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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 06:31

En ces périodes de restriction du pouvoir d’achat, il est toujours utile de pouvoir économiser un peu d’argent …tout en se faisant plaisir malgré tout !

Ainsi, le pain perdu permet de recycler le vieux pain pour en faire un délicieux dessert.

Par mon éducation, je n’avais pas la « culture du pain » car dans ma famille, on achetait quotidiennement une baguette dont le reste finissait à la poubelle.

Lorsque je suis entrée dans la famille de Jean-Michel, j’ai tout de suite vu que dans les familles paysannes, le pain avait encore une grande importance ; non plus par sa place centrale dans l’alimentation car l’amélioration du niveau de vie l’avait permis une alimentation plus variée. Mais dans l’inconscient collectif, il a toujours un rôle central presque mystique. L’expression « long comme un jour sans pain » marque parfaitement son importance dans notre culture. Je ne parle même pas du pain dans la religion.

Encore actuellement, mon beau-père mange encore tout avec du pain et comme vous le savez sûrement, il mange beaucoup.

Donc, chez Jean-Michel on ne jetait pas le pain. Ils allaient le chercher à Saint-Jean de Duras dans une petite boulangerie qui faisait aussi épicerie. La mémé Mignard, qui tenait la boutique avec son mari boulanger était tellement vieille qu’elle n’avait pas d’âge. Le magasin ne mesurait pas bien plus de 5 m2 et on y trouvait tout ou presque. Elle n’a jamais eu de machine à calculer et alignait les chiffres avait une rapidité quasi-numérique. Les gens se pressaient pour y prendre leur pain. Il était cuit dans un vieux four à bois mais c’était un authentique pain à l’ancienne fait comme avant sans souci de surfer sur une vague de retour aux goûts du passé. Le pépé Mignard faisait son pain comme il l’avait appris sans se poser plus de question. Il a fait le pain jusqu’à sa mort.

Le rituel du pain était le mercredi soir et le samedi soir. Ils ramenaient 2  « miches » de 2 kg et souvent un « bouleau » de 600 grammes. Avec cela, la famille avait du pain pour la semaine.

C’est donc là que j’ai appris le culte du pain. Actuellement, il m’arrive d’en jeter encore quand il est visiblement trop vieux, mais c’est toujours avec l’idée que ce n’est pas bien.

De temps en temps, je profite donc du vieux pain pour faire du pain perdu. Le pain rassis est toujours préférable au pain frais.

Tout d’abord, il faut découper des tranches régulières. Ma méthode n’est sûrement pas orthodoxe mais elle est rapide est savoureuse : je casse les œufs puis je les bats avec du lait entier légèrement sucré. Le fait d’ajouter quelques gouttes d’eau de vie ne gâche rien. On pose les tranches de pain dans ce mélange en les laissant s’imbiber en profondeur.

Pendant ce temps, on met du beurre à fondre dans une poêle.

Lorsqu’il est complètement fondu, on y place les tranches de pain.

L’opération est délicate car elles ont tendance à se déliter si elles ont trop « pompé ». Je laisse dorer sur chaque face à feu très doux pour éviter que le beurre brûle. Le but est de donner une jolie coloration et un croustillant en surface alors que le centre doit rester moelleux.

Au fur et à mesure des poêlées, je sucre légèrement le dessus au sucre vanillé.

Après ce plat de dessert ou de « 4 heures », il vaut mieux éviter les opérations trop près du sol, le ventre étant alors légèrement lesté !

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 09:12

Il y a quelques semaines, j’ai reçu d’un client particulier une commande d’une caisse de bouteilles de vin rouge. Je lui ai envoyé sa caisse par transporteur mais après quelques jours, il m’a téléphoné puis envoyé un courrier car en ayant ouvert la caisse, il s’est avéré qu’il manquait une bouteille et que plusieurs autres étaient tâchées de vin. En l’interrogeant sur sa livraison, il m’a annoncé qu’il avait en fait reçu 2 caisses de 6 anonymes et attachées ensemble par un ruban adhésif.

Pour ma part, je lui ai envoyé 1 caisse de 12 avec un marquage personnalisé comme c’est le cas pour toutes mes caisses.

Chez le transporteur, quelqu’un a du faire tomber la caisse, ce qui a cassé une bouteille et remis les bouteilles restantes dans 2 caisses de 6.

