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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 16:34

Dans l’été 2012, j’avais fait un petit article sur une « avancée » majeure dans notre région. C’était le début de la facturation des ordures ménagères au poids.

A l’époque, on commençait à revoir çà et là des feux de poubelles chez les gens, histoire de limiter la quantité de déchets pesés et donc facturés.
Evidemment, il n’y avait que les élus pour penser qu’en faisant payer au poids, on contraindrait les citoyens à diminuer les volumes d’ordures ménagères.

Pourtant, on pouvait déjà (et encore) régulièrement voir dans les fossés, les bois ou sur le bord des routes, des sacs poubelle jetés par des personnes qui quoi qu’il en soit, payaient la redevance ordure ménagère.

On vient de recevoir le bulletin cantonal (sur papier glacé). Et surprise, les élus se félicitent de constater que la quantité d’ordures ménagères a diminué de 25% depuis le début de l’opération « ordures payantes ».

Cocorico quand on invoque le civisme et la pédagogie pour expliquer ces « bons » chiffres.

On devrait mettre en parallèle la courbe des fumées toxiques issues de poubelles brûlées derrière les maisons. Plus difficile pour celles jetées au bord des routes.

Tout cela est bien pathétique et me fait penser, une fois de plus devrais-je dire, à une phrase de Raymond Barre sûrement prononcée au sujet de l’économie : « la France n’est pas en déclin, elle s’accommode de la médiocrité ». Je pense qu’on pourrait aussi l’appliquer à nos hommes politiques de tous bords.

Une nuance quand même. A force de s’accommoder de la médiocrité, on finit bel et bien dans le déclin !

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 19:05

Hier, c’était la Chandeleur. On en a profité pour faire des crêpes. Chacun de nous a sacrifié à la tradition de faire sauter une d’elles avec une pièce dans la main ; histoire de faire venir l’argent dans l’année à venir. On ne sait jamais…

Ce fut l’occasion pour Jean-Michel de revivre quelques souvenirs d’enfance car sa maman était une très bonne cuisinière et a fait dans sa vie trop tôt interrompue de milliers de crêpes pour ses deux fils lorsqu’ils étaient enfants et même adolescents. Les petits enfants n’en ont que trop peu profité.

La maison n’avait pas vraiment senti l’odeur des crêpes depuis le début de notre aventure.

Celles que nous avons faites avaient donc une dimension émotionnelle particulière.

Elle furent appréciées.

Je dois dire que de mon côté, je ne suis pas en reste car les crêpes sont aussi ancrées dans la tradition familiale. Avec la moitié de mes origines en Bretagne, je peux difficilement y échapper.

Par contre, l’histoire des miens est sûrement plus liée à ce petit disque de pâte qu’on pourrait le croire.
En effet, mon arrière-grand-père a été tué en 1914. Il paraitrait qu’il fut l’un des premiers morts du conflit. Sa veuve est restée avec des enfants à élever dont ma grand-mère. C’est en faisant des crêpes qu’elle a pu les nourrir.

Ma grand-mère, très marquée par cette disparition est restée persuadée toute sa vie que le soldat inconnu de l’Arc de Triomphe était en fait son père.

Autant dire que les crêpes, c’est donc une histoire familiale !

Je n’ai pas la prétention de faire les meilleures du monde, mais au moins elles sont légères et fines.

On peut donc en manger sans trop de scrupules…

Chandeleur
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:55

On avait perdu l’habitude de voir autant de pluie tomber avec tout ce que cela comporte de fossés qui débordent, de zones inondées,…

A en croire les statistiques de Jean-Michel, il faut remonter à 1994 pour trouver un mois de Janvier aussi pluvieux, au moins à Pauillac.

Il y a 20 ans (déjà 20 ans !...), on avait eu 180 mm dans le mois.

Ce soir, on en est à 177 mm et il reste encore deux jours. Pour donner une idée la moyenne annuelle de précipitation dans cette petite région est de l’ordre de 880 mm.

Tout cela nous replonge dans la réalité du climat et sa compréhension sur des durées plus importantes que les seules dernières années.


