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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 07:31

Comme prévu, nous avons préparé notre omelette à l'aillet du 1er mai.

Mais, cette année pour la première fois, les enfants n'étaient pas avec nous. Entrant dans une période de post adolescence, ils ont préféré occuper les 4 jours du week-end à rallonge avec leurs amis à Pauillac; en nous laissant aussi seuls avec notre travai!. Donc, pour la première fois depuis longtemps, Jean-Michel et moi étions seuls pour manger  l'omelette à l'aillet du 1er mai. Seuls, enfin pas tout à fait puisque mon beau-père, Yves de son prénom, gros mangeur devant l'éternel, passait par là lorsque l'ail a commencé à rissoler dans la poêle.  En insistant (un peu), il a accepté de partager avec nous ce petit déjeuner anti-fièvres.

Comme prévu, nous avons accompagné l'omelette d'une des dernières bouteilles de Liquoreux vieilles vignes qui nous restait. C'est fou car il suffit de ne plus avoir d'un vin en stock pour que tout le monde en veuille. Depuis que j'ai arrêté la commercialisation du millésime 2002, je n'arrête pas d'avoir des demandes pour ce vin.

 

 



Après nous avoir quittés, Yves allait finir de préparer le vin pour le repas omelette dans la salle des fêtes de Margueron. Beaucoup des participants sont des viticulteurs actifs ou retraités mais les vins servis sont rarement à classer parmi des monuments de l'œnologie. Mais en fait, ce n'est pas le plus important.

Pour une commune comptant environ 400 habitants, il y avait quand même 112 inscrits à l'omelette. Ce n'est pas mal, même si les repas de chasse rassemblent souvent pratiquement 200 convives!

Pour Yves, le repas commencé à midi a du se terminer vers 18 heures car il est arrivé chez nous vers 18 heures 30 pour nous dire qu'il "était obligé d'y retourner pour finir les restes". Quelle endurance!!! Lorsque je le vois de profil, j'ai l'impression que son ventre est sur le point d'exploser!


En ce qui nous concerne, Jean-Michel et moi, protégés des fièvres après l'omelette, sommes allés travailler dans la vigne une grande partie de la journée.

En fin d'après midi, Jean-Michel a entrepris la réparation de l'enjambeur dont une chaîne de transmission aux roues était cassée. Très chères chaînes dont le prix atteint des sommets : 700 € HT pour les deux roues. C'est cher, très cher.

Ayant redouté cette opération, j'ai été réconforté par la tournure positive des évènements. Jean-Michel s'en est sorti brillamment alors qu'il ne l'avait jamais fait. Comme souvent dans ces cas là, j'avais le rôle d'assistante.

Après tant d'années passées à ses côtés, je reste admirative devant l'adresse de mon mari. Son grand-père disait qu'il aurait pu faire tous les métiers (et qu'il avait choisi le pire). Au moins pour la première partie de la phrase, je suis totalement d'accord.

Il est un vigneron doté d'une grande intelligence sensible mais il aussi inventif et très adroit de ses mains. J'ai toujours beaucoup d'admiration pour lui et cela depuis la terminale au Lycée de Sainte-Foy !!!

Dans une autre vie, il aurait aimé être ébéniste, c'est dire.


Bref, grâce à lui, l'enjambeur a pu reprendre du service.

Les seuls bénéficiaires du retard pris pour les labours sont les animaux qui profitent de la vie dans nos vignes sans pesticide.

Les lièvres peuvent conserver leurs gîtes au pied des ceps entre deux touffes d'herbe (photo ci-dessous). Les chevreuils eux aussi y trouvent de la nourriture saine, à commencer par les boutons de roses supposés embellir les bouts des rangs.

J'ai aussi remarqué que les fleurs des quelques pieds de pissenlits sont mangées. Il reste la tige nue.

Il faut croire que cette fleur est aussi bonne pour le lièvre qu'elle l'est en tisane pour la vigne. Les animaux pourraient nous donner des leçons  sur beaucoup de choses!

Heureusement, nous avons pu faire à peu près tout ce que nous avions prévu pour les quatre jours du week-end. Les piquets sont distribués et enfoncés, le travail du sol a enfin pu commencer...

Nos tracteurs n'ont pas chômé eux non-plus ; Jean-Michel avec l'un, moi avec l'autre. Dans ce domaine, le gros du travail reste encore devant nous. C'est la prochaine étape.