Effectivement, lorsque le client a reçu sa marchandise il n’y avait rien d’anormal.

J’ai signalé l’incident à mon transporteur pour une déclaration d’assurance. Mais celui-ci m’a répondu que n’ayant pas eu de réserve de la part du destinataire lors de la livraison, il n’est pas question de prendre en charge le problème.

La situation semble donc bloquée. Comment peut-on faire des réserves sur une livraison lorsque tout semble normal et que justement, quelqu’un de mal intentionné à fait en sorte que tout paraisse normal ?

Faudra-t-il maintenant ouvrir toutes les caisses pour vérifier qu’il y a bien le nombre de bouteilles annoncé ? Après cette étape, faudra-t-il vérifier la correspondance exacte entre les étiquettes présentes sur les bouteilles et la commande ? A ce compte là, on peut penser qu’un jour il faudra goûter toutes les bouteilles à la réception pour vérifier que tout est correct !


Dans une chaine, lorsque quelqu’un est de mauvaise foi, il est très difficile d’avancer.

Pour le moment, j’ai dédommagé mon client et supporte donc seule une erreur qui n’est pas la mienne. Les sommes ne sont pas importantes, mais j’ai du mal à penser qu’on peut arriver à maquiller la chute d’une caisse pour se dédouaner de toute responsabilité.

Déjà, il y a quelques temps, pour un problème similaire de casse, le transporteur voulait récupérer les 5 bouteilles endommagées. Pour en faire quoi ? Selon les versions c’était pour les transmettre à l’assurance ou même les revendre. Je n’ai pas eu de réponse claire et satisfaisante. Je n’ai donc pas obtempéré car je ne souhaitais pas voir « trainer » mes bouteilles. Comment et à qui un transporteur peut-il revendre des bouteilles ? Autant de questions qui restent en suspens.

On est vraiment dans une époque compliquée !!! Pour moi, la devise "pas vu, pas pris" est celle de bandits.....

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 09:11

Ca y est, notre fils Thomas vient d’avoir 18 ans aujourd’hui.

Je le vois encore juste né, dans son berceau de la maternité de Sainte-Foy et il est déjà presque un homme.

Officiellement, il est majeur donc autonome mais en réalité il a encore très souvent besoin de sa maman ; du moins c’est mon avis.

 

Parmi les étapes importantes d’une vie, le passage à la majorité constitue un moment de rupture. Par certains aspects, la vie devient plus facile, on est libre de certains choix de sa propre existence. Mais ce passage annonce aussi la fin de l’enfance et de l’insouciance qui s’y rattache.

 

Thomas aurait pu être acteur ou chanteur tellement il a toujours aimé monter sur une scène.

Tout petit, il sifflait avant même de parler. Puis est venu le temps d’apprendre les premières chansons. Un des premiers textes qu’il a chanté était « l’idole des jeunes » de Johnny ! Il avait 2-3 ans. Un jour, lors d’un repas de famille, il était monté sur la petite table du salon pour chanter cette chanson. Mais il lui fallait un micro. Pour cela, il avait pris un couteau à dents qu’il tenait par la lame en face de sa bouche à la façon d’un micro.

 

Au collège, ayant choisi l’option théâtre, il avait assumé le rôle de Cyrano de Bergerac avec brio et une facilité déconcertante. Il n’a jamais hésité sur le texte ni cherché ses mots. Son plaisir de jouer irradiait même la salle.

 

Depuis, le temps a passé. Il a suivi une scolarité sans histoire jusqu’au bac S. Il lui reste maintenant à bien choisir sa voie pour les études supérieures.

 

Dans le même temps, en les écoutant il a appris des dizaines voire des centaines de chansons différentes qu’il chante tout le temps sans même s’en rendre compte.

Parfois, c’est un peu lassant et on lui dit d’arrêter. Puis, quelques minutes après le rythme revient annonçant le retour de la chanson. Il ne s’en rend pas vraiment compte. Il aime chanter ; tout simplement !

 

Bref, même si comme tout le monde il a quelques défauts, Thomas est un garçon gentil, attachant et sérieux.

Après plus d’un mois de conduite d’enjambeurs à Pontet-Canet, il a montré sa persévérance et a mieux compris la valeur de l’argent.

Sa dernière journée de mineur aura aussi été passée sur un enjambeur, mais au Champ des Treilles cette fois.

