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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 10:07

En feuilletant la presse spécialisée, je suis tombée sur un article relatant un colloque œnologique à Pouillé dans le Loir-et-Cher et qui s’est tenu au début septembre.

Parmi les sujets abordés, que des choses bien connues : micro-oxygénation, macération initiale à froid, macération finale à chaud,… Il y a même des raisins qui auront droit à tout à la fois!

A la lecture de ces différents thèmes, j’ai eu l’envie de crier : laissez vivre les raisins !!!

N’a-t-on jamais pensé à essayer de faire du vin tout simplement avec du raisin mur ? Sans artifice.

C'est sûrement trop simple pour y penser. Et puis, les vendeurs de  produits œnologiques, de matériels divers, d’énergie, (…) n’auraient rien à y gagner.
Il y en a des personnes qui tournent autour du monde du vin, surtout quand il y a un peu d’argent disponible !

Le reste de la journée était consacré aux stimulateurs de défenses de plantes. C’est une des voies bien logiques qui sont proposées à ceux qui hésitent à supprimer les pesticides.

On va solliciter la  plante pour qu’elle fabrique des substances qui stimulent ses défenses naturelles. C’est un peu comme si on maintenait un homme en permanence sous amphétamines pour le maintenir « performant ».

Mais on va aussi continuer à utiliser des pesticides car le « dopant » ne suffit pas lorsqu’il est seul.

Où est le respect du pied de vigne ? Quand commencera-t-on à considérer la vigne comme un être vivant qu’il faut aimer ?

Tous ces gens qui proposent à la profession ces « avancées » techniques ou technologiques ont-ils un quelconque attrait pour la vigne ? Ce n’est pas sûr.

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 09:04

De temps en temps, il est des modes qui viennent et qui passent.

L’an dernier, on nous présentait les copeaux de chêne comme La solution pour résoudre la crise qui touche les vins français face à des concurrents de nouveau monde.

Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Les copeaux sont arrivés et la crise est restée.

De tels exemples sont nombreux.

Mais aujourd’hui, le mot à la mode est « oenotourisme ». Il s’agit d’associer tourisme et découverte de vins ou de régions viticoles.

C’est ce qui doit sauver la France viticole ou au moins le Bordeaux viticole. Pour ce dernier, il faut dire que l’on revient de loin. L’image d’une profession hautaine et fermée colle à la peau de notre région ; quand on ne parler pas carrément d’un petit air d’ancien régime.

Lorsque nous étions seuls au monde, il était facile de snober les clients potentiels et plus encore les simples amateurs sans fortune qui venaient rêver un peu en passant devant les grilles fermées des grands crus sans pouvoir y entrer.

Maintenant les choses ont bien changé. On a découvert qu’une clientèle est finalement faite de clients ; amateurs anonymes qui font un jour l’effort d’ouvrir leur porte-monnaie pour acheter une bouteille de nos vins.

On se prend même au jeu de vouloir attirer ce fameux client potentiel jusque chez soi.

Les projets sont nombreux dans la région. Certains sont modestes alors qu’autres sont ambitieux. Certains cultivent l’effet terroir, authentique alors que d’autres visent le haut de gamme pour amateurs fortunés. Certains sont bien pensés alors que d’autres semblent sortis de l’imagination déconnectée de quelques responsables marketing.

Bref,  il y a de tout, pour tous les goûts et toutes les bourses.

Je suis ravie de voir se développer de telles initiatives.

Mais est-ce pour autant La solution à la crise que connait Bordeaux. Je ne le pense pas. Comment se comporteront au quotidien avec leurs visiteurs ceux qui hier leur fermaient violemment la porte pour ne pas être importunés ?

Le mot « oenotourisme » en contenant le mot « tourisme » doit nous rappeler qu’il s’agit avant tout d’un métier de relations publiques. Comme tous les métiers, il s’apprend. Mais certains ont la « fibre » et d’autres ne l’ont pas.

Il y a fort à parier que dans quelques mois, certains projets seront revus à la baisse car irréalistes. La vie fera elle-même son travail régulateur. Et c’est bien ainsi.