Le premier traitement de la saison a lui-aussi été réalisé. Pour faire suite à l'un de mes commentaires précédents, j'ai pris en photo la lessiveuse qui sert à la préparation des tisanes. Après macération, le jus est filtré dans un tamis. Ce dernier connait deux vies dans une année. L'été, il est utilisé pour les tisanes et pendant les vinifications, il recueille les grains de raisins échappés des cuves pendant les remontages. C'est un des avantages du bio; la tisane pourrait tout aussi bien être administrée à un humain. Elle contient de l'ortie, bien-sûr mais aussi de l'osier, du fenouil, du laurier,... C'est un peu comme le pastis, il ne faut pas tout dévoiler!

 

Autour de nous, tous les paysans ont eux aussi profité du beau temps pour aller dans leurs parcelles de vigne, de prés ou de céréales. L'agriculture ne connait pas de jours fériés. C'est le travail et le temps qui commandent. Les gens de la terre ne s'en plaignent jamais.

Même si les journées sont souvent longues, on ne s'ennuie pas dans nos vignes. Au-delà des animaux, il y a toutes les plantes. J'ai pris quelques clichés pour un prochain billet (il y en a tellement que ce serait trop long).

Lorsqu'on a la chance de pouvoir labourer la terre, l'odeur reconnaissable entre toutes, nous donne un message d'espoir. Tout amateur de vin devrait au moins une fois dans sa vie suivre la charrue qui laboure une parcelle de vigne. Il se transmet des sensations qui ne se décrivent pas. Et puis, la vie est partout. Des dizaines, des centaines d'insectes différents qui participent au grand cycle de leur espèce mais aussi à l'équilibre de la parcelle.

Du moins, c'est valable chez nous, îlot isolé dans une situation moins favorable. Ainsi, depuis mon tracteur, je voyais un voisin finir de préparer ses terres pour un semis. Derrière lui, aucun oiseau pour profiter des insectes et autres vers mis à jour par la charrue. La raison ? Cela fait longtemps qu'il n'y a plus rien dans ce sol là. Je mentirai en disant qu'il n'y avait pas d'oiseau. En fait, un moment après le passage du tracteur, il y avait un corbeau noir, comme un présage de l'état de la nature à cet endroit...

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 07:21

En cette veille de fête du travail, je tenais à vous faire part à ma manière de mon amitié en vous dédiant quelques brins de muguet accompagnés du plus joli des sourires puisqu’il s’agit de celui de ma fille Laure.

 

Pour Jean-Michel et moi, comme d’ailleurs pour la plupart des paysans, cette fête du travail sera aussi un jour travaillé car la vigne n’attend pas.
La quantité de choses à faire est si longue que le simple fait d’en faire une liste risquerait de bloquer le serveur de l’hébergeur de ce blog !

 

Tout d’abord, Jean-Michel doit réparer la chaîne de transmission de l’enjambeur. En fait, elle était en si mauvais état qu’il a fallu la changer entièrement. Sachant qu’il y en a une deuxième pour l’autre roue, on peut supposer qu’il faudra renouveler l’opération sous peine de se retrouver une nouvelle fois en panne dans la vigne un jour de grosse activité.

Dès la réparation effectuée, il faudra finir le griffage abandonné après cette rencontre impromptu entre les griffes et une grosse pierre dans le sol.

 

Le chantier de complantation devrait lui-aussi être terminé ce week-end. Pas complètement toutefois car une erreur de lecture du chauffeur du pépiniériste a fait qu’il nous manquera quelques dizaines de plants. On fera la finale la semaine suivante. Quand on aime, on fait durer le plaisir !

 

Je vais aussi renouer avec les habitudes de préparation des tisanes d’orties et d’osier pour les traitements sur la gazinière dans la cuisine. C’est un mal nécessaire mais je n’aime pas salir ma cuisine avec les milliers de petits morceaux de feuilles d’orties séchées.

On pourrait faire bouillir l’eau dans le garage à tracteurs, mais je ne souhaite pas laisser du feu sans surveillance. Donc, je me résous à faire les tisanes dans la maison.

Souvent, les gens disent à Jean-Michel qu’il doit être compliqué de faire cultiver en bio dans un grand domaine tel que Pontet-Canet. Pour préparer les tisanes, ils sont équipés de grandes bouilloires électriques pour lesquelles il n’y a qu’un bouton à tourner pour mettre en chaud ; quand la température est atteinte, ça garde au chaud. Chez moi, c’est nettement plus fastidieux. Finalement, j’aimerai bien avoir un grand domaine réputé à la place d’un petit vignoble inconnu !

 

Après la tisane, il y aura les traitements à faire. 2 types d’écartements, cela veut dire 2 tracteurs différents, donc 2 préparations différentes, 2 nettoyages,…

 

J’allais oublier les vieux piquets cassés qu’il faut remplacer. Ils ont bien été sortis de terre et couchés sur le côté pour bien les voir mais le tracteur ne pouvait pas entrer dans les parcelles pour les charger et distribuer les piquets neufs a cause de la pluie.