 

A l’aube de cette nouvelle étape de sa vie, je lui souhaite bonne chance en l’inondant de tout l’amour d’une mère pour son enfant.

Je suis sure qu’il bénéficiera aussi de la protection de sa grand-mère, la maman de Jean-Michel. Elle nous a quitté en 1997 mais avait des relations très proches avec lui, peut-être parce qu’ils avaient tous les deux le même caractère. De là où elle se trouve, elle veillera sur lui à tout moment de sa vie avec toute l’affection qu’elle n’a pas eu le temps de lui donner.

 

 

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 12:13

Il y a quelques jours, j'ai reçu sur le domaine Rémi, un caviste de Caen qui distribue mes vins. Il était accompagné de sa femme Catherine, médecin ostéopathe. J'avais déjà eu l'occasion de rencontrer cette dernière il y a 2 ans lors d'un week-end passé à faire découvrir mes vins dans son magasin normand. Elle avait même eu la gentillesse de me manipuler.

Rémi était venu à la maison à Pauillac l'an dernier lors d'un court séjour pour visiter quelques crus (dont un cru classé qui nous est cher...) et faire des découvertes pour sa boutique.

 

Cette fois-ci, c'est en touristes (ou presque) qu'ils se sont arrêtés à Margueron.

Etant sur place à ce moment là pour préparer la mise en bouteilles et expédier des commandes, j'ai profité de leur compagnie pendant plusieurs jours.

Ils ont insisté pour m'aider dans le travail des vignes. Au début, ils m'accompagnaient puis, lorsque la mise est arrivée et que j'ai du rester dans les bâtiments, ils ont tenu à y aller quand même sans moi.

Il y a vraiment des gens gentils.

 

Mais si je vous parle de tout cela c'est pour tout autre chose. Lors de longues heures de discussions, j'ai eu tout le loisir d'écouter Catherine me donner des explications sur son métier si particulier.
A ce titre, les apéritifs du soir, dehors sous les arbres, autour d'une bouteille (ou deux) de Champ des Treilles, sont particulièrement indiqués pour refaire le monde et aussi mieux comprendre l'ostéopathie.

Déjà, il y a deux ans, j'avais été agréablement surprise par la douceur de son intervention malgré des résultats marquants.

Cette fois-ci, ce fut la même chose. L'efficacité n'est pas une question de puissance pure ou plutôt, la puissance n'a pas besoin d'être assortie de brutalité.

Je ne vais pas entreprendre une explication de l'ostéopathie, surtout que la sienne est empreinte d'une part de bouddhisme. Mais, j'ai trouvé dans son approche des liens très étroits avec notre vision de la viticulture. Je vais tenter d'en transcrire ce que j'ai cru comprendre.

 

Elle considère que le corps est un tout et qu'il y a des liens entre toutes les parties. Il ne faut donc pas chercher uniquement sur le point douloureux la cause d'un problème.

Dans notre métier, nous estimons aussi qu'il faut voir le monde dans sa globalité et que le cep de vigne est au centre de nombreuses influences; certaines sont facilement identifiables, pour d'autres c'est plus difficile. Steiner disait lui aussi que le monde est un tout.

Pour ma part, j'ai l'habitude de parler de la toile d'araignée, à la fois fragile et forte qui commence à se déséquilibrer dès qu'on coupe un de ses fils. J'ai promis d'en parler un jour tellement le sujet m'intéresse.

 

Elle peut "retrouver" dans notre corps des traumatismes que l'on a parfois oublié mais qui sont toujours là. Ainsi, il y a deux ans, elle m'avait remis à l'esprit un "coup du lapin" intervenu 20 ans  plus tôt lors d'un accident de la circulation. Je l'avais sorti de mon esprit mais mon cou en conservait les traces visibles pour des mains expertes. Sa conclusion était donc que le corps n'oublie rien.

C'est extraordinaire car j'ai le même sentiment pour ce qui est du pied de vigne qui garde en mémoire ce qu'il a subi, souvent par notre faute. C'est pour cela que ma viticulture vise à supprimer toute action agressive pour les ceps. Une vigne qui reçoit de l'amour ne peut que nous le rendre.


Si j'ai bien saisi son propos, pour Catherine dans son métier, la solution passe par l'utilisation de forces. Effectivement, on est loin de ce qui est enseigné et qui se met en équation. Pourtant, les résultats sont là puisque de simples pressions  légères de ses doigts sont capables de déclencher des mouvements musculaires dans une autre partie du corps et des courbatures les jours suivants.