Quand nous étions jeunes, on avait l’habitude de voir l’eau envahir les quais de notre ville de Sainte-Foy la Grande. Puis, c’est devenu un vieux souvenir jusqu’au moment où la nature nous rappelle que tout est cyclique.

Pour le moment, la vigne ne souffre pas de cette situation peu banale. Seuls quelques arbres déjà penchées, tombent car leur racines trop superficielles se retrouvent dans une terre transformée en boue et donc incapable de les retenir.

La question que se pose le vigneron est de savoir que sera le reste du millésime. Je ne vais pas faire une réponse de Normand mais plutôt donner deux « évolutions » différentes de mois de Janvier à 180 mm de pluie.

En 1994, il y avait eu 208 mm, en septembre à Pauillac ; avant et pendant les vendanges.

En 1978, c’est seulement 56 mm de pluie pour les 3 mois cruciaux, Aout, Septembre et Octobre.


D’après vous, si j’avais à choisir, quel scénario je prendrais ???

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:59

Vous l’aurez compris, après les assemblages, on a maintenant atteint le stade de la mise en fût du Grand-Vin rouge 2013.

Au moins, cette année, on a la place de bouger dans la pièce tant le nombre de barriques est réduit. D’ordinaire, il y a déjà l’allée centrale en plus avec des lignes de barriques bien plus longues.


Cette année est donc parfaite pour entreprendre des travaux sur les bâtiments car on peut stocker le vin dans un mouchoir de poche !

Entonnage 2013

L’année où les murs de la pièce ont été refaits, il avait fallu déplacer une partie des barriques dans le cuvier puis bouger les autres, tantôt à gauche, tantôt à droite en fonction des besoins du moment.

Sans engin de levage, c’est un peu compliquer de transférer une barrique pleine d’un tain au tain d’à côté ; tout en recommençant X fois l’opération.

Il y avait aussi une énorme bâche en plastique pour couvrir ces barriques et les protéger des éclaboussures du nettoyeur à haute pression.

On peut ajouter un énorme échafaudage sur roues qu’il fallait démonter partiellement dans les zones où la toiture était plus basse. Toujours à la main, sans une quelconque assistance motorisée !

Blague à part, avec de tels chantiers de remplissage de barriques pour la récolte 2013, on peut dire « à peine commencé, déjà terminé » !

Quand les visiteurs traverseront le chai à barriques, ils auront droit à une vision plus originale, c’est-à-dire le tas de tains à barriques, stocké pour une année.

Du moins on espère une année et une seule…

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 19:03

Un peu de légèreté aujourd’hui.

J’ai été impressionnée par l’annonce du Président Hollande de créer « l’observatoire des contreparties ».

Pour ceux qui auraient zappé l’information et pour l’anecdote, c’est une sorte de comité, de « sages » ou « d’experts », supposé vérifier si les entreprises créent bien des emplois parallèlement aux abaissements de charge annoncés.


Je me suis dit alors qu’il n’y avait vraiment que les gens issus des plus grandes écoles de l’état qui pouvaient avoir l’idée de tels noms !

Que ces gens-là choisissent ensuite un bord ou l’autre pour faire carrière, ils ont une construction de l’esprit qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Ce fonctionnement mental est tellement unique qu’on pourrait même en faire une AOC !

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 21:20

Chez nous, ce n’est pas une habitude que de faire les assemblages aussi tôt en saison. Mais l’année 2013 étant différente de toutes les autres jusqu’au bout, elle nous a imposé de changer nos pratiques.

Nous utilisons très fréquemment de petites cuves pour la vinification ou le stockage. Donc, les petits lots, on connait. Mais cette année, il y a une seule cuve, là où d’ordinaire, il y en a trois. Donc, même avec de petites cuves, elles sont encore trop grosses.

Il a donc fallu faire des choix précoces d’assemblages pour pouvoir soutirer des cuves et ne pas les avoir en vidange à la fin.

Encore une particularité de l’année, les difficultés de marier les lots. Après de nombreuses années de pratiques biodynamiques dans le vignoble, les sélections de vins destinés au Grand-Vin et au Petit-Champ étaient devenues faciles, voire même évidentes.