Après la distribution, il faudra les enfoncer, y clouer les fils,…

 

Je laisse de côté les vidanges diverses et variées sur les engins, quelques commandes de caisses à préparer,…

 

Mais avant tout, il y aura la fameuse omelette à l’aillet à préparer avec les œufs de la voisine dont les jaunes, d’un orange foncé, témoignent de la bonne santé de ces poules élevées à l’ancienne.

 

Je pense que beaucoup d’agriculteurs se reconnaîtront dans cette vie chargée de mille petits travaux différents.
Comme eux, je n’aspire pas à une vie aux loisirs plus présents. J’ai la chance de faire un métier que j’aime passionnément. Mes seuls désirs seraient de pouvoir exercer mon activité dans la sérénité, loin des tracas administratifs qui nous minent la vie,…pour rien.

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Corinne Comme - dans Divers
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 07:26

Il est une locale coutume inconnue de ma famille parachutée un peu par hasard à Sainte-Foy-la-Grande. Je l'ai découverte en rencontrant Jean-Michel, il y a longtemps déjà.

Il s'agit de manger le jour du 1er mai une omelette à l'aillet accompagnée d'un vin blanc doux pour éloigner les fièvres toute l'année ! Il est recommandé de consommer ce plat au petit-déjeuner.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, l'aillet est un jeune plant d'ail avant qu'il se mette à former la tête d'ail. A ce stade, l'aillet ressemble fortement à un poireau.

Au début, j'ai été surprise et même amusée par cette pratique très locale. Lorsqu'il y avait encore les grands-parents et ma belle-mère, je me pliais à cette coutume de façon un peu passive.

Lorsque la famille s'est agrandie, les enfants ont très vite pu goûter eux aussi à l'omelette et même sucer un peu de vin blanc sur un doigt trempé dans un verre.   

Le plat est assez bon à manger et si en plus, c'est une condition pour ne pas avoir de fièvre pendant un an...

Après les disparitions dans la famille, nous avons conservé la tradition. Ainsi, tous les 1er mai, nous cuisinons une omelette à l'aillet accompagnée d'un Champ des Treilles liquoreux vieilles vignes.

Le plus spectaculaire, c'est de voir qu'il y a de nombreux repas d'omelettes organisés dans les villages alentours.

J'en ai sélectionné quelques unes au hasard de mes voyages dans la région.

 

 

 

 



Mon cœur penche toujours plus pour Margueron...

 


 

Je ne résiste pas à la tentation de faire part du menu ; car dans ce cas, l'omelette ne sera pas seule.


Les gourmands comme mon beau-père, peuvent même en consommer plusieurs. Il suffit de bien préparer son planning et de commencer chez ceux qui prennent leur petit-déjeuner à l'omelette en commençant chez les "lève-tôt", en passant par celle des pompiers, pour finir aux omelettes géantes des comités des fêtes à midi.

 

 

En y réfléchissant, on peut se demander s'il n'existe pas dans cette étrange pratique un fond de vérité. L'aillet à ce stade de sa pousse ne contient-il pas des principes actifs utiles à la conservation d'une bonne santé?

Il y a quelques années, j'aurais sûrement eu un avis tout autre. Depuis, les choses ont changé et j'ai appris à ne rien rejeter comme on le fait trop souvent. Dans le pire des cas, il n'y a aucun risque.

Par contre, quel intérêt y a-t-il à accompagner ce plat de vin blanc sucré? Les choses ne sont pas très claires. Certes, c'est le vin local traditionnel, mais cela ne permet pas de penser que l'on pourrait le faire prescrire par les médecins et rembourser par la sécurité sociale.

Quoi qu'il arrive, nous nous plierons une fois de plus bien volontiers à la tradition cette année.

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Corinne Comme - dans Divers
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 07:21

Il y a des jours où on pense que tout peut bien se passer.

Samedi matin, de bonne heure (9h 30), rendez-vous avec des fous de vin qui souhaitaient nous rencontrer et déguster les vins.

Bien évidement, dans ces cas là, il faut être levé suffisamment avant pour ne pas apparaître en pyjama devant les invités…

J’ai pensé préparer du pain perdu pour accompagner le café. Même avec de la volonté, une dégustation si tôt est toujours moins appréciée qu’un petit noir.

Dés leur arrivée, le décor est planté. On commence à parler biodynamie, culture respectueuse de la vie,…Bref, on ouvre notre cœur. Après plus d’une heure de discussion, on se décide enfin d’aller faire un tour des vignes. Entre temps, les enfants, qui ont été sommés de déjeuner tôt (invités oblige…), sont repartis au lit et dorment à poing fermés.

