oublier totalement…

A tous les lecteurs et aux autres, je souhaite un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année.

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Corinne Comme - dans Divers
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:02

Comme beaucoup d’autres, je viens de recevoir les imprimés de déclarations de salaires pour l’année 2008.


Lorsque j’ai vu les imprimés dans la redoutable pochette plastifiée bleue aux couleurs de l’état, j’ai commencé à râler en pensant au travail qui m’attendait.

Ces documents sont à remplir, salarié par salarié, après chaque année civile pour le calcul de l’impôt de chacun.

Bien entendu, il y a de très nombreuses cases à remplir à la main, au stylo à bille.

Mais en lisant la lettre d’accompagnement, j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre que la simplification des procédures administratives était arrivée jusque là. Certes, il ne s’agit que d’un premier pas. Mais il me concerne !

Mis à part mon salarié permanent, les autres salariés sont employés grâce à un TESA (titre d’emploi saisonnier agricole). Il s’agit d’une sorte de « chèque emploi service » pour les professionnels agricoles ; les démarches administratives sont allégées pour rendre l’embauche plus facile lors des pointes de travaux dans l’année.

Depuis cette année, la lettre m’informe que pour les salariés employés via in TESA, la déclaration de salaire n’a plus de raison d’être.

J’ai une pensée pour les comptables des grands domaines qui eux n’ont pas recours au TESA et qui ont des dizaines voire des centaines de déclarations pour des gens qui ne sont souvent restés que quelques jours dans l’année, au moment des vendanges ou des travaux en vert.

Quelle bonne nouvelle pour moi. Il ne me reste plus qu’une déclaration à remplir.

Malgré tout, on peut se poser la question de l’intérêt de toute cette paperasse car la totalité des informations à donner est déjà stockée bien au chaud dans des ordinateurs administratifs.

Il suffirait de les connecter efficacement pour qu’il n’y ait plus rien à faire pour nous et pratiquement rien pour eux. Mais, ouvrir les enveloppes et saisir des chiffres, ça occupe du monde. Donc, on continue dans cette voie.

Pour une fois, je ne vais regarder que la partie positive, c'est-à-dire l’amélioration constatée et pas la montagne qu’il reste à déplacer.

Les choses s’améliorent tout doucement. Comment dit-on déjà ? Ah oui, au pas d’un sénateur.

Vu l’âge qu’ils ont tous ou presque, on n’a pas fini de remplir nos formulaires pour donner les mêmes informations en double, triple ou quadruple exemplaire !

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 10:57

En créant ce blog, j’ai mis en place une rubrique appelée « cuisine du champ des treilles » pour y présenter en toute humilité quelques recettes de terroir, souvent oubliées.

Il faut bien avouer que les ordinateurs de l’hébergeur ne sont pas surchargés par mes recettes.

Je suis admirative de voir que certains sont capables de concevoir une recette nouvelle tous les jours. Je n’en suis pas capable.
Mais le pire, c’est que bien souvent j’ai des difficultés à avoir l’idée pour le repas du jour !

Prise dans mes papiers ou ma comptabilité, il m’arrive très souvent de me rendre compte à midi, qu’il est midi et que Jean-Michel va rentrer déjeuner.

Parfois, c’est sa voiture ou même le bruit de la porte quand il entre, qui me rappelle l’heure.

Alors, loin de tous les géniaux mélanges de saveurs et d’odeurs, je cours vers la cuisine essayer de trouver une idée.

Le congélateur est bien souvent mon sauveur. Puis, la cocotte-minute est mise en action. Quelle invention magique ! En quelques minutes, c’est cuit. On peut tout mettre dedans en une fois et à la sortie, il y a un repas.

Une chose est sûre, je ne prends jamais des plats industriels préparés.

Je prépare moi-même. Certes, c’est souvent rapide et approximatif, mais c’est fait-maison.

Heureusement, mon mari est le plus gentil des hommes et il ne se plaint jamais.

J’ai souvent des scrupules surtout que dans le passé, je cuisinais en achetant régulièrement des revues. Il y avait souvent des gâteaux faits par moi.

Maintenant, je n’y arrive plus. Je n’ai plus le temps. Je dois mal m’y prendre pour en arriver à une telle extrémité.

On n’a du nous raccourcir les heures qui ne doivent plus faire 60 minutes comme avant. Je ne sais pas, je ne sais plus.

Ce qui me rassure, c’est qu’en parlant avec d’autres femmes, je me rends compte que beaucoup sont dans le même cas que moi. C’est au moins ça ; je ne suis pas seule.