En biodynamie aussi, on pense mettre en œuvre des forces invisibles mais qui au bout du compte donnent des résultats visibles sur la vigne et surtout dans le vin.

 

Finalement, nos deux mondes ne sont pas éloignés du tout. La raison en est simple. On a pris conscience de la complexité du milieu qui nous concerne et on espère l'influencer positivement.

 

Mais avant tout, on tente avec modestie de le respecter et c'est déjà un grand pas de franchi ...et sans l'aide de l'éducation que nous avons reçue.

 

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Corinne Comme - dans Divers
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 08:35

Pour la deuxième fois en 10 jours, je suis allée à Tarbes avec Thomas pour "avancer" dans sa recherche de logement. Plus on visite d'appartements, moins on est capable de choisir.

 

En bonne paysanne, j'en arrive à me demander s'il n'est pas plus judicieux d'acheter plutôt que de louer tant les prix à la location sont élevés. En 5 ans de loyer, on peut payer la moitié de l'achat. Mais acheter veut aussi dire financer…Autant de nouvelles interrogations qui ne m'arrangent pas dans ma prise de décision.

 

Une chose est sûre cependant, je ne serai jamais douée en commerce. Quand je vois ce qui est proposé, je me dis que certains propriétaires ou bailleurs n'ont aucune honte ni aucune pudeur.

Jamais je ne pourrais mettre à la location des appartements sales et pratiquement délabrés à fortiori pour les prix demandés.

Comment peut-on faire visiter lorsque les toilettes ou le bac à douche sont sales?

 

Malgré tout, de telles situations permettent de prendre la décision rapidement. Mais il faut alors passer de nouveaux coups de téléphone pour d'autres visites.

 

J'ai l'impression que je ne m'en sortirai jamais.

 

Il me tarde de revoir mes vignes et mon chai !!!

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 07:52

Comme tous les ans, je l'ai redoutée et comme tous les ans la mise en bouteilles s'est déroulée sans incident ; parfaitement comme prévue.

N'ayant pas de matériel pour cette opération particulière, comme la plupart des gens, je fais intervenir une société extérieure.

Toutes ces entreprises ne se valent pas. J'ai eu l'occasion d'en "tester" certaines qui travaillaient avec beaucoup plus d'approximation que celle-là.

Une des difficultés chez moi vient du petit nombre de bouteilles de chaque catégorie. A choisir, ils préfèrent de loin des lots peu nombreux mais très importants en nombre de bouteilles.

A chaque changement, c'est du temps perdu (qui est facturé malgré tout) et aussi une source d'erreurs.

Ensuite, lorsque la machine est lancée c'est un jeu d'enfant. Elle avale les bouteilles vides goulument et recrache avec la même constance les bouteilles pleines.

 

Une de mes angoisses préalables venait des bouteilles vides. Il y a actuellement une pénurie ou plutôt une tension assez forte dans ce secteur. Il semble que seuls les clients fidèles et bon payeurs puissent espérer bénéficier des précieux contenants.


Heureusement, j'ai des défauts mais pas celui de laisser trainer les factures. Donc, j'ai eu mes bouteilles.

Mais il se dit que certains n'ont pas pu faire leur mise. Il est sûr que les dates ne sont confirmées par les prestataires que lorsque la commande de bouteilles peut être honorée. C'est une situation bizarre de pénurie que nous n'avions jamais connu et qui fait un peu penser aux années d'après-guerre.

 

Dans notre métier, nombreux sont les produits qui semblent concernés par un début de pénurie ou de forte augmentation de prix.

On peut penser que bien souvent les ruptures d'approvisionnement sont orchestrées pour faire flamber les prix.

Que peut-on faire ? A vrai dire pas grand-chose, surtout lorsqu'on dépend de groupes en situation de quasi-monopole.

On en arrive presque à être content de pouvoir payer des fournitures à prix d'or en pensant qu'on aurait pu ne pas en avoir ! C'est sûrement le but recherché par ceux qui tirent les ficelles.

 

Bref, ma mise est faite. Il me reste à m'acquitter des différentes factures en me montrant bonne élève en pensant à l'an prochain.

Mais surtout, il me faut maintenant vendre ce vin...pour pouvoir payer les prochaines factures.