Le tour des vignes est  l’occasion de discussion « in situ » sur notre viticulture.

De retour à la maison, c’est la visite du garage pour parler de la façon dont nous traitons les vignes concrètement en bio et biodynamie. Souvent, les gens n’en connaissent au mieux que la partie théorique, mais ils n’ont aucune idée de la mise en œuvre pratique de la biodynamie.

La visite des chais est aussi l’occasion de longs échanges. Les chandeliers à bougies du chai à barriques de rouges font une fois de plus sensation. Il faut dire que ce n’est pas courant de voir de vraies bougies éclairer une pièce en ce début de 21ème siècle. La question incontournable est qui a allumé les bougies, et quand. Mystère… Sûrement des forces de vie chargées du feu des 4 éléments !...

Enfin, retour dans la maison pour une dégustation complète de la gamme. Une nouvelle occasion de refaire la viticulture.

L’heure tourne dans le cadran de notre vieille comtoise. On propose à nos invités de partager un déjeuner improvisé (ou presque) afin de pouvoir poursuivre en toute sérénité une discussion passionnante dans laquelle vigne et vin sont les points centraux ; comme c’est original.

Enfin, vers 16h, on estime qu’il est raisonnable de se quitter, même si on ne s’est pas tout dit.

 

Le vrai week-end peut alors commencer ; celui du travail dans les vignes.

Pendant que je range la maison, Jean-Michel coupe les racines à des plants afin d’être prêt le lendemain. Il installe les griffes sur l’enjambeur pour la vigne à 1 mètre dans laquelle les herbes ont bien profité des pluies. Encore 1 semaine et on ne pourra plus intervenir.

Avec la débroussailleuse à fils, j’en profite pour aller lui préparer un peu le travail en coupant les grosses touffes d’une plante envahissante qui est semble-t-il une luzerne et qui connaît des croissances exponentielles. Mon beau-père l’appelle du « trifoulé ». Si on ne la détruit pas avant le passage des charrues, elle submerge littéralement les souches et rend tout travail du sol impossible tant elle est enchevêtrée dans les fils et les souches.

 

Enfin, arrive le dimanche. La journée est belle. La complantation est un jeu d’enfant. On peut enfin marcher dans les vignes en chaussures. C’est la saison mais cette année, cela semble être un luxe.

Même les enfants sont de bonne humeur, afférés qu’ils sont dans les rangs.


Encore un week-end et la complantation sera achevée pour l’année. Ouf !!!

 









Jean-Michel s’essaye au griffage avec l’enjambeur. Comme il s’agit du premier travail du sol de l’année, j’en profite pour aller suivre le tracteur et sentir cette odeur si envoûtante de la terre que l’on retourne. C’est toujours un moment magique pour moi. J’y perçois toute la symbolique qui est attachée au retournement de la terre.

 

Malheureusement, après une heure de travail, nous voyons arriver Jean-Michel sans son tracteur. Une grosse pierre enfouie a littéralement calé le tracteur et a engendré la casse d’une chaîne de transmission à la roue gauche. Les enjambeurs sont des engins puissants mais aussi fragiles.

 

L’analyse des symptômes lui a permis d’avoir le bon diagnostic. Il a pu sortir l’engin de la vigne mais n’a pas été capable de le ramener à la maison. Son père a donc dû aller à sa rescousse avec l’autre tracteur.

Dans ces cas là, il faut démonter pour pouvoir réparer. Heureusement, Jean-Michel est adroit de ses mains.

Il avait visé juste et c’était bien une énorme chaîne qui avait cédé. Maintenant, il  faut réparer.

 













C’est la vie du paysan. Faire des projets, mais être soumis aux aléas de la météo souvent, de la mécanique parfois et donc voir ses prévisions rarement se réaliser comme on l’avait souhaité.

Cette fois-ci, la fin de la parcelle restera jusqu’à la réparation de cette maudite chaîne et son remontage.

 

C’est vrai que sans cette panne malvenue, le week-end aurait pu être parfait : des visiteurs sympathiques qui semblent partager le même idéal de viticulture que nous, un beau soleil dans les vignes qui revivent après les épisodes de gel et de pluies, la possibilité de commencer les labours, et surtout une famille en bonne santé réunie dans les vignes.

 

Cependant, on a connu péripéties plus graves que cette maudite chaîne. On devrait pouvoir surmonter l’épreuve sans trop de difficultés,…surtout moi qui ne ferait que regarder Jean-Michel réparer…

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 06:44

En bonne épouse, j'ai entrepris de lire les quelques interventions de Jean-Michel sur les forums sur La Passion du Vin ou Buveurs d'Etiquettes.

Je ne suis pas une lectrice régulière de ces forums mais je note quand même une certaine agressivité au sujet de la biodynamie.