Au moins, le développement de cette nouvelle activité aura eu le mérite de rendre la région plus soignée dans sa présentation.

Et finalement, c’est en vendant une bouteille puis une autre que l’on peut écouler sa production.

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 11:06

Après « Tintin au Tibet » ou « Le club des 5 en vacances », il faut compter maintenant sur cette nouvelle aventure.

En effet mercredi, je pars au Maroc faire la promotion de mes vins auprès de mon importateur local.

Lorsque je raconte que je vends du vin dans ce pays, les gens sont surpris. Pourtant, pratiquement depuis le début de notre aventure, j’y bénéficie d’une très belle distribution de la part d’un importateur qui est aussi un acteur majeur de la viticulture locale.

Si je vous parle de ce voyage c’est qu’il est important pour moi.

Bien sûr, il y a la nécessaire promotion de mes vins en espérant toujours « conforter mes positions » sinon augmenter les ventes dans le futur.

Mais c’est aussi la première fois que je retourne dans cette région du monde après l’avoir quittée dans les premières semaines de ma vie.

Certes, Casablanca ce n’est pas Oran, la terre qui m’a vue naître et la terre de mes ancêtres. Mais, vu depuis la France et n’ayant pas la possibilité de faire ce voyage en Algérie, je transfère dans mon séjour au Maroc toute la symbolique qu’il y a dans le fait de retrouver mes racines.

C’est donc avec un pincement au cœur que je monterai dans l’avion et surtout que j’en descendrai en terre africaine.

Là, en voyant la terre rouge et les paysages je ne me pourrais certainement pas retenir une larme en pensant à mon papa qui devait sûrement avoir les mêmes images dans ses yeux lorsqu’il les a fermés pour la dernière fois, plus de vingt-six ans après avoir quitté son pays.

Vous l’aurez compris, dans ce voyage le vin ne sera vraisemblablement pas le seul centre d’intérêt pour moi.

Je regrette seulement que Jean-Michel ne puisse pas quitter son cher Pontet-Canet pour venir partager avec moi ces moments d’émotion et ce retour vers mon passé.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 18:21

Après quelques semaines de cuvaison, c’est maintenant l’instant tant attendu du décuvage. Au préalable, il a fallu écouler le vin de goutte.

Puis, c’est le moment d’ouvrir la porte de la cuve. J’ai toujours un pincement au cœur en l’ouvrant.

Lorsque je l’ai fermée il y a un mois, j’ai eu un peu le même sentiment. Je savais qu’avant de faire le geste inverse, il y aurait plusieurs semaines de durs labeurs, de doutes, d’inquiétudes mais aussi de bonheur et de joie.

Maintenant, en tournant la molette d’ouverture, je revis ces moments avec la satisfaction du devoir accompli, du travail bien fait (du moins je pense…) mais aussi des jours et des semaines sans ma famille.

Pour en revenir au décuvage, nous souhaitons là aussi agir avec le plus possible de douceur pour ces peaux de raisin qui ont donné leur meilleur.

N’ayant qu’un petit domaine, nous ne pouvons pas penser investir dans un système mécanisé pour transférer le marc de la cuve au pressoir.

Donc, nous avons conservé le système le plus simple et le plus doux pour transporter cette vendange fermentée. Nous utilisons une hotte à vendanger.

Après l’arrivée des cagettes, notre hotte ne sert plus qu’au décuvage.

Depuis l’intérieur de la cuve, une personne remplit la hotte. Puis le porteur de hotte va la vider dans le pressoir.



C’est simple et on ne peut guère faire mieux en termes de respect de la vendange.

Pour avoir un système plus moderne, il faudrait à peu près le décuvage de 50 récoltes pour l’amortir !

Vous comprendrez donc que je conserve ma vieille hotte avec beaucoup de précautions !

Et en plus, les personnes qui font ce travail sont ravies de le faire.
Que peut-on demander de mieux ?