Pourtant, pour le 2013, autre originalité, ce ne fut pas le cas. Les premiers essais faits « à la louche » se sont révélés peu satisfaisants.

Il a donc fallu reprendre les choses depuis le début, de manière académique avec éprouvettes, boite de verres, calculette, papier et stylo.

Comme l’art de l’assemblage n’est pas une science exacte, il a fallu quelques tentatives pour y arriver. J’ai la chance d’avoir un mari qui d’une part a une grande habitude des assemblages avec beaucoup de lots différents et d’autre part possède un sens inné de ce qui peut fonctionner et ce qui est voué à l’échec. Très souvent, il sait avant de le faire le résultat d’un assemblage potentiel par la compréhension de chaque vin impliqué dans l’essai.

Finalement, on a pu obtenir les deux assemblages souhaités et qui me satisfont pleinement.

Il n’y aurait rien de plus triste que de ne pas aimer son vin.

Heureusement, ce ne sera pas le cas. Et après les assemblages en éprouvettes, les vins ont pu être assemblés en grand, dans les cuves.

Après cela, une dernière dégustation m’a confirmé la pertinence de nos choix.

Maintenant, les deux vins peuvent continuer leur nouvelle vie, faite de 4 cépages différents et complémentaires.

La nature est bien faite…

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 17:35

La vie n’est qu’une longue succession de cycles qui se suivent, se croisent et s’entremêlent.

Il y a quelques jours, je parlais ici-même des vins de 2013 qui entament leur période d’élevage.

Pour le Grand-Vin 2012, c’est au contraire la fin de l’élevage en barrique et le retour en cuve avec en ligne de mire la mise en bouteilles au printemps prochain.

Les barriques vont donc partir vers d’autres cieux et sûrement d’autres destinations. Elles attendent bien serrées leur départ.

Fin d’élevage

Le chai à barriques vient d’être nettoyé car c’est un des rares moments de l’année où on peut l’avoir totalement vide. Je m’en suis donnée à cœur-joie avec ma mono-brosse fétiche. Certains aiment lire ou écouter de la musique, et bien moi c’est passer la mono-brosse !

Et le vin dans tout ça ?

Il est maintenant en cuves et va se reposer pendant environ 2 mois avant de rejoindre les bouteilles et les clients qui attendent (j’espère avec impatience).

On a succombé au rituel de prendre l’apéritif avec ce Grand-Vin rouge 2012. Il m’a donné un frisson dans le dos à la première gorgée car un vin réussi c’est avant tout de l’émotion par les sensations tactiles en bouche.

En finissant mon verre, j’ai aussi eu tout le loisir de revivre dans mon esprit les étapes de ce millésime avec ses joies et ses difficultés.

Je n’oublie jamais les vendanges et les vendangeurs ; autant de moments de travail intense et d’instants simples d’humanité, qui eux-aussi donnent des frissons.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 09:59

Avec la fin de fermentations malolactiques, le vin est maintenant entré dans une nouvelle phase de sa vie, c’est-à-dire l’élevage.

Les sédiments divers et variés les plus lourds ont précipité au fond de la cuve à la faveur de températures fraiches.

Il faut donc soutirer les cuves pour récupérer le vin fin. Une fois que la cuve a été vidée, il reste donc toutes les lies à évacuer et qui serviront à s’affranchir d’un impôt (un de plus) en nature appelé « prestations viniques ».

Pour le compte de l’état, un distillateur récupère l’alcool (à destination industrielle) contenu dans les sous-produits de la vinification (lies et marcs). La quantité d’alcool à fournir dépend de notre production.


Une fois que les lies sont évacuées, il reste alors à nettoyer les cuves. C’est sûrement le moment le plus fastidieux et aussi le plus long de notre métier. De l’extérieur, les gens n’imaginent pas le temps qu’il faut passer au nettoyage !

S’occuper des vins

La photo jointe montre ce qu’est vraiment une cuve vidée lors du premier soutirage.