J'en suis touchée mais aussi surprise.

 

Je me pose des questions.

 

Pourquoi devrait-on avoir peur de parler de ce que l'on fait? Pourquoi devons-nous en permanence nous justifier sur le fait d'essayer de comprendre la nature pour mieux la respecter ?

Demandera-t-on un jour des comptes à ceux qui ont utilisé 25 ou 30 produits chimiques différents l'an dernier? Non, sûrement pas.

 

La viticulture que nous pratiquons devrait être une viticulture d'échange et de respect, porteuse des valeurs généreuses qui sont associées au vin depuis l'antiquité. C'est en fait une viticulture de la justification permanente face à des gens que la biodynamie passionne en la détestant au point qu'ils semblent en faire une fixation.

 

Bien-sûr, dans la biodynamie, il y a les « décalés » qui font la route seuls loin devant, tellement loin quils semblent sêtre perdus. Mais l’essentiel des autres est constitué de vignerons humbles, qui tentent de conserver ce lien ancestral avec la terre en perpétuant le bon-sens paysan.


En début de mois, lors de la dégustation primeur Biodyvin, j'ai assisté à des propos véhéments contre la biodynamie par quelqu'un qui était certes invité, mais qui n'avait aucune obligation d'aller à une dégustation de vin de biodynamie alors qu'il semblait avoir un avis négatif très tranché sur la question.

 

Pourquoi une personne a-t-elle jugé utile l'an dernier de lacérer 2 pneus de notre véhicule et de verser de l'acide sur la carrosserie devant la maison au Champ des Treilles ?

Pour se venger de quoi? Du fait que l'on tente de faire le meilleur vin possible dans un secteur difficile en sacrifiant nos week-ends et une grande partie de notre train de vie ? Parce qu'on a 10 petits hectares de vignes dans un village inconnu appelé Margueron? Une moitié constitue le fruit d'une vie de labeur pour la famille de Jean-Michel et l'autre moitié des week-ends de folie à planter les vignes avec nos mains pleines d'ampoules et mes articulations meurtries.

Parce qu'on a des vignes à 10000 pieds par ha? Parce qu'on continue de vendanger à la main? Peut-être parce qu'on a une bouteille à 50€ à Sainte-Foy?

Sûrement parce qu'on est endetté jusqu'à la retraite pour avoir offert à nos vins des conditions dignes en construisant des bâtiments.

Qui sait ? Peut-être même pas celui qui l'a fait.

 

On nous a un jour reproché d'aller trop vite et trop loin! Mais par rapport à qui et à quoi?

Devait-on arracher un rang de-ci delà dans nos vignes pour se rapprocher d'une densité de plantation qui était un objectif ambitieux à long terme pour certains mais un recul mémorable et instantané pour nous?

 

Les sentiments humains sont parfois difficiles à cerner. Nous avons toujours agi sans bruit dans le but de servir notre passion pour ce métier dont le grand-père disait qu'il était le pire du monde,...en pensant exactement le contraire!

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 07:39

A un moment où on s'apprête à commémorer le quarantième anniversaire de mai 68, il est de bon ton de faire une petite allusion à cette époque troublée et aux slogans célèbres qui sont restés dans l'histoire.

Certes, je n'ai malheureusement pas l'ambition que le mien soit promis à la postérité, mais il reflète pourtant la situation actuelle dans mon vignoble.

L'an dernier, on avait chaud, tout était sec et on promettait un été 2003 bis. En fait, la réalité a été très différente…

Cette année, c'est un peu le contraire. On regarde le pluviomètre régulièrement pour essayer de mettre des chiffres sur la pluie qui tombe sans trop s'arrêter.

 

La suite du chantier de complantation est difficile tant les sols sont détrempés. La brouette roule difficilement pour distribuer les marquants et enlever ceux qui sont cassés. La roue est engorgée de terre. Elle roule avec difficulté et il faut beaucoup d'énergie à Jean-Michel pour la pousser.

Régulièrement, il faut racler la terre avec un vieux piquet pour retrouver des conditions presque normales… pendant quelques minutes. Il est vrai que dans les vignes labourées et sur nos sols argilo-calcaires, toute pluie rend la terre "amoureuse", c'est-à-dire collante.

 Bien-sûr, on pourrait faire comme beaucoup et désherber chimiquement (voir photo ci-dessous). Là, on peut accéder aux parcelles toute l'année quelque soit les conditions. Il n'y a même pas besoin de bottes.

 

Nous avons choisi un autre chemin. Celui du respect de la nature et de la vérité des terroirs. Il faut donc l'assumer et nous le faisons. C'est même ce qui peut nous aider à surmonter des difficultés telles qu'une brouette qui ne veut plus avancer!