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 09:35

Depuis quelques temps, nous sommes inondés d’articles et de reportages divers et variés au sujet de viticulture « durable » en bordelais.

A chaque fois, je ne peux pas m’empêcher de mettre mes pratiques en comparaison avec celles citées, mais c’est surtout aux consommateurs que je pense car ils sont réellement pris pour des pigeons, voire même pire.

Comment peut-on parler de viticulture durable lorsqu’on utilise presque uniquement des désherbants chimiques pour entretenir les sols ?  Comment peut-on parler de viticulture responsable lorsque les pesticides sont l’unique réponse aux diverses maladies qui peuvent s’en prendre aux ceps de vigne ?

Effectivement, lorsque les objections arrivent, on met en avant le caractère économiquement indispensable de telles pratiques. 
Comme si on avait le droit de polluer lorsqu’on met le critère économique dans la balance.

A ce compte là, je me complique bien la vie pour rien en cultivant en bio dans une zone défavorisée. Il suffirait donc que je dise que je ne peux pas faire autrement pour des raisons économiques pour que tout mon passif environnemental s’en trouve instantanément effacé.

Et donc, la main sur le cœur, on nous parle de viticulture durable.
L’achèvement de la destruction de la vie du sol fait donc partie de ce projet merveilleux car on n’envisage pas de changer de façon de faire en se fixant des contraintes. Toujours la main sur le cœur on va nous dire qu’on ne peut pas faire autrement.

Mais finalement, le polystyrène dans les cultures hors-sol c’est durable. Je ne suis pas spécialiste de ce matériau, mais je suppose que ça se lave de temps en temps avant de repartir avec une nouvelle culture. Certes, c’est issu de pétrole mais quand on l’a acheté, on peut le garder longtemps, donc c’est durable.

Puis quand on souhaite le remplacer par un nouveau polystyrène plus performant, on peut le mettre en décharge « agréée » c'est-à-dire dans un trou homologué par les services officiels, ou même le brûler tranquillement dans un terrain isolé, durant un de ces soirs sans lune.

Certes, il est plus responsable de fournir des masques et combinaisons de protection aux salariés que de ne rien donner. Mais la meilleure solution reste quand même de ne pas utiliser ces superbes molécules chimiques porteuses de mort.

A-t-on pensé aux voisins qui ne demandent rien sinon de vivre tranquillement en bonne santé ? Mais les voisins ne sont pas dans les procédures officielles. S’il y en a un qui râle, on va lui dire que le risque est maitrisé ; sûrement selon le principe Tchernobyl, c'est-à-dire que le produit toxique s’arrête à la frontière du domaine.

S’il proteste encore, on va lui faire comprendre que c’est cher et compliqué de supprimer tout embrun toxique et qu’on ne peut pas faire autrement. Donc on lui demandera de se barricader chez lui s’il veut rester en bonne santé. Même si, bien-sûr les produits sont sans danger, on refusera poliment d'être présent le jour du traitement,...au cas où.

Bientôt, on fera un bilan carbone en se fixant soi-même les règles du jeu pour ne pas être trop ridicule dans les résultats. Ainsi, en excluant des calculs tout ce qui dérange, on pourra garder la tête haute en se trouvant finalement pas si mauvais.

Puis, on finira par nous expliquer qu’on ne peut pas faire autrement et donc que tout est merveilleux.

Quand même, pour faire bon poids bonne mesure, on proposera de planter 3 arbres dans un pays pauvre pour compenser l’excès de gaz carbonique que l’on produit ici.

Et là, confortablement étendu sur un transat en Teck pillé dans le tiers-monde, on savourera le sur-place accompli dans la préservation de l’environnement.

Ma vision de mon métier est bien différente. Mais surtout, je souhaite présenter aux consommateurs une approche juste et sincère de ce qui est fait.

Depuis plusieurs années, je cultive mon domaine en bio. Je n’ai pourtant pas la conviction que mon travail est durable, c'est-à-dire sans conséquence sur l’environnement.