Et finalement, je me dis que tous les aliments employés sont sains, je cuisine sans gras, c’est souvent triste ; c’est donc la meilleure façon de ne pas être tenté et de ne pas faire grossir ma famille !

Voici une recette à la mode en ce moment chez Comme: la soupe de citrouille.
A l'entrée de l'hiver, je congèle en cubes les citrouilles du jardin ou données par de gentils voisins.
Je jette ces cubes encore congelées dans l'autocuiseur avec du céleri branche, du sel. Je laisse cuire 10 minutes puis je passe au mixeur avec un peu de crème fraiche et je rajoute du poivre. C'est chaud, velouté et sain....que demande le peuple en hiver!

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 14:42

Dans mon billet précédent, je vous parlais de la commercialisation de mes vins. Au début, je souhaitais dire quelques mots des vins « bio » en ce qui concerne la commercialisation. Mais, il m’est apparu que le sujet méritait plus que quelques lignes et que l’on s’éloignait aussi du fil conducteur du texte.

Aussi, j’ai choisi d’en faire un billet à lui seul tellement on peut en dire et tellement le sujet peut faire polémique.

Tout d’abord, avant que l’on m’en fasse le reproche, je sais que parler de « vin bio » est un abus de langage. Je l’assume pour la simplicité du propos.

Nous nous sommes orientés dans cette voie pour suivre notre sensibilité.

En vignerons « purs », on n’avait même pas prévu d’apposer un logo sur les bouteilles ni même de demander une quelconque certification. Le bio pour la beauté du geste en quelque sorte !

Mais très vite, cette situation nous est apparue inconfortable car difficile à justifier par rapport aux « faux bios » d’une part et aussi par rapport aux bios certifiés d’autre part. 

Nous nous sommes donc inscrits dans une démarche de certification ; finalement la plus logique car la plus claire.

Au début, la production de vins en culture bio ne constituait pas un avantage pour la vente.

Maintenant, la demande est forte. Il ne faut quand même pas exagérer et les gens ne sont pas dehors à m’attendre pendant que j’écris ces lignes, mais quand même…

Nous travaillons aussi avec plusieurs sociétés qui ne proposent que des vins bios. Bien-sûr, le négoce bordelais traditionnel est en majorité à une génération ou deux de ressentir le besoin d’aller vers ce type de vin. Ce n’est pas grave car d’autres s’en chargent. C’est quand même dommage, qu’une fois de plus, les négociants « institutionnels » bordelais, ne daignent pas s’intéresser à ce secteur en progression constante. Ils doivent être trop riches et très sûrs de leur avenir.

Souvent, des viticulteurs nous demandent si le passage en bio s’est accompagné d’une augmentation des ventes.

Même Jean-Michel, à Pontet-Canet, a aussi droit à ce genre de questions.

Avec la crise viticole présente depuis plusieurs années à Bordeaux, certains ont vu dans la production de vins bios la solution à leurs problèmes de mévente. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Passer en production bio uniquement à des fins commerciales est pratiquement voué à l’échec tellement les difficultés qui vont se présenter pour la culture de la vigne vont paraître insurmontables à ceux qui n’ont pas la « foi » dans ce mode de production.

Et même si on arrive à produire des vins, l’augmentation des ventes ou des prix n’est pas du tout assurée.

Le principal est quand même d’offrir des produits de qualité pour que les consommateurs prennent du plaisir à en boire et un niveau de prix correct. A partir de là, si le vin est bio, c’est un vrai plus.

Par contre, le fait d’être en bio ne doit pas être le seul argument du vin.

Pendant longtemps, beaucoup trop de vins bios n’étaient pas bon et leur seule qualité était leur mode de culture.

On ne fait pas du bio en se demandant si les ventes vont de suite augmenter ni si les coûts de production vont progresser.

La biodynamie et la philosophie globale de respect qui s’y rattache, changent les vins vers plus de vérité et de complexité. C’est le but recherché mais aussi un élément important pour les acheteurs qui prennent du plaisir à la dégustation de ces vins.

Notre mode de culture implique peut-être aussi une passion pour la vigne et une proximité avec elle qui déborde largement et qui se transmet aux consommateurs de mes vins.

Quelque en soient les raisons, je pense quand même me trouver au bon moment au bon endroit en ayant choisi, il y a plusieurs années de me laisser guider par mon cœur vers ce type de viticulture exigeante mais tellement passionnante.