C'est la roue du commerce!

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 13:41

Depuis quelques temps, il est de bon ton de tout compter en CO2 dégagé pour toute opération dans le vignoble et au chai. Certains, en créant eux-mêmes leurs normes, se décrètent directement champion du monde de la discipline.

Une chose est sûre, lorsqu'on est en bio, la question de la consommation de carburant est fondamentale car le nombre de passages en tracteur peut faire penser à une dégradation de l'environnement plus importante qu'en lutte "chimique".

Il n'est pas rare de voir maintenant des comparaisons pertinentes dans ce sens rapportées par des gens de bonne foi.

Doit-on comparer la production de C02, l'utilisation de pesticides, la contamination des nappes phréatiques, ou même le pillage tout simple de la réserve en eau ?

La réponse n'est pas simple.

 

Pour ce qui est du travail du sol, nous avons toujours essayé d'intégrer la consommation énergétique dans notre raisonnement, allant ainsi souvent à l'encontre de beaucoup de tendances actuelles.

 

Après plusieurs années de tâtonnements, nous en sommes revenus aux outils traditionnels pour l'entretien de nos parcelles.

Lorsque nous avons repris le domaine, il y avait des appareils que nous pensions ne jamais revoir fonctionner chez nous. Puis, petit à petit, à force de réflexions, ils se sont imposés dans notre environnement. Après avoir pensé donner les vieux outils à un musée, on a décidé de les garder et…ils ont tous été utilisés depuis ; à notre plus grande satisfaction.

 

Au Champ des Treilles, pour les vignes à 2m, il y a la charrue vigneronne qui pousse la terre une fois dans un sens (pour le buttage ou chaussage à l'automne), puis dans l’autre sens la fois suivante (au printemps pour le déchaussage).

Notre charrue a bien 40 ans et pas une ride. Remarquez, c'est tellement simple qu'il ne peut rien arriver ou presque.

Elle prépare le passage de la décavaillonneuse qui est une charrue animée qui va chercher la terre sous le rang puis se rétracte lorsqu'un tâteur détecte un cep ou un piquet.

 

Dans les vignes à 1m, c’est beaucoup plus simple, il n’y a besoin que de la décavaillonneuse car les rangs sont très proches les uns des autres.

 

La seule concession au modernisme vient du fait que les décavaillonneuses sont hydrauliques pour une plus grande sensibilité par rapport à leurs cousines mécaniques.

La pression nécessaire sur le tâteur pour faire écarter le soc est bien moindre.

 

Le décavaillonnage est une opération très risquée car il est très facile d’arracher des ceps si le chauffeur n’a pas toute son attention sur son travail. C’est aussi une opération très longue (1 ha par jour en vignes à 1m)

Les beaux jours des désherbants chimiques sont venus de la suppression de décavaillonnage.

En ne travaillant plus la terre sous le rang, on sauve des pieds de vigne et on économise du temps. Bien entendu, il y a des contreparties qui sont très graves selon nous et qu’il serait malhonnête d’occulter.

C’est d’ailleurs pour cela que nous acceptons de prendre autant de peine à décavaillonner.

 

Nous utilisons des décavaillonneuses Egretier. Avant, tout le monde ou presque avait le même équipement. Jean-Michel est fasciné par ces outils spectaculaires. Il vous racontera avec passion (comme il l'a fait pour moi des dizaines de fois) que depuis les modèles des années 60 à ceux de maintenant, il n'y a eu aucun changement tellement le système était bien pensé. Tout est réglable pour s'adapter à toutes les conditions. Même le passage à l'hydraulique s'est fait en conservant intégralement ce qui existait. On peut donc en 2008 rendre hydrauliques des charrues de 1960 sans modification ou presque. C'est magique.

 

Nous n'aimons pas les engins rotatifs qui malaxent la terre même s'ils sont la tendance actuelle. D'une conception complexe, ils laissent le sol lisse mais déstructurent la terre. De plus, ils nécessitent des puissances importantes qui s'accompagnent de dépenses énergétiques en proportion.

 

Après plusieurs années de notre organisation actuelle de travail du sol, nous pensons avoir trouvé un équilibre acceptable entre la propreté des parcelles, le respect du sol, le nombre de souches arrachées par la charrue et la consommation de carburant.

Cette volonté de réduire au maximum le nombre de passages et donc la consommation en carburant nous amène à choisir de dates de labours assez tardives.