Plus le temps passe, plus j’en arrive à être d’accord avec les propos d’un ami de Jean-Michel, vieil agriculteur américain, bio depuis 50 ans (!!) et qui après des décennies de réflexions pense que la vraie préservation de la nature ne peut se faire qu’avec la vie sauvage.

C’est une vision effrayante mais qui a sa part de réalité. La production de mes vins produit quand même des déchets qui seront stockés en décharge (pour les générations futures), consomme de l’énergie fossile,…

Pourtant, je n’utilise aucun pesticide, les heures de tracteur sont comptées au plus juste, ma viticulture est épurée pour éviter toute action inutile. Et mon travail est cependant à des années-lumière de celui qui est mis en valeur dans les reportages.

Donc, vous comprenez mieux maintenant que je ne supporte pas de voir des gens claironner pour des non-actions même si elles sont accompagnées de 2 fleurs dans les rangs de vignes ou de 3 abeilles à la peine pour produire un miel bourré de pesticides dans un environnement lunaire dans lequel les « mauvaises herbes » n’ont pas le droit de cité depuis des décennies et pour longtemps encore.

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 10:07

Il y a une semaine, je vous parlais de la vigne qui avait pris ses couleurs d’automne pour préparer la longue saison hivernale.

Depuis, nous avons subi plusieurs jours de pluies intenses qui ont donné un tout autre aspect aux parcelles et aussi à  la nature environnante.

Maintenant, la vigne est entrain de nous quitter ; elle n’est plus vraiment avec nous.

Dans son repli sur elle-même, elle est trop loin et semble s’éloigner un peu plus chaque jour.

En la regardant, on ne la pense plus avec les raisins qu’elle portait fièrement il y a encore quelques semaines. On pense à la longue période à venir et on espère arriver très vite à la saison prochaine.

A ce stade, la vigne est moins magique qu’avant. Elle ressemble à ces vieux artistes qui ont fini leur numéro et que les gens ne regardent qu’avec un sentiment de pitié.

Alors que la semaine dernière, j’ai souhaité faire quelques photos du vignoble, cette fois, je n’ai pas voulu faire de cliché car j’ai ressenti un sentiment de malaise et d’impudeur à mettre en avant ma vigne dans cette période difficile.

Je sais qu’il s’agit d’une étape normale dans la vie de ma vigne et dans ma vie à moi. Mais les relations que j’ai nouée avec elle, vont bien plus loin que le simple fait de me fournir des raisins à vinifier.
Elles font un peu partie de moi. Alors que mes enfants Thomas et Laure sont issus leurs parents, mes vignes sont à la fois mes enfants, c'est-à-dire la chair de ma chair mais aussi en même temps, un peu des parents pour moi car je suis aussi façonnée à partir d’elles.

Lorsque je me promène dans la campagne et que je vois des vignes encore vertes à une époque de l’année où ce n’est plus la saison, je ne ressens pas les mêmes sensations. Bien-sûr, il ne s’agit pas de mes vignes, mais aussi ces vignes là ne bénéficient pas des mêmes égards de la part de leur vigneron.

Quand j’entends Jean-Michel dire que pour lui sève et sang ne font qu’un, je suis de plus en plus réceptive à cette pensée. La vigne est devenue ma vie et ma raison d’être tout juste après ma famille.

Il faut dire qu’après 25 ans avec Jean-Michel, j’ai appris à aimer la vigne.

Parfois même trop…

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 08:40

Depuis que la production de vin et donc la concurrence sont devenues mondiales, on a coutume de présenter les producteurs du « nouveau monde » comme des adversaires coriaces.

On les dit équipés de tous les moyens et du savoir-faire pour gagner des parts de marché tous les jours face à nos pauvres vins sans défense et qui se contentaient très bien d’un monde sans concurrence. 

Très souvent, j’ai évoqué le fait qu’ils possèdent aussi des appuis involontaires de poids chez nous et qui sont : les règles et contraintes disproportionnées, la fiscalité, la lourdeur administrative,…Rien que de le dire, on a déjà l’impression d’avoir perdu de nouveaux marchés.