 

On arrive aux environs du 1er mai et aucun travail du sol n'est possible. Heureusement dans notre malheur, l'herbe ne s'est pas trop développée. J'ai l'impression depuis plusieurs années en comparant mes vignes à celles des voisins que plus on essaie de détruire les "mauvaises herbes" plus les vignes se salissent vite.

Les labours traditionnels que nous faisons permettent de garder la vigne assez propre avec peu de passages d'outils. C'est magique. Non c'est logique! En respectant les sols, ils nous le rendent à leur façon.

Autour de nous, très peu de gens labourent leurs vignes. C'est donc dans la région de Saint-Emilion que l'on peut se faire une vraie idée de l'avancement du travail du sol. Un rapide coup d'œil semble indiquer que les gens en sont au même stade que moi ou presque. C'est rassurant!!

Il y a aussi les traitements qui vont arriver. Il est inenvisageable de penser rouler dans les parcelles avec le tracteur pour le moment.

Que pouvons-nous faire à part attendre?

Le plus sage est surtout de rien faire qui aille à l'encontre du sol et de la vigne. Avec beaucoup d'énergie et de volonté, on peut encore faire quelques travaux manuels.

Pour le reste, on attendra. Après avoir commencé avec des sentences célèbres, on peut finir avec une autre qui a le mérite de nous arranger et de nous tranquilliser : après la pluie vient le beau temps.

C'est toujours le cas, depuis des millénaires. Ce sera encore vrai cette fois… du moins je l'espère!

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 08:52

 


Oh, on peut quand même faire quelques commentaires...
  1. On peut saluer le travail de l'auteur qui a fait preuve d'une vraie persévérance en établissant cet organigramme. Il était destiné à illustrer un article, dont j'ai oublié le nom, paru dans La Revue des Œnologues.
  2. Quand on voit qu'il s'agit d'un schéma "général" dont pas forcément complet, on a des peines à imaginer ce que peut être la réalité du monde du vin en France!
  3. On comprend aussi mieux pourquoi la filière viticole française est incapable de se réformer pour affronter l'avenir et une concurrence de plus en plus féroce. Le viticulteur français court le 100 mètres avec des poids aux poignets et aux chevilles; sans oublier l'entraineur sur le dos. En face de lui, il y a les coureurs des autres pays. Ils sont prêts pour la compétition et leurs entraineur-états les aident avec sincérité pour qu'ils puissent donner le meilleur.
  4. Cela explique pourquoi les cotisations professionnelles sur le vin augmentent de façon vertigineuse et inexorable. Les taxes ne suffisent même plus à payer les légions de personnes uniquement là pour contrôler notre travail à toutes les étapes de la production. Il ne reste rien ou presque pour mettre en valeur le vin lui-même et la culture de notre pays qu'il véhicule.
  5. Enfin, le mammouth que Claude Allègre avait pensé dégraisser, doit avoir un grand frère obèse qui travaille dans le vin,...mais qui ne l'aime pas.
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 07:18

Après de nombreuses années de services, j'envisage de changer les 2 vieilles cuves en acier émaillé qui étaient là lorsque nous avons repris le domaine.
Par manque de moyens financiers (comme c'est original), nous les avons malgré tout conservées et même équipées de régulation thermique, mais elles arrivent vraiment en fin de vie.

Je me retrouve donc avec des magnifiques plans en main et un devis qui me fait toujours frémir tant l'argent semble glisser entre mes doigts pourtant bien serrés…


Mais, si je parle de ces cuves que je n'aime pas, c'est pour tout autre chose…

Même après son départ, la plus petite laissera un souvenir marquant, ou plutôt frappant !

Je m'explique.

C'était en 1994. A l'époque, le petit domaine était géré en quasi-autarcie par ma belle-mère. Les deux cuves, qui avaient déjà une première vie derrière elles, nécessitaient un nouvel émaillage intérieur. Par souci d'économie, il avait été décidé de sortir les cuves du bâtiment sans faire intervenir la grue du réparateur.
Le voisin était venu avec son chariot élévateur. Pendant les manipulations, mon beau-père est passé sous les pales de l'engin. C'est bien-sûr le moment qu'a choisi la cuve pour tomber. Fausse manipulation de la part du voisin, mauvaise fixation ? Rien n'est très clair et quelle importance. Mon beau-père a reçu un violent coup sur la tête. Dans son malheur, il a malgré tout eu la chance de ne pas recevoir la charge directement sur le dessus du crane, ce qui l'aurait tué instantanément.
Il a cependant été littéralement scalpé, c'est-à-dire que tout le dessus de son cuir chevelu a été arraché vers l'arrière! Le sang s'est mis à coulé abondamment.