Malheureusement, cette année les conditions pluvieuses ont joué contre nous et nous ont obligé ensuite à décavaillonner avec des niveaux d'enherbement des parcelles en limite de l'acceptable.

Mais, il faut se rendre à l'évidence que le temps de la simplicité est terminé.

De plus, il ne faut jamais oublier qu'en travaillant avec la nature, il y a toujours une part d'incertitude; c'est même une base de notre métier.

 

Il y a 50 ans, les viticulteurs locaux devaient avoir terminé les labours de printemps avant le 20 mars, c'est-à-dire avant la foire de Sainte-Foy. Il y avait une sorte de compétition entre eux. C'était à celui qui terminerait le plus tôt. Cette émulation obligeait à labourer de nombreuses fois les parcelles dans la même saison.

 

Cette fierté gratuite ne doit plus être de mise maintenant car chaque passage supplémentaire signifie un impact environnemental.

 

On doit aussi intégrer au raisonnement la puissance (du tracteur) nécessaire à l'entretien du sol.

Dans ce domaine, les outils simples dont nous disposons restent des références difficiles à égaler.

 

En conclusion, lorsqu'il est intégré dans une démarche sincère et globale, le bio ce n'est pas aussi simple que l'on pourrait le penser.…

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 09:03

A cette saison, il y a de nombreuses choses à faire. Je vous ai parlé de la mise en bouteilles qui arrive et qu'il faut préparer. Mais il y a aussi la vigne qui pousse, les rendez-vous avec les clients, particuliers ou professionnels, la comptabilité, les factures à émettre,…

Bref, le quotidien de tout viticulteur.

J'en ai parlé aussi, mais depuis qu'il a eu son bac, il faut chercher un studio à notre fils Thomas. Tarbes n'est pas très éloignée de chez nous mais il faut tout de même 4 heures en voiture pour s'y rendre.
Nous savons maintenant qu'il y a un régiment de l'armée dans cette ville, avec des vétérans célèbres, même si cela ne nous aide pas beaucoup dans les recherches.

Heureusement, grâce à ce blog, j'ai eu une proposition spontanée d'aide de la part d'une personne que je ne connais pas, Pierre Le Hong, mais qui a déjà rencontré Jean-Michel pour la réalisation d'un livre sur les Châteaux du Médoc. Ce futur livre, coécrit avec notre désormais ami Eric Bernardin, devrait connaitre un beau succès car il a une approche nouvelle et très ludique des grands domaines de la région.

Pierre s'est donc proposé de m'aider dans la recherche d'appartement dans sa ville de Tarbes. Il l'a fait de façon très professionnelle en me faisant des rapports très précis accompagnés de photos.

Ce fut pour moi un aide précieuse et je l'en remercie.

Parfois, on trouve donc des vraies personnes gentilles, sans contrepartie.

 

J'ai pris une journée pour me rendre à Tarbes avec Thomas. Avec 2 fois 4 heures de trajet dans la journée, cela laisse malgré tout peu de place pour une vraie prospection efficace et déterminante.

Je serai donc obligée d'y revenir au moins une fois.

Malheureusement, toutes mes journées de la semaine sont déjà occupées avec un point culminant jeudi et vendredi, qui sont des jours de mise en bouteilles.

 

Ce problème de chambre hante mes jours et mes nuits. Mon fils, qui fêtera bientôt ses 18 ans, est encore tout petit dans mon esprit. Le changement majeur dans sa vie que constitue le départ dans une autre ville pour 5 ans avec un retour épisodique à la maison doit absolument bien se passer.

Le fait de voir l'école et son futur lieu de vie lui a permis de prendre complètement conscience de la réalité à venir, alors que jusqu'à maintenant il faut avouer que tout restait un peu flou dans son esprit. Il a donc connu le phase estomac noué et larmes prêtes à sortir!

Mon rôle de mère est de l'accompagner en lui donnant les meilleures chances.

 

Malheureusement, je n'ai pas l'impression d'assumer ce rôle au mieux. Mon travail de viticultrice ne partage pas, du moins pas assez dans ces moments importants de la vie.

 

Comme toujours, je vais faire au mieux en pensant malgré tout que je n'ai pas totalement fait ce que qu'on pourrait attendre d'une mère pour son enfant.