Et bien, il y a encore mieux ou pire ! Le voisin. Quand je dis le voisin, je ne pense pas forcément à mes voisins les plus proches, même si…Une petite vacherie de temps en temps…

Je veux parler de producteurs qui sont de la même zone de production, du même syndicat viticole.

Au début, quand nous avons commencé, tout allait bien. On n’avait pas encore de vin à vendre ni de clients. Nous recevions des encouragements pour notre projet visant à conserver un petit domaine familial et pour nos efforts.

Puis, lorsque les premières récompenses sont arrivées, les choses se sont mises à changer. On ne compte plus les « gentillesses » à notre égard.

Il y a eu entre autres, les critiques acerbes quand on a planté des vignes à 10000 pieds par ha en prétextant que nous allions « trop vite et trop loin » et qu’il « fallait s’attendre ». Il faut préciser que nous n’avions alors que des vignes à 5000 pieds par ha et que ce n’était pas suffisant pour nous. Mais, dans le même temps, les objectifs des membres du syndicat étaient d’atteindre 30% du vignoble à 4500 pieds en 10 ans. Quel challenge !

Il y a aussi eu la voiture vandalisée l’an dernier. Je ne saurai jamais qui l’a fait ni pourquoi. Cela paraît irréel de voir sa voiture passée à l’acide avec 2 roues percées au couteau. Pourtant, c’est bien arrivé.

Mais très souvent, nos chances dans les dégustations se sont évanouies sans même que nos vins aient été dégustés. Les demandes d’échantillons se perdent, sont envoyées au mauvais endroit, sont victimes d’un fax récalcitrant,…

Lorsque les échantillons sont effectivement amenés, on n’est jamais sûr qu’ils atteignent le journaliste présent à la dégustation. C’est ce qui vient de se produire dans les semaines dernières.

Je ne souhaite pas changer d’appellation car j’y ai droit autant que les autres. Sainte-Foy la Grande, c’est la ville où est né Jean-Michel. C’est l’endroit où j’y ai fait sa connaissance, au Lycée.

Ce sont les armoiries de cette ville qui ornent toutes nos étiquettes.

Nous avons choisi d’y faire naitre nos enfants.

Bref, Sainte-Foy c’est chez nous. Et même si nous n’y habitons plus tout le temps, notre cœur y est resté.

Il est fort probable que nous continuerons à travailler encore longtemps dans cette ambiance « particulière ». Ce n’est pas grave même si c’est un peu usant.

J’espère que par ce blog, les gens auxquels je fais allusion ici, souhaiteront faire jouer un droit de réponse que je leur donne bien volontiers.

Dans tous les cas, c’est quand même le consommateur qui tranche et qui par son choix, dira qui est dans le vrai, qui est dans le faux.

Et pour le moment, il a plutôt donné raison à mes vins.

 

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 10:20

Vous connaissez sans doute cette maxime « taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars ».
Cette année on pourrait faire de même pour les vendanges. Ce pourrait être : « vendange tôt, vendange tard, rien ne vaut la vendange de ??? »

La grosse différence vient de la fin qui n’est pas écrite. Est-ce Octobre, Septembre, Novembre ?
Nul ne le sait.

Sur ce plan là aussi, l’année aura été bien singulière. Dans la même zone viticole, certains ont terminé les vendanges depuis longtemps, alors que d’autres jouent les prolongations avec des  parcelles pas encore vendangées.

Qui a tort, qui a raison ?

En me promenant dans mon vignoble vendangé, j’ai pu goûter quelques grappes oubliées par les coupeurs.


Une chose est évidente : les blancs ont perdu leur fruit. La Muscadelle mûre, explosive d’arômes il y a quelques semaines, n’a plus aucun goût maintenant. C’est la même chose pour le Sauvignon blanc. Lorsqu’on déguste une baie atteinte de pourriture noble, on n’y retrouve pas la complexité attendue.

Celui qui s’en tire le mieux, finalement, c’est encore le Sémillon. Les baies saines ont gardé du goût et les baies « pourries noble » livrent ce que l’on est en droit d’attendre à cette époque de l’année. Ce n’est peut-être pas un hasard si c’est le cépage de prédilection des liquoreux dans la région.

