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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:20

Durant toute la saison, la nature nous offre les plantes qui sont utilisées en tisane dans le vignoble pour diverses applications.

Il suffit de se baisser et de les récolter. C’est gratuit et très efficace !

En début de printemps, il y avait les fleurs de pissenlit. C’est une plante qui pousse dans les endroits riches ; j’en avais parlé en son temps. Il y en a toujours un peu dans le pré autour de la maison. C’est largement assez pour nos besoins.

La fleur de pissenlit possède une caractéristique incroyable. Elle continue son cycle même après avoir été coupée. Evidemment, elle va faner mais elle va créer sa graine quoi qu’il advienne. C’est un peu comme si elle souhaitait accomplir son chemin de vie même au-delà de la mort. Cela nous en dit beaucoup sur le « caractère » de cette plante impressionnante et devrait nous inviter à un peu plus d’humilité face à des plantes aussi communes que le pissenlit !

Ensuite, il y a eu la matricaire-camomille. Autre plante, autres lieux et autres fonctions pour la vigne.

J’en ai toujours en réserve mais chez nous ce n’est pas la fleur la plus importante.

Plus récemment, c’est l’achillée millefeuille qui s’est mise à fleurir. C’est une plante là aussi incroyable. Elle est dédiée à sa fleur qui semble être son but ultime.

Une fois que la fleur est là, c’est presque fini pour elle. Des graines vont bien être formées mais tout cela se fait sur le squelette presque intact de la fleur ; seule la couleur change pour passer au marron à la place du blanc. C’est comme s’il n’y avait pas de lendemain après la floraison.

L’achillée a sûrement été la fleur de l’année pour le vigneron. C’est elle qui a aidé la vigne avant la fleur au moment des conditions climatiques particulièrement défavorables que l’on vient de connaitre.


J’en avais de l’an dernier ; sèche dans une caisse. Cela m’a permis d’en faire des tisanes avant même que la plante commence à fleurir dans les champs. Puis j’en ai récolté là encore pour les tisanes.
Enfin, j’en ai mis en réserve pour l’an prochain, si les conditions l’imposent.


Il y a quelques jours, c’est du cyprès qui a été récolté. Dans la symbolique, il n’est pas destiné à être utilisé maintenant car on est encore trop tôt en saison. Il a un lien avec l’identité. L’identité peut se concevoir sous deux angles. D’une part, l’identité qu’exprime un cépage cultivé à un endroit donné. C’est un peu l’effet terroir.

D’autre part, il y a l’identité qui, plus profondément va permettre à la vigne de s’affirmer et de rester forte face aux épreuves de son existence. Je veux parler des « maladies » graves par exemple comme les maladies du bois.

Le cyprès sera utilisé dans quelques mois, après les vendanges ou dans l’hiver au moment où la vigne sera en repli sur elle-même.


Nous utilisons bien d’autres plantes en fonction des besoins. Cela se fait aussi selon l’avancée de notre connaissance et de notre réflexion.

Et sur ce plan-là, nous ne savons encore que peu de choses.

Et comme toujours, le plus terrible c’est que l’on savait avant et qu’on ne sait plus maintenant. On sait aller sur la lune, mais on ne sait plus utiliser les fleurs qui poussent sous nos fenêtres !

Récolte des plantes
Récolte des plantes

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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