Lorsque cette satanée chambre sera trouvée, j'aurai un vrai poids de moins à porter toute la journée… et surtout la nuit dans mes rêves.

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 06:02

Chaque fois que je me rends à pied dans mes vignes, j'ai environ 100 mètres à parcourir sur la route. Sur cette distance, il n'est pas rare de trouver une bonne dizaine d'emballages divers jetés des voitures.

dernière collecte

Parfois, c'est carrément un sac poubelle plein qui a été éjecté d'un véhicule.
A l'heure où la protection de l'environnement est dans toutes les bouches, il y aurait un gros travail à faire de changement des mentalités dans notre pays.

Tout est à revoir. D'abord au niveau des industriels qui fabriquent toujours autant (sinon plus) d'emballages malgré une certaine prise de conscience du problème. Il est évident qu'une personne qui part d'un fast-food avec une boite en plastique et une canette de soda aura très vite des déchets à jeter...

Mais au-delà de la responsabilité des industriels, il y a surtout celle des personnes qui passent à l'acte en jetant des objets sur la voie publique.
Comme pour le vin, il y a des millésimes dans les déchets retrouvés. Parfois, ce sont des paquets de cigarettes, d'autre fois des sodas, des boites de pizza, des emballages Mac Do,...

A la saison, il y a aussi les emballages de jouets de Noël, des emballages de cloches en chocolat...
C'est très varié.

Lorsqu'il s'agit de sacs poubelle pleins, je n'arrive pas à comprendre les gens. Ils paient pour le ramassage des ordures ménagères et en plus, ils vont en voiture abandonner les paquets sur le bord des routes. Il faut être particulièrement tordu!!!

Pourtant, nos routes sont parsemées de détritus en tous genres ; sans parler des décharges sauvages.

J'en arrive à souhaiter la mise en place d'un système tel qu'aux Etats-Unis, où de fortes amendes guettent les pollueurs des bords de route.

Dans notre pays, il y a aussi la responsabilité de l'état et des collectivités locales qui ne font pas grand-chose de concret sur ce sujet.

Souvent je me demande combien parmi ces "jeteurs de déchets" sont impliqués par ailleurs dans des actions de défense de l'environnement. Si on pouvait le savoir, on serait sûrement surpris.

D'ailleurs, je suppose que parmi toutes les familles qui abandonnent leurs chiens et chats tous les étés au bord des routes, il y en a qui militent aussi pour la défense des animaux!

En continuant dans cette voie, on pourrait même s'intéresser aux vignerons bio.

Mais il vaut mieux arrêter là, au cas où...je me reconnaitrais dans mes propos.

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 08:44

De tous les philosophes français, il en est un cher à notre cœur. C'est Montaigne.

Certes, comme pour tous les lycéens de notre époque, il a accompagné quelques unes de nos journées de classe de première.

 

Mais surtout, il est né à quelques encablures de chez nous, dans le petit village de Saint-Michel de Montaigne.

On peut d'ailleurs y visiter sa fameuse tour dans laquelle on sent toujours l'âme de l'écrivain.

 

Si je pense aujourd'hui à Montaigne, c'est à propos d'une phrase qui peut paraitre anodine. Pourtant dans le contexte actuel, elle ne l'est pas du tout.

En effet, il a dit un jour : "je marche plus sûr à mont qu'à val", c'est-à-dire je monte plus facilement que je ne descends.


Si certains semblaient ne retenir que la thèse du strict premier degré, je pense qu'il y avait dans son esprit fertile, un second degré évident.

 

Les propos de Montaigne s'appliquent particulièrement aux déconvenues du nouveau classement de Saint-Emilion.

 

Ainsi dans les classements aussi, il est plus facile de monter que de descendre. Les responsables de la révision décennale ont semble-t-il oublié ce détail.

 

Il en ressort donc une pensée philosophique très profonde. Il est plus aisé d'accepter la douceur des honneurs que l'amertume de la défaite.


Montaigne était donc un visionnaire. Il a simplement oublié de nous léguer un règlement intérieur de la révision du classement qui obtienne avant l'épreuve l'approbation de tous.  Faut-il pour autant lui en tenir rigueur ? Je ne le pense pas.

 

A sa décharge, je reste convaincue que de son 16ème siècle, il n'avait pas envisagé que ce futur classement ferait couler autant d'encre …et de venin.

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Corinne Comme - dans Divers
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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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