Dans les rouges, les choses sont moins tranchées. Là aussi, l’état sanitaire reste étonnamment bon. Les baies n’ont pas perdu en saveur. Ont-elles pour autant gagné ? Je ne peux pas le dire.


Ceux qui ont pris le risque d’attendre pourront se faire une idée.

Mais, je crois qu’une chose est sûre. Parmi les gens qui ont vendangé tard, il y aura des vins réussis et des vins qui le seront moins. Et ce sera sûrement la même chose chez ceux qui ont récolté plus tôt.

Lorsque la décision a été prise en fonction du terroir, le vin sera bon. Par contre, si la date de récolte est née de la volonté de faire un scoop ou au contraire de ne prendre aucun risque, alors on peut s’attendre à de moins bons résultats.

On ne triche pas avec le terroir !

 

 

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 11:13

Alors qu’il a donné ses raisins depuis quelques jours ou quelques semaines, notre vignoble est aujourd’hui entrain de se ressourcer avant l’hiver.



Il vient de bénéficier d’un traitement biodynamique pour permettre au feuillage de mûrir.




Bientôt, les feuilles vont tomber avec l’arrivée de l’hiver.

Mais en attendant, la sève redescend dans la souche, au rythme donné par la nature.





Les vignes respirent la sérénité et la paix après des mois d’activité à porter cette récolte.  

Et quand les vignes sont sereines, la vigneronne l'est aussi !

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 10:05

Lors d’un voyage aller-retour à Pauillac fait dans la semaine, je me disais en conduisant que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas abordé un sujet polémique dans ce blog.

Et là, miraculeusement, un sujet s’est imposé à moi en regardant les vignobles médocains traversés.

Dans de nombreux Grands Crus, c’est la période de la pré-taille. C’est une mode qui s’est développée depuis quelques années. Cela consiste à supprimer toute la portion du feuillage qui se trouve au dessus du dernier fil de fer dans le but de rendre les travaux manuels plus rapides et moins pénibles.

Personnellement, je ne pratique pas cette pré-taille mais je comprends que dans les vignobles « peu valorisés », il soit opportun de diminuer les charges avec une pré-taille, l’hiver, ce qui est un moindre mal pour la vigne

Mais là je ne comprends pas car il s’agit de Grands Crus qui représentent toujours l’élite de la viticulture mondiale et dont les prix de vente ne nécessitent pas vraiment d’aller grappiller les quelques centimes de prix de revient sur le dos de la vigne.

Il y a une semaine, les pieds de vigne portaient encore leurs raisins. Maintenant, on les scalpe brutalement.

Comment peut-on s’être éloigné à ce point de sa vigne au point de penser que lorsque les derniers raisins ont été récoltés, la vigne n’a plus d’intérêt jusqu’à la prochaine saison culturale ?

Que fait-on de la sève qui est encore présente dans les rameaux et les feuilles ?

On a oublié que le cep de vigne est vivant 365 jours par an.

Une fois la récolte amenée à maturité, la vigne doit un peu « penser à elle » et s’occuper d’elle-même. Pour cela, elle dispose de quelques semaines avant les gelées. Le feuillage doit « murir », c'est-à-dire que les feuilles doivent lentement aller vers la mort en changeant de couleur.

La sève doit regagner les racines. Il y a l’hiver à préparer mais aussi la prochaine saison qui se profile.

Comment peut-on aussi se dire préoccupé par les maladies du bois quand au même moment, on passe au hachoir une vigne en pleine végétation?

Peut-être qu’un jour, lorsque le dernier enfant aura quitté le domicile familial, on se mettra à amputer les parents à la serpe (et sans anesthésie ni antiseptique) sous prétexte qu’ils n’ont plus d’utilité.

Cela paraît irréel et pourtant, c’est ce que de nombreux vignobles grands vignobles subissent au nom de la productivité.

 

Où est passée la passion ?

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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