Il y a les levures mortes, des fragments de pulpe et de peaux de raisins, des précipitations de tartre,…

Et encore, chez nous il n’y a pas de désinfection ou stérilisation des cuves comme c’est le cas dans beaucoup d’endroits. Notre vin est issu de grappes « fortes », produites par des ceps « forts » eux aussi et qui ont poussé sur un terroir sain et vivant. Donc, notre vin n’est pas sensible aux affections diverses et variées et pour lesquelles la seule solution envisagée est la stérilisation de tout le matériel vinaire sans se demander si tout cela ne vient pas finalement d’une viticulture mal réfléchie.

Mais c’est une autre histoire…

Evidemment, au fur et à mesure de l’élevage, la quantité de lies va diminuer.

Pendant l’hiver, en profitant des températures froides dans les chais par des portes ou fenêtres ouvertes, on favorise les précipitations tartriques qui de ce fait ne se feront pas, ou beaucoup moins en bouteilles.

Et à la fin, juste avant la mise en bouteille, la cuve sera pratiquement indemne de lies lors d’un soutirage.

Pour le moment, on n’y est pas encore…

Il faut donc passer le jet d’eau, frotter et frotter encore !

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 21:20

C’est fait !

Après une année passée à traverser 2013 dans une barque bousculée par toutes les tempêtes et autres calamités que la nature a inventées, on vient enfin d’atteindre, ce 31 décembre, le rivage opposé.

Quel est le vigneron qui se plaindra d’avoir quitté cet esquif ?

Sûrement personne ! Et pas moi dans tous les cas…

Il y a trois jours, nous avons donc embarqué dans une nouvelle barque immatriculée « 2014 ». On va espérer qu’elle naviguera en eaux plus calmes et qu’elle sera d’une constitution solide pour résister sans broncher à l’adversité.

L’esprit de Noël n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Le sapin perd ses aiguilles et nous rappelle qu’il faudra rapidement ranger les boules et les guirlandes jusqu’à l’an prochain.

En regardant vers l’avenir, je n’ai pas vraiment l’envie de prendre les éternelles « bonnes résolutions du début janvier » car je ne pense pas avoir de vice répréhensible. Le seul qu’on pourrait me reprocher, c’est le verre de vin le soir avant le diner. D’une part, je l’assume et en plus j’y prends du plaisir ! Et en plus de tout, je participe à la bonne santé de la viticulture française.

Donc, il n’y a rien à changer…

Comme tout le monde, on va faire au mieux en fonction des conditions qui se présenteront à nous.

Cela n’empêche pas d’espérer voir uniquement de belles et bonnes choses autour de soi.


Et donc, je souhaite à tous une bonne et heureuse année 2014.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 20:54

On y est presque. Dans quelques heures, il y aura le réveillon de Noël puis les cadeaux et de bons moments en famille.

A notre âge, presque celui de l’âge de raison, on commence à apprécier ces instants particuliers en se disant qu’ils sont finalement peu nombreux dans une vie. Et quand des êtres chers ne sont plus là, on se souvient de ces Noël passés avec eux dans l’insouciance et sans penser qu’il fallait vraiment en profiter.

On peut avoir fait le tour du monde ou dégusté les mets les plus fins, il faut toujours avoir avec soi la personne ou les personnes avec qui partager ces bonheurs.
La joie du cadeau que l’on offre ou que l’on reçoit, la fierté du plat préparé pour ceux qu’on aime, les yeux qui brillent face à de belles étiquettes de vin,… L’odeur du sapin, sa forme qui a été discutée, évaluée, les boules, les guirlandes et les couleurs de toute la décoration,…

Tout cela, c’est Noël.

Ce qui est magique dans cette fête, c’est justement que l’esprit de Noël nous envahit bien avant le réveillon ou les cadeaux. On y pense en vivant par avance les instants d’exception que l’on pense vivre.

Aucune autre fête de l’année ne se vit aussi intensément sans être pour autant dans la foi religieuse.

Les tracas du quotidien, les vignes, le vin, les commandes à préparer, tout est mis de côté pour quelques jours.

C’est l’esprit de Noël et il m’a envahie !

Bon Noël à tous !!

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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