 

 

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Corinne Comme - dans Divers
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 10:24

 

L’Inspecteur Derrick (Horst Tappert dans le civil) vient de décéder à l’âge de 85 ans.

 

Avec sa mort, c’est le meilleur somnifère du marché qui disparait brutalement.

 

Heureusement, il reste encore les 281 épisodes tournés depuis les années 70, dont les premiers sont tellement efficaces sur le sommeil qu’on en tombe la tête la première, dés les premières notes du générique de début.

 

Lorsque les bandes des films seront définitivement usées à force de passer et de repasser, pour trouver le sommeil, il faudra se tourner de nouveau vers les produits vendus en pharmacie ce qui ne sera pas sans conséquence sur le trou de la Sécu, qui n’avait pas besoin de ça.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 10:59

Puisque je suis en période de « bilans », j’ai pensé dire aussi quelques mots de la commercialisation de mes vins.

Depuis le début de notre aventure, nous avons toujours privilégié les relations commerciales durables avec nos partenaires. Pour cela, nous avons systématiquement repoussé les offres alléchantes sur le moment mais qui n’étaient que des « coups ». Certes, il est toujours intéressant de faire rentrer de l’argent lorsqu’on en a vraiment besoin, en vendant par exemple une grosse quantité de bouteilles à des grandes surfaces. Mais ce n’est jamais durable. En agissant ainsi, on aurait perdu une partie de nos clients fidèles et on aurait aussi fait fuir d’éventuels nouveaux distributeurs de nos vins.

Notre mode de vie, écartelé entre Margueron et Pauillac, nous a toujours rendu la vente directe très difficile à envisager.

Les nombreux articles dans la presse nous ont souvent amenés des clients particuliers, mais ce n’était pas une vraie démarche volontaire et construite de notre part.

Progressivement, depuis plusieurs années, la part de notre production qui quitte la France ne cesse de progresser.

L’an dernier, on avait atteint un niveau impressionnant pour nous de 80% d’export. Cette année, même si les choses ne sont pas encore terminées, on pense dépasser ce seuil.

En valeur, c’est encore plus déséquilibré vers l’étranger. La France préfère donc les vins les moins chers de la gamme.

Par contre, ceux qui quittent notre pays font partie de commandes de « taille moyenne » pour nous, c'est-à-dire 2-3 palettes. C’est une très bonne chose car un bon équilibre entre la difficulté de préparer un grand nombre de toutes petites commandes et le risque de n’avoir que peu de très gros clients.

Donc, en quelques années, notre distribution est passée d’une majorité de très petites commandes pour des cavistes français à des commandes bien plus conséquentes pour quelques dizaines de revendeurs étrangers.

Les cavistes français qui suivent mes vins sont pour la plupart fidèles mais achètent souvent peu de caisses à la fois. Beaucoup sont devenus pratiquement des amis.

La distribution traditionnelle française semble subir de plein fouet la crise du pouvoir d’achat qui touche notre pays depuis quelques années. Les avis peuvent diverger quand à l’origine de la situation et les moyens à mettre en œuvre pour changer la donne. Mais une chose est sûre, la France connait une crise constante du pouvoir d’achat.  Beaucoup de ceux qui achetaient une caisse de 12 sont passés à 6, les bouteilles de 20€ sont passées à 10€, les 10€ sont remplacées par des 5€,…

Mon avis  est que les 35h ont contribué à ruiner le pays et que les charges sur les salaires sont prohibitives. Ainsi, les salariés en activité n’ont pas des revenus leur permettant réellement de consommer et les employeurs regardent à deux fois avant d’embaucher de nouveaux salariés.

Mais c’est un autre sujet…

Une chose est sûre néanmoins, le fait de cultiver en bio est devenu  un vrai plus commercial pour les vins dans notre gamme.

Même s’il existe toujours mieux, je suis satisfaite des ventes de l’année. Je termine cet exercice sur un bilan commercial très satisfaisant, particulièrement dans un contexte peu favorable.

Le point noir récurant concerne les délais de paiement qui ont tendance à s’allonger démesurément.

Je joue de plus en plus le rôle de banquière ce qui ne me plait pas du tout ! D’ailleurs, je n’en ai ni la coiffure, ni les ongles, ni les vêtements.

Comment sera 2009 ? Personne ne le sait. On verra bien mais il ne faut pas s’attendre à de la facilité. Heureusement, les vins qui sont en élevage dans les chais, sont particulièrement bons. Je les adore.

Donc, si on ne les vend pas, on les boira !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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