Le voyant encore vivant et conscient, ma belle-mère lui a enveloppé la tête dans une serviette de bain puis l'a mené jusqu'à leur vieille voiture, une Dyane, sorte de 2 cv plus moderne mais qui était en fin de vie.
Le véhicule qui avait plus de 20 ans avait la porte du passager qui s'ouvrait dans les virages!

C'était l'époque des premiers contrôles techniques. Cette épreuve et les primes à la casse lui ont par la suite été fatales.

Arrivés à l'hôpital de Sainte-Foy la Grande, le blessé a été pris en charge puis recousu sur une longueur de plus de 30 cm.
Ayant été prévenus, nous sommes allés le voir, le soir même dans sa chambre de malade. Les enfants étaient alors tout petits et ne reconnaissaient pas leur grand-père. Laure, âgée de 2 ans pensait qu'il avait un sac sur la tête tellement le bandage était impressionnant.
Ce n'était visiblement pas pour lui le jour de nous quitter. Il s'en est sorti sans séquelle, juste une cicatrice discrète.

Les cheveux clairsemés sur le crâne ont plutôt bien réagi après cette aération qui porte le nom de scarification quand il s'agit de gazon!
Il reste toujours sur la cuve quelques traces de l'accident. Lorsqu'elle partira, c'est une grue qui la couchera pour la sortir du cuvier.

Je suis d'une génération qui a la tête moins dure que la précédente…

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Corinne Comme - dans Divers
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 07:11

 

 

Je n’avais pas prévu de faire de billet aujourd’hui, mais hier soir j’ai reçu un coup de fil qui a changé mes plans.

Il était 18 heures lorsque mon beau-père m’a appelé. Il sortait tout juste d’un déjeuner et voulait me faire part du menu.

 

Il faut dire que c’est une tradition chez certains de ses amis d’enfance, qui organisent une à deux fois pas an des repas qui obligeraient sûrement Gargantua à avaler de pleines boites d’Hépatum…

 

Ne vous méprenez pas quant au style culinaire concerné. Dans ce cas, on est loin de la cuisine contemporaine et autres tendances à la mode dans les quelles les rebords des assiettes sont tellement larges qu’il n’y a plus de place au centre pour mettre de quoi contenter l’estomac !

Ici, c’est du lourd, du local avec des assiettes dont la partie centrale est très développée pour contenir l’abondance de nourriture. Rien n’est sophistiqué, tout est authentique, du coin.

 

Mon beau-père, grand gourmand devant l’éternel, était invité chez son ami Roger avec quelques autres personnes.

 

Tout commence à midi, dernier délai. Pour cela, il faut se préparer tôt, vers 10 heures si possible.

L’apéritif est servi avec des toasts. Le terme d’amuse-bouche n’est pas approprié car il a une connotation de « très fin mais en faible quantité ».

 

Puis le repas commence avec du foie-gras « maison ». Là, pour donner une idée de la portion, pas question de donner son poids.

Cela s’estime en « largueur de main » pour le diamètre de la tranche et en « nombre de doigts » pour l’épaisseur.

Ici, en l’occurrence on est à une grosse main et deux doigts ! C’est correct…

 

Après le foie-gras vient l’omelette de mousserons. C’est un petit champignon de printemps dont Jean-Michel raffole mais qui ne pousse pas tous les ans et pas partout. Les endroits à mousserons se transmettent de génération en génération et nécessitent de garder un secret absolu lorsqu’on sait où ils poussent. Un peu comme les sources dans Pagnol !

Dans ce cas, il y avait deux grosses omelettes pour 10.

Cela doit faire entre 4 et 6 œufs par personne ; rien d’impressionnant.

 

La mise en jambes étant faite, on passe aux choses sérieuses. La première viande est un civet de lièvre. Vous remarquerez que pour organiser ce genre de repas, il vaut mieux être chasseur.

 

Puis vient le gigot de mouton.

 

Ensuite, pour ceux qui ont encore un petit creux, c'est-à-dire tous les invités, il y a un rôti de bœuf.

 

Les seuls absents sont bien entendu les légumes qui constituent une nourriture de second niveau dans l’esprit de ces convives issus d’une époque pas si lointaine durant laquelle la viande n’était pas présente tous les jours sur la table.

 

Afin vient la salade pour donner un peu de fraîcheur dans cette deuxième partie d’après-midi avant de se confronter à un immense plateau de fromages.

 

Enfin, c’est le moment du gâteau au chocolat. Pour éviter de surcharger le foie inutilement, il est fourré à la crème.

 

En ce qui concerne les vins, on est chez des gens qui n’ont pas une culture développée de vins même s’ils sont tous des producteurs retraités. L’étiquette importe peu même s’il y a une réelle volonté de l’hôte d’honorer ses invités.

Il y avait du champagne, du Côtes de Castillon et plusieurs Médoc.

 

Après 5 heures 30 de repas, c’est déjà l’heure de se séparer. Il y a eu mieux les années précédentes, même si il y avait assez à manger pour 25.

Je reste toujours impressionnée en pensant que l’on peut rester autant de temps à table.

 

Parmi les convives, certains commencent sûrement à penser à la revanche, c'est-à-dire au repas qu’ils organiseront eux-mêmes et dans lequel les plats seront plus nombreux et plus copieux…

 

 

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Corinne Comme - dans Divers
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 07:27

Il y a environ 1 an, notre ami Hervé Bizeul écrivait un billet sur le dossier PAC qu'il venait de recevoir. Cette année, c'est moi qui me trouve inspirée par cette liasse de documents de toutes les couleurs.Comment puis-je faire ressentir au lecteur la taille du dossier ?
Certains seront peut-être éclairés en sachant qu'il en a coûté 2,97 € à l'administration pour me le faire parvenir.

Il commence par une lettre de notre cher Ministre de l'agriculture, Michel Barnier. Ce brave homme rêvait sûrement de mieux mais s'est retrouvé dans ce ministère exposé au déversement de lisier ou au lâcher de porc charcutier à la moindre crise.
S'il assume son rôle sans encombre, il héritera peut-être de l'intérieur ou de la défense nationale au prochain remaniement ministériel...
En fait de courrier, il s'agit plutôt d'une pauvre photocopie, en couleur pour mettre en évidence une touche manuscrite bleue de son auteur (présumé) et destinée à donner une certaine humanité et de la proximité avec le lecteur. La copie faite de travers rajoute une sensation de malaise et dénote bien de l'état d'esprit vis-à-vis des agriculteurs de la part des responsables de l'envoi.

Il faut dire que je ne touche pas d'aides de la PAC, mais il y a quelques années, j'avais signé un CAD (contrat d'agriculture durable) lors de mon passage en bio. J'ai donc pu bénéficier de quelques avantages financiers. Mais pendant plusieurs années, je suis obligée de remplir de satané dossier qui n'a pas de rapport réel avec mon CAD.

Il faut dire qu'il n'existe qu'un seul modèle pour toute la France. On y apprend donc l'existence de certaines cultures inconnues comme l'Accidentera ou de d'au moins quatre types différents de gels des terres.

Un des points importants du dossier est la photo aérienne de la zone sur laquelle mes parcelles sont entourées en jaune. Le moindre écart entre la réalité constatée et la situation théorique débouche sur une demande de justification. Actuellement, mon plan est correct, mais la première fois, il y avait un écart de quelques mètres carrés dans une parcelle triangulaire et pour laquelle le fonctionnaire en charge du dossier n'avait pas compris que pour la vigne, la présence indispensable d'allées pour tourner interdit d'avoir 100% de la parcelle occupée par les ceps de vignes. Après justification de la différence, les choses sont rentrées dans l'ordre.

Bref, tous les ans je dois rassembler toute ma motivation pour mener à bien cette mission.
Il faut tout lire afin de ne rien oublier et surtout ne pas s'arrêter avant la dernière page car vers la fin se trouvent tous les Erratum qui corrigent ce que l'on vient de lire.

C'est tellement compliqué mais aussi sûrement changeant dans le temps que les gens chargés de la préparation des formulaires ne peuvent pas le faire sans erreur.

Ce dossier PAC est pour moi un bon exemple de la déliquescence de notre agriculture qui en est réduite à survivre par les aides publiques qui sont là pour compenser les erreurs d'orientation des politiques suivies par l'Europe depuis plusieurs décennies.

Les agriculteurs sont obligés de s'humilier à demander l'aumône pour survivre.

En viticulture, ce n'est guère mieux. On paye les gens pour planter de la vigne puis ensuite on va les payer pour arracher la vigne qui n'est pas encore adulte.
On donne des aides à la restructuration qualitative des domaines viticoles mais pour ne vexer personne on finit par distribuer les aides à tout le monde ou presque, sans condition qualitative.

Pour mon dossier PAC, je vais être obligée de consacrer une bonne demi-journée pour rien. Ce temps aurait sûrement été plus utile à démarcher de nouveaux clients ou tisser des liens plus forts aux clients actuels pour espérer les conserver.
A l'autre bout de la chaine, un fonctionnaire va passer du temps à tout contrôler, vérifier alors qu'il n'y a même pas d'argent en jeu.

 Malheureusement, la viticulture comme le reste de notre pays ne prend pas la voie de la simplification; c'est même tout le contraire!

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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